‹ Mille questions d'étiquette [microforme]Chapitre 60 sur 65 · VISITES · texte numérisé non relu

VISITES

Q.—Dans quelles circonstances doit-on faire des visites ?

R.—En dehors des visites obligatoires, comme celles du Premier de l'An, de digestion, de remerciements pour un service rendu, il en existe une foule d'autres. On va faire visite à la campagne à des voisins qui se sont montrés obligeants ; à ceux qui ont fait prendre de vos nouvelles, quand vous étiez malade ; aux personnes dont vous sollicitez la charité pour une œuvre de bienfaisance : à une jeune femme après la naissance de son bébé ; aux dames qui se sont présentées chez vous à votre jour et à qui vous devez la même politesse ; aux amis que vous allez quitter, en partant en villégiature ; aux personnes de votre connaissance qui viennent d'obtenir une distinction honorifique, etc.

Q.— Quel jour fait-on les visites de politesse et en quelle tenue ?

R.— Les jeunes gens font généralement le dimanche après-midi leurs visites de politesse ; c'est, dans les grandes villes, comme Montréal, la coutume admise à cause de l'impossibilité où sont les messieurs de faire leurs visites dans la semaine, en raison de leurs occupations.

La redingote est naturellement très portée le dimanche pour les occasions de cérémonie ; cependant, l'absence de redingote ne doit pas empêcher un jeune homme d'accepter des invitations à une réception où à un thé. Les vétcments de nuance foncée, meme les vestons noirs, sont très acceptables, à condition que le linge et la chaussure soient irréprochables. Ce sont des détails auxquels on ne peut pas attacher trop d'importance.

Q. — Quelles obligations impose le choix d'un jour de visite ?

R. — On n’a pas le droit de ne pas recevoir dès qu'on a

indiqué à ses connaissances le jour o elles Pourront vous trouver, Une chose grave, telle que mariage, deuil de famille, peut seule vous en dispenser ; mais, en ces circonstances méme Îles amis ont dû ètre prévenus.

Pour tout empéchement en dehors de ces cas de force majeure, la politesse demande qu'on envoie une carte avec un mot d'avertissement aux personnes que l'on croit susceptibles de se déranger ce jour-là. Si l'événement : été trop imprévu pour en permettre l'avis, il serait du devoir de la personne qui a manqué à son poste dalle: faire promptement elle-même une visite, aux visiteuses qui se seraient déplacées inutilement, pour leur en témoigner ses regrets.

Q. — Peut-on sans indiscrétion prendre le méme jou: de réception que les dames de son voisinage ?

R. — Certainement. C'est une attention délicate pout les dames qui viennent vous rendre visite. On leur permet ainsi de faire en une seule fois toutes les visites dans un quartier, et le plus tôt cette entente deviendra générale. le mieux ce sera pour toutes les personnes répandues dan: la société.

Q. — Peut-on faire visi à une personne en dehors di son jour ?

R.— Toutes les fois qu'une dame a adopté un jour de réception, c'est une faute d'etiquette d'aller lui faire visite un autre jour, à moins d'avoir pour excuse un court séjour dans la ville qui ne permet pas de choisir un autr moment.

Q. — Quand fait-on des visites de céremonie ?

R.—Entre amms intimes, ou méme entre connais sances de vicille ‘ate, appartenant au mème monde, la cou tume des visitres de cérémonie disparait graduellement Queïques femmes de la société suppriment même leur jour de réception. Une grande réception ou plusieur petits thés suffisent pour réunir, une fois au moins par saison, tous les amis auxquels on désire faire une pol:tesse. Le pes res qui permet de communiquer si faci lement st «€ nt l'auteur de Ja disparition di visites se re, Naturellement, on doit toujours

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les visites officielles aux étrangers, aux fiancés, aux vicilles filles, aux malades où aux amis qui tiennent mordicus à la vieille mode. Il y a aussi des occasions où la visite officielle est de rigueur, comme pour condoléances, félicitations, remerciements ou demandes de politesses reçues où à recevoir.

Q. — Que doit-on faire en arrivant dans une ville avant de rendre visite à une personne que l'on vous a recommandé d'aller voir ?

R.— En arrivant dans la ville où demeure la personne en question, la première chose à faire est de lui écrire un petit mot, citant le nom de celui ou de celle qui vous à recommandé d'aller lui rendre visite. Il serait peut-être imprudent de courir une chance, sans annoncer votre présence ; tandis que, de cette façon, vous vous assurez une réception cordiale. En général, les personnes qui résident dans une ville n'aiment pas trop Îles visites d'étrangers impromptues. Maintenant, il est rare que les amis, mème les plus intimes, se fassent des visites sans téléphoner au préalable. On prépare chaque jour le plan de sa journée ct les dérangements au programme sont aussi désagréables que possible. En écrivant un mot, on fait preuve de considération et on acquiert des droits à la réciproque.

Q. — Comment doit-on s'y prendre pour s'informer si une personne, qui vous à invité à lui rendre visite et que vous n'avez pas encore visitée pour une raison quelconque, est disposée à vous recevoir et pour l'informer de votre présence et de votre intention de lui rendre visite ?

.R.—Le mcilleur moyen est de lui envoyer une lettre a peu près dans ces termes :

Madame,

Pourrais-je avoir l'honneur de vous rencontrer chez vous, mardi prochain. J'aurais vivement désiré pouvoir vous présenter plus tôt mes hommages mais des affaires absolument pressantes m'en ont empéché et j'espère que vous voudrez bien m'accorder le plaisir de vous offrir mes respects.

Veuillez agréer, madame, mes salutations les plus distinguées.

Q. — Quand peut se faire une première visite ?

R.—Une première visite se fait le dimanche entre quatre et cinq heures. Le thé est généralement servi au salon à cinq heures. Dans le cas d’une première visite, on ne doit pas attendre le thé, à moins d’être invité. On invite généralement toutes les personnes qui se trouvent au salon après quatre heures et demie. On peut rester jusqu’à six heures.

Q. — Que doit-on faire, quand on est incertaine si l’on doit faire la première une visite à nne personne haut placée ?

R. — C’est le vieux principe “ Dans le doute, abstienstoi” qui doit toujours régler votre conduite, lorsque vous ne savez pas s’il est nécessaire de faire, la première, cette visite. Cette règle s'applique surtout dans le cas où il s'agit d’une personne d’une position sociale ou monétaire plus élevée que la vôtre. C'est de sa part que doivent venir les avances. Une femme du monde, dans les villes en particulier, a déjà une liste de visites si longue qu’elle éprouve peu d'envie généralement de l’allonger encore. D'ailleurs tout le monde sait, par sa propre expérience. combien on éprouve peu de plaisir lorsqu'une personn étrangère ou de peu d'importance vient vous importuner de sa visite. D'un autre côté, s’il s’agit de faire preuve d’amabilité envers une nouvelle arrivée ou une voisine. ou. enfin quelqu'un qui appréciera l'attention, il n'y a pa: lieu d’hésiter.

Q. — Comment se présenter à une première visite ?

R.—En faisant votre première visite n'envoyez pas votre carte par la domestique qui ouvre la porte. Quand la maîtresse de maison vient vous saluer, présentez-vou: cn prononçant son nom d’abord, sur le ton interrogatii et déclinez ensuite le vôtre. Il est quelquefois difficile de lire une carte dans la pénombre d’un salon ou de trouver à point ses lunettes ou son pince-nez, par suite, la présentation personnelle est préférable, Dans tous les cas, 6 vous remettez votre carte à la servante qui vient vou: ouvrir, observez bien si celle-ci, pauvrement stylée, nc la laisse pas dans le plateau : si elle va la porter à f: maitresse de maison, attendez quelques instants dan: le hall pour lui donner le temps de lire votre nom.

