CADEAUX
Q. — Un cadeau doit-il étre renvoyé immédiatement en échange d'un autre reçu ?
B, — Non, il faut observer un délai discret et n'avoir pas l'air de répondre à une politesse par une autre, retour du courrier.
Q. — À qui doit-on faire des cadeaux si l'on a été reçu en visite ?
R—Silyaun cadeau à faire, ce doit être à la mai tresse de maison et s'il y à plusieurs enfants, au plus jeune.
Q. — Une jeune fille peut-elle envoyer des livres où des
fleurs à un ami qui est malade ?
R. — Oui, avec Ja permission de sa mère ct la carte le celle-ci doit accompagner la carte de Ja jeune fille quand on en-oie des fleurs.
Q. — Des fleurs peuvent-elles faire un cadeau convenable au rachat d'une philippine ?
R. —Non. 1] est d'usage, en ce Cas, de donner un souvenir de plus longue durée que des fleurs.
Q. — Comment doit-on envoyer des fleurs ?
R. — Quand on n'est pas sûr si un cadeau d’une nature plus sérieuse serait Je bienvenu, il vaut mieux se ranger du côté le plus certain et envoyer des fleurs où de: bonbons, A l'époque des fetes, une boite de roses où de beaux chrysanthèmes est toujours la bienvenue. Il ne faut pa- Manquer d'inclure sa carte dans l'envoi, O: peut l’enfermer dans une enveloppe à carte de visite et
mème cacheter celle-ci, si on redoute une indiscrétion de la Heur'ste.
Q.— Que doit-on faire quand on reçoit un cadeau de bonbons en présence d'autres personnes : à Noël où an jour de l'an, par exemple ?
Si vous recevez une boîte de bonbons, directement de a main à la main, vous l'ouvrez où ne louvrez pas, selon les circonstances, devant la personne qui vous l'offre. C'est affaire de tact In’: à pas de règles pour de semblables cheses. Voici des exemples : les bonbons vous sont donnes hors de chez veus. Vous n'allez pas défaire un paquet qui ensuite serait geénant à emporter, Ces bonbons vous sont au contraire apportés. Vous devez alors sentir € qui est le plus aimable à faire. Si l'heure d'y goûter n'est pas opportune, vous laissez la boite ou le sac intact et vous dites : “ Vous êtes charmante d'avoir pensé à moi. J'ai justement un faible pour... (les chocolats).. Ma mère ou telle autre personne les aime aussi beaucoup. Nous nous en régalerons en pensant à vous e
Si au contraire le petit présent arrive dans un moment propice, on ouvre le petit paquet en disant : * Nous allons tout de suite leur faire honneur”. Et dans une telle circonstarce par exemple, il devient poli de se servir avant le donateur et les autres personnes, car cette infraction à l'usage marque un empressement flatteur pour celui ou celle qui a eu le désir de vous étre agréable. — Lorsqu'on sait très bien vivre, il est habile en certains cas de manquer de savoir-vivre:
Quand on reçoit un cadeau, il faut toujours éviter de parler des autres cadeaux “plus beaux” que l'on à pu recevoir. La comparaison ne fait jamais plaisir. Si au contraire vous parlez de cadeaux “ moins beaux ”, ce qui peut être une petite flatterie gracieuse, ayez soin de laisser comprendre que tout en appréciant la différence de valeur, vous éprouvez la même gratitude de l'intention.
Q. — Un homme peut-il envoyer des fruits à une dame ê
R.— Des fruits peuvent étre envoyés par un homme à une” femme, au mème titre qu'un bouquet, dans les cecasions où l'on est autorisé à offrir des fleurs. C’est-àdire que ce présent-là ne tire pas à conséquence. C'est
la valeur intrinsèque de l'objet qui peut donner lieu à froissement ou à interprétation fâcheuse Les fruits qui. lorsqu'ils sont mangés ne laissent pas plus de traces que les fleurs quand elles sont fanées, sont réputés cadeau, Sans Vileur, quoiqu'ils puissent avoir été pavés trés che: cn raison de leur origine exotique où de leur beauté.
