RÉSUMÉ GÉNÉRAL, ORIGINE DU MONDE
énergie et qui se sont développées sur un grand espace , comme les soulèvements des Pyrénées , des A^^es , etc. , § 346 à 349 , ont dû manifester aussi leur action sur tout le reste du globe par des phénomènes secondaires plus ou moins importants. Si un simple tremblement de terre suffît pour produire une violente agitation de la mer, une irruption subite de ses eaux sur les continents , S 33 , les effroyables catastrophes qui se sont manifestées à diverses reprises sur notre planète, n'ont pu manquer de déterminer dans TOcéan des mouvements plus ou moins impétueux , des dérangements momentanés ou des changements durables dans la surface d'équilibre des eaux, § 34. De là sans doute des inondations extraordinaires, qui , à chaque catastrophe , ont dû ravager la surface des terres existantes, y produire , comme de nos jours, § 33, 95, 244, des dénudations diverses et des alluvions superficielles plus ou moins étendues.
Or, puisque sans compter tout ce qui a jusqu'ici échappé aux investigations de la science, l'observation nous montre clairement, en Europe , une série de mouvement successifs du sol qui ont modifié toute cette partie du monde , et plusieurs même tout un hémisphère, § 435, 351 , il n'y a rien d'absurde à admettre que ce qui a eu lieu à tant de reprises différentes, depuis les époques les plus anciennes de formation, § 229, 334, jusqu'aux plus modernes, § 340, 350 , soit arrivé une fois quelque part depuis l'apparition du genre humain sur la terre , §374. Par conséquent, ij n'y a rien non plus de contraire à la raison dans la croyance à une grande irruption des eaux sur les terres, à une inondation générale, à un déluge enfin , qu'on trouve non-seulement décrit dans la Bible , mais encore profondément empreint dans les traditions de tous les peuples , et , ce qui est remarquable, à une date presque uniforme. Ainsi, tout en reconnaissant dans le récit de Moïse, des circonstances extraordinaires qui indiquent l'intervention surnaturelle do la volonté divine pour châtier le genre humain , nous voyons d'un côté, la possibilité matérielle de cet affreux événement, et nous trouvons de l'autre le secret même des naoyens qui purent être mis enjeu; c'est-à-dire les soulèvements , les affaissements, les oscillations que les eaux purent en éprouver, qui deviennent dès lors les instruments de la justice céleste. Si l'on ne peut guère attribuer cette grande catastrophe au système de soulèvement du Ténare , § 350 , qui , en disloquant des dépôts où se trouvent déjà des traces de l'industrie humaine, n'a cependant produit que de faibles résultats, peut-être en trouverait-on la cause dans l'apparition des Andes et do la chaîne volcanique de l'Asie centrale , qui , avec un déve-
UKOLOCIIE-
)npt«m«t roloaul , pnimnio dtM caractères ixs^i Trappanb di iKtuiesulirclalivti.g 37n.