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Q. — Deux dames ont échangé deux visites, mais ne se sont pas rencontrées, quelle attitude doivent-elles tenir vis-à-vis l’une de l’autre quand elles se rencontrent ?

R. — Après l'échange de cartes, elles doivent se saluer dans la rue ou se saluer quand elles se rencontrent sur un terrain commun, comme de vieilles connaissances.

Q. — Comment doit-on s’y prendre pour bien rester en règle au point de vue des visites avec ses amies ?

R. — Si vous avez beaucoup de visites à faire, il est bon de commencer immédiatement au début de la saison, et d'y consacrer une semaine ou deux. C’est une grande simplification dans les relations sociales de faire toutes ses visites de bonne heure. Souvent on hésite avant d'inviter des personnes qui n’ont pas fait leur visite de politesse, même si la sincérité de leur amitié n’est pas douteuse. Etre rayée des listes d'invitation dans une maison hospitalière et agréable est une chose déplaisante ; mais beaucoup de maîtresses de inaison se demandent souvent à quoi bon être aimables à l'égard de connaissances qui ne se donnent pas la peine de faire une visite de temps en temps et de prendre des nouvelles de la famille, etc.

Q. — Comment un homme du monde doit-il laisser ses cartes au retour d’une absence prolongée ?

R.—Si vous voulez faire savoir votre retour à vos amis, vous devez laisser dans chaque maison où vous avez été reçu deux cartes: une pour la maïtresse et une pour le maitre de la maison. Si vous avez des loisirs vous pouvez déposer ces cartes vous-même ou sinon les faire déposer par votre femme ou une personne de la famille. Ces cartes ne doivent pas être cornées. Cependant, étant donné la facilité et l’empressement avec lesquels les journaux annoncent les déplacements, il sera beaucoup plus facile et tout aussi convenable de faire simplement annoncer dans les échos mondains que vous êtes de retour et de porter ainsi la chose à la connaissance de vos amis.

Q.— Comment doit-on se préparer à recevoir si on a “n jour de visites ?

R.—La dame, en toilette fraiche sans être écrasante,

se tient à la disposition de ses visiteurs. Assurément, lorsque son salon est vide, elle n’est pas obligée de l'occuper seule pour attendre son monde ; mais elle doit paraître aussi promptement que possible ; et si une cause majeure la retenait au moment de l’arrivée d’un visiteur, clle devrait envoyer immédiatement à sa place un membre de sa famille pour excuser ce retard.

Les sièges ont été 1rrangés à l’avance avec une certaine symétrie qui exclut toute raideur : généralement les fauteuils, canapés, causeuses, sont rangés en cercle autour de la cheminée , mais on a soin qu’ils n’affectent pas ces lignes régulières qui semblent dire : “ Prenez garde, vous allez peut-être détruire l'harmonie de cette pièce que vous êtes les premiers à occuper ”. Une légère inclination des fauteuils vers la cheminée, tendant à donner l'illusion que quelqu'un vient de les quitter, des poufs, des coussins, des tabourets jetés ça et là dans un désordre voulu, qui n'est qu’un simulacre, font perdre à la pièce de réception cette froideur cérémonieuse, pour offrir à l'œil l’aspect engageant de vieilles connaissances qui ne demandent qu'à vous accueillir.

Un fauteuil se place de chaque côté de la cheminée, la maitresse de maison occupe l’un d’eux : celui qui tourne le dos aux fenêtres. Cette place étant la moins avantageuse, elle se la réserve afin de rittre en relief la beauté ou la toilette de ses visiteuses devant lesquelles il ‘à faut s'effacer. Si une persone introduite en son absen: : avait. par discrétion, choisi ce côté défectueux, la maiti se de maison s’empresserait de lui en offrir un autre, et en aucun cas, la visiteuse ne ferait de ces résistances qui confincnt au débat.

Q. — Comment doit-on s'habiller pour faire des visites ?

R.— La toilette de visite consiste en une jolie robe de drap, soie, ou velours avec manteau séparé ; mais une femme qui n’a qu’un costume tailleur élégant peut parfaitcment le porter avec une blouse assortie ou même de couleur différente. Le chapeau doit être habillé. Les fourrures ajoutent toujours à l'élégance du costume et des gants blancs ou de couleur claire sont obligatoires.

En cas de mauvais temps, le manteau imperméable, le parapluie et les caoutchoucs peuvent être laissés dans le vestibule. Autrement, on garde son manteau, mais on entr'ouvre sa fourrure comme précaution contre le froid.

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Les hommes portent la redingote, pantalon à rayures et gilet de fantaisie, chapeau haut de forme et gants clairs.

Les gens très stricts gardent à la main, dans le salon. pour une première visite leur chapeau et leur canne, et conservent leurs gants.

D’autres moins rigoristes déposent leur canne et leur chapeau dans le vestibule, et enlèvent le gant de la main droite.

L’habit de soirée avec gilet blanc ou le tuxedo et pantalon noir se portent pour les visites du soir.

Q. — Quelle est l'heure des visites ?

R.— Fe quatre heures à six heures.

Q. — Quelle est la formule correcte pour demander à la porte d’une maison si la maitresse de maison est visible ?

R.—On doit dire tout simplement : “ Madame reçoitelle ”?

À moins d’être très intime, on ne doit pas demander : “ Madame est-elle chez elle ” ?

Q. — Quelle peut être la durée d’une visite ordinaire ? R. — Quinze minutes.

Q.— Doit-on se lever quand une personne entre dans un salon où l’on se trouve en visite ?

R.— Quand une dame entre dans un salon et que la maitresse de maison se lève pour la recevoir, tous les hommes qui se trouvent dans cette pièce doivent se lever également.

Q. — Dans une visite, s’il entre une personne que vous connaissez, pouvez-vous lui offrir votre chaise ?

R.— Non, la chaise que vous occupez vous a été dé- Signée par la maîtresse de maison et vous ne pouvez pas cnvenablement l’offrir à autre personne. D'ailleurs c’est le privilège de la maîtresse de maison de décider où placer ses invités et ce serait de votre part une impertinence de lui usurper ce droit,

Q. — Quelle tenue doit-on observer si l'on rencontre en visite des personnes avec lesquelles on est en froid ?

R.—1I1 peut arriver que l’on rencontre dans un salon des personnes qui vous déplaisent ou contre lesquelles on a quelques griefs ; il serait de la dernière inconvenance de profiter de ce qu’on est ainsi sur un terrain neutre pour leur faire sentir sa mauvaise humeur. En raison de cette neutralité même, que la maitresse de maison est tenuc d'observer entre tous ses hôtes sans distinction, ce serait la mettre mal à l'aise que de l’obliger à prendre parti pour tel ou tel ; disons mieux, cette ‘ontrainte serait envers elle un manque de respect, une sorte de grossièreté.

Q.—La maitresse de maison peut-elle quitter la pièce où elle reçoit ?

R.— Jamais sous aucun prétexte.

Q. — Une personne amie, en visite intime, demande un verre d’eau, doit-on le lui donner sur un plateau ?

R.— Non, les domesti ‘es seuls présentent les objets sur un plateau. On doi : :dre simplement, de la main le verre d’eau ou l’objet.de ndé.

Q. — Quelles sont les petites nuances de politesse à observer quand on est en visite ?

R. — Ur jeune homme, une jeune fille ne doivent jama:s accepter un fauteuil, à moins qu'il n’y ait pas d’autre sièec et que la maitresse de maison insiste. Dans ce cas, il est impoli de persister dans son refus.

Un jeune homme arrivé précédemment doit offrir son siège à une dame qui entre, excepté si ce siège est à l'écart ou bien si c’est un simple tabouret.

