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DISCUTÉES, RÉSOLUES ET CLASSÈES

Madame M. SAUVALLE

MONTRÉAL LIBRA'RIE BEAUCHEMIN, Limirée 256, rue Saint Paul

Enregistré conformément à l’Acte du Parlement dn Canada, en l’année mil neuf cent sept, par la LiBRAtRIE BEAU- CHKMIN, LiMITÉE, au bureau du Ministère de l’Agriculture à Ottawa.

AVANT-PROPOS

Etiquette, politesse, savoir-vivre, civilité sont utant de termes variés qui désignent, avec difféentes nuances, les règles du commerce journalier ntre gens du monde.

Nous avons tenté de les recueillir dans les pages ui suivent et essayé de classer un ccrtain nomve de cas assez précis pour bien caractériser ‘esprit qui doit présider à nos rapports SOCIAUX, lans toutes les circonstances de la vie.

Le chiffre de mille réponses, auquel nous nons ommes arrêtée, ne prétend pas indique: que nons

Avons épuisé le sujet.

Loin de là: la politesse est une matière en lamelle les cas de conscience peuvent se multiplier \ l'infini et où les âmes timorées risquent sans esse de balancer entre le trop et le trop peu, et le trouver une pâture constante aux doutes et aux ‘ecmords.

T1 nous a paru, cependant, que le choix judijeux d’'nn certain nombre d'exemples courants, décidés d’une facon aussi tranchée que possible, donnerait nne idée plus nette de lessence même du savoir-vivre que des dissertations et des aperçus

Æuhilosophiques, historiques et mcraux, sur un sujet aussi vaste, aussi complexe et aussi variable.

AVANT-PROPOS

Partant de ce principe, — auquel nous croyons à fermement, — que toute personne ayant reçu une À éducation convenable, sait à quoi s'en tenir sur Ë l’importance et la valeur de la politesse, on est ! bien obligé d'admettre charitablement que beaucoup de manquements sont dus surtont à l’igno- ! rance ou à l’inattention.

La meilleure façon de faire disparaître ces deux ! entraves à l’agrément de nos relations sociales est ! de parler bref et clairement.

Nous nous sommes efforcée de le faire, en À adoptant la forme catéchiste, qui est, de beaucoup, À la plus concise et la plus frappante.

Les questions ont été multipliées pour pouvoir À condenser les réponses ; elles ont été groupées sous À un titre commun pour spécialiser les objets et | faciliter les trouvailles; nous avons, en un mot, sacrifié à la clarté toute recherche de style.

Et maintenant, sur quelle autorité sont basées les règles que nous énonçons; à quel titre sont rendus ces décrets ?

Nous n’aspirons en aucune façon au brevet que Marie-Antoinette, dauphine, décernait à la comtesse de Noaïlles, chargée de l’initier aux usages | de la Cour, à celui de “ Madame PEtiquette ”,

Tout autre est notre procédé. Nous ne voulons ni régenter, ni changer les contnmes dn monde où nous vivons; an contraire, nous nous sommes plu à en étudier les mœurs et les coutumes et à les enregistrer, faisant la part de ce qu’elles ont d’élégant et d’aimable, pour en constituer un code de ce qu’est la bienséance canadienne.

AVANT-PROPOS

L'observation du monde, de ses manières et de ses conversations, la lecture des journaux, les réponses aux questionnaires des revues et des périodiques suivies au jour le jour depuis nombre d'années constituent la trame de ce canevas. On trouvera, sans doute, au cours des mille parauraphes qui suivent, beaucoup de solutions tradftionnelles reproduites à peu près textuellement ; dans d’autres cas, nous avons dû emprunter certaines explications aux grands traités français sur la matière, en les adaptant à la vie sociale du pays; d’autres fois, ce sont les manuels anglais ct américains qui nous ont mis sur la piste du problème * , de la réponse; mais, toujours, nous avons stricte. sent observé le caractère essentiellement canadien de cet ouvrage.

L’échange constant de relations avec la société anglaise nous a forcée d’entrer dans des détails assez complets sur les obligations à remplir et sur la tenue à observer en certaines cérémonies ; nous croyons qu’il est du devoir d’une personne bien élevée d’être instruite de la ligne de conduite à suivre en toute occurence.

Enfin, nous avons introduit, un peu à titre de hors-d’œunvre, puisque la liaison avec le sujet principal de l'ouvrage en est très ténue, certaines définitions, certains pronostics et modes de communication galants, qui ne sont peut-être pas rigoureusement à l’usage des gens dn monde, ct dont nous ne revendiquons pas la paternité, mais qui sont souvent recherchés, disentés et avidement interprêtés par la gaie jeunesse.

AVANT-PROPOS

Ne faut-il pas toujours mélanger un peu lagréable à l’utile ? $

Depuis bien des années déjà, on dit que la jeu- À nesse ne connaît plus la politesse; que, seuls, les : vieillards sont demeurés aimables ct bien élevés. 5

Cette remarque revient depuis si longtemps À fhvarmblement dans les conversations, que les À vieillards dont on parle maintenant doivent avoir à été les jeunes gens dont on blâmait si fort autre- i fois la tenue. -

Qu'est-ce à dire? Sinca, que la politesse s’ap- 4 prend; mais que, seulement, l'éducation est quel- à quefois nn peu longue à venir.

Si ces quelques gerbes de civilité, d’urbanité ct ! de courtoisie, glanées au hasard de notre route, À peuvent contribuer à hâter quelque pen, dans notre À aïmable jeunesse, cette éclosion de l’homme à policé et de la jeune fille accomplie, nous serons À largement récompensée des heures consacrées à ce | modeste travail.

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