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Et c'est un A'isconti, Jean- Galéas, qui aurait, par émulation jalouse contre les Mécènes de sa famille, fait commencer l'étrange ouvrage. Les Visconti, de père en fils ou d'oncle en neveu, se voyaient chargés d'excommunications ou d'anathèmes ; et jamais princes n'ont orné, créé, peuplé, de monuments divers, plus d'églises, que ces rivaux et ces adversaires des Papes dans leur autorité spirituelle ou leurs biens temporels.
C'est ce Jean-Galéas qui mit d'abord le Dôme entre les mains Pian du Dôme. de Constructeurs étrangers. C'est
après sa mort (1402) que la direction fut prise, jusqu'au terme, par des Italiens; c'est alors que cette vaillante école des Campionais, dernier vestige de la grande confrérie formée par les artistes du pays de Côme, abandonnait résolument le plein cintre pour l'ogive, et poussait la floraison des pilastres et les assises des parois avec une telle puissance; déjà, dès le 4 août 1392, après six années seulement d'efforts, on avait célébré la messe au grand autel, tous les murs d'enceinte étant debout jusqu'à hauteur des petites nefs et tous les piliers intérieurs, celte forêt de colonnades, étant dressés. Maintenant la mon-
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tagne de marbre, venue de Gandoglia et d'Ornavasso, ces blocs arrachés au massif du Simplon, refaisaient une autre montagne, avec ses assises profondes et ses aiguilles étincelantes.
Spectacle unique, celui d'une tour de Babel qui monte, s'ordonne et
Initrieur du Dôme.
s'achève malgré la confusion des races et la succession des écoles qui s'3' emploient. Il y a. dans ceux qui travaillent ici, des étrangers, des indigènes, des gens « aux mœurs scélérates », les documents le confessent encore; et tout sert au dessein commun, les scélérats sont les meilleurs, et malgré l'arrêt relatif des travaux au début du XV siècle, malgré les pestes, les famines, le Dôme grandit, et se sculpte, et s'orne de vitraux