TROUVÉES JUSQU'A CE JOUI
Alunogène (alumine sulfatée).
L'alunogène n'existe pas tout formé dans la nature; il prend naissance à la surface des marnes ou des schistes argileux contenant des pyrites disséminées.
On le rencontre, dans les galeries des mines de houille du département, à l'état d'efflorescences jaunâtres ou verdâtres, présentant une saveur styptique qui décèle la présence du fer. Parfois ces efflorescences offrent un aspect butyreux et constituent ce que les anciens minéralogistes appelaient le bewre de montagne.
Alun (alumine sulfatée alcaline).
L'alun se forme, comme le minéral précédent, par la décomposition, sous l'influence de l'air humide, des roches qui en contiennent les éléments.
C'est ce qui se produit aux Voûtes, près des Roches Galouby, sur un psammite altéré ; la surface en est recouverte d'efflorescences qui ne sont autre chose qu'un mélange de sulfates d'alumine, de potasse et de fer.
M. Lecoq, professeur à la Faculté des sciences de Clermont- Ferrand, a reconnu que 100 parties de la substance saline
2 m •" MINÉRALOGIE
sèche .çQhtiennenl 68 parties d'alun et 32 parties de sulfate de fer.*
. \\ .Un essai fait Tan III, par le citoyen Giroud, ingénieur des "•••"mines {Journal des Mines, t. Il), sur la terre alumineuse de Royat, lui avait donné une moyenne de 8 0/0 en poids de la terre traitée, d'un mélange d'alun et de vitriol martial.
Jflélwntérie (fer sulfaté, couperose verte, vitriol maniai).
Ce minéral se trouve au gisement ci-dessus indiqué pour l'alun. Sa substance est un sulfate de protoxyde de fer contenant 45 0/0 d'eau.
Il se trouve encore au ravin qui mène de la route de Durtol à Chanat; et, un peu plus loin, au grand ravin de Chanat (E. Laval).
Cyanoae (cuivre sulfaté, couperose bleue;.
M. Fournet a signalé cette espèce dans les galeries de la mine de galène de Rosiers, près de Pontgibaud.
Natron (soude carbonatée, alcali minéral).
Le natron est signalé par MM. Lecoq et Bouille! comme se rencontrant en efflorescences sur les calcaires du bord de l'Allier, entre Dallet et Pont-du-Chàteau. (V. les Vues cl Coupes des principales formations géologiques du département du Puy-de-Dôme, p. 12.)
Gypse (chaux sulfatée, sélémtc, spath séléniteux).
Le gypse, dont la substance, à l'état de pureté, est un sulfate de chaux hydraté renfermant21 0/0 d'eau, se trouve assez abondamment répandn dans le département, où il est l'objet d'une exploitation active.
Uy affecte ses trois états habituels, l'état cristallisé, l'état fibreux et l'état compacte.
Les cristaux offrent la forme dite trapéziennc par Haiiy, ils sont souvent maclés et ne présentent d'ailleurs aucune particularité remarquable.
Leurs gisements principaux sont : Chaufour, près d'Issoire; le Puy de Corent, dans un calcaire marneux ; le Puy de Cournon; la butte de Montpensier, etc.
On observe aussi à ces mêmes gisements la forme lenticulaire, produite par arrondissement des angles et des arêtes ; lorsque deux lentilles viennent à s'accoler et à se pénétrer intimement, on obtient, en les clivant, la figure vulgairement connue sous le nom de fa' de lance.
Le gypse fibreux se trouve également aux deux Puys de Corent et de Saint-Romain, que l'Allier sépare l'un de l'autre; sa structure, pour me servir de l'image très-juste qu'emploient MM. Lecoq et Bouillet (V. Vues et Coupes, p. 38), sa structure rappelle celle de l'eau que la gelée fait sortir des terrains meubles. Les fibres du gypse, assez écartées les unes des autres, occupent une position à peu près normale aux parois des fentes que ce minéral remplit ; mais elles sont légèrement courbes à leurs extrémités, comme si elles avaient subi un certain écrasement.
Quant au gypse commun, en masse compacte ou grenue, autrement dit la pierre à plâtre, il est exploité aux gisements ci-dessus indiqués, et, de plus, aux Martres-de-Veyre ; au Chaufour, près d'Issoire, etc.
Barytme (baryte sulfatée, barosélénite, spath pesant).
La barytine est, parmi les espèces minérales que l'on rencontre dans le département du Puy-de-Dôme, une des plus intéressantes à étudier, tant au point de vue des nombreuses et belles variétés qu'elle présente, que sous le rapport des dimensions remarquables qu'atteignent parfois ses cristaux (1).
(1) M. H. Fouilboux possède dans sa collection particulière un cristal de barytine provenant de Four la-Brouque, qui pèse 3 kilogr. 800, et dont les face» sont parfaitement nettes.
MINKHALOGIL
Le caractère principal de cette pierre, celui qui la fait distinguer immédiatement des autres pierres proprement dites, est sa grande densité comprise entre 4,30 et 4,56.
La barytine raye le calcaire et est rayé par la fluorine.
La couleur habituelle des cristaux, que Ton trouve dans les fentes des arkoses du département, est le jaunâtre ; mais on rencontre également de la barytine d'un blanc mat à Barbecol et à Pranal, près de Pontgibaud, par exemple; ou bien d'un blanc ou d'un blanc-jaunâtre nacré, comme à la Roche Cornet.
La barytine jaunâtre est souvent hyaline.
Elle contient environ de son poids de sulfate de strontiane (Barruel).
Ce minéral, dont la forme primitive est un prisme orthorhombique de 101* 30', se trouve presque constamment à l'état cristallisé ou laminaire, rarement à l'état fibreux. Il se présente aussi sous la forme dite en crêtes de coq.
Les différentes variétés de barytine du département ont été figurées par Haùy dans l'atlas de son Traité de minéralogie (2 e édit.; 1823), et reproduites en partie dans celui du Traité de minéralogie de Dufrénoy (2 r édit. ; 1856-1859). Je les désignerai parles noms que Haûy leur a donnés, en écrivant, à la suite, les notations correspondantes de Dufrénoy. Les voici dans leur ordre, du simple au complexe :
1° La forme primitive, elle se trouve dans les fissures d'un calcaire compacte, à l'est du Puy de Corent, sur la rive gauche de l'Allier. (V. Topographie minera logique de Bouillet.)
Il y a, aux eaux du Tambour, une curieuse association de barytine jaunâtre cristallisée, de quartz blanc et de bitume.
2" La variété binaire. Ma*, les cristaux de cette forme, qu'on nomme aussi octaèdres cunéiformes à cause de leur aspect, proviennent des côtes de Roure ; on en trouve aussi à Fourla-Brouque.
Haùy cite, comme cas particulier de celte variété, un octaèdre dont les faces sont des triangles isocèles, provenant de Royat.
3° La variété raccowvie, Mg'P; mêmes localités que précédemment.
4° La variété dodécaèdre, Ma'e 1 ; cette forme assez rare provient des environs de Coudes ; elle diffère des précédentes en ce que le biseau donné par les faces primitives est obtus. Haiïy fait sur les cristaux de celle provenance la remarque suivante, reproduite par Dufrénoy : « Ils présentent, dit-il. un accident assez curieux. Ils ont leur sommet encroûté d'une couche jaunâtre de la même substance, qui est venue s'appliquer après coup sur les deux faces parallèles aux pans de la forme primitive ; et cette matière additionnelle s'est concertée, pour ainsi dire, avec la première, de manière qu'elle a la même structure et que les joints naturels du cristal se prolongent dans cette partie surajoutée, comme si le tout avait été produit d'un seul jet. » Celte observation peut s'appliquer également aux cristaux de barytine du Puy de Chàteix, à Royat.
5° La variété trapézienne, aVP, trouvée aux côtes de Roure, à Pranal, à la Roche-Cornet. Dans ce dernier gisement, elle est associée à la fluorine cubique et au quartz.
Citée aussi près de Laray, paroisse de Saint-Hilaire, dans un granit.
6° La variété épointée, Ma*e'P; à cette variété appartiennent les remarquables cristaux deFour-la-Brouque,que l'on trouve au sein d'une argile rougeâtre, et dont j'ai cité précédemment un exemple; on la rencontre aussi aux mêmes gisements que la variété trapézienne.
7° La variété complémentaire, Me Va', provient des environs de Coudes (Dufrénoy).
8" La variété entourée, Mb^eWP, même provenance.
9° J'ai trouvé la forme voisine, Mb'^e'hVP, près de Coudes.
10° La variété progressive, MaVb'»e l l\ fréquente au Puy de Chàteix.
Il" La variété homèrido, Me'h'b^a'P, de diverses provenances.
<i iriNrinu.or.fF
12" La variété amblytère, MaVb^g'P, de diverses provenances.
