‹ Mille questions d'étiquette [microforme]Chapitre 49 sur 65 · SALUTS · texte numérisé non relu

SALUTS

Q.— Une femme doit-elle se lever quand une autre femme lui est présentée ?

R. — Oui, à moins que celle-ci ne soit beaucoup plus jeune. C'est une gracieuseté cependant pour une femme plus âgée de tendre la main à une jeune personne qui lui est présentée. 2

Q.— Que doit-on faire quand on rencontre un groupe de personnes parmi lesquelles il y en a qu’on connaît très bien et d’autres qu’on connait peu ?

R.— Dans ce cas, on doit s’efforcer d’égaliser autant que possible ses salutations. Un simple salut de politesse à l’un et une démonstration exagérée à l’autre seraient une parfaite impolitesse. Il faut ètre courtois et cordial pour tous.

Q. — Deux amies sortent ensemble et rencontrent une dame que l’une seule connaît, doivent-elles saluer toutes deux ?

R, — Certainement. De mème, lorsque l'on accompagne une dame cet qu’elle salue des personnes qu'elle rencontre, on doit saluer avec elle, lors même que l’on ne les connait pas.

Q.— Quand une dame donne-t-elle une poignée de main ?

R.— Dans sa propre maison une dame doit toujours tendre la main, en guise de salutation à tous ceux qui passent le seuil de sa porte.

Q. — Peut-on donner une poignée de main à une dame ?

R.—Un homme bien élevé ne doit jamais tendre la main à une dame, mais il doit attendre qu'elle lui tende la sienne ; alors il prend la main légèrément, mais avec fermeté cependant, dans sa main droite dégantée et il la secoue un moment. Une pression intentionnelle dans ce cas est une insulte.

Q. — Peut-on saluer une dame à une fenêtre ?

R. — On peut saluer une dame assise à sa fenêtre quand on passe dans la rue, mais on ne doit jamais saluer de sa fenêtre une dame qui passe dans la rue.

Q. — Quand doit-on lever son chapeau ?

R. — Si deux hommes se rencontrent, il n’est pas obligatoire ici de lever son chapeau, un simple signe de tête est suffisant. Mais si une dame est avec l’un ou l’autre de ces messieurs, ils doivent tous deux lever leur chapeau pour saluer.

Q. — Que faut-il éviter pour le salut ?

R. — Il faut éviter de faire le clown, de donner un coup de poing dans la dos de la personne qu’on dépasse ou qu’on rencontre, de lui enfoncer les côtes, de lui écraser les épaules, etc. Il est également de fort mauvais goût de pousser des exclamations vulgaires comme “ Hallo ! mon vieux ” et autres salutations acrobatiques.

Q. — Comment salue-t-on à cheval ?

R.—A cheval une dame salue en inclinant le buste légèrement. Un monsieur saisit ses rênes et sa cravache dans la main gauche, soulève légèrement son chapeau de la main droite avec une légère inclination du buste. On ne doit jamais rejoindre une dame à cheval, à moins qu’elle soit escortée seulement d’un groom et sans lui avoir demandé au préalable la permission de l’accompagner.

Q.—La dame doit-elle saluer la première ?

R. — En règle générale une femme est absolument maitresse de reconnaitre ou de ne pas reconnaitre les

messeurs qu'elle rencontre. S'il lui plait de les reconnaître elle salue et tant qu'elle n'a pas salué, un homme bien élevé ne doit pas la saluer. Elle est seule juge en cette matière. Si elle le reconnait elle le salue, il lève son chapeau de la main la plus éloignée d'elle et rend le salut en s'inclinant légèrement. On ne doit pas insister et ne pas chercher à se faire apercevoir méme si l'on croit que la dame ne vous à pas reconnu accidentellement.

Q.— oit-on se découvrir pour parler à une dame ?

Ri — Certainement, Si un homme s'arrète dans la rue pour parler à une dame, il doit tenir son chapeau à la main pendant toute la conversation à moins d'etre pric de se couvrir. Entre hommes, cette politesse, ici, n'est pas de rigueur, sauf dans les cas d'un personnage de haute distinction.