Un jeune homme qui entre dans un salon ne doit pas tendre la main le premier à la maîtresse de maison, il doit attendre qu’elle lui fasse la politesse.

Un jeune homme ne doit jamais commencer par teniire la main à une femme.

Quand deux hommes se rencontrent dans un salon et qu’ils ne sont pas liés intimement, c’est le plus âgé oui tend la main le premier,

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Q. — Quand et comment doit-on s'informer de la santé des personnes qu'on visite ou qu’on rencontre ?

R.— Une jeune femme qui fait ses visites de noces n'a pas à s'informer de la santé des parents et des amis auxquels son mari la présente. Il se charge de ce soin et, d'ailleurs, c'est une question qu'on ne pose guère aux gens à la première entrevue. Les oncles, les cousines, les ainies qui reçoivent une jeune mariée pourront lui demander des nouvelles de sa santé pour rompre la glace, ct alors elle remerciera. Mais on lui dira plutôt qu'on est enchanté de faire connaissance avec elle, ou on lui souhaitera la bienvenue, dès les premières phrases.

Dans les visites ultérieures qu'elle leur fera, la jeune femme, la première, s’informera de la santé de ceux qui la reçoivent. S'il s'agit de personnes âgées où auxquelles clle doit du. respect, elle dira : “ Votre santé est-elle bonne ? ”

On remercie toujours les gens qui s’informent de votre santé. On leur témoigne le mème intérêt pour la leur. Si on a affaire à un jeune prêtre, on répond comme à bien d'autres : “Je vais bien, je vous remercie. Et vous, monsieur l'abbé, comment vous portez-vous ? ”

C'est toujours, entre homme et femme, l’homme qui prend le premier des nouvelles de la santé de la femme qu'il rencontre, fût-il dans une situation sociale supérieure. Ces politesses personnelles échangées, la femme peut parfaitement demander à cet homme si sa femme, sa sœur, sa fille ou sa mère se portent bien.

La personne qui vient faire une visite s'informe de la santé de celle qui la reçoit. Mais avec un empressement tout filial, la maitresse de maison peut aller au-devant de cette question, lorsque c’est une amie ou une parente igée qui entre chez elle.

On n'attend pas d’une fiancée que, le matin de son mariage, elle demande des nouvelles de leur santé à tous ceux qui viennent leur faire cortège. On comprend .:u'elle n'ait ni assez de présence d'esprit ni assez de loisir pour remplir ce devoir, embrassée qu’elle est, saluée, occupée à recevoir les félicitations et les vœux. Son trouble fort comp, »nsible excuse toutes les omissions.

Q. — Vuelle est la meilleure méthode à suivre pour de nouveaux arrivés pour se créer des relations dans le centre où ils résident ?

R. — L'habitude de rendre visite aux nouveaux arrivés n'est pas généralement suivie dans les grandes villes. On peut se créer un cercle d'amis au moyen de présentations individuelles, mais ce procédé peut être un peu lent, surtout dans le cas de personnes mariées, à moins qu’elles n'aiment beaucoup le plaisir et ne soient aptes à élargir ainsi le cercle de leurs relations. 11 serait assez étrange pour un homme de demander à ses associés si leurs femmes ont l'intention de faire visite à la sienne, à moins qu'il ne règne entre associés une grande intimité.

Si l'on est entièrement étrangère à la localité, le mieux est de se faire recevoir dans quelque club ou d'entrer dans une association philanthropique ou autre qui créent souvent d'excellentes relations. Il va s'en dire qu’un couple gai et aimable est toujours reçu avec empressement dans tous les milieux. :

Q. — Peut-on faire des visites le dimanche ?

R. — Certainement, et c’est ici l'habitude de faire des visites de cérémonie le dimanche, parce que dans la semaine il est hors de question pour beaucoup de personnes de tenter de remplir des obligations sociales. Quand vous avez été invité d'une façon générale à “ venir pour le thé, . quand vous voudrez le dimanche ”, vous pouvez vous pré-

senter l'après-midi, à cinq heures. Laissez votre pardessus dans l’antichambre où à la place que vous indiquera la servante. Vous pouvez rester jusqu’à six heures ou même plus tard si la réunion est animée et que la maitresse de maison ne paraît pas fatiguée.

Q.—En faisant des visites peut-on emmener sa nièce, si celle-ci n’est pas connue de la personne qu’on va visiter ?

R. — Si c'est une première visite et que votre nièce veut aussi faire visite, elle peut fort bien vous accompagner et laisser sa carte. Si c’est pour rendre une visite et que la nièce, qui ne demeure pas avec sa tante, n'ait pas reçu de visite de la personne que l'on va voir, il ne serait pas à propos de l'emmener. Si cette dame voulait faire la connaissance de votre nièce, elle lui aurait fait visite. Mais si c’est une tante âgée qui veut avoir une compagne pour faire ses visites, elle peut fort bien emmener sa nièce qui ne dépose alors pas de carte,

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Q. — Peut-on faire visite accompagné d'un ami ?

R.— On ne doit jamais aller faire visite chez une dame avec un ami, à moins que cet ami ne soit une connaissance de la maison ou à moins d’avoir obtenu de la dame la permission de le présenter.

Q. — Un homme peut-il faire des visites à une dame le jour où elle reçoit ; où, n’y a-t-il que les dames qui soient admises ce jour-là ?

R.— Certainement un homme peut aller faire visite à une dame ses jours de réception. Il est même regrettable qu'ils ne fassent pas plus souvent usage de cette latitude. En France les visites des messieurs ce jour-là sont de règle ordinaire.

Q. — Doit-on attendre qu’une personne vous invite à aller la voir avant de lui rendre visite ?

R.—Entre femmes, les visites doivent toujours se faire sans être sollicitées.

Q. — Une jeune fille peut-elle inviter un jeune homme à venir lui faire visite, et dans quels termes ?

R.—La jeune fille peut dire : “ Ma mère sera. sans doute heureuse de faire votre connaissance ”. Ou encore : “Nous recevons tel jour, tous les dimanches ”, etc., etc. enfin, il y a mille manières d'inviter sans presser personne, mille façons d’être polie sans être importune.

Q.— Un jeune homme peut-il demander à une jeune

fille la permission de lui faire visite ?

R.— Vous pouvez juger par l'attitude mème de la personne à votre égard s’il est à propos de lui demander la permission de lui faire visite. Si elle semble cordiale, vous ne devez pas hésiter, en la quittant, à lui dire que vous aimeriez beaucoup la revoir. Quelquefois, par réserve ou timidité, une jeune fille préfère ne pas demander à un monsieur de lui faire visite quand bien même elle le désirerait. D’un autre côté, des jeunes gens peuvent être, aussi, présentés à des jeunes filles qu’ils sont enchantés de visiter, mais qui ne sont pas tout aussi contentes de les

voir. Il serait évidemment très désagréable de demander à faire visite ct de recevoir une réponse évasive ou forcée. La majorité des jeunes filles qui demeurent chez elles invitent très facilement les nouvelles connaissances qui leur plaisent à les visiter. La seule exception est dans le cas de gens convenables à d'autres points de vue mais prétentieux et vains. Une jeune fille préfère généralement se passer de leur connaissance.

Q. — Si l'on va rendre visite à une jeune fille, est-il à propos de laisser une carte pour sa mère ?

R. — Certainement ; on doit aussi s'informer si la mère de la jeune fille est à la maison et laisser au gré de celleci de prendre part à la visite si elle le désire.

Q.—Que doit faire un homme en entrant dans un salon ?

R.—11 doit tenir dans sa main gauche sa canne, son chapeau, ses gants et doit garder la main droite libre pour les poignées de main.

