EDUCATION
Q.— Que doit-on penser de l'abandon de la campagne pour la ville ?
R.— L'abandon de la campagne pur la ville est une erreur contre laquelle, du reste, il se produit un commencement de réaction. Quitter les champs pour venir faire faillite en ville, n’est pas un trait de génie. Tout le monde peut et doit être heureux à la campagne. C'est la vraie vie.
Cependant, il faut avouer que la ville est très attirante et que, surtout, quand on en a goûté, quand on s'y est habituée, il est difficile d’y renoncer. Un mouvement décentralisateur s’accentue tous les jours. Il gst bon de le suivre et de l'aider, en rendant le séjour de la campagne agréable, attrayant, intelligent. Il ny a pas de raison pour que les idées larges et cultivées n'existent pas dans un hameau, comme dans une capitale, à la condition de laisser la lumière y pénétrer.
Si la paysanne, disons l’habitante, imbue d’ordre et de propreté sait donner à sa demeure un aspect riant ; Si elle admet le progr:s compatible avec sa condition : un luxe sain, des plaisirs honnétes, un peu de lecture, le goût de son travail, le désir de l'améliorer, elle sera mille fois plus heureuse qu’à la ville. Elle ne verra pas la tuberculose enlever ses enfants ; elle ne s’étiolera pas, ne Se flétrira pas elle-même, avant l’âge, dans le labeur exténuant des grands centres.
Mais si, arriérée, parcimonieuse, elle se refuse le perfectionnement qui est de notre temps ; si elle ignore l’hygiène, la propreté ; si elle enferme son esprit dans une stricte ignorance, elle ne doit pas s'étonner de voir sa fille aspirer à quitter la malpropreté, l'ennui, l'existence
100 MILLE QUESTIONS D'ÉCIQUETTE
animale et sans but, pour la clarté, la chaleur, la vie et l'espoir, en un mot tout ce qui séduit la femme,
Conclusion : la vraie femme future sera celle qui saura retenir, par le bien-être de son foyer et l'intelligence de sa conduite, ses parents, ses proches auprès d'elle, n'importe en quel coin de notre beau pays.