13° La variété trigésimale, g 4 Me'ib*a 4 , se trouve aux côtes de Roure.
14' La variété sous-quadruple, MPaVb^e'g', même provenance.
15° La variété épiméride, MPaVib^g 1 , se trouve au Puy de Chàteix, à Roure.
16° La variété surcompensée, g'g'Ma'b^ie'P, se trouve aux côtes de Roure.
17° La variété octotrigésirtiale, g'Mh'hVib^a'P, une des plus complexes ; elle a été trouvée au Puy de Cbâteix par l'abbé Lacoste, et envoyée à Haùy qui l'a déterminée.
18° J'ai rencontré la variété gfMh'hWib^a'P au Puy de Chàteix.
On pourrait augmenter encore le nombre de ces variétés cristallines de la barytine, et la précédente liste est certainement incomplète.
Les gisements de barytine cristallisée jaunâtre sont trèsnombreux ; outre le Puy de Chàteix, les côtes de Roure, Fourla-Brouque, qui sont des localités classiques pour ce minéral, on en trouve encore à Saint-Saturnin, à Vic-le-Comte, à l'Anglade, etc.
Il faut citer aussi la belle barytine lamellaire blanche de Pranal, celle de Fontcrépon, etc.; et la barytine blanchâtre ou jaunâtre nacrée de la Roche-Cornet.
On rencontre ce minéral à l'état fibreux à Chàtelguyon, près de Riom.
La variété crètée se présente à Cournon, près de Roche fort, etc.
Céle«tlne (strontiane sulfatée).
Signalée par M. Bouillet dans le calcaire de Marcoin, près Vol vie. sous forme de rognons à structure fibreuse.
Cette substance existe, comme je l'ai dit plus haut, à l'état de mélange dans la barytinc.
Alunite (alumine sous-sulfatéc alcaline, aluminhe, pierre d'alun).
L'alunite du Mont-Dore, découverte et décrite par Cordier dans un mémoire insère au tome XII du Journal des Mines, offre plutôt l'aspect d'une roche que d'un minéral proprement dit, et n'aurait pas eu son entrée dans le tableau des espèces minéralogiques, si Mohs n'avait constaté, dans les vacuoles de cette pierre, la présence de petits rhomboèdres qui constituent le vrai type de l'espèce, et dont la composition, d'après Cordier, est la suivante :
Acide sulnimpir. . . . . , 38,49
Alumine 39,65
Eau.- ..... it'jf». t \ î: ' v pit;hij<; j . 14,83 /WKifcivj Nili 99,99
Mais la roche proprement dite possède une composition un peu différente; elle est, d'après les analyses de M. Gautier- Lacroze, pharmacien à Clermont-Ferrand, représentée par les nombres qui suivent :
Acide sulfuriqne 25,35
Alumine. 23,53
Pousse 8,69
Eau 10,00
Soufre. 7,33
Oxyde de fer 1 ,93
Résidu siliceux 24,06
(V. Comptes rendus de l'Institut, 1863, p. 362.)
L'alunite se trouve à la base même du Pic de Sancy, vers la partie moyenne du ravin de la Craie, en veines irrégulières dans un tuf trachytique(Dufrénoy). Elle est pénétrée de soufre natif, dont la proportion, très-variable, peut s'élever jusqu'à 7 ou 8 0/0 du poids de la roche. Ce soufre est parfois cristallisé.
Certains échantillons d'alunite, qui ne contiennent pas de soufre, renferment de très-petits cristaux de pyrite.
MINKRUOr.lE
Calcaire (chaux carbonatée, spath calcaire).
Le calcaire, l'espèce la plus considérable de la minéralogie, et que les travaux d'IIaùy et du comte de Bournon en ont rendu la plus classique, se trouve abondamment répandu dans le département, puisque c'est le calcaire marneux qui constitue la formation de la Limagne ; mais, à ses divers gisements, il ne présente qu'un nombre assez restreint de variétés cristallines, eu égard à la série de ces variétés, dont le chiffre s'élève actuellement au-dessus de mille.
Les principales formes cristallines du calcaire, observées jusqu'ici dans le département, sont les suivantes :
1° Véquiaxe; se trouve en cristaux nets à la Tour-de-Boulade, au Puy de Montaudoux, au Puy de Marman, etc.
Cette forme a parfois reçu la dénomination impropre de spath calcaire lenticulaire, qui appartient à cerlains cristaux oblitérés par arrondissement.
2° Le cuboïde; les plus beaux échantillons proviennent du Puy de Saint-Romain ; on en observe également au Puy de Corent, au Puy de Marman, à Vic-le-Comte, etc. Les cristaux du Puy de Saint-Romain sont très-nets, d'un beau jaune, souvent hyalins, parfois légèrement contournés. Sur certains échantillons, on remarque d'autres cristaux qui contrastent avec les premiers par leur blancheur et leur éclat; ils appartiennent à l'équiaxe modifié par un biseau sur les arêtes latérales, qu'Haûy a désigné par le nom de numérique.
3" Vinverse; se trouve aussi au Puy de Saint-Romain, à Vicie-Comte, etc.
4° Le mètastattque, connu également sous le nom vulgaire de dents de cochon, existe dans les fissures du micaschiste, près du village de Péchadoire (Kouillet) et dans le basanite variolitique du plateau basaltique supérieur de Gergovia.
(V. Vues et Coupes, p. 197. )
5° L'antécédente, combinaison de l'équiaxe et de l'inverse, se rencontre au Puy de Corent (Haiïy).
6° Le numérique, précédemment citée; même gisement (Haiiy).
7 a On rencontre aussi l'équiaxc modifié par les faces du prisme.
Le spath calcaire a formé, parait-il, la gangue de la galène de la mine des Combres, abandonnée vers 1790. (Annales des Mines, 1822, 1" série, Vil 0 vol., Mémoire de Vingénieur des mines, M. Guényveau.)
STRUCTURES DIVERSES. — STALACTITES ET STALAGMITES. — OOLITRS. — CONCRÉTIONS. — MARBRES. — CALCAIRES DIVERS.
La grotte du mont Cornadore, à Saint-Nectaire, offre des stalactites et des stalagmites volumineuses qui ont été produites par l'infiltration d'eaux chargées de principes minéraux calcaires et ocreux, à travers les cavités du terrain granitique.
Le calcaire oolitique est fréquent ; il constitue des couches intéressantes par les fossiles qu'elles renferment, au plateau de Chaptuzat notamment. On le retrouve à Gandaillat, près du Puy de Croûel, et sur les bords de l'Allier, près de Pontdu-Chàleau. A ce dernier gisement, les grains du calcaire oolitique sont cimentés par la limonite.
Les concrétions calcaires sont fort nombreuses.
Au premier rang on doit citer celles qui se déposent à Saint- Alyre, sur les objets que l'on soumet à l'action des eaux pétrifiantes; ces eaux, gazeuses et calcarifères, en arrivant à l'air atmosphérique, perdent leur acide carbonique, à la faveur duquel elles retenaient en dissolution un excès de chaux, el peuvent ainsi pétrifier, dans un assez court espace de temps, les objets sur lesquels elles suintent. Les concrétions qu'elles déposent ont une structure fibreuse, de même que celles qui se forment dans les tuyaux de conduite des eaux.
A la même catégorie appartiennent les concrétions de Saint-Nectaire, de Médague, etc.
11 faut remarquer encore, parmi les concrétions calcaires, celles do Chaptuzat qui affectent la forme de choux-fleurs.
Enfin, le calcaire concrétionné se rencontre à Gergovia, an . Puy de Corenl, à la Tour-de-Bouladc,etc, dans les cavités du basalte scorifié ; on le retrouve sous forme de boules à Chanlurgues, aux Côtes, etc.
Les marbres sont peu nombreux; on exploite, comme tel, le calcaire coquillier de Nonette, près d'Issoire. D'autres couches sont utilisées pour faire de la pierre à chaux, par exemple, dans le canton de Bourg-Lastic.
Les différents calcaires du département offrent encore plusieurs particularités intéressantes. Outre les calcaires fossilifères et coquilliers, dont la description appartient plus spécialement à la géologie, on remarque :
Les calcaires siliceux du Puy de la Piquette, qui renferment dans leurs fissures des cristaux de mésotype et d'apophyllite;
Les calcaires siliceux du Puy de Marman, dont les cavités sont tapissées de petits cristaux de dolomie, de chabasie et de stilbite (Lecoq et Bouillet);
Les calcaires à friganes du plateau de Chaptuzat et de Vensat, dont les tubes présentent la variété de calcaire dite cotonneuse ou nivifoime ;
Les calcaires marneux de Riom, de Clermont, de Gergovia. de Cournon,etc;
Les calcaires bitumineux du Puy de la Poix, de Malintral . du Puy de Croiïel, de Pont-du- Château;
Le calcaire fétide (piètre puante, svineslone des Anglais) des environs de Pontgibaud.