Q. — Quand un monsieur peut-il marcher aux cotés d'une dame qu'il a rencontrée ?

KR. — Si la dame avec qui vous causez reprend sa marche sans arrèter sa conversation, vous ètes libre de l’accompagner dans sa promenade jusqu'à ce qu'elle s'arrête de nouveau et vous congédie.

Q. — Peut-on 1ejo'idre une dame dans la rue, si on désire lu! parler ?

PB, — Jamais, on ne doit rejoindre :1e dame en la dépassant ou en arrivant à sa hauteur, ;:1r derrière elle. Si l'on veut absolument la saluer ou ètre vu d'elle, on doit s'y prendre de façon à la rencontrer face à face. Pour cela on prend un chemin détourné ou un autre trottoir et à distance convenable, on reprend sa marche en sens inverse pour la rencontrer bien en face.

Q. — Que doit-on faire si l’on est arrêté par une dame : +

KR. — Si une dame s'arrête en rencontrant un monsieur. celui-ci doit s'arrêter également, si pressé qu’il puisse être. S'il ne le peut réellement pas pour quelques instants, il doit cependant s'arrêter suffisamment pour expliquer le cas et pour faire des excuses d’être obligé de repartir s: précipitamment.

conmme e en lève d le ister croit

on

dé- Si doit our toir e11<

Q. — Que doit-on faire si l'on est salué par un étranger, à la façon de son pays ?

R. — Si un étranger vous salue à la façon de son pays ; ne restez pas en arrière et ne ricz pas, méme si ce mode de démonstration vous paraît étrange. Efforcez-vous au contraire de le mettre à son aise en n'ayant l'air de trouver rien d’étrange à son salut à la façon nationale.

Q. — Que doit-on faire si l'on cest salué par quelqu'un

qu'on ne connaît pas où qu'on ne reconnaît pas ?

R. — Un homme bien élevé doit toujours répondre à un salut qui lui est adressé dans la rue, méme s'il ne reconnait pas la personne qui le salue. Ce peut étre une personne à qui il a été présenté mais dont il a oublié la physionomie et s'il y a erreur de la part de la personne qui salue, une réponse courtoise à sa politesse, diminuera considérablement l'embarras que peut lui causer sa méprise.

Q.— Que doit-on faire si un étranger vous salue par erreur ?

R. — Un petit salut, sans le moindre sourire, est la seule marque de politesse qu'exige ce compliment qui se trompe d'adresse. Si vous soupçonnez que l'erreur est intentionnelle, votre salut doit étre d'autant plus réservé. Quant à méconnaitre volontairement la politesse et ne pas répondre, c'est une vulgarité dont on ne doit passe rendre coupable.

Q.—Que doit-on faire si quelqu'un vous donne une poignée de main que vous ne souhaitez pas ?

R.—C'est une insulte grossière de répondre à une cordiale poignée de maïn et à un salut chaleureux par un salut froid et en tendant mollement une partie de la main. Mème si vous ne goüûtez pas la familiarité, vous devez y répondre par une démonstration quelconque de cordialite.

Q.— Comment doit etre le salut entre personnes de condition inégale ?

R.—Un mot, en passant ; des saluts adressés aux per-

sonnages de marque ; un salut amical à une personne d'une situation supérieure semblent vouloir s'afficher. 1! faut donc être strictement respectueux; c'est faire preuve de bonne éducation, que de ne pas faire étalage de la faveur que vous témoigne une personnalité en vue. Par exemple, en retrouvant dans une situation élevée un ami d'enfance. le tutoiement tout d'abord serait une intimité trop vit reconnue ; que le supérieur s'en souvienne, c'est son affaire, mais l'inférieur doit l'oublier respectueusement.

Q. — Comment le salut doit-il se donner entre hommes ?

R.—Les jeune. gens se saluent quelquefois entre eux d'un geste, en levant la main, les doigts en l'air, et en l'agitant deux ou trois fois, ou d'un signe de canne, ou en touchant légèrement le bord du chapeau, sans l'enlever : ces manières, extrèémement familières, sont excusables entre très jeunes gens.