Q. Doit-on laisser son chapeau dans l’antichambre quand on fait une visite ?

R. — Bien que ce soit au Canada l'habitude invariable de laisser son chapeau dans l’antichambre même quand on ne vient qu’en visite, il n’y a rien de plus contraire à toutes les règles du savoir-vivre, Un homme qui vient faire une visite doit entrer dans Je salon, son chapeau à la main ct ne l’abandonne pas une minute pendant le cours de sa visite, à moins qu'ayant à examiner quelque chose, il ne soit obligé de le déposer à côté de lui, mais il le reprend quand il n’a plus les mains embarrassées. Il a soin de tenir son chapeau de telle façon qu'on n’en voit pas la coiffe, mais hien le dessus de la calotte. La plus élégant façon, c'est den appuyer les bords sur le genou gauche et de l’y maintenir de la main gauche aussi.

Il est de très mauvais goût pour les personnes qui reçoivent d’insister avec l’acharnement du désespoir pour enlever le chapeau des mains d’un monsieur bien éduquc qui persiste à le tenir à sa main, comme toutes les règlede l'étiquette l’exigent.

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Q. — Veuillez résumer la règle de la canne et du chapeau en visite.

R. — Pour une visite officielle un monsieur garde son chapeau à la main. On peut laisser dans le vestibule sa canne ou son parapluie, jamais son chapeau ni ses gants. Si la visite se fait le soir, on garde à la main son chapeau et ses gants jusqu'à ce que le maïtre ou la maitresse de maison vous invitent à vous en débarrasser et à passer la soirée. L’étjquette stricte exige que l’on ne fasse pas cette proposition ou si elle est faite qu’elle ne soit pas acceptée, dans le cas d'une première visite.

Quand on fait le soir une visite sans cérémonie on ee. chapeau, sa canne, ses gants, son pardessus dans le hall.

Q. — Garde-t-on son ombrelle à la main dans une visite ?

R. — Certainement.

Q. — Si une visite se prolonge, doit-on offrir des rafraichissements ?

R. — Si la visite se prolonge au délà d’une heure, par exemple, on peut offrir des rafraichissements, mais sans demander la permission au visiteur.

Q. — Doit-on rendre visite après une réception ?

R.— Non. pour les réceptions de l'après-midi la présence de l'invité est considérée comme une visite que la maitresse de maison rendra quand il lui plaira. Les réceptions du soir exigent, seules, une visite de digestion.

Q.— Dans quel délai rend-on une première visite ? R, — Une première visite d’un étranger doit ètre rendue dans les huit jours.

Q. — Une jeune mariée doit-elle faire visite la première aux personnes qui lui ont envoyé des cadeaux de noces ?

R. — Non, elle doit attendre leur visite.

Q. — Quand doit-on aller faire visite à des nouveaux mariés ?

R. — Dès qu'ils ont porté à la connaissance du public leur retour de leur voyage de noces ou qu'ils ont fait leur apparition à l'église, au concert, ou dans un endroit public.

Q.— Est-il de bon goût pour le marié de recevoir des visites de noces avec la mariée ?

R. — Certainement. Quand le marié ne reçoit pas avec sa femme, c’est parce que ses occupations le retiennent à son bureau. +

Q. — Une jeune mariée doit-elle rendre toutes les visites qui lui ont été faites, même celles des personnes qu’elle n'a pas l'intention de continuer à recevoir ?

R. — Une jeune mariée doit rendre toutes ses visites de noces ou envoyer au moins des cartes à toutes les personnes qui sont venues la voir. Libre à elle, ensuite, de ne pas rendre les secondes visites qui lui sont faites.

Q.— Les amis et parents du marié qui ont été invités aux noces doivent-ils continuer à faire visite chez les parents où ils ont été reçus ?

R. — Tout cela dépend des sentiments que l’on éprouve réciproquement. C’est là seulement ce qui peut déterminer si les amis du marié doivent continuer à faire visite chez les parents de la mariée où ils ont été invités à l’occasion de la noce. La politesse exige simplement de laisser des cartes dans la semaine qui suit la cérémonie. Cela clôt l'incident en ce qui regarde l'étiquette ; néanmoins, si la rencontre paraît avoir été cordiale de part et d’autre, la mère de la mariée peut rendre cette visite un peu plus tard et exprimer le désir de revoir ses nouveaux amis, ce qui sera la base de relations plus intimes si on le désire des deux côtés.

Q. — Un jeune marié doit-il rendre les visites de noces avec sa femme ?

R.—On ne doit pas s'attendre que le jeune marié rende les premières visites avec sa jeune femme, mais il peut le faire, si celle-ci est trop timide pour se présenter seule. Tous leurs amis seront enchantés de les voir ensemble, S'il s’agit de rendre visite à des amis du marié

que sa femme ne connaît pas, il est certainement plus agréable pour elle qu’il l'accompagne.

Q. — Comment doit s’habiller une personne qui va faire une visite de condoléance ?

R. — Simplement et sans recherche de coquetterie, Il est cruel et maladroit d’étaler devant une pauvre affligée des falbalas et des fanfreluches. Les enfants n'accompagnent pas leurs parents dans des visites de ce genre.

Q.— Quelle attitude doit-on tenir dans une visite de condoléance ?

R.— Dans une visite de condoléance, l'attitude sym pathique et une affectueuse poignée de mæ s doivent indiquer que l'on n'ignore pas le chagrin de son ami, mais on ne doit pas être le premier à en parler —à moins d'être dans des termes d'intimité.

Q. — Si une conversation se prolonge, est-on obligé d'en attendre la fin pour se retirer ?

R.— Certainement. Les bonnes manières l'exigent ainsi. On doit attendre une pause, un arrêt, puis se retirer aussi subrepticement que possible.

Q. — Comment doit-on se retirer après une visite terminée ?

R. — On serre la main de la personne qui reçoit et on salue les personnes présentes. On se retire de côté, de façon à ne pas avoir l’air de tourner le dos à la compagnie et on salue en atteignant la porte, de façon à sortir en saluant.

Q. — Quelles banalités doit-on éviter en se retirant ?

R.—1Il est d'un goût déplorable de précéder son départ d'un coup d'œil donné à sa montre en disant “ Maintenant il faut que je m’er aille” ou bien en faisant cette remarque idiote que la maitresse de maison est peut-être fatiguée de votre présence. Il faut se lever quand on est prét à partir, exprimer son plaisir d’avoir trouvé ses amis chez eux et l'espoir de se revoir prochainement.

Q. — Quand doit-on rendre les visites faites durant une maladie ?

R.—Les visites faites au cours d'une maladie. soit personnellement, soit par cartes, doivent être rendues aussitot que l'on peut sortir.

Q. — Quand une femme doit-elle laisser la carte de son mari ?

R.— À la première visite de la saison et en allant rendre visite après une invitation où il était inclus, qu'elle ait été acceptée ou non.

Q.— Quand et comment doit-on corner une carte ?

R.—On necorne pas la carte qu'on insère dans une enveloppe et qu'on envoie par la poste ou par un domestique. La carte doit être cornée dans le seul cas où. n'ayant pas trouvé les maîtres de la maison au logis, on veut les instruire par ce signe, qu'on est venu en personne. Quelle que soit la circonstance qui détermine la visite, il est tout à fait indifférent de corner à droite ou à gauche. La corne a été imaginée pour dire à celui auquel la carte est destinée: “ Je suis venu jusqu’à votre porte”. Nous ajouterons qu’au Canada beaucoup de personnes se dispensent de cette formalité qui n’est guère observée que par celles qui ont voyagé sur le continent où l'usage de corner les cartes est général et obligatoire.