Aragonlte (chaux carbonatéc prismatique, chaux carbonatée dure).
L'aragonite, célèbre pour avoir constitué le premier exemple de dimorphisme, et qui a la même composition que le calcaire, se distingue aisément de cette dernière espèce quani)
11 est à l'état fibreux, en ce qu'un de ses fragments exposé à la flamme du chalumeau ou d'une bougie, se divise en une multitude de petites parcelles qui se dispersent dans l'air, e! en ce qu'elle raye le calcaire.
Elle se trouve presque toujours à l'état cristallin dans un assez grand nombre de localités.
Une des plus remarquables est celle de Vertaizon ; l'aragonite y forme de magnifiques filons dans le .tuf basaltique d'une localité très-rapprochée, le Creux de Chantagour; elle présente la composition suivante, d'après Dufrénoy :
Carbonate de chaux ... 97,42
Carbonate de stronlianr. . 2,27
Eau . 0,31
On en a trouvé aussi un très-beau gisement, il y a six ou sept ans, à Chàtelguyon, en face de l'établissement des bains. Dans cette dernière localité, elle affecte le plus ordinairement l'état fibreux, et est très-abondante.
A Saint-Nectaire, l'aragonite forme des géodes dans les dépôts calcaires ou siliceux.
On la rencontre également à Gergovia, soit à l'état fibreux, soit à l'état de concrétion ; elle est disposée sur un basalte scoriûé en groupes radiés d'un bel effet.
Je l'ai observée en cristaux nets dans les cavités du basalte décomposé du Puy de Marman, du côté d'Orcet.
Elle se trouve aussi dans le basalte des environs de Hochefort.
Il en existe une variété rose à Cbanturgues et aux Côtes.
Enfin, on la rencontre encore ù la base et à l'est du Puy de Corent, à ce gisement si curieux à divers titres des Eaux du Tambour.
Doiomie (chaux carbonatée magnésifère, chaux carbonatée lente, spath perlé).
Cette espèce, qui se distingue du calcaire par la lenteur de l'effervescence que produisent les acides dans leur contact
avec elle, est fréquemment reconnaissable, quand elle est cristallisée, par un éclat nacré, qui lui a fait donner le nom de spath perlé par les anciens minéralogistes.
C'est à cet état qu'on peut l'observer, à mi-côte du Puy de Marman, du côté de Monton, dans les fentes du calcaire siliceux qu'elle tapisse de petits rhomboèdres contournés.
Il s'en trouve à Gergovia et à Corent, des couches auxquelles est immédiatement superposé le basalte.
M. Bouillet a signalé des blocs roulés de la variété grenue dans le lit de l'Allier, entre Couraon et Pont-du-Château.
Fluorine (chaux fluatée, fluorite, spath fluor, spath fusible, spath vitreux).
La fluorine est une substance de filon, qui forme la gangue habituelle des minerais de cassitérite et de galène ; on pourrait donc s'attendre à la rencontrer aux mines de Pontgibaud; elle ne s'y trouve cependant point. Mais on la trouve à trois lieues environ de là, au Chuquet de Peyroubas, près de la Roche-Cornet. La fluorine y constitue un magnifique filon qui s'étend fort loin et que M. Bouillet signale comme reparaissant à la Vernède, aux mines de Saint-Jacques d'Ambur, où elle constitue la gangue du minerai. Au premier de ces gisements, elle offre deux variétés cristallines principales, selon que l'on étudie l'extérieur ou l'intérieur du filon.
A l'extérieur du filon la fluorine présente l'octaèdre, soit simple, soit modifié par des troncatures sur les arêtes, ce qui conduirait au dodécaèdre rhomboïdal (forme très-rare) ; ces cristaux atteignent d'assez belles dimensions, et certains d'entre eux ont des arêtes de i à 5 centimètres de long ; ils sont d'ailleurs généralement assez rugueux, irréguliers même, et salis par une croûte ocreuse difficile à enlever ; les arêtes sont courbes quelquefois. On en trouve qui sont recouverts d'une couche cristalline quarlzeuze de 1 millimètre environ d'épaisseur, et qui sont alors parfaitement nets. Leur couleur
DU DÉPARTEMENT DU PL ï -DE-DÔME (3
varie du blanc-violàlre au violet et du verdàtre au beau vert (fausse èmeraude). Us sont implantés sur un quartz amorphe.
L'intérieur du filon, au contraire, offre le cube ; les cristaux ne sont pas moins remarquables par leurs dimensions et leurs couleurs vives qui leur permettent de rivaliser avec les échantillons du Derbyshire et du Cumberland, que par leur association avec la barytine, association dont j'ai parlé plus haut, et qui produit un agréable effet. Implantés, comme les précédents, sur un quartz amorphe, ils ont leurs extrémités libres engagées dans une argile au sein de laquelle ils se sont développés, circonstance d'ailleurs très-favorable à leur netteté ; on les débarrasse aisément de cette argile par un simple lavage à l'eau.
J'ai remarqué que ces cristaux cubiques présentaient parfois sur leurs angles des modifications consistant en un pointement double, qui conduirait à l'hexa-octaèdre, et qui constitue par conséquent le solide à 54 faces, que Haiiy a désigné sous le nom d'ennéa-hexaèdre.
J'ai également observé, sur certains des mêmes échantillons de la même provenance, d'autres cristaux de fluorine recouverts d'une pellicule ocreuse très-adhérente, qui affectent la forme du cubo-dodécaèdre.
On trouve donc, dans ce même gisement du Chuquet de Peyroubas, cinq variétés cristallines différentes, savoir :
1° L'octaèdre;
2° L'octaèdre émarginé ;
3° Le cube ;
4° L'ennéahexaèdre ;
5° Le cubo-dodécaèdre.
Le3 cubes simples ou modifiés sont parfois hyalins et incolores ; leurs teintes les plus ordinaires sont le vert pâle, le bleuâtre ; ils sont rarement violets.
On a trouvé des cubes de fluorine violette à Youx ; ce minéral servait de gangue à la galène, de concert avec de la barytine.
On observe parfois des cubes qui ont un noyau violet entouré d'une enveloppe hyaline.
Les beaux cubes de la Vernède offrent la couleur jaune (fausse topaze).
On trouve de la fluorine violette à l'état granulaire à la Roche-Cornet.
La fluorine constitue le quatrième type de dureté dans l'échelle de Mohs, sa densité varie de 3,1 à 3,2.
Ce minéral, d'après les analyses de Berzélius, contient environ 52 de calcium et 48 de fluor.
Wavelllte (alumine phosphatée).
M. Fournel a signalé cette espèce dans les mines de galène argentifère de Rosiers.
Corindon (spath adaman lin, télésie, saphir).
Ce minéral, dont la constitution chimique est représentée par de l'alumine pure, accompagnée parfois d'un peu de silice et d'oxyde de fer, a été signalé par M. Baltet, agent comptable des mines de Pontgibaud, qui en a trouvé un cristal sur le chemin de la côte d'Ànchal. (Annales scientifiques deT Auvergne ^ 1832.)
D'après la description qu'en donne M. Fournet, ce cristal était un prisme hexagonal de S mm 5 de long sur 2 mm 5 environ de diamètre, à faces striées parallèlement aux bases, présentant un éclat vif, et une teinte verte dans une partie de sa largeur, bleue aux extrémités.
M. E. Laval a rencontré le corindon en cristaux hyalins dans l'un des conglomérats trachitiques de l'un des ravins situés immédiatement derrière le village de Perrier. Cette gemme se trouve exclusivement dans une faille colorée par de l'oxyde de fer. Les cristaux, que MM. Devèze et Bouillet avaient pris
pour des cristaux de quartz bipyramidé, rayent ce dernier corps. Leur densité, d'après M. Laval, est d'environ 3,5.
Cymophanr (chrysolite orientale, chrysobéril).
La cymophane est un aluminate de glucine avec une petite quantité d'oxyde de fer ; sa couleur jaune verdâtre lui a fait donner par certains minéralogistes le nom de chrysolite.
M. Mossier père l'a trouvée dans un granit, entre Chanat cl
Ternant (Bouillet,.
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Béryl (emeraude).
Le béryl (silicate d'alumine et de glucine, avec un peu de chaux et d'oxyde de fer) a été signalé dans les conglomérats ponceux de la montagne de Terrier, à l'état de très-petits cristaux jaunes ou de poussière cristalline, accompagné de divers autres minéraux précieux, de la famille des gemmes. Peut-être n'est-ce que du sphène, dont les cristaux sont si abondants dans les trachytes et les sables provenant de la Croix-Morand? (E. Laval).
M. Launoy découvrit, en 1832, à Roure, près de l'ontgibaud, des béryls associés à des tourmalines ; M. Fournet fait mention de ce gisement. (V. la Notice sur la silice gélatineuse de Randanne). Les béryls s'y présentent en prismes hexagonaux de 2 à 3 millimètres de diamètre, ayant les mêmes caractères que ceux des environs de Limoges.
