MARIAGES
Q. — Combien de temps avant le. mariage doivent étre etre envoyées les cartes d'invitation ?
R.— Les cartes d'invitation doivent être envoyées deux ou trois semaines avant le mariage. Trois semaines n’est pas trop tot.
Q. — À qui doit-on envoyer des cartes de faire-part, ct que doivent faire ceux qui en reçoivent ?
R.—Les cartes de faire-part peuvent être envoyées à toutes les personnes qui figurent sur la liste de visites des parents de la fiancée ainsi qu'à tous les amis du fiancé ou de ses parents dont les noms ont été soumis aux parents de la fiancée. La fiancée peut cependant laisser de côté les noms des personnes avec lesquelles elle ne veut pas entrer er relations après son mariage, si la chose peut se faire sans les offenser.
Tous ceux qui reçoivent des lettres de faire-part d’un mariage doivent faire visite a la nouvelle mariée le premier jour qu’elle recevra ou le plus tôt possible après sa première réception. Si la nouvelle mariée réside dans une autre ville ou si l'absence ou la maladie empèchent de lui rendre visite, on peut envoyer des cartes par la poste. Naturellement, les amis intimes se dispensent de ctte formalité parce qu'ils écrivent généralement des lettres de félicitation ou envoient des cadeaux.
Q.— Est-il à souhaiter qu'il fasse beau ou qu'il pleuve le jour du mariage ?
R.—Les superstitions, aussi bien que Îcs proverbe, offrent, entre elles, de frappantes contradictions. Nous disons généralement ici: “ Pour que la mariée soit heu reuse, il faut que le soleil brille sur elle ”.
Dans quelques parties de la France, on assure, au contraire, qu'il est à souhaiter que la journée des épousailles soit grise ct pluvicuse: car, ainsi, ajoute-t-on, on épuise, en une fois, toutes les tristesses de l'existence, et ces gouttes d'eau, que verse le ciel, ce sont les larmes qu'on répand dans la vie, ct qui seront absentes des veux de la mariée, s'étant toutes écoulées sous forme de pluie.
Les fiancés feront bien de s'en rapporter à l'une ou à l'autre de ces croyances, selon le temps qu'il fera le jour ‘de leurs noces.
Q.— Quand doit-on envoyer un cadeau de noces ?
B. — Si l'on a l'intention d'offrir un cadeau de noces, il doit être envoyé dans la semaine qui précède la date fixée pour le mariage. Si l'on est en termes intimes avec la fiancée, on peut lui rendre visite pour lui présenter ses souhaits et voir le trousseau quelques jours avant le mariage : mais en général il vaut micux s'abstenir, à moins d'invitation spéciale. La fiancée a tant de choses à faire et si peu de temps à elle avant la cérémonie.
On n'a pas à répondre aux cartes d'une fiancie marquées
Q.—Que doit-on répondre aux félicitations qui sont adressées à l'annonce d'un mariage prochain ?
R.— Lorsqu'on annonce le mariage prochain G'um jeune fille, celle-ci n’est tenue de répondre aux félicitation: qu'on lui adresse, par aucune belle phrase. Un sourire. un remerciement pour Îles vœux ou les sympathie exprimés sont suffisants Si les paroles de ses interlocuteurs nécessitent davantage, clle doit bien être capabl de trouver dans son cœur le mot simple qui convient.
La simplicité, la réserve, voilà du reste les deux premières ressources, auxquelles on a recours chaque fois qu'on est embarrassée. Le naturel, partant d'un bon cœur, ne trahit jamais. Cela vaut toutes les regles de civilité.
Q.— Vaut-il mieux épouser un homme sympathique. de bonne famille, mais exerçant une profession qui, bien qu'honorable, ne vous convient pas absolument ? ou: un homme dont la profession vous plairait b 'aucOUp, mais qui, lui, vous plairait moins ?
R. — Sans hésiter, la première alternative est préférable: d'abord parce que la sympathie doit être au-dessus de tout dans le mariage (nous ne disons pas l'amour... qui est souvent aveugle). Puis ensuite : par calcul raisonnable.
En effet, si la profession est bonne, la jeune femme ne tardera pas à revenir de ses préventions ; ct Si elle n'est pas bonne, on a toujours les ressources d'en changer.
Q. — Quelle doit étre la différence d'age entre le mari ct la femme ?
R.—On dit communément que le mari doit avoir dix ans de plus que sa femme. Evidemment c’est une forte moyenne. Le chef de la communauté responsable est tenu d'apporter une expérience qui ne saurait s’acquérir que par une certaine pratique de la vie. Maïs la plupart des jeunes gens, retardés par les études, ont eu moins de contact avec le monde qu'une jeune fille du méme âge. Certains prétendent même que l'intelligence féminine étant plus... futéce, il y aurait encore infériorité du côté masculin, sans les raisons que nous venons de donner.