On peut les faire ranger dans une corbeill légant: très ornée de nœuds en beau ruban. C'est pas .aitement admis. 11 y à des gens qui poussent le raffinement jusqu'à faire mettre de petits bouquets composés de fleurettes, dan les interstices laissés par Îles poires, pommes, peche grappes, etc.
Q. — Quelles règles doiton obcerver pour les cadeau au cours des fiançailles ? —
R.—De temps en temps et, suivant l'état de se finances, l'homme envoie des cadeaux à sa fiancée, fleur: bonbons, etc. mais une jeune fille sensée ne permettra: pa: qu'il dépasse pour cela se moyens. De plus, en dehorde ces attentions ordinaire. elle ne doit rien accepter qui ne puisse être renvoyé intact, si les fiançailles sont rompucs. On ne doit jamais oublier que des circons tances peuvent surgir cet amener une rupture. Les relations doivent étre affectueuses, tendres et -:nfiantes. Mais jamais trop intimes, ni familières. ni de nature à être regrettées, si le fameux dicton de la coupe ct des lèvres venait à trouver son application dans votre cas Une jeune fille devrait toujours se souvenir que le meilleu: moyen d'entretenir l'affection c'est de ne jamais la satis faire entièéremsnt ct de toujours lui laisser quelque chos: à désirer.
Q. — Quand est-on tenu de faire un cadeau de noces ?
R.—En général, tout invité à un mariage doit un cadeau aux fiancés, qu'il soit marié ou célibataire. Li fait qu'un ami non marié ne s'est pas conformé à l'usage. à votre égard, n'est Pas une raison pour se dispenser di la coutume, envers lui, lorsqu'il vieng lui-même à se marier.
Q. — Peut-on donner de la lingerie comme cadeau de
noces °
R.— Des cadeaux de meubles ou de lingerie peuvent étre envoyés à la future par ses parents, ses amis intimes ou les parents du futur. Une douzaine de jolies servicttes brodées au chiffre est un présent très acceptable. Une jolie nappe à thé avec des serviettes semblables fait aussi un joli cadeau.
Q. — Un jeune homme invité à une réception de mariage précédée d'un diner auquel il n'est pas invité est-il tenu d'envoyer un cadeau de noccs ?
R —Le cadeau de noces n'est jamais une obligation ; on l'offre simplement pour faire preuve de ses sentiments de sympathie à l'égard du marié ou de la mariée. Le fait d'être ou de ne pas être invité au diner qui précède la réception ne doit avoir aucune influence sur l'envoi du cadeau.
Q.— La carte qui accompagne un cadeau de noces doit elle être nécessairement attachée par une faveur blanche ?
R.— La faveur n’est pas de rigueur.
. Q. — Une jeune fille qui a reçu des cadeaux pour ses fiançailles doit-elle renvoyer les cadeaux si le mariage est rompu ?
R.—I1 y a deux cas à considérer. D'abord la jeune fille doit rendre tous les cadeaux qui lui viennent des amis ou des parents du fiancé. Quant à ceux qui lui viennent de ses propres amis, c’est plus épineux. Il est toujours impoli de renvoyer un présent au donateur, ce serait donc, à ce point de vue, un manque de tact de ne point garder les souvenirs d'amitié reçus à l’occasion d’un mariage même quand celui-ci n’a pas lieu. Ceci est une opinion. En voici une autre : la jeune fille peut avoir la délicatesse de rendre les cadraux reçus ; mais, comme il n'est point d'usage d'offrir un souvenir sous condition, Je donateur doit avoir le tact de refuser la restitution:
A ce double point de vue les amis ne sont pas dispensés d'offrir un nouveau cadeau s'il y a de nouvelles fiançailles, mais il peut être de moindre importance.
