DANSE
Q. — Un cavalier peut-il danser plusieurs fois avec unc personne qu'il accompagne à un bal ?
R. — Si l'on accompagne une personne à un bal, on ne
peut pas compter danser avec elle toute la soirée, saui peut-être dans le cas exceptionnel où assistant à un bal public on se trouverait étrangers tous deux sans connaître personne. Dans une maison particulière, où méme dans une salle de bal où l’on est connu, il serait de parfait mauvais goût de danser ensemble plus de trois fois au plus. Cependant un cavalier qui emmène une dame à une danse doit s'assurer qu'elle a un partenaire pour chaque danse avant de se choisir une danseuse et, s’il la voit seule, il doit immédiatement aller la retrouver. II doit l'emmener au souper et naturellement la ramener chez elle.
Q.— Peut-on danser plusieurs danses avec une même jeune fille au cours d'une soirée ?
R. — Rien ne s'y oppose sauf la prudence. Si l’on n’est pas fiancé avec la jeune fille, et si l'on n'a pas l'intention de le devenir, une telle assiduité peut être compromettantc.
Q.—Comment plusieurs jeunes filles amies peuvent elles donner ensemble un bal ?
R. —Les mères des jeunes filles peuvent lancer des invi-
tations pour un bal dans une salle qu'elles louent ou dans le salon d'un hôtel. Un bal de ce genre s'appelle bal par couscription et d'autres dames en dehors des meres des jeunes filles peuvent se joindre au groupe comme patronesses. Il est facile de réussir très bien ces réunions. Le nombre des mères qui reçoivent, la division des dépenses et de la responsabilité, le grand nombre de personnes intéressées à la réussite réduisent les frais et augmentent le plaisir.
Lu à à DEBUTS —
Q.— Doit-on donner une fête pour les débuts de ses enfants ?
R.—Il n'est pas du tout nécessaire dans une famille de fortune moyenne de donner aucune fête de cérémonie péur les débuts des jeunes filles de la maison. Il est beaucoup plus sensé et digne d'éviter ces aépenses et ces tracas et de laisser les jeunes filles débuter modestement, en les mettant à même de recevoir et de faire des visites avec leur mère, d'accepter des invitations qui leur sont
faites et d'inviter leurs amies et amis à des thés de l’aprèsmidi, où à de petites sauteries qu'elles organisent, à de petits euchres, à des lunchs, etc.
Los à DEUILS —
Q.— Que faut-il penser du code de deuil, et le deuil a-t-il une portée religieuse ?
R. — Pour les “ règles du deuil ”, on a constitué un code véritable dont les formalités souffrent beaucoup d’exceptions. Il est certain que des cons'dérations d'état, de santé, d'économie obligent à les modifier considérablement en ce qui touche les formes et les étoffes.
Quant aux couleurs, elles restent immuables, car ce sont elles, le noir d’abord, puis les gris et les violets qui sont les signes manifestes du deuil. Le blanc, considéré comme grandissime deuil dans les hautes classes, ne s’est pas eocore imposé à la généralité, sauf pour Îles enfants et aussi pour la cravate d'homme.
Ce dont il faut bien se persuader, c'est que ie deuil n'a
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92 MILLE QUESTIONS D'ÉfIQUETTE
aucune portée religieuse ni aucune intention de piété envers les défunts. Beaucoup trop de personnes sc trompent sur sa signification, et en font un cas de conscience au détriment d’une foule d'intérêts très sérieux. — Le deuil est une marque conventionnelle, fixée par l'usage. au moyen dé laquelle on avertit ses semblables que l'on vient de perdre quelqu'un, et qu’on désire par conséquent le respect d’une peine plus ou moins considérable dont le choc très récent est indiqué par le crêpe, et dont l’éloignement amène peu à peu la reprise des étoffes moins funèbres, plus brillantes, plus demi-teintes — transition entre la toilette de deuil et la mise ordinaire.
Cette convention n'implique nullement l'obligation «le s’écraser sous les châles pesants, d’étouffer sous des voiles épais, ni de priver ses enfants du nécessaire pour acheter des vêtements de crèpe et de soi-disant bijoux de jais.
