FAIRE-PART
Q. — En quels termes un homme seul fait-il part de son mariage ?
R.—Un homme de quarante ans, qui a perdu ses parents, fait part lui-même de son mariage :
“M. X... a l'honneur de vous faire part de son mariage avec Mile où Mme Une Telle” “* Montréal, le
Il invite, lui-même aussi, à la bénédiction nuptiale.
Q. — Si une personne vous informe du mariage de sa fille avec un jeune homme que l'on connaît, doit-on écrire une lettre en réponse à cette nouvelle et à qui doiton l'écrire ? Si la mème lettre contient l'information que le jeune couple recevra à partir d’une certaine date cet si l'on ne peut pas faire de visite, que doit-on faire ?
R. — La seule chose à laquelle on soit tenu dans ce cas est d'envoyer une carte pour accuser réception du fairepart. Quand le couple est revenu, il est convenable d'envoyer des cartes si l’on ne peut pas faire de visite.
Los à FAMILLE —
Q.— Qu'entend-on par le terme “esprit de famille ” ?
R.—C'est un sentiment dominant chez une personne qui lui fait aimer par principe tous ses parents. Du moins (puisque l'affection ne se commande pas) aui la range de leur parti envers et contre tout et lui fait prendre les intérêts des siens de la façon la plus... désintéressée.
Ce sentiment est louable quand il ne nuit pas à autrui, quand il ne s’exagère pas au point de devenir une sorte d’égoisme élargi. On entend des gens qui disent avec une
espèce de gloriole : “ Je n'aime que les miens ; en dehors des miens, les autres n'existent pas”. Ceci devient coupable, car, s’il est permis d'avoir des préférences, il est anti-humain et surtout anti-chrétien de ne pas conserver un peu de pitié pour tout ce qui vit ici-bas.
L'esprit de famille, diminutif du patriotisme qui est quelquefois l’‘“esprit de clocher”, n’est vraiment une vertu qu'aûtant qu'il s'élève au-dessus de nos raisons personnelles.
Q.—Un jeune frère peut-il s'offenser s'il n'est pas recherché par les amis de son ainé ?
R.—IIl ne doit pas exister de froissement entre deux frères parce que les amis de l’un n’apprécient pas l’autre. C'est une erreur de croire qu’on rencontre toujours des amis faits sur mesure. Il faut savoir se créer un entourage personnel et trouver le moyen de se faire aimer ct rechercher à son tour.
Q. — Une jeune fille, invitée de ses oncle ou tante, peutelle sortir, aller au bal avec des jeunes gens inconnus de sa famille ?
R.— Ce serait une grave imprudence de la part d’une jeune fille de sortir avec le premier personnage venu qu'elle n'oserait pas présenter à son oncle et il serait de la dernière faiblesse, pour ne pas dire plus, de la part de l'oncle de laisser sa nièce se commettre avec des individus qu'il ne connait pas. Le milieu où les choses se passeraient ainsi serait loin d’être recommandable.
Lu nd FIANCAILLES —
Q. — Quels sont les dangers de trop d'imagination chez la jeunesse ?
R.—I1 ne faut pas prendre pour un attachement sérieux l'amour d'imagination qui fait faire tant de sottises, justement aux plus naïves, aux plus honnêtes, en raison de leur bonne foi et de leurs scrupules. Il ne faut jamais sacrifier l'affection et l’estime basées sur une longue connaissance à des calculs d'intérêt et de vanité. Mais,
c'est folie de se laisser tourner la tête par de petites intrigues romanesques ct de préférer à une situation sage, présentant toutes les garanties de bonheur, une aventure sentimentale qui prépare souvent de cruelles désillusions.
Q. — Quelle doit ctre l'attitude de la jeune fille qui n'est pas encore fiancée, lorsques l'on traite devant elle ou lorsqu'elle cause avec ses amies de la question des fiançailles ?
R.— Ne pas le prendre de haut en matière de cour: ne pas s'évertuer à prétendre qu'on n'a pas encore rencontré l'homme de ses rêves. Füt-ce même vrai, la persistance à l'affirmer suffirait à laisser planer, chez ceux qui écoutent, un doute profond.