Q. — Comment peut-on s’'excuser de n'avoir pas rendu une visite obligatoire ?

R.— C'est vraiment un cas de négligence de ne pas faire de visite, ni de déposer de carte dans une maison où l'on a été reçu et où est survenu un grand deuil. Il n'est pas bien facile de s’excuser d'un tel manquement à la simple politesse ; mais il vaut certainement mieux profiter de la première occasion pour s’excuser plutôt que d'étre coupable d'ingratitude en ne tenant absolument pas compte de l'événement ou en se tenant indéfiniment à l'écart. Il suffit de dire : “ Je crains bien d’avoir beaucoup tardé à ‘vous rendre visite après le triste événement. mais les circonstances m'ont empêché de le faire dans le temps et depuis, j'ai hésité à venir vous déranger ”, ou quelque chose de ce genre.

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Q.— Que doit-on faire si un visiteur arrive en dehors des heures admises ou convenues ?

R.— On ne doit jamais faire attendre des visites une jois qu'on les a laissé entrer. Si des visites viennent avant l'heure fixée par l'étiquette il vaut mieux les recevoir en woilette du matin que de les faire attendre pour passer une robe plus de cérémonie. S'il y a ‘faute de la part de quelqu'un, c'est de la part des personnes qui viennent à unc heure incongrue.

Q. — Les visites du jour de l'an persistent-elles à être obligatoires ?

R.—La majorité des maîtresses de maison dans les grandes villes ne reçoivent généralement plus au jour de l'an. Cependant il est très convenable de faire une visite et de laisser des cartes dans les maisons où l’on visite. Cette attention sera certainement appréciée, même si l’on n'est pas reçu.

Q. — Peut-on rendre une visite de jour de l'an à une personne non mariée vivant dans une maison de pension ?

R.— Il est parfaitement convenable de rendre visite à une personne non mariée vivant dans une maison de pension. Il se peut qu’elle n'ait pas d'appartement pour recevoir des messieurs, mais l'attention et le fait de lui laisser une carte lui seront certainement agréables. Ces attentions comptent pour beaucoup dans les instants d’une personne exposée à passer bien isolée ces jours de réjouissance.

Q.— Quelle précaution doit-on prendre si l’on rend visite à une personne dans un hôtel ou une maison de pension ?

R. — Si l’on rend visite à des amis dans une maison de pension ou un hôtel, il faut toujours avnir soin d'écrire leur nom sur la carte que l’on remet pour être sûre qu’elle est bien délivrée à la personne à qui elle est destinée.

Q. -- En faisant visite à un couple, mari et femme, descendus dans un hôtel ou dans une maison de pension, doiton envoyer deux cartes ou seulement une ?

R.— 11 vaut mieux en envoyer deux, une pour madame et une pour monsieur.

Q. — Quelle réserve doit-on exercer à l'égard des visites ?

R. — Un célibataire, ne reçoit pas de visites de femracs. il ne doit pas s’attendre en retour des siennes à la visite d'un jeune ménage ou d'une femme veuve. Il peut ccpendant exister des exceptions à cette règle lorsqu'une parente, ou une amie âgée, un jeune ménage vient prendre de ses nouvelles lors d’une maladie. Le mari, dans ce cas, accompagne toujours sa femme.

Q. — Quand et comment doit-on faire d. visites aux malades ?

R. — Quand une personne que l’on fréquente tient | lit, c'est la moindre des politesses de faire demander de ses nouvelles ; le plus souvent on en va prendre soimême ; mais on ne pénètre auprès du malade que sur son désir ou celui de sa famille ; encore cette visite doit-elle être cuurte, à moins qu’on ne puisse être utile. On S’abstient de tout bruit, parlant peu et bas de façon à ne pas fatiguer ; et l’on fait en sorte aussi de ne rien dire qui puisse éveiller une inquiétude chez le malade ou chez ceux qui le soignent.

Q. — Peut-on accepter des invitations quand on est cn visite chez des amis ?

R. — Ni la maitresse de maison ni son invitée ne doivent accepter d'invitation dans lesquelles elles ne sont pas toutes deux comprises.

Q. — Une dame reçue chez une amie peut-elle s'offrir pour remplir certains devoirs de maison ?

R. — Certainement une dame reçue peut parfaitement offrir d'aider la maîtresse de maison pour le service ou la couture. Mais si on refuse, elle ne doit pas insister.

Q. — Peut-on lire une lettre qui vous est remise en présence de la maîtresse de maison où l’on est reçu ?

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R.—Les lettres qui sont remises en présence du

maître ou de la maitresse de maison ou quand les autres

invités sont présents ne doivent pas être ouvertes avant

que celui qui les reçoit ait demandé la permission de les lire.

Q. — Si une parente fait visite tandis que l'on a des visiteurs, doit-on, en la présentant, mentionner le lien de parenté ?

R.— Cela est parfaitement à propos, à moins qu'il ne s'agisse d’une réception officielle où il ne se fait pas de présentations.

Q. — Comment doit-on recevoir un évêque qui honore une maison de sa visite au cours d’une tournée pastorale ?

R.—Si l’on se trouve en dehors des communications par voie ferrée, c’est ordinairement dans sa voiture de voyage qu’arrive l’évêque accompagné de son grand vicaire. Dans ce cas, l'heure de sa venue est à peu près indiquée ou des vigies apostées sur la route signalent l'équipage épiscopal. En conséquence toute la maison se porte au devant du grand dignitaire de l'Eglise.

Le maître de la maison va au devant du prélat et lui fait son compliment de bienvenue à peu près comme ceci : “Je vous remercie, monseigneur, de l’honneur que vous me faites de descendre en ma maison ”.

La dame du logis et ses enfants viennent ensuite lui présenter leurs hommages ; l’évêque leur tend la main, ceux-ci doivent savoir qu'ils ont à s’incliner sur cette main, —et non à la serrer, — pour baiser l'anneau pastoral,

Si l’on a d’autres invités, au salon, ils sont nommés au prélat, celui-ci ne leur est pas présenté. Les gens venus “pour le rencontrer” savent quel est l'hôte attendu. Et puis, on ne présente ni les princes du sang, ni les princes de l'Eglise.

Le diner est annoncé en ces termes : “ Monseigneur est servi”. L’évêque passe le premier dans la salle à manger. Ï1 s’assied à la place du maître de la maison, la maitresse de la maison, en face de lui.

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Q.— Est-il permis d'offrir un rafraîchissement où unc liqueur à un ecclésiastique qui vous fait visite ?

R, — Si l’entrevue est un peu cérémonieuse et de courte durée, il vaut mieux ne rien offrir, surtout quand on pense que le visiteur n’a besoin de rien.

Si au contraire il est venu de loin, par un temps tri: chaud ou très froid, si l’on suppose qu’il peut être incommodé par l'excès de température, la fatigue, le temp: écoulé depuis un repas déjà lointain, on fait apporter ce qu'on juge devoir lui être agréable. On l'a fait préparer, si l’on attendait la visite. Offrir est bien, trop insister est indiscret. Si l’on ne peut se faire servir, ou qu'on soit obligé de servir soi-même, il y a encore une nuance dans la façon de proposer : “ Vous prendrez bien quelque chose” ne vaut pas “ Vous me permettrez bien, monsieur l'abbé, de vous offrir un peu de ceci...” ou : “ Vous ne refuserez pas de goûter à notre (cidre, vin, lait etc.) Ces façons d'agir sont applicables à tous les cas où l'on reçoit un “ supérieur ”, qu'il seit prêtre ou laïc.

Q. — Doit-on reconduire à sa voiture une dame qui est en visite ?

R.—Si un visiteur voit qu’une dame seule se lève pour sortir, il peut parfaitement lui offrir de la conduire à sa voiture, même s’il lui est étranger, mais il doit revenir pour prendre congé lui-même pour son propre

compte de la maitresse de maison.