Il suffit souvent qu'on substitue à la garniture d’une robe de laine noire quelque biais de crêpe, qu'on ait une capote de crêpe avec voilette à volonté, des gants mats de suède ou de tricot. — La robe à traîne, les accessoires ont été inventés pour tous ceux qui peuvent faire du luxe.
Mais cela n’est pas obligatoire ; et nos Canadiennes, si pleines de respect pour les morts, auraient tort de croire qu’elles offensent de chères mémoires en se libérant d’unc foule de pratiques qui n’ont absolument rien de religieux : nous le leur affirmons; la preuve, c’est que les perles et les diamants sont deuil ; que le blanc, la plus gracieuse des parures, est deuil ; qu'on suit la mode, qu’on se pare, sans offenser les convenances. L'homme se contente bien d'un crêpe au chapeau ou d’un brassard... Pourquoi la femme serait-elle condamnée à des ajustements plus compliqués que de raison ?
Q.— Quelle est la durée du deuil pour un homme, pour le décès de sa femme. d’un frère ou d'une sœur ? Quelle est la tenue de deuil convenable ?
R. — Un mari doit porter le deuil de sa femme pendant un an et demi; maïs au bout d’une année le deuil pent être considérablement atténué. Pour le père ou la mèr*. le deuil est d’une année et de six mois pour un frère ou une sœur. Le deuil pour un homme n’est pas aussi strict que pour une femme, et souvent un crêpe au chapeau «t un brassard à la manche sont considérés comme sui-
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fisants, sauf pour le deuil de la femme. Le premier deuil pour l'homme est tout en noir, au bout de trois mois, pour un frère ou une sœur, on peut porter du gris, avec crepe et brassard; mais la cravate noire est toujours de rigueur.
Q.— Quelles sont les restrictions de rigueur dans le deuil mondain ?
R.— Depuis une dizaine d'années, les restrictions se sont grandement allégées. Il est rare maintenant que l'on observe la réclusion complète. Après les trois premiers mois de deuil, une veuve peut parfaitement rendre visite à des amis intimes, sans cérémonie. La plus longue période de deuil pour une jeune veuve est limitée à deux ans.
Pour un homme, un deuil de famille n’impose pas l'obligation de se renfermer chez lui. Il ne peut pas assister à des bals ou à des danses mais il peut faire des visites et accepter des invitations à de petites réunions, si le cœur lui en dit. Au bout de quelques semaines, il peut porter des vêtements gris et des cravates noires à dessins noirs ou gris.
Q. — Que doit-on penser du deuil perpétuel ?
R. — Beaucoup de personnes, en perdant un être particulièrement cher, décident d’en porter le deuil perpétuel. C’est très compréhensible. Cependant qu’elles songent à l’imprudence d’un vœu ! Et qu’elles ne s’engagent pas envers elles-mêmes, car elles n’ont pas ce droit, à moins d’avoir atteint un âge assez avancé, qui leur permette de se dire hors du monde sans retour.
Le deuil perpétuel peut gèner ceux avec qui l’on vit, peut entraver la profession qu’on exerce ; peut enfin nous peser à nous-mêmes pour des raisons impossibles à prévoir... plus tard, bien plus tard ! — Combien de gens, avec un regret ineffaçable dans le cœur, sont forcés de sourire, de s'habiller, de recevoir et de se prodiguer !
La meilleure règle à suivre est de porter —en cas de douleur profonde, —les vêtements du grand deuil, avec crèpe, tant qu’ils durent, sans crainte de dépasser les époques assignées par l’usage. Puis alors, on prend le demi-deuil plus ou moins strict, c'est-à-dire sans Îles
teintes grises ou violettes. Ceci est parfait, discret, com mode, économique, et très commie il faut. Si par hasard, une circonstance oblige à quitter le noir absolu, la tran sition se fait sans violence. Et si rien ne force à cette concession, on peut toute sa vie porter le deuil réel, san: imposer à ceux qui vous touchent un aspect lugubre, parfois fort pénible, ct souvent incompatible avec les exigences de la vie.
Q. — Peut-on assister à une messe de mariage quand on est en deuil ?
R. — Après quatre mois du deuil, même d'une mère, on peut assister à une messe de mariage, mais on ne prendr: part ni au lunch, ni à aucune réjouissance.