On en a rencontré aussi aux Grottes de Pranal, dans une roche quartzeuze.
Enfin, M. Rouillet (Topographie minèrulogique) cite un gisement de cette espèce dans les roches des bords de l'Allier, à Monîpeyroux, près de Coudes.
T«p«M (alumine flualée siliceuse).
Cette gemme se trouve peut-être, avec le béryl, en frag-
16 mim:u\locu.
nients roulés dans les sables des ravins de Perrier, et dans ceux de l'Allier, aux environs d'Issoire.
Hyacinthe (zircon).
L'hyacinthe, variété de zircon, qui offre presque toujours le prisme carré terminé par une pointe à quatre faces rhomboïdales posées sur les angles de la base, et dont la couleur est l'orangé brunâtre ou le brun rougeàtre, a été signalé comme accompagnant les minéraux précédents au même gisement.
Il est fréquent dans les granits de la Chaise-Dieu (Bouillet).
La composition de cette sorte de zircon, d'après Berzélius, est la suivante :
Silice
Zïrcone 07,16
M. de Laizer, dans sa Lettre sur la constitution du sol de
C Auvergne à M , parle d'un échantillon de granit ramassé
par M. Mossier père sur le haut de la chaine orientale du département, et contenant des zircons cristallisés. (Journal des Mines, an. 1808, t. XXIII.)
Péridet (chrysolite, olîvine).
Le péridot se rencontre dans les basaltes de l'Auvergne à l'état cristallisé et à l'état granulaire, états qu'on exprime par les désignalions univoques de chrysolite et à'olivine ; mais cette dernière sorle est de beaucoup plus fréquente que la première dans le déparlement.
Sa forme primitive, d'après Descloizeaux, est un prisme rhomboïdal droit de 119° 13'.
La composition de l'olivine des basaltes d'Auvergne, d'après Berthier, est représentée par les nombres suivants :
Silice 40,8
Magnésie 41,6 *
Oxyde ferreux 16,4
Dureté un peu inférieure à celle du quartz. Densité, 3,30 à 3,i4.
La chrysolite ne se trouve guère en cristaux distincts que dans le basalte de Gergovia, près du village de Merdogne (Bouillet), et dans le basanite du Puy Chopine (Lecoq et et Bouillet). Toutefois, j'ai eu occasion d'en observer de trèspetits cristaux dans celui du Puy de Marman.
Quant à l'olivine, elle est répandue dans un grand nombre de localités, au cap de Prudelles; au Puy du Bois, près de Pontaumur; au Puy de Mazeyres, près de Saint-Nectaire, etc.
Elle y forme des noyaux de grosseur très- variable, composés de grains anguleux, d'un vert jaunâtre très-clair, quelquefois hyalins. Ces noyaux atteignent parfois un poids de 25 à 30 kilogr. dans le basalte du plateau de Rantières.
En raison de la quantité assez considérable de fer qu'elle renferme, l'olivine éprouve fréquemment une sorte de décomposition et prend des tons irisés, rougeàtres ou bruns, suivant le degré d'altération ; cet effet est dù à la suroxydation du fer dans le minéral.
Ces péridots altérés, auxquels Werner a donné le nom de chusite, et de Saussure celui de limbilite, se rencontrent près d'Ardes; au Puy de Ghanat; au mont Dore, etc.
8PfMt«
Ce minéral est rare dans le département.
MM. Lecoq et Bouillet en ont trouvé dans des laves et dans des trachytes porphyriques du Puy de la Croix-Morand ou Puy Poulet, au mont Dore.
Il en existe aussi dans le granit du Puy de Cbanat.
18 M1>ËR\L0G1£
Enfin, M. Launoy, dont j'ai déjà cité le nom à l'article Béryl, en a découvert en 1832 dans lestéachiste rude de Pontgibaud, entre Pranal et Barbccot ; ces derniers sont petits et peu nets.
Ces divers gisements n'ont fourni que la sous-espèce, dite almandine.
Tourmaline (schorl électrique).
La tourmaline, dont il est difficile d'exprimer la composition par une formule simple, est, d'une manière générale, un silicate multiple, .dont les bases principales sont l'alumine et l'oxyde de fer ou de manganèse, jointes à un alcali, potasse, soude ou lithine, et quelquefois à de la magnésie ou de la chaux; elle renferme, en outre, 6 à 9 0/0 d'acide borique et 1,5 à 3 de fluor.
La tourmaline est surtout fréquente dans les terrains cristallisés anciens, tels que granits, gneiss et micaschistes; aussi la rencontre-t on en abondance dans un grand nombre de localités du département, en masses bacillaires ou fibreuses, mais très-rarement en cristaux nets et déterminables; elle présente constamment la variété noire.
Ainsi, elle se trouve dans les granits des environs de la Chaise-Dieu, dans ceux des environs de Combronde, à Palport, à Thedde, etc. ; sur les bords de l'Allier, près des villages de Parent et de Lachaud ; dans les pegmatites du hameau de Berzet ; dans les gneiss et les micaschistes d'Ariane el de Dore-l'Église ; dans le quartz d'Ebreuille, à l'état aciculaire ; dans ceux du Puy Girou, du Puy de Charade ; à Rourc, près de Pontgibaud, où elle est associée au béryl, etc., etc.
M. Bouillet (V. Topographie miner alogi que) dit que ce minéral a été observé dans les basaltes du Mont-Dore ; n'y a-t-il pas eu quelque erreur à cet égard de la part des observateurs ?
On rencontre encore de la tourmaline noire ou vert-poireau dans les sables de Perrier, avec les autres gemmes dont j'ai déjà parlé.
Cordiérite (dichroïte, iolite, saphir d'eau).
La cordiérite (silicate triple d'alumine, d'oxyde de fer et de magnésie) a été découverte par M. Launoy, en 1832, dans le basalte de la côte d'Anchal, près de Pontgibaud (V. Annales scientifiques d'Auvergne, 1832).
Cette espèce se présente, à ce gisement, sous forme de grains de 7 à 8 n,m de diamètre, d'un éclatvitreux ; couleur blcu-violàtre; poussière gris-bleuâtre ou lilas.
Très-abondamment répandu dans le département, le quartz y présente de nombreuses et intéressantes variétés, qui peuvent se ranger sous les trois chefs principaux suivants, que nous examinerons successivement :
Le quartz hyalin proprement dit ;
Le quartz agate ;
Le quartz jaspe.
1 Quartz hyalin. — Le quartz hyalin, silice cristallisée à peu près complètement pure, se rencontre en nombreux filons dans les terrains primitifs du département; il ne présente que rarement le prisme pyramidé; c'est presque toujours une seule des deux pyramides que l'on observe. Cependant, certains porphyres quartzifères offrent de petits dodécaèdres triangulaires rugueux, qu'on peut même isoler de la roche qui les contient. En outre, on trouve parfois aussi, sur la wacke bitumineuse de Pont-du-Chàteau, du quartz en prismes bipyramidés, associé à de la calcédoine guttulaire.
Le quartz hyalin, dans son état de pureté le plus grand, est incolore et porte le nom de cristal de roche; mais sa limpidité est souvent altérée par de petites quantités de matières
étrangères, oxydes métalliques ou substances organiques, qui lui communiquent des colorations très-diverses.
Ainsi, l'on trouve à Charbonnières des cristaux de quartz enfumé ou même d'un noir opaque, qui sont très-nets et offrent parfois le prisme bi pyramide.
Leur coloration parait devoir être attribuée à la présence d'une matière bitumineuse. On en trouve également à Rochcdagoux, canton de Pionsat. Cette variété porte quelquefois la dénomination de diamant cTAlençon.
Le quartz violet ou améthyste t dont la couleur est due à de l'oxyde de manganèse, a été, pendant longtemps, l'objet d'une exploitation active aux environs du Vernet, à deux lieues d'Issoire, notamment au Chéri, au Pégu, à la Rénerie, à Chàteauneuf : il y forme des filons dans le granit; les géodes d'améthyste ont généralement des teintes foncées, surtout à la pointe des cristaux.
On trouve encore l'améthyste en plusieurs autres localités, àCombronde, par exemple, où les cristaux atteignent d'assez belles dimensions, mais ne présentent pas une teinte violette homogène ; le sommet en est légèrement enfumé. On rencontre également le quartz violet aux environs de Saint-Pardoux; à la Roche-Cornet, près de Pontgibaud; près de Condat, canton de Saint-Germain PHerm, etc.
Une autre variété de quartz, le quartz laiteux, se montre à la Roche-Cornet et à Saint- Pardoux.
Enfin, le quartz offre la variété rose (rubis de Bohême) et jaune (fausse topaze) dans les localités précédemment citées, Combronde, Charbonnières, la Roche-Cornet .