Q.— Est-il de bon ton d’atténuer la valeur d'un cadeau quelconque que l’on fait ? 2
R.—I1 faut bien se garder d’exagérer la valeur du cadeau que l’on fait; mais, si l’objet donné vous a appartenu, on ne doit pas insister qu’il est sans valeur pour vou: ou vous est inutile. Ce serait rappeler ce dicton : qu'il y en a tant, qu'on en donne à manger à certains quadrupèdes.
Q.— Peut-on se servir d’une carte de visite pour remercier d'un cadeau qui était accompagné d'une carte ?
R.— On peut envoyer une carte avec ses remerciements : mais, si insignifiant que soit le cadeau, il est beaucoup mieux de remercier, si on ne peut pas le faire verbalement. en envoyant un mot sur le meilleur papier qu’on ait à sa disposition et dans les termes les plus cordiaux et les plu: aimables.
Q. — Comment doit-on faire si l’on ne reçoit pas de carte après l’envoi d’un cadeau de noce et si l’on craint qu’il ait été perdu ou égaré ?
R.—Si vous êtes dans l'incertitude sur la réception d’un cadeau que vous avez envoyé, vous pouvez fort bien écrire un mot à la mariée pour lui dire que vous espérez bien qu’il n’est pas perdu et que vous seriez désolée qu’elle pût s’imaginer que vous l’eussiez oubliée en telle circonstance Beaucoup de jeunes mariées sont quelquefois très en retard pour remercier des cadeaux, non par indifférence mais simplement par indolence ou par mauvaise habitude de tout remettre au lendemain.
Q. — Si une personne reçoit un cadeau de la part d’une personne de qui elle n'attendait pas une semblable attention, doit-elle renvoyer immédiatement un cadeau ?
R.—Trop de précipitation ne sied pas dans ce cas. Il est tout à fait à propos de renvoyer un présent à une personne qui a songé à vous, mais il vaut mieux attendre un peu. On peut envoyer en tout temps des fleurs, un Fvre, des bonbons, aussi est-il préférable d'attendre
quelque temps.
Q. — Une jeune fille doit-elle renvoyer un cadeau à un jeune homme qui vient de lui offrir un présent
R. — Une jeune fille peut :c16ir nn cadeau d’un jéune homme sans avoir à songer à le lui rend; ce qui serait, d'ailleurs, d’un très mauvai £crüt.
Q. — Une jeune fille peut-:ile faire isol “ent un cadeau à son professeur, si elle suit un <ours dirigé par un homme ?
R.— L'élève-femme d’un cours dirigé par un homme doit, en toutes circonstances : jour de l'An, fête ou réunions à l’occasion de quelque honneur fait au maître, se joindre à ses camarades, faire ce qu’elles font. Presque toujours la classe, l’atelier agit en groupe, c’est plus convenable sous tous les rapports.
Q. — Comment et quand doit-on remercier des cadeaux de Noël ?
R. — Une lettre particulière de remerciements doit être écrite à chaque personne dont on a reçu un cadeau. Il faut accomplir ce devoir le plus tôt possible ; mais on laisse quelque latitude en raison des nombreuses distraction de la saison des fêtes. L'année nouvelle est souvent bien avancée avant qu'une jeune fille un peu lancée dans le monde ait fini d'envoyer toutes ses lettres de remerciements pour les cadeaux reçus à Noël.
Q. — Quels cadeaux une marraine peut-elle faire à l'occasion d’une première communion ?
R. — Une tante, une grand’mère, qui sont en outre la marraine de leur neveu ou petit-fils, peuvent offrir ce qu'elles veulent à l'enfant, à Foccasion de sa première communion : la toilette complète portée en cette circons- ‘ance, ou une partie de cette toilette ; une montre à un garçon, de petits bibelots à une jeune filie ; où même de
l'argent si elles ne savent à quel choix s'arrêter, ou si l'enfant possède déjà tout ce dont il a besoin.
