‹ Mille ames (volume 2)Chapitre 15 sur 15 · II · texte numérisé non relu

II

l'attachement poiirluij'amaisclle n'aurait fait cela, remarqua la maîtresse de la maison, et elle regarda avec tendresse son mari, qui lui répondit par un sourire.

— Rien ne peut la justifier, commença le vieillard d'un ton d'autorité. Elle a été une mauvaise fille, comme le disait Hélène Alexandrovna. Elle a épousé, en effet, un triste sire; je l'ai connu, il a servi sous mes ordres, mais cela ne la justifie pas, au contraire, c'est même une circonstance aggravante pour elle. Pourquoi a-t-elle fait cela? Ce ne peut avoir été que par intérêt ou parce qu'elle voulait à toute force se marier n'Importe avec qui. Enfin, du moment qu'elle s'était mariée, elle devait corriger les défauts de son mari, et non le réduire à chercher une consolation dans les excès dont il est mort. Ensuite, elle a séduit un jeune homme, elle l'a si bien accaparé que, dans ces derniers temps, on ne le voyait plus nulle part, et, pour cacher son intrigue, elle utilisait sa belle-sœur en guise de paratonnerre, selon l'expression d'Alexis Ivanitch. Par sa conduite, elle a été cause de la mort de son frère, et, pour couronner le tout, elle a noué des relations avec un autre monsieur qui va la voir tous les jours, pour ne rien dire déplus. Après cela, peut-on encore l'excuser?

Pendant que le vieillard parlait, la vieille dame hochait la tête en signe d'acquiescement, et les autres personnes présentes paraissaient de même approuver sans restriction ce langage. Je me levai, incapable de me contenir plus longtemps.

— On raconte l'histoire de cette dame de la façon la plus inexacte, prononçai-je en prenant le même ton que le vieillard; il est vrai qu'elle ne s'est pas mariée par amour, mais elle n'a fait en cela que céder aux instances réitérées de sa mère. Avant de l'épouser, son mari était déjà adonné à Tivrognerie, et il n'était pas possible de le corriger de ce

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