Mais d'un autre côté, ne pas amplifier à plaisir quelqu'amourette enfantine et l’étaler comme une vieille passion qui vous attache à “ Son Souvenir" par les liens d'une inaltérable fidélité. Surtout, ne jamais inventer une histoire d’amoureux idéal absent qui sera toujours suspecte.
Ne pas travailler à amoindrir dans son esprit les hommes que l’on connait pour se bâtir des héros chimériques, personnifications de toutes les vertus.
Ne jamais laisser échapper de vagues allusions à des fiançailles mystiquement secrètes qui devront se dévoiler un jour.
Ne pas prétendre que l’on considère la vie maritale comme un fardeau, personne n'y croira.
Ne pas dire non plus qu’on ne croit pas à l'amour, on ne le croira pas davantage.
Ne jamais proclamer qu’en face de tant de mariages malheureux, on n'ose pas en courir le risque. Ces frayeur: ne tromperaient personne.
Q.— Quels sont les devoirs des parents avant d’accorder leur consentement aux fiançailles ?
R.—Les parents de la jeune fille ont pour devoir de s'assurer de la position du jeune homme avant de consentir aux fiançailles. I1 doit y avoir une entrevue avec les parents ou au moins avec le père de la jeune fille dans le seul but d'élucider ces questions. Le jeune homme devra alors exposer clairement sa position, son revenu, ses chances d'avancement et donner une idée du genre
d'intérieur qu'il entend donner à sa femme. La date du mariage doit Ctre aussi réglée autant que possible avant que les fiançailles soient annoncées, A defaut de preuves satisfaisantes que l'aspirant est en position de se marier et de remplir ses promesses, le père est parfaitement justifié de remettre à plus tard son consentement. La jeune fille ne perd rien à garder sa liberté et le jeune homme, S'il a du cœur, ne pourra que s'efforcer d'améliorer sa position. Rien n'empèche la jeunc fille de rester fidèle à celui qu'elle aime, absolument comne s'ils étaient réellement fiancés, sans offenser ses pareñcs en insistant sur la déclaration, de fiançailles forcément destinées à se prolonger.
Q. — Une jeune fille est fiancée officicllement à un jeune homme, mais le mariage est fixé à une date qui, bien que certaine, est encore lointaine. Est-il admis qu'à dater de ce jour les futurs épe : neuvent se tutoyer, et méme tutoyer leurs futurs bea. rents ?
R. — Evidemment il n'y aurait pas grand mal à ce qr
des jeunes gens dont l'union promise est approuvée tous, fissent usage d'un langage de grande intimité ; mais il vaut mieux s'en abstenir. D'abord on ne peut faire savoir à tous les étrangers, à tous les indifférent, que l'on est fiancé. Ensuite, malgré toutes les certitudes apparentes, il peut arriver tant d'événements qui empéchent le mariage qu'il est absolument inutile de compromettre, non seulement la jeune fille, mais mème le jeune homme, par des signes extérieurs qui ne signifient rien comme engagement moral. Ce n'est pas parce qu'on se sera dit “tu” au lieu de “vous ” que l’on ne rompra pas l'engagement pris, si l’on a des raisons impérieuses de le rompre. Il est d'autant plus inutile de se tutoyer que beaucoup d'excellents époux ne se tutoient jamais.
Q. — Quelle est la marche à suivre pour assurer l'heureuse conclusion des fiançailles ?
R.— Un fils soumis, doit faire connaitre à ses parents ses espérances et ses intentions aussitôt qu'il a pris une décision, et, aussitôt qu'il leur en a fait part, ceux-ci doivent rendre visite à la jeune fille et à sa mère pour lcur exprimer le plaisir que leur cause la nouvelle.
Si l'éloignement ne permet pas cette visite personnelle,
la mère du jeune homme doit écrire une ‘ettre affectueuse en son nom et en celui de tonte la matson, pour exprimer la joie que causera l'entrée de la fiancée de son fils dans sa nouvelle famille,
Ensuite vient un échange de politesses pour permettre aux deux familles de se mieux connaître. Un diner est offert par l'une ou l'autre famiile. généralement celle de la jeune fille, et on y discute et décide la date à laquelle les fiançailles pourront ètre annoncées.