g 37)1- «*ralr dn slAkc. — (,)iiant â l'avenir de notre pianéir. loul porleàcroiro que l'éLai de tranquillité dans lequel nous vivra n'art quf temporaire, aussi bien que tous les iol^rvsllt^âdelnsa |)ei>dant Icequeli» les liilférentâ dépôts sédimentairesduglobfse^i forode. Bn eOet, dons la série des perturbations qui ont faitdt tout l«inp£ partie du mécanisme de la nature, nous nevoyonsnruiM! I<ii qui puiâsu (XirineUre de concevoir un terme à la successn ■11- cnt ]ilii^niimânfîs; i des accidents peu importants, succèdeDlit- Ui^ncliiment ou do:^ crises du mémo ordre , ou d'aSreuses raliïlrophos; comme A do lungues périodes do tranquillité sucfèdal loutdcoup des bouleversements épouvantables. Au pelilsoul^^ menl du mont Visu , par exemple , § 3t5 , a succédé la grandi cMlu»tnipiie îles PyrénéLs, §346; après celle-ci viennent les (WliL* »ccldi*nte du système do Corso qui ont été suivis immédiatôiiai («r Ira deux grands événements consécutifs des Alpes, g3t8,3i9 Ln longue période des terrains jurassiques, g 25b à 267, a élétiwbléti )iar le soulèvement de la Côte-d'Or, $ 3i(, comme ledéfàl duprës vo^cn. g2i9,3été presque aussitôt arrêté par lesviUw du Rhin , g Ui. Tout est donc irrëgulier dans les révolutions qu nous avons appris à connaître; il no se présente aucune circw- SUnce qui puisse suggère' l'idée d'une dimiauUon graduelle dutt l'intensité des actions souterraines , et nous Taire penser qne 11 oioùle terrestre ail aujourd'hui perdu, en quelque point que ce soit, la propriété de s'alfuisier, d'être soulevée ou disloquée de Ion us les manières et dans tous les sens. Rien en conséquence ne peul nous assurer que la période calme dans laquelle nous nous Irouv-ois depuis 51 sa ans ' ne sera pas troublée à son tour, à l'improviste, par l'apparition de quelque nouveau système de nionlagnra, effel d'une nouvelle diâlocaiion du sol. dont les tremblements de tem nous montrent assez que les fondements no sont pas inébranlable- De là il suit que ridée d'une lin, ou d'un renouvellement des cltoeN ici-bas, idée religieuse et tout aussi répuiiduequecelle d'une grande inondation passée, pourrait paiement trouver un appui dans les lois mémos qui semblent régir le monde.
I 379. Qcosênie. — L'histoire de tous les sy$ti>mes qui ont été imaginés pour expliquer l'origine du monde et de la terre en particulier, pourrait peut-être offrir quelque attrait à la curiosité; au^
' SuivanilDchrgnologic admise Bujuunfhul, lo ilclu)^ a eu lieu aïa» aamnil
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outre que co serait employer ici beaucoup de temps è de purs romans, il est peut-élre avantageux , pour l'honneur de l'espèce humaine, de livrer à l'oubii tant d'aberrations d'esprit que nous aurions à faire connailre. Une seule géogénie mérite notre attention: c'est celle qui se trouve exposée dans le livre do Moïse, et qui, après plus de trois mille ans, se présente encore, d'un côté, comme l'application la plus nette des théories les mieux établies, et, de l'au tre, comme le résumé leplus succinct des grands faits géoli^iqu es. Quoi de plus rationnel, en effet, et de plus conforme à l'état même de nos connaissances actuelles, quand il s'agissait de mettre de l'ordre dans la confusion générale des choses, que de créer le véhicule au moyen duquel les phénomènes de la lumièpe, de la chaleur, etc., pouvaient se manifester, et porter la vie partout; que de rassembler de toutes parts les éléments dispersés , en certains groupes espacés entre eux; que d'établir çâ et là des centres d'attraction autour desquels tout pût graviter suivant une loi immuable, etc.? C'est cependant ce qu'on trouve, en termes brefs et vulgaires, mais intelligibles à tous , dans les premiers versets de la Genèse , qui nous offrent clairement trois grandes opérations parfaitement distinctes. En effet , on y trouve , en résumé : Deus fecit Lucsu (le fluide de la lumière, de la chaleur, etc.), FinMAHENTiiii ( l'espace et toutes les masses qui s'y trouvent disséminées), soleh BT 8TELLAs(les centres d'attraclion), etc.
Quant à la création organique, elle se partage en quatre époques successives U)ul aussi rationnelles. La première établit la vie végétative, qui se manifeste non-seulement dans les plantes, mais encore dans ces animaux inférieurs, où l'on trouve à peine autrechose que les phénomènes de nutrition , d'accroissement, etc. Vient ensuite la t7ie:i« rekfion^ où laseusiliilité, l'instinct, l'intelligence, la volontjj, se joignent successivement, en diverses proportions, aux phénomènes de pure existence. Cette vie nouvelle prend d'abord un certain développement dans les poissons (comprenant sans doute les reptiles) , puis dans les oiseaux , qui constituent ensemble la seconde époque de création. Elle acquiert une nouvelle extension dans les mammifères, qui paraissent à une troi^iëme époque; et enfin elle parvient au plus haut de^ré dans l'homme , qui termine l'œuvre du Tout -Puissant, en recevant une âme à son image pour ,Je distinguer de tous les animaux.