Q. — Comment une jeune fille pourrait-elle marquer sa reconnaissance à un prêtre ?
R. — Une jeune fille qui aurait de la reconnaissance à témoigner à un jeune prêtre ne pourrait lui offrir qu’un coussin, un tapis, un écran, une corbeille à papier, ou autre chose analogue, fait de ses mains. En le présentant
elle dirait, ou écrirait : “ Veuillez bien accepter ce petit témoignagne de ma profonde gratitude ”.
Q. — Lorsque l’on a reçu des politesses d’un ecclésiastique, comment peut-on s'acquitter à son égard ?
R. — Lorsqu'on a reçu des politesses d’un ecclésiastique, lorsqu'on croit lui devoir quelque chose, on peut toujours s'acquitter en le priant d'accepter une somme d'argent pour ses pauvres. Il est difficile de “ rendre ” autrement surtout quand on est femme, et jeune femme. Si l’on a des raisons pour tenir à faire un cadeau, il faut choisir un objet de caractère religieux : gravure, bronze, médaille, plaquette, belle édition d’un ouvrage sérieux.
Q.— Fait-on des cadeaux aux personnes en deuil ?
R.—On n’envoie pas généralement de cadeaux ni de souhaits de Noël aux amies en grand deuil à moins d’être avec elles en termes très intimes. Naturellement aucun cadeau gai ne serait de mise ; mais si l’on tient à offrir un souvenir : un joli livre, une plante d'appartement, une boîte de roses, un joli calendrier, une copie de tableau accompagnés d'un mot aimable conviennent parfaitement.
re CARACTERES —
Q. — Peut-on tirer des indices du caractère par le mois de naissance ?
R. — Il existe un grand nombre de formulaires de cette nature ; voici quelques dictons populaires qui s'appliquent aux femmes :
(Une femme née en...
JANVIER : est bonne maîtresse de maison, un peu portée à la mélancolie, mais de caractère doux.
FEVRIER : épouse affectueuse, femme compatissante, bonne mère, cœur sensible.
MARS : jolie petite poupée sans tête, un peu querelleuse, mais aimante avec sa pointe de jalousie.
AVRIL : inconstante, pas tres démonsirative, mais égale d'humeur sinon d'affection.
MAI : belle, aimable, mais avide de tous les plaisirs.
JUIN : impétueuse et frivole aussi.
JUILLET : belle et capricieuse ; souvent de l'orage dans son cerveau, comme dans le ciel.
AOÛT : pondérée, d'esprit pratique, Ja meilleure des ménagères. ;
SEPTEMBRE : femme de choix, discrète à la fois et affable-
OCTOBRE : jolie, coquette.
NOVEMBRE : de la gentillesse de façons et de carac-
tère.
DECEMBRE : fantasque et curieuse.
Q.— Peut-on trouver un indice du caractère dans le
choix du musicien préféré par une jeune fille ?
R. — Rien ne révèle mieux le caractère d’une jeune fille que sa préférence pour tel compositeur; 50n Œuvre, bien entendu, et non sa personne.
Mademoiselle se complait-elle dans le tournoiement des valses de Strauss, c’est l'indice de frivolité et de goût exagéré du plaisir. Si eile va de préférence à Beethoven, elle est de nature élevée et même trop parce qu’elle perd pied dans la réalité dle la vie-
Avec Listz, c'est l'ambition qui domine le caractère ile la musicienne ; avec Offenbach, l'astuce ; Flotow, la vulgarité ; Gounod, la tendresse romanesque ; Wagner, l'égoisme ; Saint-Saens, l'intelligence claire et bien équilibrée ; Massenet, l'incertitude et la timidité.
Lun à CARTES A JOUER —
Q.— Qui doit proposer une partie de cartes ?