Dans les familles qui ne vivent pas dans la mème ville, la mère du jeune homme invite souvent la fiancée de son fils à venir passer une semaine ou plus chez dalle. Cette invitation doit étre affectucuse et n'avoir pas l'air d’un appel pour inspection. Voici a peu pres dans quel ton :
“Ma chère enfant,
Voudriez-vous nous faire le plaisir de demander à vos parents s'ils consentiraient à se priver de votre présence pendant quelques jours pour que nous ayons le plaisir de connaitre et d'embrasser celle qui à conquis le cœur de notre cher Raoul. Nous désirons tous bien ardemment avoir la joie de vous posséder qu. lques jours auprès de nous.
Votre future maman qui vous aime déjà et vous embrasse affectueusement ”.
Naturellement, cette démarche est un peu de la nature d'une corvée, mais elle est indispensable. Une jeune fille trouve quelquefois dans la famille du jeune homme qui a demande sa main, tant de ditrérences d'idée et de sentiments avec ceux qu'elle professe elle-même, qu'elle s'aperçoit aussitot de l'impossibilité de vivre heureuse dans ce milieu.
Quelquefois aussi, le jeune homme est bien désillusionné lorsqu'il voit dans son entourage l'attitude de la jeune fille qu'il croyait aimer. Il est bon de se voir de part et d'autre, en dehors de son propre cercle et dans le milieu auquel on est soi-même habitué. Il faut passer par toutes ces épreuves avant qu'il soit trop tard Des fiançailles rompues sont moins lamentables que des cœurs brisés. La possibilité d’une rupture impose la nécessité de retarder le plus possible l'annonce des fiançailles. Tant que les deux familles ne sont pas absolument d’accord sur tous les points, les fiançailles doivent rester secrètes.
Q.— Dans les fiançailles, laquelle des deux familles doit la première faire visite 7
R. — Une femme ne fait jamais d'avances d'aucune sors. En conséquence, c'est à la famille de la fiancée d'attendre la visite de la famille du fiancé. Celui-et presente, chez les parents de la jeune fille, ceux des siens qu'il veut mettre en relations avec les premiers.
Q.— Quel est le rôle du fiancé pendant les fiancailles ?
R.—Le fond méme de ce rôle, on le devine : se fiancé doit s'ingénier à remplir cette période charmante qui préccde le mariage, par toutes les satisfactions et les jotes qu'il peut procurer à sa fiancée. Il n'est pas nécessaire pour y réussir de faire de grosses dépenses; un joli bouquet de fleurs de la saison, s'il est affectueusement offert, est capable de causer autant de plaisir qu'une gerbe de roses de dix piastres: un cadeau modeste, mais comblant un désir qu'on a su deviner, vaudra mieux que le plus riche present de la terre; une prévenance, une attention émue sont plus propres à toucher un cœur de jeune fille intelligente et sincère que les grands discours et les protestations emphatiques. Il faut que les jeunes gens, que ce titre nouveau de fiancé intimide et rend interdits, se rassurent ; il ne faut pas qu'ils se tourmentent, ni se demandent avec inquiétude ce que le code mondain leur commande de dire lorsqu'ils se trouvent en présence de la jeune fille qui les a agréés; il n'y a pas d'étiquette pour régler ces paroleslà. S'ils sont heureux, ils n'ont qu'à exprimer leur bonheur et leur reconnaissance et, s'ils y mettent un peu de gaucherie, c'est cette gaucherie méme qui plaira.
Aucune irritante question d'intérêts ne devra troubler le temps des fiançailles ; tous les détails en auront dû être réglés au moment de la demande en mariage et, de part et d'autre, les deux familles se seront mutuellement soumis leurs situations réciproques avec la plus entière loyauté. Si l'on a eu à faire l’'aveu d’une irrégularité quelconque, touchant un membre de la famille, on l’au'1 également exposée avec franchise avant la conclusion léfiniuive du mariage. Rien n'est d’un caleul plus déblorable que d'attendre pour ces sortes d'explications que l'affection des ieunes gens se soit solidement établie ; on compte alors sur la force même de cette affection pour réduire les
intransigeances et les sévérités que l’on redoute, et l'on ne réussit qu'à glisser entre eux un élément de méfiance ou à faire rompre un accord déjà public et une tendresse dont le déchirement sera douloureux.