Q.— Quelles réunions sociales peut-on se permettre quand on est en deuil ?
. — Les six premiers mois doivent être l’abstention absolue. On peut luncher ou diner chez soi avec de: amis ou aller chez eux, assister à des conférences, suivre des cours. Si la première période de deuil survient en été, on a droit à un peu plus de latitude. Après six mois on peut assister à des matinées ou à des fêtes absolument sans cérémonie : mais il faut attendre un an pour se permettre les réunions de société.
Q.— Une dame âgée de soixante ans, en grand deuil, marie son fils. Quelle toilette doit-elle porter ?
R. — Elle quitte le grand deuil pour un jour, et se fait une toilette noire, mais en noir brillant, velours ou soir. étoffe de fantaisie, qui lui resservira quelques mois après. Elle pourrait même, pour cette circonstance, prendre dn gris ou du violet. La journée du mariage rompt le deui! pour vingt-quatre heures.
Q. — Coinment respecte-t-on le deuil des parents ?
R. — Une jeune femme dont le mari a perdu son grand père, ne peut pas mettre une toilette rouge sept moi après ce décès. La femme porte le deuil des parents di son mari comme des siens propres. Or, il faut compter au moins six mois de grand deuil et six mois de demideuil pour un grand-père.
Q. — Une fiancée prend-elle le deuil de la mère de son fiancé ?
R. — Une fiancée ne prend pas le deuil de la mère de son fiancé. Mais par égard pour celui-ci, elle bannit de sa toilette les couleurs vives ct gaics. Les costumes gris conviennent en ces circonstances. Toutefois, le lendemain de son mariage, elle prend le deuil de celle qui aurait été la belle-mère, au degré où ce deuil er cest arrivé.
Q. — Les enfants doivent-ils porter le deuil ?
R.—En France on fait porter le deuil en blanc aux enfants jusqu’à l’âge de neuf ans. Ici, notre climat ainsi que d’autres considérations ne permettent pas d’habiller constamment les enfants en blanc. Mais rien n'oblige de s'astreindre à faire porter aux enfants cn dessous de sept ans un costume rigoureusement noir.
Q.—Une jeune fille en deuil peut-elle coitinuer à porter sa bague de fiançailles ?
R. — Oui, mais celle-là seulement.
Q.— Le deuil peut-il être suspendu pour un mariage ?
R. — Le deuil peut se suspendre pour un mariage, mais il doit se reprendre le lendemain. Lorsque le deuil atteint l’un des deux époux, le mariage est célébré sans éclat et avec le moins d'invitations possible.
Q.— Une personne en deuil peut-elle porter des fleurs naturelles ?
KR. — Non, si le deuil est récent et profond.
Q.—Quel est strictement parlant, la durée d'un deuil pour une veuve ?
R.—Le deuil de la veuve est le plus long de tous. Il dure deux ans.
Q. — Porte-t-on du crèpe pour un cousin ?
R. — Non.
Q. — Doit-on abandonner le piano dans un deuil ?
R.—En deuil d'une mère, on ferme son pianu, on relègue tout instrument de musique, pendant un an au moins, — en Ce qui CONCerne l'agrément, le plaisir, la musique. Quant à l'étude proprement dite, elle peut étre reprise un mois, six semaines, après le triste événement. S'il s'agit de métier, d'une profession, un mois entier peut suffire, — quinze jours, si l'on doit vivre de son art.
ver DINERS —
Q.— Quel est l'ordre dans lequel se fait le passage à la salle à manger dans un diner de cérémonie, à la mode américaine ?
R.—Le domestique annonce au salon : * le diner est servi. Le maitre de la maison conduit la marche avec l'invitée en l'honneur de qui se donne le diner, la maitresse de maison vous indique votre place dans le cortège avec votre voisine de table, dont le nom vous a éte indiqué et à laquelle vous avez offert votre bras droit. La maitresse de maison avec l'invité d'honneur ferme la marche.
Q.— Comment conduit-on une dame à table ?
R.— C'est à la dame qui vous a été désignée qu'on 1ra offrir son bras pour la conduire dans la salle à manger. et dès lors on prend en quelque sorte l'engagement de lui tenir lieu de cavalier servant et de veiller à son bienètre et à l'accomplissement de ses moindres désirs pendant tout le temps du repas.