R.— C’est une violation de toutes les règles de l’étiquette de proposer une partie de cartes dans une maison où l'on se trouve en visite ou en soirée. C'est le privilège indiscutable du maître ou de la maitresse de maison et s'ils ne proposent pas ce genre d’amusement, il est excessivement malhonnète pour un étranger de le faire.
Q. — Comment joue-t-on si le jeu est pour de l'argent ?
a tratr H IRL se avr
R.— Si on joue pour de l'argent au petit jeu, c’est-àdire, si l'on ne joue pas pour gagner de l'argent, en cas de perte le monsieur paie pour la dame qui était sa partenaire ; en cas de gain, elle prend ce qu'elle a gagné.
Q.— Mari et femme peuvent-ils être partenaires dans une partie ?
R.—Non. L'étiquette en déclarant que le mari et la femme ne doivent pas jouer à la même table n’a jamais donné à craindre qu’il puisse y avoir d'entente ; mais des personnes qui jouent ensemble régulièrement ne peuvent manquer d'être au courant de leur façon réciproque de jouer dans certaines circonstances et il est certain que les chances ne sont plus égales pour les autres joueurs
Lan à CARTES DE VISITE —
Q. — Que doit-on mettre sur une carte de visite “ Paul Dupuis”. “ Paul Dupuis, Ecr.’ ou “ Mr. Paul Dupuis ” ?
R. — Paul Dupuis. Les Anglais seuls mettent sur leurs cartes de visite Mr. Georges Smith.
Q. — Peut-on déposer des cartes écrites à la main ?
R.—I1 est parfaitement convenable de déposer des cartes écrites à la main si l’on emploie trop rarement des cartes pour faire la dépense de cartes gravées. En tout cas il vaut mieux des cartes écrites à la main que des cartes imprimées, qui ne sont admissibles que dans les relations commerciales.
Q.— Quand peut-on employer la carte de visite pour des communications de politesse me idaine ?
R.—On joint sa carte à tout présent que l’on n’apporte pas soi-même, afin d’en indiquer la provenance.
Apprend-on qu’un ami ou une personne de son cercle de connaissances vient d’être affligé par un malheur, on lui adresse immédiatement sa carte, avec quelques mots de condoléance, en attendant, si on a des rapports d’amitié, qu’on lui écrive ou qu'on aille le voir.
La carte de visite peut encore s’employer pour des communications insignifiantes parce qu'elle demande moins de frais épistolaires qu'un billet:
Ainsi :
Docteur Roger (imprimé) “présente ses hommages à Madame T... et lui retourne, avec ses remerciements, le livre qu’elle a bien voulu lui prêter et qui lui a beaucoup plu”. (manuscrit).
Madame Z...
“ Remercie beaucoup Monsieur X... du bon acceuil qu’il a bien voulu faire à son protégé et lui envoie ses meilleurs compliments ”.
Madame R...
“ Ravie et reconnaissante, remercie: Mademoiselle X... de ses magnifiques roses et lui adresse ses meilleurs souvenirs ”.
Monsieur B...
“ A l'honneur d'accréditer, par cette carte, Monsieur C... auprès de Monsieur A...” Etc. etc.
Q.—Une veuve doit-elle modifier ses cartes après la mort de son mari ?
R.— Elle ne doit rien changer au libellé de ses cartes, mais celles-ci doivent porter une bordure noire qui est de plus en plus légère en même temps que le deuil avance.
Q.— Comment doivent-être libellées les cartes de visite d'une dame veuve dont le fils est remarié, pour éviter les confusions avec celles de sa belle-fille ?