Un jeune homme rencontrant un ami accompagné de <a mère ou de sa sœur, où un homme d'âge mûr, doit s'incliner, tout en souievant son chapeau.

Chaque fais qu'un homme s'approche d'une femme, ct lui parle, doit, garder son chapeau à la main ; d'un simple mi Ile l'invite à se couvrir, ct, si c'est un homme âgé, à qui æ froid ou la chaleur sont désagréables, il se couvre sans résistance, mais peut cependant demeurer découvert si l'entretien ne se prolonge pas longtemps.

[l'est d'habitude de ne pas saluer le soir, parce qu'on ae se voit pas bien ; cela évite bien des erreurs ct de: impolitesses ; cependant, beaucoup de gens ne le saveri pas, et l'on doït, lorsqu'on est salué le soir, accepter le salut et y répondre.

Lorsqu'un homme rencontre un autre homme c’est plus jeune qui salue le premier, à moins que le monsieur plus ägé ne soit très inférieur au premier comme position

Si c'est un couple qui rencontre une jeune femme, ! monsieur et la femme qui sont ensemble saluent !.: premiers.

Lorsque des dames se rencontrent, on observe, pour ! salut, la même règle que pour la rencontre de deux messieurs.

Q. — Qui doit saluer le premier, l’homme ou la femme?

sonne dr. ]l

eue aveur mple, fance.

>) vitk son ent.

mes ?

Peux Gtacn Du en ver sables

de sa s'in-

d'un DA TDIT il se eurer

qu'on

des

Aavent er le

R.— C'est la femme qui a le privilège de saluer la première. lle peut avoir des raisons pour ne pas continuer les relations ei un homme ne doit jamais prendre l'initiative.

Q. — Quelle est l'étiquette du salut pour les jeunes filles ?

R.—Les jeunes filles doivent s'abstenir de toute autre démonstration qu'un salut de politesse aux personnes qu’elles rencontrent dans la ruc. Elles s'inclinent légèrement. Un simple signe de téte est de très mauvais ton.

Q.—Que fait une dame pour clore une conversation dans la rue ?

FPE , .

R.— Quand une game désire clore une conversation dans la rue, elle doit s’incliner légèrement, et le monsieur doit immédiatement prendre congé.

Q.— Que doivent faire un monsieur et uns: dame qui se rencontrent dans un passage étroit ?

R.—Si un monsieur et une dame se rencontrent dans un passage étroit, ie monsieur doit s'arrèter pour laisser passer la dame. A son passage, il lève son chapeau et s'incline légèrement.

La dame dans ce cas doit répondre à la politesse par un léger salut.

Q. — Comment une femme ou une jeune fille doiventelles saluer ? é

R.—Le salut se donne de différentes manières ; et les mille nuances qu'on observe permettent de faire comprendre exactement à la personne qu’on salue la distance à laquelle elle doit se tenir.

Tout en restant correct, le salut peut être hautain, froid, amical, affectueux, bienveillant, etc...

Bien souvent on voit des jeunes filles, qu'un salut embarrasse, le donner gauchement : eikes laissent tomber en avant leur tète, d'un coup brusque, comme par la détente d'un ressort, et sans mème regarder la personne qui doit rendre le salut ; puis, redressent la tète en rougissant et hâtant le pas ; ce n'est pourtant pas une grave affaire. ce salut échangé, elles ne doivent pas y voir autre chose qu'un acte de politesse. Attacher à cette manifestation

naturelle une importance quelconque serait pour celles un véritable manque de simplicité,

On doit toujours regarder la personne qu'on salue, rapidement et d'une manière assez vague quanc on la connait peu, ou si l'on désire éloigner toute familiarité : plus franchement, directement et avec un visage souriant, si l'on est avec elle dans des termes amicau, ,

Que la femme ne se figure pas faire preuve d’une honnèteté inattaquable par une timidité excessive, un trouble sans motif ; qu'elle garde, au contraire, nn maintien naturel et tranquille. La franchise ct la cordialité n'excluent pas une réserve sans affectation, En ne croyant pas ètre l'objet de tous les regards, de l'attention uni-

verselle, elle évitera une attitude, compassée qui ne lui convient pas.