Parmi les accidents curieux que présente le quartz cristalisé, il y en a un assez remarquable, qui consiste en ce qu'un peu de matière argileuse s'introduit parfois entre deux couches sucessives d'accroissement du cristal, de telle sorte que ces couches peuvent se déboiter les unes de dessus les autres; ces échantillons ainsi constitués portent le nom de quartz encapuchonné; ils sont banchâtres, opaques, et
proviennent du village de La Barre, près de Saint-Jacquesd'Ambur.
Le quartz, soit cristallisé, soit amorphe, recouvre non moins fréquemment des cristaux de fluorine octaédrique à la Roche- Cornet; on peut même l'en séparer aisément, et l'on obtient l empreinte en creux des cristaux de fluorine.
2° Quartz agate. — Cette sous-espèce, qui se distingue de la précédente en ce qu'elle n'est jamais cristallisée, de même que celle dont nous parlerons en troisième lieu, est principalement représentée dans le département par la variété gris de perle, ou gris-bleuâtre, que l'on nomme calcédoine. Cette agate existe, à l'état guttulaire ou mamelonné, sur des wackites bitumineuses ; les plus beaux morceaux proviennent de Pontdu-Château et du Puy de Croùel. On la trouve aussi au Puy de la Poix, à Gergovia, au Puy de Saint-Romain, etc.
Quant aux agates proprement dites, on n'en trouve guère qu'aux environs du Puy Girou.
M. Bouillet signale les agates herborisêes en fragments roulés dans les environs du Crest et de Veyre-Monton.
Le silex, qui ne diffère de l'agate que par une pâte moins flne et une moindre translucidité, se rencontre près de Vic-le-Comte,et au sommet du Puy de Saint-Romain, à l'état de silex pyromaque, vulgairement pierre à fusil ou pierre à briquet.
Le silex meulier s'exploite à Chavaroc, près de Mauzun ; on en trouve aussi au Puy de Mercurol, près de Laps, etc.
3° Quartz jaspe. — Le jaspe est caractérisé par sa complète opacité, même en plaques minces. Une de ses variétés est la pierre de touche (quartz lydien de Werner) que quelques minéralogistes désignent aussi sous le nom de basanite ; elle constitue assez fréquemment la matière de ces haches, vulgairement dites celtiques, que l'on trouve dans un grand nombre de localités, telles que Gergovia, Corent, le Crest, le Puy de Saint-Romain, le plateau de la Serre, etc., etc.
Opale
L'opale se distingue du quartz par une proportion d'eau variable de 3 à 12 0/0.
Elle offre, dans le département, les variétés suivantes :
Hyalite ou fiorite; concrétions globuliformes, transparentes, parfois irisées, et le plus souvent opaques, d'un blanc mat. Elle s'est trouvée sur scories volcaniques, avec quelque abondance, dans une carrière située sur la route du Mont-Dore, près du village de Royat; au Puy de Corent, au-dessus du village de Soûlasse ; sur les basaltes du cap de Prudelles ; dans les fissures de la domite, aux Puys de Dôme, de Sarcouy, et sur les trachytes de la vallée du mont Dore.
On trouve dans l'intérieur des scories pyroxéniques jaunes du Puy de Lassolas une substance fibreuse blanche, que l'on doit, d'après les observations de M. Damour, rapporter à l'hyalite. Cette substance, en effet, dégage de l'eau, quand on la chauffe dans le tube, ne fond pas à la flamme de chalumeau, se dissout dans l'acide fluorhydrique et se volatilise à l'état de fluoride silicique sans laisser de résidu ; enfin, lorsqu'on la fond avec une faible proportion de carbonate de soude, elle donne un verre transparent.
Ménilite; concrétions en forme de rognons, fréquentes a Pont-du-Chàteau, au Puy du Mur, à Gergovia, au Puy de Saint-Romain, etc.
Bois silicifiés; diverses variétés de palmiers silicifiés se rencontrent dans les environs de Vic-Ie-Comte ; à Romagnal; près de Monton, au Puy de la Piquette; à Pont-du-Château, etc.
Quartz résinite. Le quartz résinite ou pechstein présente de nombreuses variétés au point de vue des nuances; le gisement classique de celte sous-espèce est Gergovia, où l'on rencontre des quartz résinites blancs, verts, bruns, noirs, à
teinte uniforme ou mélangée ; on peut trouver dans cette localité une belle suite d'échantillons variés.
Randannite. La randannite ou silice gèlalineme a été signalée par M. Fournet d'abord à Ceyssat, sur l'ancienne voie romaine de Clermont à Limoges ; cette substance a donné les nombres suivants à l'analyse :
Rau, acide carbonique et matière organique .... lOgr. »
Sables divers trouvés par décantation » 80
Silice pore 87 20
Fer et alumine , . 2
Chaux et magnésie traces.
lOOgr. »
Ce savant géologue l'a rencontrée ensuite dans la propriété du célèbre comte de Montlosier, à Randanne, et non pas à Randan, comme divers auteurs l'ont écrit inexactement. L'examen microscopique de cette substance a montré à M. Dufrénoy qu'elle se compose de débris d'infusoircs colorés parfois par des matières végétales très-diverses.
Enfin, on trouve au mont Dore, dans les conduits qui amènent les eaux thermales, des dépôts siliceux, sous forme de rognons bruns, nuancés de noir et de blanc, à cassure unie ou de plaques présentant peu de cohésion, et très-analogues par leurs caractères aux geysérites d islande. Leur composition, d'après M. Berthier, est la suivante :
Silice 80
Oxyde de fer 4
Soude \
Carbonate de chaux. \
Eau et matière organique ... S
Orth«ae (feldspath, orthoclase).
Le feldspath proprement dit, désigné sous le nom d'orthose par Haiiy, pour rappeler l'angle droit produit par les deux clivages faciles que présente cette espèce, est très-abondant
dans le département, où on l'observe sous plusieurs variétés cristallisées ou amorphes.
Comme cristaux, l'orthose présente les formes suivantes :
PlUg' a'; PMg'a*; PM^gV; PMg'g'a'i; PMg'a^b 1 ^; PM^gV^; PMg'gVWV'b'«. (Dufrénoy).
Ces formes sont parfois simples, mais le plus souvent maclées par hémitropie, sans compter d'autres macles indéterminées.
Les gisements où l'on trouve les plus beaux individus, sont:
Un très-beau filon de porphyre verdàtre, situé sur les flancs de la montagne de Four-la-Brouque, près et au nord de Saint-Yvoine ; ce filon renferme des cristaux de teintes diverses, blanc mat, jaunâtre, rose et même rouge brique ; on les isole assez facilement de leur gangue, où parfois ils laissent une empreinte très-nette et comme polie ;
Les trachytes porphyroïdes du mont Dore, où l'on observe le feldspath vitreux (sanidine), translucide ou presque opaque, blanc ou grisâtre, fissuré et très- fragile, dont quelques minéralogistes ont fait une espèce sous le nom de ryacolite;
Les domites des Puys de Sarcouy, de Dôme, de Clierzou, Chopine, qui en contiennent de petits cristaux assez nets, d'un jaune de soufre.
Outre ces principaux gisements, il y a encore à signaler les porphyres du cordon de Thiers ; un autre porphyre, qu'on trouve près de l'Allier, à environ 6 kilom. de Coudes, sur la route d'Issoire, et dont les cristaux, d'ailleurs assez adhérents à la pâte, sont formés d'une enveloppe rose, et d'un noyau intérieur, moins dur, d'un jaune citron ; le trapp du Puy Chopine ; un grand nombre de granits porphyroïdes 'facilement décomposables par les agents atmosphériques ; à Saint-Ours, notamment près du bois de la Fronde, il existe un granit porphyroïde dont l'orthose fournit des cristaux de 5 à 10 cent, de longueur (1); les scories volcaniques de Gravenoire et de
I) J« dois e+He indication a mon ami, M. F. Reissac.
plusieurs autre puys volcaniques, où l'orthose se montre sous la variété limpide qu'on nomme adulaire; il paraît accompagné d'un peu de chlorite?
L'orthose laminaire existe près de Chadieu, sur les bords de l'Allier, dans un granit.
M. Berthier a donné l'analyse suivante de l'orthose vitreux du Mont-Dore :
Sa dureté est exprimée par le nombre 6. Densité 2,618.
Une sous-espèce intéressante de l'orthose, le kaolin ou feldspath terreux, est assez peu commun dans le département ; il n'y constitue que de petits filons inexploitables industriellement, tels qu'à Tournoël, près de Riom; sur les flancs de la montagne de Prudelles, etc.