Lorsque le mariage est définitivement conclu, les parents des deux jeunes gens annoncent officiellement les fiançailles à leur entourage. Il est d'usage qu'un diner de fiançailles soit donné par les parents de la jeune fille. Ce diner réunira les deux familles qui entreront en contact : des amis très proches pourront être également invités, mais non pas le cercle des simples relations. C’est à ce diner que ce jeune homme offre la bague à sa fiancée : il laura achetée lui-même, mais après avoir consulté les goûts de la jeune fille. Cette bague sera aussi belle que le permettront les ressources de la famille du fiancé. Pour ce diner il se sera fait également précéder d'une corbeille de fleurs blanches qui figurera en place d'honneur pendant la réception. Dans les milieux fortunés, il est d'usage que le fiancé fasse parvenir, chaque matin, des fleurs chez sa fiancée. C’est là une mode des plus dispendieuses et dont les jeunes filles raisonnables se hâtent de décharger leur futur mari.
Pour les mariages riches, la famille du jeune homme se réserve de constituer la corbeille de mariag:. qui comprend les parures de luxe formant le fonds sérieux d’une toilette de jeune femme : fourrures, soieries, dentelles et bijoux s'il y a lieu ; les choses se font aussi largement que pos- Sible et l'on cherche à marquer de mille manières AA jeune fille la joie qu'on éprouve à l'accueillir comme une nouvelle enfant.
Q. — Un étranger peut-il solliciter des informations au sujet de fiançailles projetées ?
R.—Si l’on se doute que des jeunes gens sont fiancés ou sur le point de l'être, il est d'excessivement mauvais goût de provoquer des indiscrétions à cet égard. Un étranger ne doit pas poser à ce sujet des questions qui seraient indiscrètes. Les fiançailles ne sont annoncées que s'il y a toute perspective que le mariage puisse se faire dans le cours des douze mois qui suivent l'annonce officielle des fiançailles.
Q. — Quel est le premier cadeau que doit faire un fiancé à sa fiancée ?
MiLL" QUESTIONS D'ÉTIQUETTE 113
R. — C'est la bague de fiançailles, premier anneau de la chaîne qui les rivera l'un à l’autre pour la vie. La perle avec les diamants est par-dessus tout le bijou qui convient le mieux à la jeune fille ; c'est, en plus de sa valeur intrisèque, de sa couleur et de sa pureté, un charmant symbole.
Q. — Quelle place occuperont les fiancés à un diner de fiançailles ?
R.— Les deux jefnes gens placés l’un à côté de l’autre s'asscoiront à l'un des bouts de la table, les places d'honneur étant réservées aux parents du jeune homme.
Q.—Les parents du fiancé sont-ils tenus de rendre le diner de fiançailles qui a lieu dans la famille de la fiancée ?
R.—Les parents du fiancé ne sont pas tenus de rendre le diner des fiançailles. Mais si cela leur est possible, ils font bien, quelque temps après, d'offrir, eux aussi, un diner de famille à la fiancée de leur fils et aux parents de celle-
Q. — Peut-on annoncer les fiançailles à des amis avant les parents ?
KR. — 11 serait de très mauvais goût d'annoncer les fiançailles à des amis avant que tous les membres des deux familles en aient été informés, surtout s'ils demeurent dans la mème ville. Ce manque de respect envers les parents retomberait sur les jeunes époux et leur ferait du tort dans l'opinion. La position d'une famille dans la société dépend beaucoup de l'attitude de ses membres, les uns envers les autres.
Q.— Quels cadeaux doit-on faire à la nouvelle des fiançailles ?
R.—A la nouvelle des fiançailles, il est de bon goût, pour les parents du jeur homme, d'envoyer des fleurs à la fiancée. D'un autre côté, il est maintenant de mode pour les amis intimes d'envoyer de jolies tasses à thé — le thé de l’après-midi devenant l'emblème des fonctions de maitresse de maison qu’elle va assumer. Les amis s'empressent aussi inviter chez eux le jeune couple.
