flaaiormlème MialèTeBieiit) systèMie de Corse. — Ici
l'accident arrivé à notre planète n'est plus toujours marqué, comme dans les autres systèmes, par un relèvement des couches qui s'étaient formées sous les eaux après le soulèvement précédent, car le calcaire parisien, qu'on devrait alors trouver, a manqué complètement dans les lieux où la nouvelle catastrophe s'est manifestée. L'absence de ce dépôt signifie que le sol avait été élevé, sur toute l'Europe, audessus des mers ; mais comme l'observation nous montre que dans ces lieux mêmes, il s'est fait depuis d'autres dépôts marins qui se rapportent aux terrains de molasse, § 289 , il en faut conclure que ce qui se trouvait élevé d'abord au-dessus des eaux marines s'est nécessairement affaissé au-dessous en un certain moment. C'est ce qui a dû arriver, en effet, à une partie du bassin de Paris, à la Touraine , à la plus grande partie de la Gascogne, à toute la Suisse, à la vallée du Rhône depuis Lyon jusqu'à la mer, aussi bien qu'à plusieurs parties de l'Italie, de la Corse et de la Sardaigne, qui, ne renfermant pas de calcaire parisien, doivent avoir été portées audessus des eaux par le soulèvement pyrénéen, et ont dû s'affaisser ensuite pour recevoir le dépôt de molasse qui s'y trouve. C'est là ce qui caractérise en général le système qui nous occupe.
Le système de Corse, ♦♦♦4.4.*, se manifeste néanmoins aussi par des soulèvements et des démembrements qui ont donné la dernière forme aux montagnes qui s'élèvent entre les vallées de la Saône, de la Loire et de l'Allier, § 332, se dirigeant du nord au sud. Tous les dépôts secondaires sont dérangés dans ces contrées, et autour d'eux se sont formées des couches de molasse , qui comprennent les dépôts d'eau douce de l'Auvergne et de la Loire. C'est sur la direction de ce mouvement du sol que se sont placés plus tard tous les cônes volcaniques de la chaîne des Puys, § <78.
On retrouve des traces du système de Corse dans les montagnes qui lient les Alpes au Jura, malgré les démembrements que la calastrophe suivante a pu opérer. II existe aussi un grand nombre de chaînes sur la même direction dans la partie orientale et méridionale de l'Europe : en Toscane, dans les États de l'Église, dans l'Istrie, dans l'Albanie, dans la Grèce, etc. Les îles de Corse et de Sardaigne sont aussi allongées du nord au sud, et présentent également sur leurs côtes des dépôts tertiaires, en couches horizontales, qui sont du même âge que ceux qui se trouvent dans tous les lieux de la France que nous avons cités.
§ 348. ^uloslème soulèTenieiit, système dés Alpes .oceldenteies. — Si l'on aperçoit au milieu des Alpes de la Suisse, de la Savoie et du Dauphiné les traces des divers accidents qui ont eu lieu
EPOQUES HELAriVES BKS SOULEVEMENTS. 303
depuis l'époque dessoulëvements de laCote-d'Or, % Sii, il n'est pas moÏDs clair que le relief actuel date d'une époque bien pins récente. fEd effet, les couches du terrain de molasse, qui ne se sont formées sous les eaux qu'après le système précédent, se trouvent elles-mêmes maintenant relevées, flg. 373, et quelquefois à de grandes hau- ,jïfSo-i™,nm(,.!,s/i™edfjj(p,.o™id«noto. teurs, aussi bien que les dé- :|iôls jurassiques et les deux formations crétacées; les seulea couches iiiorizontales sont celles des terrains subapennins, représentés en jprance par les dépôts lacustres de la Bresse, du bas Dauphiné et de 'h Provence, § 39i. Ainsi, ces montagnes qui renferment les plus hautes cimes de l'Europe n'ont paru, telles qu'elles sont à la surftce du glohe, qu'après le second des dépôts tertiaires. Les matières qui ont alors crevé la croûte terrestre sont les espèces de granités qui constituent le monl Sianc, le mont Rose, une multitude d'Ilots qu'on rencontre de toutes parts, et autour desquels les terrains tertiaires, les terrains crétacés et les terrains jurassiques se trouvent tous relevés. Ces granités , qu'on avait nommés pmtagyne, à une époque peu avancée de la science , oïl ils avaient été regardés comme de la plus haute antiquité, se sont dès lors montrés à une époque postérieure même à la meulière coquillière des environs de Paris.