Q. — Comment doit-on saluer une personne dont on ne veut pas cultiver la connaissance ?

R.— Une femme fera toujours bien de choisir ses relations avec circonspection ; de cette façon, elle évitera de rencontrer, chez ses amies, des personnes qu'elle ne tient pas à connaître.

Cependant, si ce cas se produit et qu’une femme soit saluée par une personne dont elle ne veut pas cultiver la connaissance, elle ne s'abstiendra pas de répondre ; mais son salut pourra être glacial et suffira à engager discrètement à ung sage réserve. Il faut des cas exceptionnellement graves pour qu'on puisse se permettre de ne pas

répondre à un salut, Q. — Quelle tenue doit-on tenir dans une église ?

R.— En entrant dans une église, un homme bien élevé doit se découvrir. Les voyageurs négligent quelquefois cette politesse quand ils visitent à l'étranger des églises qui ne sont pas de leur religion. 11 n’y a pas d'indice plu: évident d'impolitesse et de manque d'éducation.

Q.— Une femme salue-t-elle un prètre la première ?

R. — Non, on attend que le prètre salue le premier.

Q. — Doit-on répéter le salut dans un endroit public ?

S un

alue, ité :; jant,

honuble tien alité yant uni-

lui

R.—Les personnes qui se proménent dans un licu restreint, ct que les allées et venue: successives amènent à se rencontrer continuellement, ne se saluent qu'une seule fois ; elles font en sorte en passant ensuite les unes auprès des autres, de porter leur regard d'un côté, sans affectation, pour éviter d'étre forcées à de nouveaux échanges de politesse, qui deviendraient déplacés et ridicules, même obséquieux.

Q. — Quelle est l'origine du coup de chapeau ?

R. — L'habitude française du coup de chapeau n’est pas très ancienne. Sous les Valois on n'enlevait pas sa coiffure, et sous Louis XIV, et méme plus tard, on restait couvert dans un salon.

Louis XIV saluait toutes les fémmes, même les femmes de chambre qu'il rencontrait. Avec les hommes, il réglait lui-même l'étiquette d'un mot :

— Le chapeau, messieurs !

C’est ainsi qu'aux chapitres de l'ordre du Saint-Esprit. aprés la prière et les premières formules, il prononçait ces mots et tous les cordons bleus se couvraient.

Il dinait couvert. On le voit aussi avec son chapeau dans la tapisserie des Gobelins qui le représente recevant les excuses du légat. Il est vrai que le légat, représentant le Pape, avait obtenu de rester couvert «1 assis comme le Roi.

Cependant, la politesse raffinée de la cour de Versailles imposa vite de grandes formules de respect. Avec le -alut du tricorne chez les hommes, apparut la révérence chez les femmes, révérence déjà ancienne mais perfectionnée qui demandait de longues études et qui permettait de saluer tout un cercle en donnant à chacune, d'un léger mouvement de tête, le degré de respect qui lui convenait. Un se pämait devant une belle révérence.

La révérence se fait de nouveau aujourd'hui, dans les pays où il subsiste une Cour, mais elle est infiniment moins compliquée. Encore est-elle ignorée de plusieurs.

Les hommes se courbaient en «saluant. Ils ne se courbent plus que dans un salon et, plus ou moins, “elon la personne, toujours plus légèrement qu'autrefois.

C'est la loi naturelle du changement de mœurs et de conditions sociales qui veut cela, et vraiment personne ne peut s’en plaindre.

Q. — Quelle est l'origine de la poignée de main ?

R. — La poignée de main est plus récente en France que le salut du chapeau. Elle provient des Anglais, et s'implanta en France un peu avant la Révolution, et surtout en 1814 et 1815.

Cette marque d'amitié, qui est en elle-même tout aussi factice que. l'idée de se découvrir, contre laquelle protestent quelques médecins, est en réalité le geste du baisement de main arrèté par l'amitié.