L'age ne signifie absolument rien quand la santé et le physique agréable, sympathique, compensent les années. n'y a pas de “convenance mondaine”” à observer en l'occurence, ainsi que semblent croire certaines personnes.
Si l'on veut notre opinion personnelle, la voici : * Nous croyons qu'on ne doit marier les “enfants ” très jeunes. c'est-à-dire le mari ayant moins de vingt-cinq ans, et sa compagne ayant par conséquent de dix-huit à vingt ans. culement quand ils peuvent se laisser guider, pendant quelques années, par leurs familles; ou quand ils ont des carrières toutes tracées de façon qu'ils n'aient qu'à se laisser vivre... S'ils doivent entrer dans la lutte avec linexpérience doublée des très légitimes fougues de la jeunesse, ils risquent une grosse partie.
Il y a d'excellents ménages parfaitement heureux, malgré des différences d'âge assez surprenants :
En général, ce sont les qualités, le caractère, le physique vmpathique qui doivent étre considérés dans un projet d'union, et jamais l'âge. On est bien plus dessassorti avec un conjoint vulgaire, désagréable, quoique jeune, qu'avec une personne d'une certaine maturité saine, comme :! faut, et enviable en somme.
NT LRU
Q.—Quel genre de costume doit-on choisir pour le mariage ?
R.—A moins que la fiancée n'ait l'intention de se marier “en blanc ”, elle ne devrait pas choisir un costume qu’elle ne puisse pas porter pour voyager. On peut obvier à cette difficulté en portant un long ct ample manteau pour couvrir un costume délicat et faciliter ainsi la première journée de voyage. Mais les gares de chemin de fer sont quelquefois si malpropres que personne ne peut sans frémir songer à y risquer un costume délicat. En tout cas, ceci ne peut se faire que si le temps est beau et, même pour un mariage, il faut toujours se méfier d’une averse,
Q. — Quelle est l’origine de la robe blanche pour les mariées ?
R, — C'est à l'une des plus jolies reines de France que les jeunes mariées doivent la virginale blancheur de leur robe nuptiale. La première robe de mariage blanche fut en effet portée par Marie Stuart en 1558, lorsqu'elle épousa
François II, et ce n'est qu'à la fin du dix-septième siècle que l'usage s'en généralisa.
La jolie reine écossaise n'avait même pas osé rompre trop complètement avec la tradition, car à sa robe de brocart blanc elle avait ajouté un superbe manteau de cour de velours de Perse bleu pâle, dont de nombreux pages portaient la traîne longue de six mètres.
Q.— Quelles sont les fonctions des demoiselles d’honneur ?
R.— Les demoiselles d'honneur, s’il y en a, n’ont pas grand chose d'autre à faire que les autres jeunes filles du cortège de la mariée. Elles quétent à l'église. S'il y a quelques petits services à rendre à l'épousée, — attacher, écarter son voile, la débarrasser de son missel, — elles s’empressent autour d'elle.
Q.— Comment la famille doit-elle quitter l'église une fois le mariage terminé ?
R.—On observe le moins de formalité possible, une fois la cérémonie terminée. Quand les mariés sont partis
en voiture, la mère de la mariée suit généralement en voiture avec une demoiselle d'honneur ou une autre de ses filles, quelquefois avec son mari. Mais ceci est considéré un peu vicille mode et les pères préfèrent attendre que plusieurs voitures soient parties. Quand la maison des parents est à peu de distance de l’église, les voitures peuvent parfaitement revenir chercher les parents ou les autres membres de la famille et les amis.
Q.— Comment se passent les mariages protestants au domicile des parents ?
R.— Ces mariages sont généralement aussi simples que possible, le calme et la simplicité en font tout le charme. Quelques décorations ou guirlandes de feuillages et d'evergreen sont tout ce que demande le bon goût pour la circonstance. Quelques fleurs et des plantes vertes, palmiers, etc. en pots garnissent avantageusement le salon.
La mère de la mariée reçoit les invités dans le salon. La ponctualité est indispensable dans le cas d’un mariage intime ct tous les invités arrivent ainsi presque simultanément. Le marié, le pasteur arrivent ensemble, à l'heure fixée.
Immédiatement après, entre la fiancée, au bras de son père. Le pasteur se place en face des invités. Le jeune couple se place comme à l'église, en face du pasteur, le père se tenant derrière la mariée pour la remettre au fiancé. Ensuite il va se placer auprès de la mère de la mariée. Le pasteur est le premier à offrir ses félicitations, puis les parents.
La réunion étant intime, les mariés prennent la tête pour conduire à la salle à manger, suivis du père de la mariée avec la personne de la société la plus importante : les autres invités suivent à leur convenance.