R.—En France la confusion est impossible, les dames veuves ayant l'habitude de libeller leurs cartes “ Madame Vve Un Tel”. Ici l’habitude est différente. Une dame veuve conserve sur ses cartes le nem de son mari. Si son fils porte les mêmes initiales que son père, il abandonne le “ Jr” qui jusque-là figurait après san nom ; mais il ne peut y avoir confusion si la belle-mère et la bellefille ne vivent pas dans la même maison. Si elles vivent ensemble, le plus simple est pour la mère de supprimer toute initiale et de s'appeler “ Madame Un Tel”, tandis que sa belle-fille s'appelle “ Madame Paul Un Tel”
Q.— Que doit faire pour ses cartes une femme qui exerce une profession ?
R. — Elle doit avoir deux genres de cartes, les unes pour l'usage professionnel, les autres pour les usages mondains.
es premières portent son titre : *“ Docteur Mary Brown ”, l'adresse de son bureau dans le coin, en bas, à droite et ses heures de consultation à gauche. Les caractères romains pour le nom ont un aspect d’affaires plus accentué. Ses cartes pour les usages mondains portent son nom avec le préfixe “ Mademoiselle ” ou “ Madame ” et le nom de son mari, son adresse particulière et son jour de réception. Il est absolument important de tracer la démarcation absolue entre sa vie mondaine et sa vie professionnelle.
Q. — Une carte de jeune fille doit-elle porter le titre de Mademoiselle ?
R. — Une jeune fille doit toujours faire précéder son nom du mot “ Mademoiselle ”. “ Germaine Lebreton ” serait incorrect et inconvenant On doit mettre “ Mademoiselle Lebreton ”.
Q. — Une jeune fille qui tient la maison de son frère et qui va faire des visites doit-elle laisser la carte de son frère avec la sienne ?
R. — Une jeune fille dans ce cas laisse la carte de son frère comme une femme mariée laisserait celle de son mari ; si elle fait ou rend une visite elle dépose la carte de son frère une pour chaque dame et une pour le maître de la maison, en admettant toutefois que son frère soit en rel ‘ion de société avec ces personnes.
Q. — Un homme doit-il laisser sa carte dans une maison où il y eu une naissance ?
R.— Non ce n’est pas la coutume pour un homme de déposer sa carte dans ce cas. Il suffit de féliciter le père et l'on peut fort bien par téléphone demander des nouvelles de la mère et de l'enfant.
Q.—Si le mari et la femme font une visite ensemble doivent-ils la:sser chacun une carte ?
R. — Si tous deux font une visite ensemble, ils laissent chacun une carte; mais il est rare que mari et femme fassent ensemble des visites de cérémonie. Un homme
est supposé être occupé à l'heure où se font les visites de cérémonie.
Q.—Si une dame envoie des cartes simplement pour faire part d'un changement d'adresse, doit-elle laisser aussi la carte de son mari ?
R.— Une carte de changement d'adresse suffit. Madame peut écrire “ M. et” en avant de son propre nom et l'envoyer ainsi à une dame mariée. Mais si vous voulez que vos cartes tiennent lieu de visite, vous devez déposer le nombre réglementaire.
Q.—En quoi consiste l'élégance de la carte ?
R.— Dans sa simplicité. Un format moyen, un nom “gravé”, et non pas imprimé, en écriture anglaise avec l'adresse au bas.
Rien n’est plus commun qu’un nom gothique enjolivé de floritures.
Les jeunes filles qui possèdent des cartes à leur nom feront bien de ne pas en abuser ; elles éviteront d'en envoyer dans les maisons où il y a des jeunes gens, il pourrait y avoir confusion et l'équivoque surgirait, ce qui serait facheux.
Q. — Doit-on cacheter l'enveloppe d’une carte ?
R.—On cachette l'enveloppe d’une carte lorsqu'on écrit quelques mots à la main. Néanmoins la poste tolère quelques formules comme celles-ci : “ L:: bon souvenir” “ Sincères regrets ”’—“ Mille remerciements ”. À l'occasion d'un deuil, il est plus poli de cacheter l'enveloppe et d’affranchir comme pour une lettre ; on allonge alors la phrase de condoléances. Exemple : “ Madame B. envoie à Madame X. l'expression de sa vive sympathie et s’associe de tout son cœur à la perte cruelle qu’elle vient de
faire.
