SERVITEURS
Q. — Comment une jeune fille doit-elle se tenir à l'égard des domestiques ?
KR. — Elle se montrera toujours très polie, on ne peut exiger que les inférieurs nous témoignent des égards si on les traite avec hauteur: ct puis, une jeune personne ne doit pas oublier que ses parents seuls ont le droit de commander dans la maison: si on lui laisse la latitude de donner des ordres, elle le fera avec douceur et laissera à Sa mère le soin de réprimander une servante qui aura Commis une infraction au service,
Q. — Comment doit-on traiter les domestiques étrangers?
R.— Les serviteurs d'autrui, ne recevant de nous aucun paiement, peuvent en conclure que nous n'avons sur ceux aucun droit. Ce serait donc un manque de tact de notre part que de donner à ceux que nous connaissons à peine le nom tout bref qui, ne pouvant marquer la familiarité, implique l'autorité, On dira donc à la femme de chambre ou à la bonne une de ses connaissances : “ bonjour, mademoiselle Catherine, ou Madame Olympe,” ct non Catherine et Olympe.
Ces dernières appellations ne sont permises que lorsqu'on jouit d’une très grande intimité dans la maison; et encore doit-il y avoir alors dans l'inflexion de la voix quelque chose d'aimable qui fasse bien comprendre à la servante ainsi dénommée que l'on ne s'arroge sur clle aucune autorité.
Q. — Une jeune fille ayant perdu sa mère et dirigeant la maison de son père doit-elle dire en parlant de lui aux domestiques : “ Monsieur ” ou “ Mon père”?
R. —“ Monsieur” est plus correct, “mon père” est plus affectueux. Si les domestiques sont convenables et bien stylés, “ Mon père” ne soulèvera aucune familiarité de mauvais aloi et les serviteurs ne seront pas tentés &2 dire entre eux “le père”; s'ils sont rustiques et grossier: “ Monsieur ” leur en imposera.
Q. — En quels termes les serviteurs doivent-ils s'adresser aux personnes de la maison ?
R. — Les domestiques devraient toujours parler aux maitres à la troisième personne. Mais, comme c'est une chose presque impossible à obtenir ici, à cause de la coupable indulgence ou négligence des maitresses de maison. c'est aussi bien d'y renoncer. Ils doivent cependant dire “monsieur ” et “ madame,” sans y rien ajouter.
La fille unique ou aînée est appelée par les domestiques : mademoiselle.” Pour les plus jeunes filles, on ajoute le prénom. De même, pour les garçons, on fait toujours
suivre du prénom le mot Monsieur. Alors même que le fils aîné aurait déjà un certaîn âge et que son père n’exi--
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terait plus, il ne sera pas appelé Monsieur tout court, ne pouvant étre considéré comme le maitre de la maison tant qu'il vit avec sa mère.
Les choses changent si le fils, à son tour, reçoit sa mère chez lui : alors il est Monsieur, mais la mère continue à être Madame. Une femme peut donc étre à la fois maitre et maîtresse de maison ; un homme n'a qu'une qualité dès qu'une femme de sa famille dirige son intérieur.
Ce titre de Madame désignant spécialement la maîtresse de maison, on y ajoute pour les autres femmes de la famille leur nom ou leur prénom.
Le titre familial se | se également au père vivant chez ses enfants.
Un mari parlant de sa femme aux domestiques la désigne par le mot Madame; une femrae dit: Monsieur, de son mari. Ils disent Mademoiselle, Mademoiselle Jeanne où Monsieur Pierre, selon qu'il s'agit de tel ou tel enfant. Mais ceux-ci parlant de leurs parents aux domestiques disent simplement “ mon père ” ou “ ma mére,” sans qu'il soit fait d'exception à cette règle.
On empéchera toute familiarité des domestiques envers les enfants; et, si l’on doit ajouter leur prénom au mot “ Monsieur ” ou “* Mademoiselle ” lorsqu'on parle d'eux, ce serait une familiarité de la pa:t du domestique d'en faire autant, lorsqu'il s'adresse à eux-mêmes, serait-il depuis longtemps dans la maison.
Cette marque de respect du serviteur envers le maitre, si petit qu’il suit, n’empèche nullement les enfants d’avoir à leur tour certaine déférence pour les domestiques déjà anciens et dont : 5 parents n’ont qu'à se louer.
.Q. — Quelle est la règle pour les cadeaux aux domestiques ?
R. — ln règle générale, pour un séjour prolongé dans une maison, les hommes devraient donner des pourboires, mais, aux domestiques mâles seulement, et les femmes, aux domestiques femmes. La règle peut ètre injuste, mais on doit s’y tenir pour ne pas mettre dans l'embarras ceux qui pourraient venir après vous et qui n'auraient pas le moyen de faire plus que la règle. Jamais une femme n’est tenue de rien donner à un domestique homme. Cependant si un homme fait visite dans une maison où le service est fait exclusivement par des femmes, il peut leur faire un présent en partant.
260 MILLE QUENTIONS D'ÉTIQUETTE
Q. — Que doit-on penser des personnes qui interrogent les enfants ou les serviteurs sur les affaires de famille des personnes de leur connaissance ?
R, — C'est une indiscrétion et une inconvenance i donnables qui d'ailleurs ont presque toujours leu: it ment; car il est rare que la source des rensciv cn
ainsi obtenue ne soit pas vite connue à la grande bon tion de ceux qui les ont obtenus d'une façor, dde loyale,