Non-seulement le soulèvemonl des Alpes occidentales, - — , a déterminé les hautes chaînes de la Savoie et du Dauphiné, mais il s'est en outre étendu* fort loin en Europe, au nord comme au midi ; d'un côté , la Nouvelle-Zemble et la presqu'île Scandinave en sont affectées; de l'autre, il se présente dans une série d'accidents de dislocation qui se continuent depuis Narbonne jusqu'en Catalogne, en déterminant la position de toute la côte méditerranéenne de l'Espagne ; plus haut même, les montagnes de l'empire de Maroc sont dans la même direction et dans les mêmes circonstances , aussi bien que celles de la régence de Tunis, qui constituent une chaîne iparellële à l'autre extrémité de l'Atlas, dontloules leschaines trans- Virerses appartiennent d'ailleurs à la même époque.
g3i9.8elBlè>ne|M>ulèi'Mneiit, Bjatèine dca itlpea prlaclpBlea. .<— La nouvelle catastrophe , — —— , dont nous allons parler est ■telle qui semble avoir déterminé la plus grande partie du relief UNStuel du continent européen. Les dépôld lacustres formés au pied des àipes occidentales, après leur apparition, sont eu.t-mémes disloqués, Mil n'y a plus que le diluvium, §301, qui soit partout étcndi
tour de ce double groupe en couches horizontales. Ce soulèvement se trouve en relation avec l'apparition des méiaphyres, § 499 à 202, de diverses variétés, des siénites, des euphotides et des serpentines qui ont redressé les dépôts tertiaires du Piémont et de la Provence, en même temps que les roches granitoïdes qui constituent les sommets les plus élevés de la chaîne principale des Alpes, au pied desquelles on les trouve dans un grand nombre de lieux.
Toutes les montagnes , qui s'étendent du Valais et du Saiot-Gothard jusqu'en Autriche, ont non-seulement surgi dans celte catastrophe, mais encore la plus grande partie du sol de l'Europe a participé au mouvement. En effet, la surface de ce continent s'élève souvent en pente douce vers les lignes de faîte de cette grande chaîne; c'est ainsi que les plaines de la Bavière s'élèvent lentement vers le sud un peu est , et celles de la Lombardle en sens inverse. Dans l'intérieur de la France, on voit, dans le midi , les terrains tertiaires s'élever du sud vers le nord, des bords de la Méditerranée à Saint- Vallier, et au delà la pente est en sens contraire. Des bords de la Loire, le sol s'élève doucement d'un côté vers le nord-nordouest , et de l'autre vers le sud-sud-est jusque dans les vallées de l'Auvergne. Au pied des Pyrénées, les ophites, ainsi que les gypses et les masses salifères qui s'y rattachent, § i99 , forment une bande dont la direction est parallèle à la chaîne principale des Alpes, et rappellent la présence et les effets des serpentines de la vallée d'Aoste. A la montagne Noire la dernière forme, les derniers exhaussements qui ont déterminé une énorme falaise , ont été produits à cette époque, puisque les derniers dépôts tertiaires y ont participé. Enfin, la même direction se prolonge en Espagne, dans les lignes de faîte et les grands cours d'eau de cette contrée.