taÇet exposé de la création nous offre sans doute un admirable mple de combinaisons organiques successives; mais ce qui n'est \ moins remarqiieble , c'est précisément aussi l'ordre dans lequel S^présentent successivement tous les débris ensevelis dans les dépôts
(S ues uîmrwDtS itgeâ. Ceux que dous nacoalnim Iw I ' a quo nuus fcgnrdotis comme les plus anciennes, sontla | ' calcaired de corlainâ polypîeis, les moules, quelqinto l ' k uiiflie de quelques mollusques acéphale?, les cni^ac^bil» I [ , et les débris v^étaux, dont l'accumula [ion a formé l'anllui I l«»lciTaiiiâdévonienâ. g 23i â 336. L'abonditnce, l'élPndiM I ' eeur de ces maLièros comhiistibteâ annoncent une gnnt' I ' HHV lie vé-^Ulion , qui conduit à croire que \vs planU^a» depuis longtemps, et que peut-être leurs premiers d^ dans les métamorpbigmes proroadâ qui ont modiEé \n I lesquels ils pouvaient ëlrevvbOiis ne paraissent pa» avoir exiiité avant l'époque i" (lévODiens, et c'est seulement dans la période dt< fomatin ts de calcaire carbonilère, qu'ils ont acquis une puissane ^.jalion. % iZe, qui se péri dans les dépôts suivants et qu'<ii lait même plus aujuurd'bui sur le globe. Les reptiles iW Burs dépouilles dans les terrains pénéens qui vienn«ntn' ', iiS, et les oiseaux dont la Genèse place aussi l.i création) le époque, quoique en second lieu, ont laissé pourlapiemiÉn sempreinteâ de leurs pattes sur les dalles des grès de lafonu- ' Huu u'iasique. $ 350.
Les mammifëres terrestres ne viennent que longtemps après; s l Ton en trouve déjà quelques faibles traces dans la grande ooliir ' $Hf , ils appartiennent aux ordres tes plus inférieurs de la dx». Ce n'est que ilaiis les terrains tertiaires que leurs d^liris de imi' ospcce se présenlent en abondance, g 286, 291, 297 cl 306, elle coucbeslesplusmodernessont même les seules qui renferment de éléphants, des chevaux, dee singes, etc.
Les débris organiques de l'homme ne se sont jusqu'ici monbà 1 dans aucune des couches qui ont été soulevées du sein des eatii.el i qui font aujourd'hui partie de nos continents ; d'où il suit que l'élre privilégié de la création générale n'a paru sur le globe que longtemps après les animaux les plus modernes dont nous trouvonswi- ' jourd'hui Icsossements fossiles; il nepeutdater que d'une époque i*laUvement très-récente, qui parait se placer géologique ment apris \t soulèvement des Alpes principales, dont, en conséquence, l'évéMment remonlerditaumoinsà6S13ans, suivant leschronologies g^nénlement admises'. C'est uniquement, en conséquence, dans lesd^ùu fonnés sous les eaux depuis cette grande catastrophe, qu'on peui
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respérer de Irouver des reslea liiiniains ; ils n'a ppara riront dès lore I dons la série des couches géologiques que quand de nouvelles calaiGtropheg auront pu transformer en conlinenls les sédiments qui se trouvent encore aujourd'hui soua les mers. Le soulèvement du Ténarc et quelques tremblements de terre n'en ont mis à nu que , quelques lambeaux dans lesquels il ne s'est encore trouvé que quelques débris d'industrie naissante.
S 378. On voit évidemment par les réflexions qui précèdent que l'exposé rapide do l'historien sacré se trouve entièrement conforme aux généralités géologiques qui ont été le plus solidement établies ; seulement, les observations minutieuses auxquelles on s'est livré de nos jours, nous font connaître un grand nombre de détails, inutiles sans doute pour la plupart des hommes, mais qui Intéressent du moins ceu\ qui se livrent à l'étude, s'ils no sont même destinés peut-èlre à éclairer leur croyance religieuse.