Roches feldspathiques dépendant de Corthose. Parmi ces minéraux ou roches, il faut mentionner :
Le pétrosilex, ou feldspath compact de Haûy, dont le phonolile ou feldspath sonore (klingstein des Allemands) est une variété, et qui forme la Roche Tuillière, la Roche Sanadoire, et plusieurs autres pics de la vallée du mont Dore ;
Le perlite, ou obsidienne perlaire, que renferme le tuf ponceux des environs de Murat-le-Quaire, et qui s'y trouve en petits grains brunâtres, translucides, à éclat vitreux ;
Enfin, la ponce ou obsidienne scori forme de Haûy, fréquente au mont Dore, près de Saint-Nectaire, à la montagne de Perrier, etc., et qui se retrouve près d'Orcet et au Puy de Monton.
Alblte (schorl blanc, Cleavelandile).
Ce feldspath forme la pâte même des trachytes du mont
Silice. .
Alumine.
Potasse.
Soude. .
Magnésie
Dore, et des domites, qui ne sont autre chose que des trachytes altérés (Rozet) ; mais il ne s'y rencontre pas en cristaux.
Labradorite (Labrador, feldspath opalin).
Associé au pyroxène augite, le labradorite forme la majeure partie de la masse des basaltes et des laves anciennes ; mais, pas plus que -le feldspath précédent, on ne le trouve en cristaux ou même en échantillons lamellaires.
SauMurlte (Jade de Saussure, feldspath tenace).
On a trouvé, et on trouve encore assez fréquemment ce minéral sous forme de hache, usage auquel il est éminemment propre par sa dureté et sa grande ténacité. Les localités sont celles déjà indiquées à l'article quartz-jaspe.
En place, on ne l'a guère observé, si ce n'est uni à la Smaragdile, à Saint-Eloy près de Montaigut ; et à Blot-l'Église, près de Menât.
Cette dernière observation est due à MM. Cocq, de Laizer et Mossier. (Voyage à la Bouiche (Allier.)
Hafiyne (latialite).
Ce minéral, dont le nom rappelle celui du fondateur de la cristallographie, existe avec quelque abondance dans le phonolile de la Roche Sanadoire, sous la forme de petits grains bleu de ciel, transparents ou translucides, offrant un éclat vitreux et une cassure conchoïdale.
Ils sont un peu moins durs que l'orthose, mais rayent facilement l'apalite. Densité 2,43 à 2,83. Soluble en gelée dans les acides.
L'Haûyne est remarquable par sa composition chimique ; sa substance est formée d'un silicate à base multiple, associé à un sulfate de potasse, de soude et de chaux.
Outre le gisement précité, on la rencontre aussi à la Roche Tuillière, et dans le pétrosilex de plusieurs autres puys de la vallée du mont Dore.
Elle se trouve également dans un phonolite de transport, au plateau d'Orcet, près des Martres-de-Veyre (1).
L'Haùyne a été découverte en Auvergne par le marquis de Laizer, au mois de juillet 1807, et prise d'abord pour un corindon bleu (saphir) analogue à ceux du Riou-Pezzouliou, près le Puy-en-Velay. (V. le mémoire de Gillet-Laumont, Annales des Mines, 1808, t. XXIH.)
Outremer (lazulite, lapis-lazuli, zéolite bleue).
L'outremer, dont les gisements connus, au lac Baîkal, en Sibérie, au Chili, etc., sontformés par des calcaires lamelleux ou saccharoïdes, a été, parait-il, observé une fois dans le basalte de Montrognon, près de Gergovia, par M. Mossierpère. (Topoçpmphic minéralotjiqHe de Bouillet.)
Analeime (aéolito dure, zéolite cubique en partit')-
Découverte par Dolomieu, et décrite par Haiïy qui l'a érigée en espèce.
On la trouve dans le basalte du Puy de Marman, et de la Tour-de-Boulade; dans le phonolite de la Roche Tuillière, au mont Dore.
Ce minéral, assez rare d'ailleurs à ces divers gisements, se présente sous l'aspect de petits cristaux blanchâtres, brillants, et même nacrés, qui tapissent les fissures ou les vacuoles de la roche qui les renferme. Ils semblent parfois avoir éprouvé une altération analogue à celle que subit la variété d'apophyllite, désignée sous le nom d'a/6m, et sont alors d'un blanc mat. Leur cassure est vitreuse dans le premier cas, mate dans le second.
'I) Je dois celle indication à M. 1-ïuilhoux nère.
28 M1NÉRAL0GIB
Ces cristaux sont des trapézoèdres ou leucitoèdres. Leur dureté est à peu près celle de la mésotype, c'est-à-dire 5,5. Densité 2,21 à 2,29.
L'analcime est, comme la inésotype, un silicate double d'alumine et de soude, avec une certaine quantité d'eau. Elle est facilement attaquable par les acides; fusible avec bouillonnement, et donne un verre transparent au chalumeau.
ChabMle (zéolite cubique en partie).
Cette espèce, très-rare dans le département, est mentionnée par M. Bouillet comme se trouvant au Puy de Montaudou. L'abbé Lacoste, dans ses Observations sur les volcans d'Auvergne, l'indique également à celte localité ; puis, dans un errata, remplace le mot chabasie par celui de stilbite.
D'après le premier auteur, on la rencontre encore à Gergovia, dans le basalte décomposé de l'est-sud-est, près du sommet.
Outre ces deux gisements, j'ai rencontré, au mois d'août 1869, de la chabasie sur des cristaux de mésotype altérée du Puy de Marman ; je dois la détermination de ces cristaux, fort petits d'ailleurs, à l'obligeance de M. Pisani ; ce sont des macles incolores, translucides, qui forment comme un petit semis sur la mésolype, aux dépens de laquelle ils ont peutêtre pris naissance,
Ifl^Motype (zéolite, zéolite rayonnée).
La mésotype, que Cronsledt, qui le premier l'a signalée, avait désignée sous le nom de zéolite, et à laquelle Werner ajouta l'épithètc de radiée ou de rayonnée, à cause d'une disposition fréquente de ces cristaux, se rencontre dans le département en d'assez nombreuses localités; mais les plus beaux échantillons se présentent surtout dans les trois suivantes : au Puy de Marman, près de Veyre-Monton ; à la Tour
de-Boulade, à l'est d'issoire ; et, enfin, au Puy de la Piquette, au nord-ouest de Monton.
Aux deux premiers gisements elle existe, soit en géodes dans le basalte, soit en rognons fibreux ou môme en petits filons dans le tuf; dans le dernier, on la trouve au sein de calcaires siliceux, qui forment des masses empâtées dans un tuf analogue à ceux de Marman et de la Tour-de-BouIade.
Il faut citer aussi, dans ce tuf, un bois charbonné, dont l'écorce est remplacée par de la mésotype, sous forme de petits cristaux radiés ; cette zéolite pénètre aussi le bois d'une manière intime. (V. l'ouvrage de M. Dclesse, Études sur le métamorphisme des roches, p. 66 et 67.)
Les cristaux, dont les plus volumineux n'ont guère plus de A à 5 millimètres de côté, sont ordinairement incolores ou blancs; mais ils présentent parfois une teinte légèrement rosée ; quelquefois aussi ils sont salis par un peu de rouille. Ils sont d'ailleurs d'autant plus nets que la roche où ils sont est plus saine et plus compacte. Ainsi les plus belles géodes provenant du Puy de Marman (voir notamment la belle et riche collection de M. Lecoq) se sont trouvées là, où le basalte est massif, du côté des Martres ; et la partie du Puy située à gauche, en montant de la caserne de gendarmerie, au-dessus de Veyre, qui n'offre qu'un basalte friable, s'égrenant d'année en année, sous l'influence des agents atmosphériques, en un sable fin, ne présente fréquemment aussi que des géodes de mésotype, atteintes d'une sorte de pourriture, et dont les cristaux se séparent les uns des autres au moindre effort.
La cassure des cristaux de mésotype est conchoïdale; ils se clivent facilement suivant la direction des faces longitudinales.
Les formes cristallines observées, qui dérivent d'un prisme rhomboïdal droit de 91°, sont peu nombreuses et se réduisent à trois :
Mb'; Mh'b'; Mh'b'i.
De ces variétés, la dernière est très-rare, et n'est citée
par Dufrénoy que sur l'autorité de Léwy; la seconde parait être spéciale au gisement de laTour-de-Boulade ou de Parcntignat; du moins, parmi le très-petit nombre de cristaux de cette forme que j'ai pu voir, notamment à FÉcole des mines, chez M. Lecoq et dans quelques rares collections particulières, les échantillons étaient étiquetés comme provenant de l'une ou de l'autre de ces localités.