§350. i>tx.-septtèiiie soutèTement ^ système du Téiiare. ^ Nous voici enfin à la plus récente des catastrophes qu'on ait pu jusqu'ici classer en Europe. Elle a eu lieu aune époque où nos mers étaient uniquement peuplées par les êtres qui y vivent encore aujourd'hui, et peut-être depuis que l'homme a paru sur la terre, § 301 . Après les dépôts de diluvium qui entourent les Alpes principales de couches horizontales, il s'est fait des dislocations sur le sol de la Toscane, parallèlement à un grand cercle dirigé à peu près nord-ouest. Les dépôts soulevés à ce moment ne renferment plus que des coquilles exactement semblables à celles de nos mers, comme les tufs ponceux des champs phlégréens, de la Somma, de l'île d'Ischia, etc. Mais il y a plus, les dépôts sédimentaires delà Sardaigne, où M. de La Marmora a signalé les débris d'une industrie naissante, § 452 et 320 , paraissent aussi avoir participé au mouve-
ÉPOOUES RELATIVES DES SOl'LBVBME.MS. 305
C[ui , dés lors , serait d'une époque extrêmement moderne , :jnent à toutes celles dont noua avons jusqu'à préseul
C'estau soulèvement du Ténure qu'on doit rapporter l'apparition de la Somma, du Stromboli , de l'Etna , qui tous auraient été démantelés s'ils avaient existé avant la catastroplie des Alpes principales , par laquelle tant de ravages ont été produits dans toutes les directions. Les volcans del'Âuvei^ne etdu Vivaraia, quisoniencore si frais , datent peut-être aussi du même moment, et leurs éjecdons auraient seulement suivi les anciennes fractures des soulëvemenEs précédents, % 3i7. Il n'en est pas de mèmedes anciens dépâts basaltiques qui de ces contrées s'étendent dans tout le midi de la France, § 480 à 188; tout porte à croire qu'ils se sont formés antérieurement ftt qu'ils ont été démantelés , morcelés de toutes les manières par Va
(Beizième catastrophe.
Ce système de soulèvement dont on distingue des traces, dans la Provence, près de Nice, dans la Sardaigne et en Sicile, dans les champs phlégréens, est parallèle au système moderne que KM. Boblaye etVirlct ont signalé à la pointe méridionale de la Morée et qu'ils ont nommé système du Ténaro , parce qu'il aboutit au cap de ce nom.
$ 351. Eilciulon dea «yatèmea aur loat le (labe. — Puisque dans l'Europe , la seule partie du monde suffisamment connue, les divers chaînons de même direction, qui se trouvent sur la même ligne ou sur des lignes parallèles, appartiennent à la même époque de soulèvement, g 327, ily a lieu de penser, rien n'indiquant délimites aux phénomènes qui leur ont donné naissance, que les mêmes effets se continuent bien au delà des contrées dont ta structure géologique nous est Tamilière. 11 en résulte que partout oii nous trouverons parallélisme dans les chaînes , nous serons naturellement conduits à admettre aussi con tempera néité de formation. Il est du moins intéressant d'esaminer sous ce point de vue les chaînes principales que nous connaissons à la surface du globe , quoique les soulèvemauts jusqu'ici classés ne soient qu'en très-petit nombre, relativement à ceux que nous découvrirons probablement un jour, quand toute la terre nous sera géologiquement connue aussi bien que l'Europe. Pour faire connaître plus facilement cette extension des principaux systèmes, M. Ëlie de Beaumont a bien voulu tracer pour nou£ le résultat de ses recherches sur la mappemonde dressée par Brué, sur l'horizon de Paris, en y indiquant les différents sou le ve-
Kments, par (tes lignes de diverses formes, dans loule rétpndueaf' ils peuvent être aujourd'hui soupconnt
306 (;ÉoLO(;iE.
On voit sur celle carte, fig. 374, que la direction dês s'étend depuis les Al leghanys dans rAmérique septentrionale ji la presqu'île de Tlndo , par les Karpathes , le Caucase, lesi de la Perse , depuis Êrivan jusqu'au golfe Persique, et enfin par! (jhates, qui déterminent la position de la côte de Malabar. Au decetUi ligne, se représentent également plusieurs rides pai celles qui vont du cap Ortegal , dans les Asluries , au cap de la Calalogne; la petite chaîne de Grenade, qui aboutit an do Gates; les montagnes qui bordent au nord le désert de en coupant la direction de l'Atlas; enfin les Apennins, les AI Juliennes , les montagnes do la Croatie , de la Romélie , et jusque celles do la Morée.
Le système des Ballons, si rapproché de celui des Pyrénées, n représente avec lui dans les Alleghanys, en Amérique septentrionale , où il parait d'ailleurs s'étendre considérablement , ainsi que plusieurs des systèmes antérieurs.