L'ensemble desdonnées posilives que nous possédons aujourd'hui en géologie nous conduit à reconnaître que rhacune des créations particulières indiquées brièvement dans la Genèse, à l'exception do celle de l'homme, n'a pu avoir lieu d'un seul jet; qu'elle a été faite, an conlraire. successivement, dans un espace de temps considérable, et à mesure que le globe terrestre éleit lui-même façonné. En effet, si les cryptogames vasculaires ont paru à peu prés dès le commencement des choses, les phanérogames gymnospermes ne sont Tonnes que vers l'époque d'u lorrain Louilter, et n'ont même existé en abondance que longtemps après ; il en e^t de même des monocotylédones dont les débris sont d'abord peu nombreux et peu distincts, et qu'on ne voit bien clairement qu'après la craie; losdicolylédones ne paraissent que plus tard encore nu milieu des terrains tertiaires. Dans tout cet intervalle de temps, les espèces ont succès- StTement changé, et celles qui ont été créées tour à tour ont aussi ijRitièrement disparu l'une après l'autre pour faire place à de noulêlles.
I Les reptiles, les poissons, les mollusques, nous présentent les ' écaes phénomènes, et nous montrent plus clairement encore des itiactions successives do différentes races créées d'abord et l'appaion nouvelle de plusieurs autres. Ainsi, les poissons sa u roi dos, qui Ivaient à l'époque du calcaire carbonifère, en Belgique et en Anieterre, disparaissent pour toujours dans le nouvel ordre de choses K s'établit ensuite, les dépols houillers, et la formation pénéenne. nvraisBqualesD'exislaient pasalors.elils apparaissent longtemps )^rès dans la mer crétacée. Des sauriens gigantesques à paliee n forme de rames, des sauriens volanis se Irouvert en abondance
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bue vulgairement. On peut penser, en effet, que cette expression fut
■ employée dans un sens figuré, sans limites fixes, pour faire com- ^ prendre, et surtout retenir avec facilité, Tordre et la succession des 1^ &its qui nous étaient révélés. Il est clair, en effet, que des détails f minutieux établis catégoriquement par des chiffres, qui satisferaient 'v la curiosité d'un petit nombre d'érudit»^ ne seraient ni saisis ni
■ compris par le commun des hommes, qui cependant ont droit aussi
■ à cet important enseignement. Nous prenons souvent nous-mêmes i des voies encore plus détournées pour nous faire mieux entendre de î ' tous : c'est ainsi que nous disons le lever et le coucher du soleil,
Tarrivée de cet astre au méridien, au solstice, etc., quoique nous sachions bien que c'est à la terre qu'il faut attribuer des mouvements inverses.
Suivant les observations géologiques, cette expression vulgaire de jours paraît devoir signifier des époques , qui présentent de longues périodes de temps dont la durée nous est tout à fait inconnue et relatives chacune à un certain système de création durant lequel il y a eu diverses formations d'êtres organisés, comme aussi des extinctions successives de ceux qui avaient existé Jes premiers. Chaque période commence à une date particulière nettement déterminée, et marquée par une catastrophe qui bouleverse plus ou moins l'ordre de choses établi précédemment sur la terre ; elle se prolonge pendant plus ou moins de temps, quelquefois à travers les époques suivantes, et souvent jusqu'à l'apparition de l'homme lui-même. Il s'est ainsi passé, suivant les conjectures de la science, un temps immense entre la formation des premiers sédiments et celle des derniers, sans compter ce qu'il a fallu pour la consolidation et le premier refroidissement des masses planétaires. C'est dans cette longue série de siècles, qui no sont qu'un instant dans l'éternité, que la terre a été façonnée comme nous la voyons aujourd'hui par les mouvements de toute espèce du sol, par les dépôts sédimentaires de diverses sortes, et préparée enfin au séjour de l'homme, pour lequel * Dieu avait tout disposé.