‹ Mille questions d'étiquette [microforme]Chapitre 61 sur 65 · VOYAGES · texte numérisé non relu

VOYAGES

Q. — Quelle conduite doit-on tenir à l'égard des com- Pagnons ou compagnes de voyage ?

R.—Les dames se parlent souvent, sans présentation à bord d’un bateau. Ün homme bien élevé ne doit cependant pas parler à une dame qu’il ne connait pas, à moins d’un cas d'urgence ; et, même dans ce cas, il nc doit s'adresser à elle que de la façon la plus déférente et la plus réservée. Une femme qui voyage seule est plus apte à faire des connaissances qu’une personne accompagnée ou faisant partie d'un groupe, parce que les autres personnes qui sont seules, également, sont plus disposées

lui apporter une chaise, à porter sa couverture de voyage, à l'aider à marcher sur le pont s'il est glissant, qu'elles ne le seraient si elles avaient des compagnes ou compagnons. D'ailleurs pour un étranger un groupe de

famille est plus redoutable qu’une femme isolée. Cependant celle-ci doit être bien circonspecte à l'égard des connaissances faites en voyage.

Des voyageurs d'aspect très recommandable peuvent être les plus dangereux compagnons. Quelquefois, au bout du voyage on est exposé aux plus décevantes découvertes à l'égard des passagers qui, pendant le voyage, ont joui de la plus grande popularité.

La chose la plus sage pour une jeune fille, en voyage, est de se lier d’abord avec les femmes mariées qui voyagent avec leur mari ou avec leur famille. Ceci lui donne immédiatement un pied qui lui permet de jouir d’une plus grande liberté que si elle était visiblement seule et sans autres relations que les messieurs dont elle a pu faire la connaissance.

Q.—Comment doit-on traiter les connaissances de voyage ?

R. — Une connaissance de rencontre faite à bord d'un bateau ou d'un train n'entraîine aucune obligation sociale, mais si des personnes qui se sont rencontrées dans ces conditions désirent cultiver ces relations, elles peuvent échanger des cartes et même, l'une peut inviter l'autre chez elle, dans l'attente naturellement que la politesse lui sera rendue, si elle visite la ville où demeure sa nouvelle amie. Cependant, il ne faut pas trop compter sur l'hospitalité de personnes dont on ne connait ni la famille, ni la position sociale. Il peut y avoir de leur part beaucoup de bonnes raisons pour éviter d'encourir cette responsabilité et l’on ne doit pas y voir un manque de bonne intention. La maladie, des ressources modestes, des erbarras domestiques peuvent souvent empècher les personnes les mieux disposées du monde d'ouvrir leur maison à des visiteurs accidentels.

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