INTRODUCTION
mographe. Il en aurait tiré profit pour ses propres écrits (i).
Les mimiambes d'Hérondas sont pleins de charme et de modernité, quelque peu ténus cependant (2).
Quant aux idylles-mimes de Théocrite, elles apparaissent d'une fraîcheur et d'une délicatesse encore accrues par le temps (3).
Quel ordre d'idées est resté étranger aux Grecs ?
Ils sont les initiateurs de la science moderne.
Sextus Empirions expose les systèmes de philosophie que la postérité réinventera. Il les enterre même, avant Theure, d'une main pieusement inconsciente.
Les Grecs ont nié la laideur, affirmé que la beauté est
(i) Voy. DiOGÈNE DE Laerte (Platon) ; Paul Sghuster, Rheinisches Muséum Jiir Philologie^ Francfort-sur-Mein, 1874, PP- 690 et s. — Des mimes de Sophron il ne nous reste que des fragments. Voy. les Comic, grsec, fragm. de Kaibel, Berlin, 1899, pp. i52 et s.
(a) Voy. Les mimes d'Hérondas, trad. par Georges d'Almeyda, Hachette, 1898 ; Hérondas, Les mimiam6es, trad. par Emile Boisacq. Thorin, 1898 ; Herondae mimiambi, Leipz., Teubner, 1908.
(3) Edit., Teubner, 1904. Cfr. l'édition critique de Fritzsche.
lO INTRODUCTION
de tous les âges (i). Ils ont fait plus; ils ont défié et vaincu, à force de grâce, la loi de toutes la plus inexorable, et cela aussi bien par leurs écrits que par leurs monuments et par ces statues impressionnantes qui continuent d'être, pour beaucoup, plus que de la vie et de la beauté, mais la vie et la Beauté mêmes...
Et quand nous disons qu'ils ont tout connu, nous
n'exceptons point le modeste Ballet-Pantomime (2),
cette fleur de songe qui a traversé les siècles, et plaît aux sages.
(i) Procession des thallophores d'Athèna. Xén. Banq. IV.
(3) Nous ne saurions, en français, éviter le mot ballet pour désigner Vaction théâtrale exprimée par la danse et la pantomime (Voy. Magnin, Orig. du. théâtre), A défaut d'un mot équivalent, les Grecs possédaient de véritables ballets, et si nombreux, qu*on à pu en distinguer chez eux quatre groupes principaux : tragiques, comiques, satyriques, allégoriques. Le terme danses grecques, en apparence plus scientifique, ne définit rien, et promet ce que Tétat de nos connaissances nous interdit de réaliser. L*étymologie de l'italien ballo et du français bal, est d'ailleurs grecque (balli^-* mos).
NOTE
L'Idylle II de Théocrite (la Magicienne ou mieux les Magiciennes) est un Mime lyrique (i). Une seule actrice y parle, et Faction semble des plus claires. Tel vers n'en a pas moins suscité d'interminables controverses.
Cette idylle-mime, empruntée à Sophron (2), est un des chefsd'œuvre de Théocrite, et Longepierre avait « ouy dire à Monsieur Racine, si bon juge et si grand maître en cette matière, qu'il n'a rien vu de plus vif ny de plus beau dans toute l'Antiquité » (3).
(i) Au point de vue de l'inspiration^ sinon de la prosodie même.
(a) Voy. Théocrite, imitateur de Sophron, par M. Edmond Faral [Bev. de philol. de Hit. et d'hist. anc, igoS, pp. 289 et s.).
(3) Les Idylles de Théocrite, 1688, p. 92. Cfr. Legrand, Etude sur Théocrite, Fontemoing, 1898.
Puisse-t-on n'avoir pas trop retranché d'une telle œuvre... On s'est efforcé, dans la mesure du possible, de n'ajouter que selon V action indiquée par le récit original.
Idylle-Mime en quatre actes,
PERSONNAGES
SIMiETHE.
DELPHIS
EUDAMIPPE.
THESTYLIS, servante de SimîBthe.
Environs d'Athènes,