Q.— Doit-on faire visite après avoir ac-ompagné une dame ? ;

R. — Lorsqu'une dame a accepté les services d'un monsieur pour l'accompagner quelque part, celui-ci doit faire ensuite une visite pour s'informer de la santé de !: personne qui s’est confiée à ses soins et cette visite ne doit pas être remise plus tard que le lendemain du jour où il

a escorté cette dame.

Q. — Peut-on examiner les cartes de visites que l'on voit dans un salon dans une corbeille ou sur une table ?

R. — C'est une grosse inconvenance. Il est vrai que c:<

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cartes sont ainsi exposées à la vue ; mais, une personne comme il faut ne doit pas y prêter attention et encore moins les manipuler et les examiner.

Q. — Est-il convenable pour des jeunes filles de se faire accompagner de leurs chiens pour faire des visites ?

R.— Il n’y a qu’à réfléchir un instant pour comprendre qu’il est contraire aux lois les plus élémentaires du savoirvivre d'introduire avec soi de tels visiteurs dans les maisons où l’on se présente.

Les animaux ne peuvent essuyer leurs pattes sur les paillassons, comme nous essuyons nos pieds, et ils laissent sur les parquets des traces désagréables. Ils dégagent une odeur qui, serait-elle légère, affecte les odorats délicats. N'ayant conscience ni de la beauté des étoffes ni de la valeur des meubles, ils s'installent parfois sur des sièzes de prix, ils grattent des tapis précieux. En général, les chiens détestent les chats et ils courent sus à ceux du logis où on les fait entrer indûment. Enfin beaucoup de personnes ont peur des chiens, à cause de la terrible maladie qu’ils ont parfois contractée sans qu'on le sache, et qu'ils peuvent communiquer à un autre animal et à l'homme mème.

En somme, il est de la dernière inconvenance d'emmener ces bêtes chez les autres.

Q.— Doit-on accompagner un visiteur jusqu’au hall et lui remettre son chapeau ?

R. — Jamais, jamais. Vous prenez congé de lui dans le salon et vous le laissez se débrouiller avec son chapeau et son paletot

Q.— Dans quel cas doit-on continuer ou cesser ses visites ?

R.— Lorsque les premières visites ont été échangées, c'est leur degré d'intérêt ou d'intimité qui indiquent si elles doivent être suivies d’autres visites. Les connaissances ordinaires sont censées se faire une visite seulement par année. De telles relations officielles ne procurent pas grand plaisir et les femmes qui ont une longue liste de visites effacent constamment des noms pour s’éviter

346 TLLE QUESTIONS D’ÉTIQUETTE

simplement l'ennui de sacrifier des après-midi entières à

des visites sans intérêt ni importance. On ne doit pas se 2 4 L La R] . .

froisser si l’on ne répond pas à une deuxième visite, c’est

simplement l'indication qu'on ne désire pas rester en relations.

Même dans le meilleur monde, des femmes conviennent tacitement de cesser de se faire visite si on s'aperçoit que les caractères ne s'entendent pas. On ne peut vraiment pas se fâcher parce que telle ou telle personne n’éprouve pas de caprice pour vous. Pourquoi aurions-nous la prétention de plaire à tous ceux qui nous voient ? Aimonsnous tous ceux qui nous sont présentés ? Au premier soupçon d’indifférence, une femme intelligente et de tact s’empresse d'abandonner sans regret une connaissance nouvelle, en se rendant compte qu’il n’y a de ce côté aucune base d’entente et d'estime mutuelles,

Q.-— Une maitresse d’école nouvellement installée doitelle une visite au curé et aux commissaires de son école ?

R. —On ne doit pas de visite au curé à moins d’être informée que c’est son plaisir de vous recevoir et, quant ‘aux commissaires de son école, on ne les visite que si on connaît leur famille.

Q. — Peut-on aller chercher chez des voisins une personne qu’on n’a pas trouvée chez elle ?

R.—Ne vous mêélez jamais, à moins de cas tout à fait grave, d'aller relancer dans une maison, fûtelle voisine, une personne que vous n’auriez pas trouvée chez elle. Alors même que l’on connaîtrait cette tierce partie, il y aurait indiscrétion à agir de la sorte, attendu qu'on ne peut jamais savoir de quelle importance est la communication que ces personnes peuvent avoir à se faire et que l’on interrompt ainsi.

Q. — Que doit-on faire si l’on est obligé de passer devant une personne ?

R. — On ne doit jamais passer devant une personne. Si on est absolument obligé de le faire, on doit immédi:tement lui en demander pardon.

Q. — Peut-on consulter sa montre en société ?

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R.— C'est un manque de tenue de regarder l'heure à sa montre quand on est en société. Regarder l’heure et, s'en aller aussitôt, est une grossière impertinence. Où peut aussi désorganiser toute une excellente soirée, si animée qu’elle soit. Les gens se disent : Il doit être tard; Un tel a regardé sa montre et est parti aussitôt.

Q. — Peut-on faire visite pendant les heures d’affaires ?

R. — Certainement non : c’est un acte de mauvaise éducation de venir déranger un homme d’affaires pendant les heures réservées aux affaires.

Q.— Que doit-on faire si un coritretemps survient au cour- d’une visite ?

R.—La première chose à faire est de se retirer. La maîtresse de maison peut conserver son plus charmant sourire, tandis que, dans le couloir, une voix lui crie que Charlee vient de dégringoler l'escalier et que Marie a mis le feu aux rideaux de sa chambre, mais on doit être convaincu qu’elle vous saura gré de vous éclipser, même si vous n’étiez là que depuis quelques minutes.

Q.— Doit-on emmener des enfants pour faire des visites ?

R.— Au Canada il est de bon ton de ne pas emmener d'enfant pour faire des visites. En France on emmène souvent une de ses fillettes avec soi.

+++ VILLEGIATURE —

Q. — Que doit-on faire si on reçoit une invitation à la campagne ?

R.—On doit répondre à une invitation de ce genre dans les vingt-quatre heures. Accepter avec cordialité ou regretter avec sincérité.

Si l’on est invité pour une certaine date, il faut se garder de refuser en disant qu’on serait charmé d'accepter “ à tel autre moment ”.

Q. — Une personne est invitée à la campagne, chez une amie, et elle se demande si une grosse malle serait d’un mauvais effet sur l'esprit de son hôtesse ?

R. — Cela dépend du temps qu’elle doit passer chez elle Il est évident que si on ne doit rester que deux ou trois jours, une grosse malle serait de trop. Mais si l’on est invitée pour une huitaine ou une quinzaine, on a raison de se munir de beaucoup de choses.

Q.— Doit-on prévenir ses hôtes de l'heure ou du jour de son arrivée ? :

R. — Certainement, à moins qu'il n'y ait une entente préalable et qu’on arrive sans le leur dire. Quelquefoi:,

cest ce qui se pratique, quand on veut évitsr à ses hôte. les ennuis ou les frais d’un grand déplacement.

Q. — Comment doit-on recevoir à la campagne ?

R.— On ne reçoit pas à la campagne comme à Ja ville. À la ville, on met volontiers “ les petits plats dans le. grands”. Cette manière de faire entrainerait pour de: séjours d’une certaine durée de gros frais que des bourse: moyennes ne sauraient supporter. Laissons donc le lux. plus coûteux encore à la campagne qu’à la ville, aux millionaires.