La mésotype raye le calcaire ; sa dureté est donc supérieure à 5. Densité, de 2,17, à 2,27. Au chalumeau, elle est fusible, avec bouillonnement, en une masse spongieuse ; elle est soluble en gelée dans les acides. C'est un silicate d'alumine et de soude, avec une certaine quantité d'eau; sa composition, d'après Fuchs, est la suivante :
Silice *8,17
Alumine. 26 » îit
Soude 16 ' 12
Chaux 0>* 7
Eau 0.13
Outre les principaux gisements de mésotype, dont j'ai parlé plus haut, on en a trouvé également à Gergovia, au Broc, à Àrdcs, à Chanturgues, aux Côtes, dans le basalte du château de Murol, dans celui des ruines de Buron. Elle se montre encore dans les porcs des laves du Puy de Côme et du Puy de Louchadières (Bouillet).
(L'abbé Lacoste l'a signalée à Charade?)
Des associatiom de la mésotype. La mésotype se trouve parfois associée à l'analcirae au Puy de Marman.
Au Puy de la Piquette, elle est fréquemment réunie à de petits cristaux octaédriques d'apophyllile incolore ou blanche.
J'ai eu occasion de constater, en août 1869, au Puy de Marman, une association de la mésotype avec de petits cristaux dodécaédriques très-nets, que M. Pisani, auquel j'en remis un échantillon, a reconnus pour être la phillipsite de Léwy (christianile de Descloizeaux).
Cet habile chimiste a observé aussi sur d'autres échantillons de mésotype, de la même localité, de très-petits cristaux de chabasie maclée, dont j'ai déjà fait mention.
Enfin, on rencontre la mésotype associée à l'aragonite au même Puy de Marman ; l'arragonite fibreuse, formée après coup, empâte et recouvre les cristaux de mésolype.
La scolésite, dont le nom, qui signifie cheveux, indique la manière d'être habituelle, existe en masses capillaires ou aciculaires radiées, constituant des nodules dans les tufs basaltiques du Puy de Marman, à la Tour-de-Boulade et de plusieurs autres localités, déjà indiquées à l'article précédent. Je l'aj rencontrée notamment au sommet de la seconde de ces montagnes.
Cette espèce se distingue encore de la mésolype, outre le caractère précité, par un éclat vitreux très-vif, et parla propriété de devenir électrique que lui communique la chaleur.
Elle cristallise suivant un prisme rhomboïdal oblique de 91° 22'. De plus, sa composition diffère de celle de la mésotype, en ce que la soude de cette dernière espèce y est remplacée par une quantité équivalente de chaux, comme l'indique l'analyse suivante due à Guillemin :
Silice 49,0
Alumine 26,y
Chaux 18,3
M. Dnfrcnoy fait remarquer que la scolésite d'Auvergne contient moins d'eau que celle de Staffa, d'Islande, de Féroé, etc., et, sous ce rapport, se rapproche de la mésotype.
D'ailleurs, à très-peu près, même dureté et même densité que la mésolype.
Pkllllpaite (christianite).
Comme je l'ai indiqué à l'article mésotype, j'ai rencontré; en août 1869, et signalé pour la première fois, sur certains échantillons altérés de cette dernière espèce provenant du Puy de Marman, l'existence de petits cristaux très-nets, à faces miroitantes, translucides, groupés les uns contre les autres, et adhérents aux cristaux de mésotype ; ils présentent un sommet à quatre faces losanges, qui les fait prendre au premier abord pour des dodécaèdres rhomboïdaux.
Ces cristaux, dont la formation sur la mésotype a quelque analogie avec celle des cristaux observés par M. Daubrée dans le béton des anciennes maçonneries romaines des bains de Plombières, appartiennent à la phillipsite, variété de christîanite, qui, d'après Marignac, est constituée par un silicate triple d'alumine , de potasse et de chaux , avec 15 0/0 d'eau d'environ. Dureté de l'espèce 4,5. Densité 2,17 à 2,20.
Stllbftte (zéolite nacrée, zéolile lamelleuse en partie, Desraine).
Cette zéolite est citée comme ayant été observée au Puy de Montaudou par l'abbé Lacoste (Observations sur les volcam de l'Auvergne, p. 162.)
M. Bouillet la mentionne dans les basaltes du mont Dore, du Puy de Marman, de Gergovia et de Charade. Elle y est fort rare.
Apopbyllite (Ichthyophthalme, tessélile, mésotype épointéc).
L'apophyllite est un silicate de chaux contenant environ 6 0/0 de potasse et 16 0/0 d'eau. Elle présente une cassure inégale. Dureté 4,5 à 5. Densité de 2,33 à 2,39.
La forme primitive de minéral, qui est un prisme à
base carrée, parait avoir été observée sur le versant méridional de la montagne de la Tour-de-Boulade ; M. Bouillet la cite sous le nom de mésotype, de la variété épointée, qu'ont porté longtemps les échantillons d'apophyllite d'Islande.
Dans les rognons de calcaire siliceux, empâtés par le tuf basaltique du Puy de la Piquette, on rencontre l'apophyllite en petits cristaux limpides ou blanchâtres, affectant la forme d'octaèdres à base carrée, simples ou modifiés par les faces de la base du prisme.
Ces cristaux, dont la grosseur ne dépasse guère 3 à 4 millimètres, sont tantôt seuls, tantôt associés à de la mésotype en aiguilles fines. Ils ont été signalés par M. Dufrénoy, dans son Traité de minéralogie , comme appartenant à un gisement, remarquable par son peu d'ancienneté, et dont on doit la connaissance à M. de Laizer. (V. la notice de M. Dufrénoy, Annales des mines, 3 U série, t. IX.)
Mon ami, M. A. Julien, m'a fait remarquer, en 1866, dans le tuf du Puy de la Poix, des cristaux blancs, opaques, octaédriques , paraissant appartenir également à cette même espèce, et présentant de l'analogie avec ceux du Puy de la Piquette.
Flhrollte
Ce minéral, qui a été pris jusqu'ici pour de la grammalile, doit être, d'après les observations de M. Damour, observations que ce savant minéralogiste a eu la bonté de me communiquer, doit être, dis-je, rapporté à la tibrolile, silicate anhydre d'alumine, qui est une variété de sillimanite, espèce voisine du disthène.
La fibrolite, que l'on trouve à Saint-Ours, près de Pontgibaud, et près du village de Villelongue (l), en petits filons dans
(1) Je dois cette observation à M. F. Beissac.
34 MINKRALOGIE
un gneiss schisteux, est blanche, plus ou moins salie par de l'oxyde ou de l'hydrate de fer; elle diffère essentiellement de la grammatile ou trémolile (amphibole blanche), en ce qu'elle est complètement infusible au chalumeau, tandis que cette dernière espèce ne Test pas ; elle en diffère aussi par sa ténacité, propriété qui Ta fait souvent adopter par les hommes de l'âge de la pierre polie, pour la fabrication de leurs haches.
La densité de la Obrolite de Saint-Ours est de 3,14, tandis que celle de la grammatite varie entre 2,90 et 3 au plus.
Outre le gisement de Saint-Ours, la fibrolite parait se trouver assez abondamment à l'état de galets roulés dans le département du Puy-de-Dôme et dans celui de la Haute-Loire, et se montre parfois associée à une substance rose pâle , que M. Damour a fait connaître pour de Pandalousite.
8t«ur«tide (scborl cruciforme, pierre de croix, croisette).
A peut-être été trouvée par M. Mossier père dans les parties non chauffées du Puy de Chanat.
Epldete (schorl vert).
Parait se trouver dans les syénites des bords du lac d'Aydat (Bouillet).
Acttuote (schorl vert, amphibole verte).
Trouvée par MM. Cocq, Mossier père et de Laizer père, près de Siinl-IIilaire-la-Croix, canton de Combronde. {Voyage à la Bmiiche. — V. le Journal des mines, 1806, t. XIX.;
A clé observée dans un gneiss ( ? ) par l'abbé Lacoste.
Hornblende (basaltine, amphibole noire).
La hornblende est abondante dans le département; elle est commune dans les roches primitives non moins que dans les basaltes et les laves. Pourtant les beaux cristaux y sont rares.
J'ai trouvé chez M. H. Fouilhoux des échantillons d'un tiachyte compacte provenant du mont L>ore, et recouverts de petits cristaux noirs ou brunâtres, très-nets d'ailleurs, et à faces brillantes; à l'examen que j'en ai fait, j'ai reconnu la hornblende, détermination confirmée depuis par M. Pisani.
Un autre trachyte, à vacuoles nombreuses, de la même provenance, renferme de nombreuses aiguilles brunes d'hornblende associées à de petits cristaux d'une variété d'orthose ( Damour).
Nota. — Ces aiguilles brunes ont été parfois prises pour de l'idocrase.
On trouve aisément au Puy de Corent des cristaux assez gros de hornblende, et de la forme PMg'b 4 (dodécaèdre d'Haùy); mais les angles en sont émoussés, et ils sont recouverts de rouille; ils ont subi déjà, superficiellement du moins, cette kaolinisalion dont parle H. Descloizeaux (v. Manuel de Minéralogie, p. 89), et qui consiste en la transformation de leur oxyde ferreux en peroxyde de fer hydraté ; la cassure en est fréquemment irisée.