Encore aujourd'hui, en Espagne, on termine une lettre à une femme par ces lettres : QS.P.B. ce qui veut dire : “qui vous baise les pieds”. Et à un homme : Q.S.M.B. “qui vous baise les mains ”.

Les formules de politesse et de respect sont allées en augmentant de la Renaissance à la Révolution. Elle. vont en diminuant depuis lors, pour le plus grand bonheur de ceux qui, ne les connaissant pas très bien, et sont, pour cette raison, partisans de ce qu'on appelle la “ bonne franquette ”.

La poignée de main est intéressante à étudier, comme le salut. Les uns saluent, d'un geste automatique, d’autres d'un geste plus large encore. Quelques-uns saluent si rapidement qu'ils se frappent la tête en se recouvrant : ce sont les gens nerveux et pressés. D'autres saluent avec raideur, et d'autres avec obséquiosité.

Quant à la poignée de main, elle est encore plus significative : franche, loyale, prenante, secouante, trop forte. ou faible, humide, fuyante, d'un doigt donné à regret, celle indique le caractère et souvent la pensée,

Signe d'amitié, dit-on: mais nous la donnons à tout le monde, avec une facilité déplorable, comme notre salut. moins de scandale avéré, nous saluons tous les coquins qui nous saluent, et nous leur donnons la main, s'ils nous tendent la leur.

Veulerie peut-être. Mais nous n'avons pas Île tem de faire le procès de chacun et, en définitive, l'usage le l'eau est devenu beaucoup plus fréquent qu’autrefois C'e:t une façon de laver ses péchés de complaisance.

Q. — Comment doit-on serrer la main ?

PR, — En échangeant la poignée de main, on doit bien -e garder d'arracher du poignet la main de son ami ou de a

ice que t s'imsurtout

t aussi C prolu bai-

lettre dire z .M.B, ées en Elles mheur , pour fran-

omme autres nt «si rant :

t avec

signiforte.

1e elle

out Île ut, À As qui nous

em

ge «le C'est

serrer dans un étau, ou de la secouer comme un battant de cloche, ni de claquer la main qui vous est tendue. Que les deux paumes des mains se saisissent avec fermeté, mais sans cffoft, qu’elles restent unies un instant, puis se séparent. Surtout n'insistez pas : retenir serrée la main d'un ami, c’est théâtral et de mauvais goût.

Q. — Quel est le signe dr la bienvenue ?

R.—Les hommes reconnaissent la présentation qui leur est faite en tendant la main, en signe de bienvenue, la main tout entière, parce qu'il est absolument insultant d'offrir le bout des doigts comme le font certains snobs, et il est aussi mal de tendre la main gauche, à moins que deux personnes ne soient présentées en même temps, ou que la main droite ne soit occupée. Dans ce cas on doit “excuser d'offrir la main gauche. La main droite est la main de l'épée, tendre la main droite à un ami passe pour un emblème de paix ct de loyauté.

Q. — Quelle est notre coutume à l'égard des embrassades et des accolades ?

R.— Dans ce pays-ci, les hommes ne se livrent jamais à des accolades publiques, encore moins échangent des embrassades ; mème pour les femmes, cette coutume est entièrement tombée en désuétude. Dans beaucoup de pays européens on s'embrasse encore mème entr'hommes et l’accolade est de mise mème pour les salutations de cérémonie,

En Amérique, au Canada, l'échange des baisers sonores et ostensSibles est laissé aux effusions de jeunes filles et de pensionnaires.

Q. — Un homme doit-il se découvrir dans un ascenseur, -1l y a des dames ?

R.—On ne se découvre pas dans un ascenseur placé dans un endroit public tels que bureaux, gare de chemin de fer, etc.

On se découvre dans un ascenseur qui fonctionne dans un endroit semi-public, comme un hôtel, un théâtre. etc.

Q.— Doit-on saluer une personne qu'on rencontre je soir ?

R.— Aussitôt la nuit tombée, on n'est censé distinguer personne ct par suite, on n'est pas tenu de saluer. Cependant dans des rues très éclairées, à l'approche d'un théâtre, d'une salle de concert, sous la lueur brillante des feux électriques, on ne peut pas se prévaloir de cette convention sociale et l’on est tenu de reconnaitre ses amis, à moins que par leur attitude, ils ne dénotent le désir de ne pas être reconnus.