Q. — Comment libelle-t-on l'adresse sur une enveloppe contenant des cartes de visite ?
R. — On les adresse au nom du mari et de la femme. Certaines personnes, croyant rendre hommage à la femme, écrivent ainsi : “ Madame et Monsieur X...” C'est in-
correct. Le mari est le chef de la famille, c'est lui qui doit être placé en premier ; le contraire implique une idée de domination qui n'appartient pas à la femme.
Q. — Doit-on laisser une carte pour chacune des dames de la maison où l'on fait visite ou en laisser juste une Pour toutes les dames de la maison ? Quelle règle doit-on suivre pour laisser la carte de son mari quand on fait visite à des personnes mariées ou non mariées ?
R. — On doit laisser une carte pour chaque dame de la maison et laisser la carte de son mari pour le maître de la maison. S'il ny a que des dames dans la maison, on doit aussi laisser la carte de son mari. Cependant la mode de laisser des paquets de cartes dans chaque maison a été tellement exagérée dans ces derniers temps que, lorsque l’on fait visite dans une famille où il y a plusieurs dames, il est parfaitement convenable de ne laisser qu’une carte, en disant à la servante, en la lui remettant : “ Pour ces dames ”, .
Q. — Quand une personne Quitte une ville, quelles cartes doit-elle laisser et doit-on répondre à ces cartes ?
R.— Quand une personne s’absente de la ville qu’elle habite, pour une saison, par exemple ou pour plus longtemps, on doit déposer ou envoyer des cartes portant dans le coin les abréviations “ P.P.C” qui signifient : pour prendre congé. Les cartes de cette nature ne demandent pas de renvoi parce que la personne qui les dépose est supposée partie quand elles vous parviennent.
Q. — Peut-on laisser des cartes sans demander si la personne est à la maison ?
R. — Certains privilèges sont concédés à des personnes d’une position sociale exception-Île, ou d’un âge ou d’une santé qui demandent des égards. Elles peuvent venir en voiture et faire déposer des artes sans demander si la maîtresse de maison est chez elle.
Q. — Pour l'envoi des cartes, quels sont ceux qui doivent commencer ?
R.—Les gens mariés, même s'ils sont âgés, envoient
leur carte à une femme, même très jeune, qui vit seule. Celle-ci renvoie la sienne à la femme seulement.
Q. — Une jeune femme peut-elle envoyer sa carte à un homme ?
R. — Elle peut lui écrire, mais non lui envoyer sa carte, de même qu’elle ne doit pas aller le voir.
Q.— Est-il convenable d'envoyer des cartes de condoléances adressées à deux sœurs “ Mesdemoiselles Duval ” et sinon, comment doivent-elles être adressées séparément ? Pour des cartes d’excuses pour ne pas assister à une réception où plusieurs dames devraient recevoir, comment les cartes doivent-elles être adressées ?
R.— Les cartes de condoléances doivent être adressées à “ Mesdemoiselles Duval”. Des cartes d’excuses doivent être envoyées à chacune des dames qui reçoiveit, mais elles doivent être adressées chez la raaîtresse de maison à la résidence de laquelle se donnait la réception:
Q.— En cas de maladie ou de deuil, peut-on laisser des cartes chez des amis ?
R.—Si l’on a l'habitude de rendre visite dans une maison on peut, en cas de maladie, déposer une carte avec “ Pour prendre des nouvelles ”. Et, en cas de deuil, avec “ Affectueuses sympathies” ou quelqu’autre formule de sympathie.
Q. — Si l’on reçoit une lettre d'invitation à un mariage ou à une cérémonie funèbre, doit-on envoyer une carte même si l’on a l'intention d’assister à la bénédiction nuptiale ou au convoi ?