Q. — Que doit dire à son fiancé une jeune fille qui reçoit sa bague de fiançailles ?
R.—La jeune fille doit d’abord remercier, puis assurer son fiancé combien elle est honorée de son choix «t exprimer le souhait que cet anneau soit pour eux un lien indissoluble de constance et de bonheur. Naturellement ceci est la réponse de convention, mais une jeune fille qui ressent la légitime fierté de se voir confier le bonheur futur de celui qui la prend Pour femme, saura vite écarter ces banalités ct donner cours aux sentiments que la situation lui inspire. D'ailler ;, le jeune homme ne se trouvera que plus à l'aise de l’absence de toute formule préparée.
Q. — Quand doit-on porter la bague des fiançailles ?
R. — On ne doit pas porter en public la bague de fiançailles avant que celles-ci soient annoncées. Il n’y a pas de regle fixe quant au choix de la bague elle-méme. Géncralement l'amoureux consulte la jeune fille à ce sujet ct quelquefois la lui l2:sse choisir, mais ceci est aux dépen: du sentiment. Une jeune fille préférera que cette bague soit l'expression du goût personnel de son fiancé. Il serait de très mauvais gout pour un jeune homme d'offrir, ct pour une jeune fille d'accepter, une bague dont la valeur ne serait pas en rapport avec leur condition, ou avec |: position qu’ils occuperont une fois mariés. Ce serait la source de commentaires et de jalousies qu ‘on doit éviter. La bague de fiançailles se porte au troisième doigt de la
main gauche.
Q. — Quelle doit-être la durée des fiançail!:s ?
R.—La mode est évidemment de nos jours aux fiançailles de courte durée, et c'est l'habitude fréquente. Nous sommes convaincue cependant qu ‘on doit accueillir avec joie toutes les chances de se mieux connaître avant de prononcer le mot final. Le temps, les rencontres journalières des fiancés dans l'intimité familiale servent à révéler l’un et l’autre tels qu’ils sont et non tels qu'ils essaient inconsciemment de paraître ètre.
Des fiançailles d’un an et même de deux ans, bien que longues n'ont rien d'exagéré : c'est une épreuve précieu: surtout lorsque la position financière exige ce délai. La
préparation, le calcul des nécessités présentes pour préparer le foyer futur. mürissent l'affection. développent les qualités les plus intimes et les plus solides. Les efforts généreux qu’elles imposent à l’homme. l'intérêt cffectif, la connaissance de l’économie domestique qu’elles éveillent chez la femme préparent mieux pour la vie que de courtes fiançailles absorbées par le tumulte des connaissances nouvelles, des plaisirs, ete. à la fin desquelles on se lance dans l'irrévocable, sans se connaître à moitié et sans avoir songé à autre chose qu’à l'élaboration du trousseau.
Q.— Quelle doit être la tenue des fiancés en public ?
R.—Bien que la chose soit fort désagréable à la vérité, il n’en cest pas moins vrai que les fiancés sont toujours le point de mire de tous les yeux. Ils doivent donc se garder de provoquer par leur tenue les moindres commentaires. Leur : ‘ction mutuelle ne doit être ni exagérée. ni affectée, 1. trop exnansive ;: d’un autre côté de la froideur et un semblant d’indifférence seraient impardonnables.
Q. — Des fiancés peuvent-ils danser avec d’autres personnes ?
R.— Pendant les fiançailles les futurs sont naturellement beaucoup vus ensemble, sans que cela puisse exciter da commentaires. Ils ne sont pas censés trouver de plaisir l’un sans l’autre. C’est leur goût et leur inclination personnelle qui doit leur dicter s'ils veulent danser avec d'autres personnes qu'entre eux.
Q.— Une fiancée peut-elle trouver manvais que son fiancé danse et fasse preuve d’amabilité à l’égard d’autres personnes ?
R. -— Un homme du monde est appelé à traiter toutes les femmes avec politesse et déférence et à avoir pour celles qu'il rencontre de ces attentions aimables qui sont sans conséquence. Une jeune fille intelligente ne peut pas exiger du jour au lendemain de changement d’attitude envers les autres femmes. Elle doit tenir à ce qu'il se montre toujours chevaleresque, courtois et attentionné. C'est seulement si ces attentions étaient exagérées, ou trop marquées qu'elle pourrait se plaindre de déloyauté.