Une extrème propreté remplacera, dans les appartement. l'élégance qu’on ne peut pas toujours y mettre. Avant l’arrivée de ses hôtes, la maitresse de maison veillera à ce que les chambres qu’elle leur destine soient très soigneusement balayées et époussetées, à ce que les lits soient excellents, —un bon sommeil n'est-il pas le complément indispensable d’une cure d'air ? — à ce que le cabinet de toilette soit abondamment pourvu d’eau et muni d’unc garniture commode et de proportions raisonnables : lc: cuvettes minuscules ne sont plus de notre temps et tout le monde aujourd’hui aime les ablutions abondantes recom mandées par les hygiénistes.

Les menus seront composés de mets solides et simples : les œufs, le laitage, les volailles, les fruits et les légumes qu'on trouve toujours autour de soi en formeront naturellement la base. Inutile de rechercher les plats compliqués : des rôtis à point et des ragoûts doucement

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mijotés leur seront préférés. Il faut s'inquiéter, toutefois des régimes que peuvent avoir à suivre les personnes que l’on reçoit et s’efforcer alors de leur procurer les boissons et les aliments qui leur onviennent. Ceci fait, ne pas insister pendant les repas pour qu'on reprenne telle ou telle chose. Quand on a gagné soi-même un bel appétit campagnard, on s'étonne de voir ses hôtes grignoter du bout des dents : il ne faut pas croire que c’est par dédain de ce qui leur est servi, mais comprendre seulement que l'air vif n’a pas encore réveillé leur estomac paresseux.

Enfin, l’on respectera avec soin la liberté de ses invités. Généralement l’emploi de la matinée est laissé aux préférences et aux caprices de chacun ; les promenades en bande se font plutôt entre le lunch et le souper. Mais tout cela est affaire de circonstances et de goûts. Il faut en réalité avoir des prévenances pour tous ct n’importuner personne. Il faut laisser se lever de bonne heure ceux qui ont des habitudes matinales et tard ceux qui aiment dormir longtemps. Ceux qui aiment la tranquillité devront pouvoir rester tranquilles. Ceux qui préfèrent le mouvement devront pouvoir aller et venir. Donner à chacun l'illusion d’un chez soi allégé de tout le tracas des préoccupations domestiques, tel est, au fond, le dcrnier mot de l'hospitalité bienveillante qu’une maîtresse de maison habile doit savoir donner à la campagne.

Q. — Quelle précaution doit-on prendre à l’arrivée, et au départ ?

R. — Il faut avoir soin d’arriver bien exactement par le bateau ou par le train qu'on a choisi ou qu’on vous a conseillé On ne doit pas arriver avec des bagages exagérés. On doit avoir soin de laisser sa chambre dans le plus grand ordre et de ne pas abîimer les meubles délicats qui peuvent la garmir. En partant, le matin, on ouvre les fenêtres pour donner de l'air à la chambre, on pend les serviettes, on découvre le lit pour l’aérer. Si l'on trouve des fleurs dans la chambre, en arrivant, c’est une attention délicate qu’on doit reconnaître en s’efforçant de les conserver fraîches le plus longtemps possible.

Q.— Qui doit indiquer les appartements aux personnes invitées à passer quelques jours à la campagne ?

R.—La maitresse de maison, ou ses filles indiquent aux dames les chambres qu’elles devront occuper ; unc servante est là pour prendre leurs manteaux ou leurs bagages et doit se mettre à leur disposition personnelle pour quelques moments chaque jour, si le service le permet.

Les messieurs sont conduits à leur chambre par Ice maitre ou la maîtresse de maison ou une domestique.

Q. — Comment fait-on connaitre les habitudes de la maison aux invités ?

R.—La famille et les invités se retrouvent avant les repas dans la salle de réunion, ce que les Anglais appellent le “Living Room” et tout le monde entre ensemble à la salle à manger.

La maitresse de maison a toute initiative, c’est elle qui donne le signal de se reposer le soir. Les femmes se retirent avec elle et les hommes peuvent rester un peu avec le maitre de la maison. Avant de se reposer on indique l'heure du déjeuner et si cela se peut, on offre aux invités le choix de se faire servir leur déjeuner dans leur chambre.

Q. — Quelles précautions doit-on prendre pour le plaisir des invités ?

R.—11 faut d’abord bien veiller à ne pas sortir de ses habitudes de vie pour vivre plus grandement quand il y a des invités.

Cela se voit immédiatement et fait un effet pitoyable. La maitresse de maison ne doit pas avoir l'air embarrassée ; le maître de maison doit étre aimable, tout le monde doit se trouver à l'aise et dans une atmosphère d'amusements présents et à vegir :

On doit tous les jours laisser à ses invités quelques heures où ils soient bien à eux et libres de faire ce que bon leur plait, jusqu’à ce que quelque divertissement leur soit offert.

Des livres, des photographies, de la musique, des magasines, — le tout bien récent — doivent être à leur disposition.

Q.—-Que doit-on faire pour épargner du tracas à <es hôtes ?

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R.— Ne pas demander de service spécial, si on peut l'éviter ; si l'on a besoin d’un service personnel, récompenser le serviteur ayquel on le demande. Se conformer autant que possible aux habitudes de la maison ; se montrer satisfait des arrangements préparés ; être toujours prêt à offrir ses talents, à payer de sa personne dans les amusements que prépare la maîtresse de maison, ne pas monopoliser les journaux et les revues ; Si on les monte dans sa chambre, ne pas oublier de les redescendre pour que les autres invités en aient aussi la jouissance.

Q. — Comment doivent se passer les matinées ?

R.—En général une maitresse de maison doit s'arranger pour que les dames $e trouvent ensemble et les messieurs ensemble le matin. On se retrouve tout le monde au lunch et cela crée une diversion.

Q. — Que faut-il faire pour se montrer aimable ?

R. — L'invité le plus populaire est celui qui s'amuse le mieux. Avoir l'air heureux et de bonne humeur, répondre à tous les efforts faits pour vous amuser et aider la maïitresse de maison à amuser les autres, c’est le vrai moyen de reconnaitre l'hospitalité que vous recevez.

Q.— Qu'est-ce qui constitue un visiteur ennuyeux et désagréable ?

R. — Aucun invité n’est aussi ennuyeux que celui qui semble n'avoir pas de ressources personnelles qui paraît toujours s’ennuyer quand on ne s'occupe pas de lui,

Toutes les femmes doivent avoir un ouvrage de fantaisie, un livre favori qui les occupe, elles peuvent faire quelquefois une sieste dans leur chambre, écrire des lettres. Un homme doit aller faire des promenades seul, avoir quelque goût personnel, cela repose les maîtres de maison.

Si on confie des chevaux aux invités, ils doivent en avoir un soin excessif.

Le dimanche, on ne doit se livrer à rien qui puisse offusquer les autres personnes présentes dans leur façon de respecter ce jour-là.

Q.— Comment doit se comporter un invité avec les nouveaux arrivants ?

R.—11 serit maladroit, sous prétexte qu'on est depui: un certain texnps dans la maison, de*se donner de l’importance avec les nouveaux venus et de prétendre aider les maitres dans leurs devoirs d’hospitalité. Il ; a des prérogatives dont on ne peut s'emparer et qu'il faut laisser à qui de droit. En dehors de chez soi, surtout, la di:crétion est la principale qualité à mettre en pratique.

Q. — Que doit-on faire au départ des invités ?

R.—Ce n'est plus considéré comme un manque de courtoisie de ne pas insister pour faire rester des invités après le temps fixé pour leur séjour.

Si ce sont des hommes qui partent par un train de bonne heure, le maïtre de maison n’est pas tenu de prendre le déjeuner avec eux, mais il doit se trouver là à temps pour leur dire adieu et leur souhaiter bon voyage, s’il ne les accompagne pas à la gare.