R. — Non, l'envoi de la carte serait une véritable superfétation. Votre présence à la cérémonie est toujours censée avoir été remarquée de ceux qui ont envoyé l’invitation.
Si le jour de la cérémonie on est empêché d’y assister, selon le degré d'intimité des relations, on envoie une simple carte, ou on ajoute sous son nom quelques mots de regrets.
Q.— Combien de temps se sert-on de cartes de visite bordées de noir ?
R. — Pendant douze mois pour l? mort du père ou de la mère.
Q.— Quelle est la limite pour les cartes du jour de l'an ?
R. — Fin janvier, dernière limite.
Q.— N'y a-t-il pas une réserve à garder dans l'envoi des cartes ?
R.—On ne saurait trop recommander la réserve dans l'envoi des cartes, on ne s’imagine pas combien l'abus de ces petits cartons devient odieux ct irritant. C’est la réponse forcée, c’est la corvée qui rend obsédant celui qui l’impose, il se montre importun par cet excès de politesse et bientôt ce entiment s’étendra jusqu’à sa personne.
Q. —Si l'on a le droit au titre d’“ Honorable ”, faut-il mettre ce titre sur ses cartes de visite ?
R.—On ne met pas “ Honorable” sur ses cartes de visite:
Q. nn indique-t-on sur ses cartes son club habituel ? .
R. — L'adresse personnelle se met dans le coin de droite et le nom du club dans le coin de gauche.
sn à CHAPERONS —
Q. — Une mère est-elle obligée de rester tout le temps au salon quand ses filles reçoivent des amis ?
R. — Il n’est pas nécessaire pour une mère de rester au salon toute l'après-midi ou toute la soirée quand ses filles reço.vent des amis. Il lui suffit de se montrer, de recevoir Le visiteur et de s'assurer qu'on s'occupe de lui. Elle peut ensuite se retirer dans une chambre voisine, lire ou écrire des lettres et reparaitre seulement quand on
va se séparer. Ceci s'applique couramment aux visiteurs qui sont dans la famille sur un pied d'intimité. Naturellement, il faut plus de cérémonie quand il s'agit de personnes qui font visite pour la première fois ou pour celles qui, en vertu de leur âge, ont droit à plus d’égards de la part de la maitresse de maison.
Q. — Une inère doit-elle toujours chaperonner sa fille ?
R.— Une débutante chaperonnée par sa mère est toujours dans une meilleure position que celle qui doit s’en rapporter aux bons offices d'amis, si complaisants qu'ils soient. Même si la mére ne se juge pas à même de remplir absolument ce rôle, elle doit paraître autant que possible avec sa fille, surtout dans les grandes réceptions publiques ou semi-nubliques. Cela entraîne certainement des dépenses et de la fatigue, mais ce n’est pas le moindre des devoirs d'une mère. On respecte davantage une jeune fille ainsi chaperonnée et souvent il faut plus de surveillance qu'on ne pense. Les hommes attachent beaucoup d'importance à la tendresse des rapports entre la mère et la fille et en tirent leurs conclusions. ‘Les’ jeunes filles ne sentent pas toujours l'importance de se bien poser dans la société et c’est aux parents de veiller à ce qu’elles soient convenablement présentées et accompagnées en toutes circonstances, surtout dans les premières années.
Q. — Des jeunes filles qui vont au bal avec leur père peuvent-elles se dispenser de chaperon ?
R.—La présence d’un chaperon n’est pas nécessaire quand des jeunes filles vont au bal avec leur père. Il est cependant préférable de s'assurer de la présence d’un groupe d'amis où se trouverait une femme mariée et une ou deux jeunes filles ayant des connaissance dans le cercle qu'on va fréquenter. D'ailleurs tout dépend du caractère du père qui peut souvent, même avancé en âge, être assez jeune de cœur pour savoir ce qu’aime une débutante et comment lui procurer un plaisir dont il puisse profiter ainsi que sa fille.
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