Le mieux c'est d'agir entre fiancés avec la plus grande franchise au sujet des anciennes amitiés. On peut toujour: pallier aux méfaits des potins en s’expliquant promptement sur tout ce qui peut soulever la critique. La disposition au soupçon, d'un côté où d'un autre, dénote une méfiance qui est tout à fait incompatible avec une affection profonde et sincère.
Q.—Des fiancés ont-ils besoin pour sortir de se faire accompagner d’un chaperon ?
R.—Un chaperon doit accompagner les fiancés ar théatre, le soir et dans les grands bals.
Quant aux mat. ‘es, aux promenades en voiture découverte, on peut se dispenser d'accompagnement.
Q. — Des fiancés doivent-ils faire des visites ensemble ©
R.— Non, ce n’est pas de bon ton. Naturellement peut y avoir des exceptions: par exemple en cas de grand: intimité et si cela peut faciliter beaucoup des arrangement:
dont .chacun est le meilleur juge, En général si les “anceés sont attendus, tous deux, quelque part. ils doivent s'y rendre séparément mais peuvent en repartir enseml!.
Q. — Une fiancée peut-elie aller dans le monde ?
R. — Oui. à condition, qu’elle ne se rende que là où «fiancé sera invité ou après lui avoir fait part de l'invitatio= reçue, s'il n'y va pas.
Q.— Quel est le meilleur moyen pour réparer un: rupture avec les parents de fiancés ?
R.—Un fiancé qui aurait eu avec son beau-père 1: discussion ayant amené une rupture, n'aurait d'autre parti à prendre, s'il désirait rentrer en grace, que d'exprimer ses regrets et de faire des excuses, alors mé: qu'il aurait raison. Il pourrait dire qu'il déplore qu'un: manière de voir différente ait eu pour résultat de le f:” éloigner, qu’il ne reviendra plus sur le sujet, si on veu: bien le recevoir comme par le passé. Il n'y aurait aucur lâcheté à agir de la sorte, 1a démarche se comprend ai-:ment: l'amour est plus fort que la rancnune même légitin . puis, l’âge de l'adversaire permet de faire ces concessions.
inde durs nent tion ice inde
Q. - Un homme sur le point d'épouser une veuve doit-
il lui envoyer des fleurs, comme il le ferait pour une jeune fille ?
R.— Mais assurément oui, seulement les fleurs, au lieu d'être blanches doivent être de couleur ; on évitera seulement celles qui ont un caractère de deuil : les roses, les camélias, les œillets doivent être les préférées.
un à FLEURS —
Q. — Peut-on envoyer des fleurs à Noël ?
R.— On peut toujours envoyer des fleurs à une dame à Noël si l'on est en termes d'intimité ou si l'on en a reçu des politesses. C’est une attention toujours appréciée et dont on ne peut pas se blesser. Toutes les femmes aiment les fleurs et s’en achètent rarement pour elles-mêmes ; de sorte qu'à moins d'en recevoir comme cadeau, elles s'en passent fréquemment, même quand elles auraient le moyen de satisfaire cette fantaisie. On met dans la boîte une carte de visite et il vaut mieux les faire porter par le fleuriste.
Lu nd FUMEURS —
Q. —En «uoi consiste la politesse entre fumeurs ?
R. — Quand un homme se dispose à fumer et qu'il se trouve dans un cercle uniquement masculin, il offrira d'abord son étui à tous les fumeurs présents, puis une allumette enflammée à ceux qui auront accepté son oftre. I devient de plus en plus courant aujourd’hui de “ causer affaires ”, de discuter des questions d’intérêt avec l’accompagnement d’une cigarette. Celle-ci est alors offerte par la personne la plus âgée ou par celle qui occupe la situaton Ja plus importante, par celle aue l'on vient solliciter. C'est un geste de cordialité qui invite l'interlocuteur à parler avec confiance, à se mettre en quelque sorte plus à l'aise.
Il est presque superflu de dire qu'un homme n'allume jamais une cigarette devant des femmes sans leur demander la permission.