Une femme doit être l’objet de toutes les attention: possibles à son départ. Si le voyage est long, on doit lui préparer un petit lunch à emporter. La maitresse de maison doit ètre là pour lui dire adieu. Tout doit être fait pour iui faire sentir que sa présence a été agréable et que son départ est regretté.

Q. — Comment doit-on préparer son départ ?

BR. — On doit, en préparant son départ, choisir l'heure où l’on donnera le moins d’embarras à ses hôtes ; on doit faire des adieux aux maitres de la maison et à toutes lc: personnes qui se trouvent là. Si l’on doit partir de bonne heure, on prie les maîtres de maison de ne pas se déranger le matin et on leur dit adieu la veille du départ.

Q.— Dans une maison où l’on visite, est-il d'usage de laisser des pourboires aux domestiques ?

R.—1I1 devrait être d’usage et il est d’un bon cœur aussi de rémunérer les domestiques qui ont eu à s'occuper plus particulièrement de vous, quand vous visitez dans un: maison d’amis.

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Q.— Comment peut-on reconnaitre l'hospitalité qu'on a reçue ?

R. — Une dame peut toujours, en reconnaissance d’une hospitalité gracieusement offerte, aider la maitresse de maison dans divers petits travaux d'intérieur ; elle peut également broder un ouvrage qu'elle laissera au départ : chemin de table, serviettes à thé, objet de toilette, etc. ; mais cette attention ne suffit pas. Rentrée chez elle, la personne qui a été reçue devra écrire à ses hôtes une lettre fort aimable pour exprimer sa gratitude et ses remerciements.

Q. — Que doit-on faire une fois rentré chez soi ?

R. — Aussitôt rentré chez soi, on doit écrire une lettre à la maitresse de maison pour la remercier encore et envoyer ses amitiés à toute la famille.

Ne pas oublier aussi que l'étiquette, et le cœur défendent, après avoir accepté l'hospitalité d’une personne, de critiquer sa réception et surtout de révéler quoi que ce soit, dont on se soit aperçu et qui puisse être préjudiciable à ses hôtes.

Q. — Un jeune homme peut-il aller loger chez la mère de sa fiancée dans une visite à la campagne où elle demeure ?

R.—Non. Mais ceci n'est point propos d'étiquette, c'est plutôt une question de -onvenance.

++ VOITURE —- Q. — Comment doit-on monter dans une voiture ? R. — En tournant le das à la place qu’on devra occuper.

Q. — Quelle est la règle de rigueur pour un monsieur qui fait monter une dame en voiture et qu’en doit-on penser ?

R, — Lorsqu'un homme dit aller en voiture avec une femme, strictement parlant, il l’aide à passer la première et elle se met à droite sans hésiter. Lui, fait le tour par

l'autre côté. C'est la règle mondaine. Mais franchement, elle peut rejoindre le baise-main, la tète découverte sous les intempéries, et tant d’autres choses exagérément respectueuses, très à leur place dans les milieux de traditions, assez déplacés dans le monde actif, travailleur, plus franc, plus cordial, — peut-être pas tout à fait aussi “ distingué ”, mais non moins “ comme il faut ”.

Q.—Où s'asseoit un homme qui est en voiture avec des dames ?

R. — Dans une victoria ou dans toute voiture à quatre laces, un homme, s’il y a deux dames avec lui doit toujours s'asseoir le dos tourné aux chevaux. S'il n’y a qu’une dame seulement, il s’assied à côté d’elle. Il descend de voiture le premier pour aider les dames à descendre. I1 doit monter le dernier en voiture.

Q.—Où doit-on s'asseoir dans une voiture ?

R.— Dans une voiture où le cocher est sur un siège extérieur, le siège réservé aux dames est celui qui fait face aux chevaux et la place d'honneur est le siège de droite. Si une dame et un monsieur seuls montent ensemble dans une voiture, le monsieur doit prendre le siège en face de la dame à moins qu’elle ne l'invit: à s'asseoir à côté d'elle.

Q. — Par qui sont donnés les ordres au cocher ?

R, — C'est toujours le monsieur qui transmet au cocher les ordres de la dame qu’il accompagne.

Q. — Comment fait-on si une dame désire descendre de voiture et si l’on doit rester ?

. R.—Si la dame veut descendre de voiture et que le

monsieur doit rester dans la voiture pour attendre son retour, il doit descendre d’abord pour l'aider à mettre pied à terre et redescendre encore quand elle remonte en voiture, même s’il a repris son siège dans la voiture dans l'intervalle.

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R.—Si un ami vous offre un siège dans sa voiture,

ve. lui faites signe de s'asseoir le premier, mais s'il

ecite pour vous laisser passer, vous saluez et vous rontez +, ""mier.

A. - Qulie st la première sich à faire à un ami

ancn juorn:n lans sa voiture P. -Lest 1: : politesse pour le propriétaire d'une voi- "qu: cond t de lui offrir les rènes, mais cette offre ne j: ais tre acceptée. Si l'on fait une longue pro-

« et que le cheval est dur de bouche un compagnon - lement soulager celui qui conduit et alors, il est poli +t aurable d'offrir de conduire quelques instants ; ‘; il ust contraire à l'étiquette de faire cette offre en autre circonstance.

Q. — Comment descend-on de voiture ?

R.—En quittant la voiture, le monsieur passe le premier, même s’il faut qu'il dérange les dames pour passer et il doit ensuite les aider à des sndre en veillant qu’elles ne gâtent pas leur toilette. S'il y a un valet de pied il doit lui laisser rabattre le marche-pied et tenir la porte ouverte, mais il ne doit sous aucun prétexte, pendant qu’il se tient là, lui laisser aider les dames à descendre.

Q.— Une dame faisant partie d’une association charitable est en relations assez affectueuses avec la présidente de cette association. Cette dernière a une voiture. Ces deux dames sortent souvent ensemble. Elles sont même allées porte des secours après une catastrophe, au nom de la société Or, toutes les deux sont embarrassées pour la question a la place ” dans l'équipage, comme on l'est souvent pour le placement des convives à table, comment régler la question ?

R.— Ici, pas l'ombre d'hésitation n'est permise. Ces dames montent en voiture dans deux circonstances différentes : en amies, pour aller à leurs petives affaires ; ou officiellement, quand elles vont, au nom d'un groupe, s'acquitter d'une miss:on charitable.

Lorsqu'elles sortent en amies, ciles font ce qui leur

plait, ce qui leur est commode. En général, la proprié-

taire de la voiture tient la droite ; mais, certaines, par courtoisie, l’offrent à leur invitée. Celle-ci ne doit pas refuser, protester... La meilleure forme du respect est l'obéissance immédiate au désir du supérieur ou de légal. Il est admis aujourd’hui que, entre soi, on n’attache nulle importance à la droite ou à la gauche. La maîtresse de la voiture fait monter d’abord son invitée qui s’assied, “comme cela se trouve”. Il n'y a pas d’inconvénient à ce qu’elle monte elle-même la première, si elle a une raison de le faire pourvu qu’elle le dise gentiment “ Je monte avant vous, parce que... (mettons : il me sera plus facile de descendre ‘out à l'heure).

Mais, dans la tournée de bienfaisance, la règle officielle reprend ses droits. Il n'y a pas plus d’amies ; il y a une présidente et une sociétaire, La présidente aura la droite, rigoureusement.

Alors, pour éviter les “cérémonies ”, les malaises génants, la voiture est généralement placée de manière que la présidente se trouve toujours à droite tout en ayant fait passer Sa compagne avant elle Dans un cas plus cérémonieux encore, la présidente monterait la première sans offenser aucunement son amie, car elle n’est plus Mme X...,une “ personne ”..., elle est une “ fonction ” vivante.

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