La direction des Alpes occidentales se fait remarquer depuis Penh pire du Maroc jusqu'à la Nouvelle-Zemble, en passant par lacôla orientale d'Espagne, le midi de la France et une grande partie de la pre^squ'îlo Scandinave. On retrouve des directions parallèles danl. la Cordillère du Bré^I , depuis le cap Roque jusqu'à Montevideo. Otj voit encore des directions du même genre dans la régence de dans la Sicile , dans la pointe de l'Italie et dans l'Asie Mineure.' le littoral do Tancien continent, depuis le cap Nord de la Lai jusqu'au cap Blanc d'Afrique, appartient au même alignement.
Les Alf)es principales font partie d'un système de direction mement étendu ; depuis les chaînes de l'Atlas , à la partie trionale de l'Afrique, et celles de l'Espagne, on retrouve des cl parallèles qui se continuent jusqu'à la merde la Chine. Telles en sortant de la Sicile et de Tllalie, les chaînes de l'Olympe Grèce, le Balkan , le Taurus , la chaîne centrale du Caucase ronnée par l'KIbourz, entre la mer Noire et la mer Caspienne, longue série de montagnes qui s'étend à travers la Perse et le Kaboul, comprenant le Paropamisus , l'Hindoukhoh, etc. ; enfin l'Himalaya, où se trouvent les plus hautes montagnes du monde.
On no peut pas citer les autres systèmes sur do telles étendues, et néanmoins on reconnaît la direction du système de Corse dans les chaînes de la Syrie et de la Palestine; \e système du Tisodans les chaînes du Pinde , le syaième du Thuringertvald dans les montagnes de l'Altique et de Tîle de Négrepont; le système de la Côlid'Or, peut-être celui du Hundsruckj dans les monts Altaï, etc.
ÉTATS UK L'EttROPe Ai;X DIVEBSES ÉPOQUES
g SBÎ. Observations générales. — Les délails précédenls mènent û concevoir que la surTace du globe, tant de Toiflc^ v^néc, a dâ subir bien des changements successifs dans lamif ration et l'Ëlenilue relatives dee terres et des mers , pouraronri l'état scluel. Mais pour l'Europe môme, il est difticile d'ini^ cot état pour les époques les plus anciennes, par la rùnf DouB n'avons pas asscx de détails sur les directions des caudUtlip déterminer partout celles des soulèvements, ni pour éuAfek limites exactes des terrains qui se sont formés à chacuoe Afe catastrophes. On ne sait pas non plus quelles sont les ont pu s'alTaisser successivement ; de sorte que ce n'est <f»p inductions qu'on peut connaître l'andeniie étendue de cequîrtk Ce D'est qu'après l'apparition des terrains jurassiques, dootMÏ miles sont plus nettement tranchées, que nous pouvons étaUW moins d'équivoque tes contours et l'étendue des terres préaîiMfK Toutefois , avant cette époque, il es:iste des données qoi peKtt conduire â des idées générales que nous allons essayer il'ex[iMK
Avant tout , observons que par l'ex{iression époque de tel (t nous entendons l'espace de temps pendant lequel ce terrain wl muit sous les eaux, autour des dépôts soulevés desépuqut dénies. Ainsi l'expression époque jurassique indique le pendant lequel les terrains jurassiques se formaient dans les où se dessinaient les terres précédemment émergées. Nous dans le même sens mer jurassique , mer crétacée , etc.
§ 353. ipo4>c ■linrleni». - S'il est ditficile d'établir ment les limites des terrains formés k chacun des quatre p soulèvements , on peut se former une idée de ce que leurensH a produit, en rochercliant leslerresqui ont échappé au!i il' siluriens, et qui, dèsiors, étaient éinet^ées, quoique pi ment encore à une faible hauteur.
En France, flg, 376, il eïistait entre Brest et Saint-Malo,el CI Brest et Poitiers, deux grandes lies granitiques, l'une suivi système du Finistère , l'autre suivant le système du Uoiti comprenant sans doute quelques indices du système de la Vet)i liées d'ailleurs entre elles par les depuis cumbriens soutevëespl système du Longmynd. 11 s'en voit d'autres en Angleterre, en Om- '■ nouailles, en Ecosse, puis en Suède, appartenant au Finistère rit* l.ongmynd , et dont les sommités apparaissent encore au milieu dn dépôts qui les enlourenl. Le plntcau granitique qui rans prend k ■ Limousin l'I rAiiver^inc , nù l'on vuil quelques indices des syslMT*