Dans une salle à manger d'hôtel par exemple, s’il n’y a pas de fumoir, il sollicitera cette autorisation avec la poli. tesse la plus discrète et la plus respectueuse possible, il pourra également charger le garçon de service de s’informer auprès des dames présentes si la fumée ne les incommode pas.
Enfin, lorsqu'on reçoit chez soi à diner ou à déjeuner, le maître de maison doit, à la fin du repas, offrir à fumer à ses invités qu'il emmène pour cela dans un fumoir ox qu’il garde dans la salle à manger pendant que les dame: passent au salon. On choisira avec soin ce que l'en donne ainsi à fumer. Il est préférable de présentsr de: cigarettes excellentes plutôt que de mauvais cigares.
Q. — Peut-on fumer la pipe dans la rue ?
R.—Ilny a rien de déplacé à fumer la pipe surtout à la campagne ou en se rendant à son bureau. Encore faut-il que ce ne soit pas une pipe de plâtre et qu’on ne soit pas en toilette habillée. Fumer la pipe, en chapeau haut de forme et en redingote, est une hérésie. Fumer
dans-la rue une pipe de luxe ou de dimensions exagérée: est une faute de goût.
Q. — Quand et où peut-on fumer ?
R.— Messieurs les fumeurs n'échappent point aux réglementations du savoir-vivre. ils doivent méme très strictement s'y assujettir, étant donné que le vif plaisir qu'ils prennent à s'entourer d'un nuage de fumée est, pour ceux qui ne partagent pas leur goût, tout le contraire d'un agrément. Le plus élémentaire devoir de politesse leur commande donc de ne fumer qu'à bon escient et seulemer: lorsqu'ils sont assurés de n'être pas une gène pour leur: voisins... et voisines.
Et d'abord que fume-t-on en public, chez soi et hors de chez soi ? Deux choses seulement : le cigare et la cigarette. De temps à autre, on déclare, par accès de snobisme, que la pipe est de bon ton, ici ou là, à telle heure ou en telle saison. Mais comme, sur ce point, la mode est essentiellement capricieuse et mobile, il ne faut pas s'y fier et les vrais fumeurs qui préfèrent la pipe à toute autre chose s'en reserveront le plaisir pour les heures où ils seront chez eux.
Loi squ'on fume dehors, dans la rue, sur une promenade publique, on ne salue jamais qui que ce soit en conservant le cigare à la bouche ; on le retire vivement, avant de donner un coup de chapeau
Si l'on parle à une femme, si l'on est présenté à une personne quelconque et que la conversation s'engage, on fera le sacrifice du cigare ou de la cigarette commencée que l'on jettera discrètement et sans ostentation.
De même l'on se débarrasse de l'un ou de l’autre avant d'entrer dans une maison, on n’attendra pas d’être dans l'escalier pour en écraser la cendre sur les tapis: et. dans la rue, sur le trottoir, où ils auront été jetés, on aura le soin de les éteindre du bout du pied. Une cigarette ou une allumette ainsi tombées tout enflammées peuvent être suffisantes parfois pour mettre le feu à une robe de gaze où de mousseline et peut causer, Sinon un grave accident, du moins un dommage appréciable.
Q.— Si l'on vous offre à fumer chez un ami, et que
vous vous apercevez qu'il n'y a pas de crachoir que devezvous faire ?
R.—S$Si on ne peut pas fumer sans cracher, on Sabstient de fumer. Si l'ami insiste, on dit la raison de son abstention, tout simplement. ;
Q.— Que doit-on penser des femmes qui fument ?
R.—Un mot seulement pour les jeunes femmes qui s'aventurent de temps à autre à lancer quelques bouffées de fumée. Nous leur conseillons bien vivement de le faire le moins souvent possible, et de n’en pas prendre l'habitude. L'usage de la cigarette pour la femme est assez répandu dans la très haute société, ct surtout dans les cours étrangeres ; 11 devient de très mauvais ton lorsqu'on n'apprache pas des maréhes d'un trône... Mieux vaut donc éviter cette tentation pernicieuse, il y a tant d'hommes qui déplorent amèr-ment l'habitude du tabac qu'ils ont contractée, que c'est bien le moins que la Canadienue se garde de cette passion inutile ct inéléante.
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