I/amphihole noire existe encore dans les laves du Puy de Montchié, dans les domites de Clierzou, dans les phonolites de la Hoche Sanadoire et de la Roche Tuiliière, etc.
Auglte (pyroxène des volcans).
L'augite, la variété la plus importante, au point de vue géognostique, de l'ancienne espèce pyroxène d'Haûy, est trèsrépandue dans le département, soit à l'état libre, en cristaux ou en masses cristallines, soit à l'état de mélange avec diver s autres éléments minéraux feldspalhiques, pour former les
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laves, les basaltes et les dolérites, de même que les diorites pyroxéniques et les mélaphyres, dont il est le principe dominant, et auxquels il communique sa couleur.
C'est surtout au Puy de la Rodde, près du lac d'Aydal, que Ton trouve abondamment, après la pluie, des cristaux trèsnets d'augite, disséminés dans la pouzzolane, ou adhérents aux scories. Beaucoup de ces cristaux sont rugueux et couverts de rouille, paraissant avoir ainsi subi une altération analogue à celle dont j'ai parlé précédemment pour la hornblende,
Les formes cristallines observées sont peu nombreuses; elles se réduisent aux suivantes : MhV (bisunitaire d'Haùy), M^g'e' ( trisunitaire),et les mêmes maclées par hémitropie. La seconde, d'ailleurs, est de beaucoup plus fréquente que la première.
Le pyroxène augitc existe aussi dans beaucoup d'autres localités, telles que le Puy dcChanat; le Pny d'Auzcl, près d'Olloix ; le Chuquet Genestoux, etc.
Cette espèce ressemble beaucoup, quand elle n'est pas cristallisée, à la hornblende, et possède à peu près même densité, soit 3 à 3,4; sa dureté, néanmoins un peu plus grande, est exprimée par le nombre 6.
Une sous-variété assez curieuse de l'augite, et dont on doit la connaissance à M. Fouilhoux le père (V. Vues et coupes de Lecoq et Bouillet, p. 110), est l'augite jaune ou blancjaunàtre, qui se rencontre au Puy de Lassolas. Ce minéral doit cette couleur toute accidentelle à l'action de vapeurs acides, qui se sont produites sur certains points de ce puy, comme sur d'autres, du Puy de la Vache, qui en est voisin. Les cristaux, qui sont très-petits, copient exactement les formes de l'augite noir du Puy de la Rodde.
Sniuragdlte (diallage verle).
La smaragdite ou diallage verte d'Haûy est un minéral vert,
isomorphe avec l'amphibole, et présentant à peu près la même densité, mais une dureté moindre.
D'après un mémoire précédemment cité à l'article actinole, de MM. Cocq, Mossier père et Laizer père, on le trouve aux environs de Montaigut, dans deux localités, à Saint- Eloy, et aux Baraques de Gournay.
M. Douillet le mentionne encore dans le tuf vcrdàtre de Pont-du-Chàteau, et dans le pétrosilex entre Berzet et Saint- Genès-Champanelle.
Ce minéral, dont la composition complexe et, déplus, trèsvariablc, ne peut guère se représenter par une formule simple, existe abondamment, et sous des couleurs très-variées, dans les granits, les pegmaliles, les trachytes et les domiles, que présentent les terrains primitifs ou volcaniques du département.
Les plus beaux échantillons se trouvent principalement dans les pegmalitcs de Berzet, près de Saint-Genès-Champanelle, où cette espèce, en grandes lames, est associée à une belle tourmaline noire bacillaire, dont j'ai déjà parlé.
Quant au mica des granits, des trachytes et des domites, il y existe ordinairement sous la forme de petites lames hexagonales, ou même parfois de petits prismes facilement clivablcs suivant des directions parallèles ù leur base.
Tmâm.
Le talc (silicate de magnésie hydraté) est un minéral remarquable par son peu de dureté; il constitue, à l'état cristallin, le premier degré de l'échelle deMohs ; il est très-onctueux au toucher. Cette espèce a été rarement observée dans le département; ellc'parait toutefois exister à l'état de petits feuillets agglomérés près de Montaigut, et sur les bords de la Sioule, au-dessous de Pontgibaud.
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Dans cette dernière localité, elle se présente en lamelles argentines analogues à du mica. (Lecoq et Bouillet).
La pierre ollaire, qui, en général, offre un mélange de talc, de chlorile, de mica et d'asbeste, existe en amas, dans le voisinage de la première des deux localités que je viens de citer, en un endroit qu'on nomme les Baraques deGournay; et, dans celui de la seconde, en petites veines au milieu d'une roche talqueuse. Tendre et tenace, cette espèce se tourne facilement (V. le Voyage à la B Atiche), et a souvent servi à la confection de poêles résistant bien au feu.
Outre cette variété de talc, on en observe encore une autre, la variété compacte, connue sous le nom de stéatite, d'un mot grec qui signifie suif; cette désignation indique parfaitement quel est l'aspect de ce minéral. 11 existe à Gergovia, dans un basalte compacte, qu'on trouve en descendant au village de Mcrdogne; il se trouve également sur le versant méridional du Puy de Corent.
Serpentine.
Douce au toucher, comme la stéatite, mais non savonneuse toutefois, la serpentine, qui passe souvent à la pierre ollaire, peut, comme celte dernière, être travaillée au tour.
On ne rencontre dans le département que la serpentine commune, d'un vert noirâtre, dont l'aspect rappelle celui de la peau du reptile auquel elle doit son nom.
Ainsi que le laïc et la pierre ollaire, dont sa composition la rapproche d'ailleurs beaucoup, la serpentine existe aux Baraques de Gournay, près de Monlaigut, à 200 mètres de la roule ;clle se trouve aussi au-dessous de Pontgibaud, près des mines de Barbecol.
Enfin, M. Bouillet la cite dans le calcaire lamellaire du Mas, hameau voisin de Messeix, canton de Bourg-Lastic.
Chlorlte (talc cblorite).
Celte espèce avait été réunie par Haùy au talc, et en a été depuis séparée; elle est formée d'un silicate hydraté d'alumine et de magnésie, avec remplacement d'une partie de Tune ou de l'autre de ces bases par du protoxyde ou par du peroxyde de fer.
On la trouve ordinairement dans les déjections volcaniques de Gravenoire, accompagnant et recouvrant l'adulaire, auquel elle donne une coloration verdàtre.
Elle se montre dans une protogyne rougeàtre des environs d'Issoire, et dans quelques calcaires des bords de l'Allier, près de Pont-du-Chàteau.
Pinite.
La pinite, qui tire son nom du Pini-Stollen, près Aile (Saxe), est un minéral qu'on trouve presque constamment cristallisé, et dont les formes cristallines se rapprochent beaucoup do celle de la cordiérite; aussi est-il rangé par certains minéralogistes à la suite de celte espèce, comme n'en étant qu'une vraiété altérée.
Ce minéral a été découvert en Auvergne par M. Cocq. (V. le Journal des Mines, an XIII, t. XVII.)
La forme habituelle de la pinite d'Auvergne, qui dérive dti prisme rhomboïdal droit (Descloizeaux), est le prisme à base dodécagonale, mh'g^'p, qui se montre d'ailleurs rarement simple ; le plus souvent les cristaux offrent des macles à axes parallèles; on rencontre aussi, quoique moins fréquemment, des macles à angle droit.
Les prismes de pinite présentent quelquefois des modifications sur les arêtes de la base. M. Descloizeaux, dans I atlas de son Manuel de minéralogie, en a figuré un beau cristal, probablement de Saint-Pardoux, sur lequel il a observé l'ensemble des facettes suivantes (je reproduis ses notations) ;
mh ! g , g , pa n e , e'*b , b , *x; mais les cristaux de pinite n'offrent guère communément, sur les arêtes de la base, que les facettes e'* et b'*.
Ce minéral est d'un gris plus ou moins clair, parfois noirâtre ; sa cassure est inégale, et offre un éclat gras. Sa dureté est faible, et varie de 2 à 3 : sa densité est représentée par le nombre 2,74.
D'après les résultats très-rapprochés de Rammelsberget de Marignac, la composition de la pinite est la suivante :
d'après rammelsberg d'après de marignac
(pinite deSaint-Pardoux) (pas de désignation spéciale)
Silice .... 48,92 47,80
Alumine . . . 32,20 31,80
Oxyde de fer . . 3,49 3,92
Potasse .... 9,14 9,03
Soude M'n. ... 0,11 1,78
Magnésie .... 1,30 »
Chaux 0,51 0,92
F.au 4,27 5,03
Dans sa Topographie minéralogiquc, M. Bouillet cite une analyse de la pinite de Saint-Pardoux, duc à Gmelin, qui est très-notablement différente des deux précédentes.