EXTRAITS
DE DIVERS RAPPORTS FAITS AU CONSEIL d' ADMINIS- TRATION DES SOURDS-MUETS DE PARIS , SUR LE MAKUEL DE l'iNSIITUTEUR DES SOURDS-MUETS.
Extrait des registres des délibérations du Conseil d'administration de V Institut royal des sourdsmuets de Paris. Séance du \[\juin i8a3.
Après avoir entendu le rapport sur l'ouvrage de M. Bébian , l'Administration considérant que ledit ouvrage est essentiellement nécessaire pour l'instruction; qu'il est tout d'application, et peut être regardé comme le rudiment du langage des sourds-muets ~r qu'il offre l'avantage d'être également utile aux pères de famille qui se chargeraient de l'instruction de leurs enfans affligés de la même infirmité; témoigne sa satisfaction à M. Bébian , l'invite à mettre la dernière main à son ouvrage, et arrête que Son Excellence M. le garde des sceaux sera prié d'autoriser, aux frais du gouvernement, l'impression dudit ouvrage au nombre de mille exemplaires.
Extrait du procès verbal des séances du Conseil de perfectionnement de ï Institut royal des sourdsmuets.
Le conseil a reconnu en principe, non-seulement qu'il est indispensable de donner aux instituteurs des
sourds-muets un Manuel-Pratique dans lequel la méthode soit fixée et décrite par une suite d'exercices \ mais que la rédaction et l'adoption d'un semblable Manuel, est le premier pas à faire pour préparer les progrès et le perfectionnement de cet enseignement, et même pour empêcher qu'il ne dégénère et ne tombe dans la confusion et le désordre, par l'arbitraire et l'incertitude, qui ne manqueraient pas de s'y introduire.
Le conseil a reconnu ensuite que le travail rédigé par M. Bébian , sous le titre de Manuel de l'instituteur des sourds-muets , est propre à remplir ce but ; qu'il satisfait aux besoins essentiels de l'enseignement, et qu'il promet de devenir, par les soins que son auteur peut apporter encore à le compléter et à le revoir, un véritable type normal qui donnera enfin une forme précise et stable à la méthode.
Extrait d'un rapport fait au Conseil d'administration , par M. le baron de Gerando.
M. Bébian avait déjà montré , par un Essai sur les sourds-muets et sur le langage naturel, publié en 1817, l'étude approfondie qu'il avait fait de la théorie des langues et des méthodes employées pour l'instruction des sourds-muets. Appelé bientôt aux fonctions de répétiteur ( et ensuite de censeur des études ) dans l'établissement de Paris, il y fit preuve du talent le plus distingué ; et nous ne craindrions pas d'avancer que l'abbé Sicard n'a trouvé aucun collaborateur qui ait mieux conquis sa pensée, et qui, en appliquant sa méthode, en ait mieux perfectionné
les détails. Son éloge de l'abbé de l'Epée a obtenu un succès mérité.
Manuel des sourds-muets. (Suite du même rapport. )
Le but de cet écrit est d'offrir aux. instituteurs des sourds-muets l'exposition pratique et méthodique des procédés à suivre dans l'instruction des sourds-muets.
Ces procédés sont ceux dont l'abbé de l'Epée et l'abbé Sicard ont posé les principes et développé l'application ; mais l'auteur y a porté une précision , un ordre, une clarté fort remarquables, et y a ajouté un grand nombre de perfectionnemens.
En définitive, après avoir examiné cet ouvrage, et subordonnant notre opinion aru jugement de nos collègues , en reconnaissant que l'ouvrage a besoin d'être revu et complété , nous n'hésitons pas à témoigner non-seulement qu'un semblable traité manquait à l'art, mais qu'il lui était essentiellement nécessaire.
Ce traité a l'immense avantage d'éviter aux instituteurs les tâtonnemens, les divagations, les essais infructueux, qui sont inévitables pour un instituteur qui s'engage dans ce difficile enseignement, avec le seul secours que lui offrent les ouvrages publiés jusqu'ici , et ses propres méditations.
Il a l'immense avantage, d'affranchir l'enseignement pratique de l'influence des systèmes de métaphysique et de grammaire générale qui peuvent être propres à chaque instituteur, et dans la vaste étendue desquels il peut facilement s'égarer.
Il a l'avantage non moins précieux encore , et
Unique jusqu'à ce jour, de pouvoir être mis dan4 les mains d'un père de famille instruit, d'un instituteur particulier qui n'aurait pu suivre les leçons d'un établissement de sourds-muets.
Il a l'avantage de pouvoir, dans chacun de ces établissemens , ramener sans cesse à l'unité les diverses branches d'enseignement confiées aux sousmaîtres.
Enfin , quoiqu'entièrement pratique , il a pour l'avancement de l'art en lui-même, cet avantage qu'il offrira aux méditations des esprits philosophiques qui s'occupent de ce beau et grand sujet, une matière fixe et certaine qui leur tiendra lieu de l'expérience des faits dont ils pourraient être dépourvus.
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