Q. — Un homme peut-il saluer le cigare à la bouche ?

R. — Certainement non ; on doit retirer son cigare de la bouche pour saluer. Il est bon de prendre cette précaution quelque distance avant d'arriver à la personne qu'on doit saluer sinon on s'expose à se montrer grotesque, Surtout si la main gauche tient une canne : on nc sait, avec la seule main libre, si c’est son cigare ou son chapeau qu’on enlèvera le premier et comme il est impossible de les enlever en même temps et difficile de les tenir dans la même main, l'incertitude et l'attitude qui en résultent sont très comiques.

Q. — Qui doit tendre la main le premier, l’homme ou la femme ?

R.—En règle générale, c’est la femme, la “ Reine" qui, par son attitude, détermine, autorise celle de son interlocuteur.

Comme exception, nous dirons que. l’homme “supérieur” de cette femme par le rang, l’âge, la position, peut et doit prendre l’initiative parce qu’alors il représente le “ Roi ” en face de sa sujette.

Il n’y a pas à rire de cette comparaison. Elle a pour origine les mœurs des cours; mais elle a le mérite d’être claire, facile à retenir, puisqu'elle réduit à deux règles fort simples toute une grammaire protocolaire, qui deviendrait: aussi compliquée que la syntaxe des participes si l’on n savait pas simplifier.

En la suivant, on sera “certain” et “ certaine ” de nv

jamais être incorrect.

Q.—Si un jeune homme rencontre des jeunes fille, avec leur mère, doit-il parler à celle-ci d'abord ?

R. -- Certainement, une simple formule de politesse

ngucr ‘epenéatre, élecntion moins € pas

re de présonne gron ne 1 son hpostenir n ré-

ou la

ine

Son eur” doit Roi pour ’étre

fort drait A 1

CHIC iles

esst

suffit, mais c'est à la mère que sont dus les premiers égards.

Q. — Que doit-on faire lorsque le compagnon avec lequel on se promène salue une personne que l'on ne connaît pas ?

R.—On doit saluer également, mais sans regarder la personne ou du moins sans rien faire pour attirer son attention.

Q. — Quand un homme doit-il saluer une dame qu'il ne connaît pas ?

R.— Un homme bien élevé doit toujours saluer une dame qu'il rencontre dans un escalier méme s'il ne la connait pas. Si la rencontre a lieu au pied : ‘escalier, il doit la saluer mais passer en ai at d'elle. Si ce \ au haut de l'escalier, il doit saluer et attendre pour la inisser passer afin qu’elle le précède dans la descente de l'escalier. Ce qui est le contraire du mode préconisé entre personnes qui sc connaissent ct montent ou descendent un escalier

ensemble, te SAVOIR-VIVRE —

Q. — Le savoir-vivre rend-il des arrèts sans appel ?

BR, — Le véritable savoir-vivre est souple... Il consiste dans l’art de se tirer des positions imprévues, par le bon sens, le tact, la prudence, mis au service des bonnes intentions.

Q. — Les manuels d'étiquette doivent-ils être pris at pied de la lettre ?

R. — Tout le monde devrait avoir lu un ou deux livres des “Usages”. Bien que ceux-ci varient un peu, influencés par les changements qui se produisent de dix en dix ans à peu près, dans les mœurs, ils restent invariables dans le fond, car toujours l'élégance des manières se rattache à l'élégance “e l’âme. Pensez bien et vous agirez bien. Il est possible que vous manquiez à une petite “ convention ” de pays, de milieu, puisque chaque agglomération d’indiv'dus a ses manières de voir ; mais vous n’offenserez Jamais personne si vous avez appris à exprimer vos in-

tentions avec délicatesse, La vraie “ bonne éducation ” est basée sur le sentiment. À cause de cela, on à tort d'être trop susceptible lorsque quelqu'un manque aux convenances par pure ignorance des re mondaines, alors qu'on sent parfaitement que ce quelqu'un a le désir de bien faire.

Page 1