Q. — Quelles fleurs doit-on mettre sur une table à un lunch ou à un diner de mariage ?
R. — À un lunch ou diner de mariage, la décoration des tables ne peut être demandée qu'aux fleurs blanches. C’est dommage que les lys aient une odeur trop forte, trop pénétrante, car on pourrait en leur saison les disposer par gerbes, en de grands vases de cristal. Il y a bien d’autres fleurs blanches : les muguets, que nous
appelons lys de la vallée, et qu'on arrangerait en guirlandes touffues, entremélées de leurs feuilles vertes et de gres nœuds de satin blanc. Mais non, cette délicieuse fleur est l'emblème de bonheur éphémère, et les Valaques la nomment lacrymatoire. Heureusement, il en est d’autres et qui sont d'heureux présages, les roses blanches, les œillets blancs.
Les bouquets de corsage des femmes, les “boutonnières” des hommes, sont assortis à la fleur qui orne la table. Les uns et les autres peuvent être distribués aux convives par les garçons ct les demoiselles d'honneur, qn les présentent dans des corbcilles garnics de nœuds de ruban.
Q.— Doit-on, dans toutes les conditions apprendre aux jeunes filles à gagner leur vice ?
R.— Les mamans qui ont des filles à marier se plaignent souvent que les jeunes gens sont trop difficiles où trop pratiques.
Elles n'ont pas toujours tort. Mais elles n'ont pas toujours raison non plus.
La vie moderne a ses exigences, et l'erreur de l'éducation familiale est de n’en pas tenir suffisamment compte.
Nous élevons nos filles comme nous avons été élevée. nous-mêmes, en bonnes petites bourgeoises, incapables de se passer, pour vivre, de l'assistance d'une famille on d'un mari. Le temps a beau marcher, nous restons convaincues qu'une femme, quand elle appartient à un certain monde, ne saurait sans déchoir, occuper son activité à d’autres Soins qu'à ceux de son ménage. Et encore, arrive-t-il souvent que le ménage passe au second rang, l'unique objectif de notre destinée consistant aux yeux de beaucoup d'entre nous à savoir entretenir ses relations et à montrer une égale aptitude à bavarder sur tout et à tout ignorer.
Or, comment voulez-vous que des jeunes gens qui connaissent le prix de la vie, dont la carrière se fait tard ct difficilement, ne calculent pas, avant de prendre un parti. les obligations de toute sortes, auxquelles le mariage les entraîne ?
Il est entendu qu'il vaudrait mieux qu'ils se laissassent davantage guider par leur cœur. Mais on ne peut pas leur reprocher, quand leur cœur n’a pas parlé, de réfléchir à ces choses et d'estimer qu’elles ont quelqu’importance.
Ce sont des hommes, après tout, et, comme tels, ils ont bien droit à un peu d’égoisme, puisque nous sommes toutes d'accord à proclamer que c'est là un trait distinctif du caractère masculin.
Il n'est pas dit, d'ailleurs, que s'ils écartaient délibérément ces préoccupations de leur conduite, il en résulterait beaucoup plus de bonheur pour nos filles, car celles-ci, en raison mème de l'éducation que nous leur donnons, ne sont pas toujours très bien préparées à supporter sans regret l'existence étroite et mesquine à laquelle sont condamnés les jeunes ménages dont les ressources sont trop parcimonieusement mesurées.
Il faut avoir le courage de voir les choses teîles qu'elles sont. C'est même un devoir rigoureux, quand on aime ses enfants, de ne leur taire aucune vérité.
Eh bien! la vérité est que nous donnons à nos filles des gouts et des manières qui ne sont malheureusement pas toujours en rapport avec la situation de fortune où elles se trouveront.
Nous voulons qu'elles vivent de la même vie que celles de leurs amies qui sont plus fortunées. Sous prétexte qu'elles sont du même monde, nous les croyons obligées d'avoir la même destinée.
Hélas ! que de fois les pauvrettes seront victimes de cette erreur de notre aveugle tendresse ! Que de fois il leur arrivera, pour ce seul motif, de vicillir solitaires ou, si elles se marient, de ne point savoir goûter leur bonheur ou même de le détruire sottement par leurs plaintes ou leurs récriminations ?
Ces petits drames-là ne sont jamais mis à la scène, et cependant, il s'en déroule tous les jours des milliers. Il est possible qu'ils soient moins curieux que ceux où la passion seule a sa place. Mais on ne nous enlèvera pas de l'idée qu’ils mériteraient d'avantage de solliciter l'attention de nos auteurs, car, en somme, ce qu'ils démontrent, c'est que, dans la Cité moderne, la femme ne peut plus limiter son objectif aux seuls devoirs de sa nature et peut-être n'y a-t-il jamais eu dans l’histoire de l'humanité de plus graves, ni de plus douloureuses évolutions que celle-là.
Il faut que nous en prenions notre parti. Quelque regrettable que ce soit. désormais les femmes ne :seront aptes au bonheur que si elles peuvent se passer du secours, de l’aide et de l'assistance d’un époux.
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)