D'abord, on l'installe commodément à table, lui reculant ou lui avançant sa chaise selon le cas. La dame, en passant devant son partenaire s'incline légèrement, y répond par un salut plus profond, et ne prend place auprès d'elle que lorsqu'il la vo't convenableme:t assise.
Q.— Comment doit-on passer l'embrasure d’une ports quand on a une dame à son bras ?
R.—Un détail qui embarrasse quelquefois, c'est de savoir si l'homme doit faire passer la femme avant lui dans l'embrasure des portes. Nous serons en cela très affirmative pour répondre non! Les hommes fran-
chissent les portes les premiers pour faciliter le passage aux dames qu'ils conduisent. Celui qui donne le bras est forcément sel en avant de sa compagne, elle devrait se contourner pour passer la première : ce serait aussi disgracieux qu'incommode.
.— Comment le maitre de maison indique-t-il aux invités de reprendre leur place quand les dames ont quitté la salle à manger ?
R.— Le maitre de maison peut demander aux messieurs de se rasseoir quand les dames ont quitté la salle à manger ; Où cn reprenant son siège, il fait comprendre aux invités qu'il desire que ce::x-ci imitent son exemple. La nature des rafraichissements alors servis dépend du goût du maître de ‘a maison et des goûts qu'il connait à ses invités. Un ami intime peut demander quelque chose qui n'est pas sur la table, mais qu’il sait étre à portée. Un invité qui est en termes de cérémonie avec le maitre de maison ne peut pas en agir ainsi.
Q. — Quand l’un ou l'autre des maitres de la maison est malade le jour l'un grand diner, ce diner a-t-il lieu quand même ?
R.—11 faudrait que la maladie fût dangereuse pour qu'on contremandät le diner. Si c'est le maître de la maison qui est souffrant, il peut se faire représenter par un de ses parents ; si au contraire c'est la femme, il est obligatoire que le mari la fasse remplacer par une parente où par une amie de vieille date choisie avec tact et délicatesse,
Q.—Oue doit faire le maitre de maison en cas de retard d’un invité ?
R.— 11 neut arriver que les invités à un diner soient en retard. L'heure fixée étant sonnée, si l’'amphitryon a d'autres convives, il accorde le quart d'heure dit de grace (qu'il peut étendre à vingt minutes), puis il doit faire servir,
Il ne peut faire souffrir de l'inexactitude ou des empêchements de ses autres amis. ceux qui se sont présentés à l'heure dite. Mais s’il est seul à attendre, il peut aller au-delà du “quart d'heure” autant qu'il lui plait.
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Q.— Comment les dames font-elles leur entrée à un diner donné dans un club par un homme non marié ?
R.—A un diner de ce genre, les invités n’entrent pas à la salle à manger par couples comme dans une maison particulière. L’amphytrion prend la tête en offrant son bras à la dame de plus haute importance, les dames suivent et les messieurs entrent ensuite.
Q. — Annonce-t-on pour un dîner de cérémonie ?
R.—On n’annonce généralement pas, parce que l'on suppose que les gens priés à un diner doivent être suffisamment connus de la maîtresse de maison.
Q. — Peut-on inviter à un diner un mari sans sa femme ?
R.—S'il n’y a pas en jeu de question de respectabilité, vous devez bravement inviter ce mari et cette femme, lors même que l’un serait moins désirable que l’autre. -Seulement il faut avoir soin de ne les convier qu'avec des gens incapables de les froisser en quoi que ce soit.
Q.—A un diner de jeunes filles peut-on porter des santés ? ;
R. — Non, une jeune fille ne se lève pas pour vider son verre et ce n’est jamais aux jeunes filles non plus à proposer une santé ni même à y répondre. S'il n’y a pas d'hommes, on s’abstient tout simplement de ces cérémonies.
Q.— Quand doit-on se retirer après un diner ?
R. — On doit attendre pour se retirer que deux ou trois heures se soient écoulées après le diner.
EDUCATION — EGLISE — EMPRUNTS — ENFANTS — EQUITATI, N — ESCALIERS — ETRANGERS — ETUDIANTES — EUCHRE — EXCUSES.