‹ MinéralogieChapitre 38 sur 160 · DURETÉ · texte numérisé non relu

DURETÉ

§ 44 4. Définition. — Dans les usages de la vie, on dit qu'un corps est dur, tantôt parce qu'il résiste à l'action du choc, tantôt par opposition à mou ou flexible, ou enfin parce qu'on ne peut l'entamer avec un instrument tranchant. En minéralogie, on entend par dureté le plus ou moins do résistance qu'un corps oppose à être entamé, rayé ou usé par un autre corps. C'est sous ce rapport que le diamant est le corps le plus dur que l'on connaisse, parce qu'il raye ou use tous les corps et n'est rayé ou usé par aucun ; aussi faut-il employer sa propre poussière pour le tailler et le polir : il ne faudrait pas croire pour cela qu'il résistât de même au choc, car il est au contraire extrêmement fragile.

§ 1 1 5. Rapport avec rarranffement moléculaire. — La dureté a beaucoup de rapport avec la forme et l'arrangement des molécules. Dans un même cristal, elle n'est pas exactement la même dans tous les sens; certaines faces se rayent plus facilement que d'autres, et certains angles solides possèdent à un plus haut degré la propriété de rayer tel ou tel corps. Des variétés cristallisées d'un corps ne sont pas comparables à celles qui sont formées par agrégation confuse. La dureté n'est pas comparable non plus dans les cas de dimorphisme ; ainsi l'aragonite raye fortement le carbonate de chaux or-

dinaire, et n'en est pas rayée ; de même l'acier trempé raye l'acier recuit et offre une résistance beaucoup plus considérable à tous les corps par lesquels on cherche à l'user.

§ 4Ï6. Emploi du caraetère. — On se sert souvent de la dureté pour distinguer différents corps : c'est ainsi qu'on reconnaît le diamant, qui raye tous les corps, le rubis et le saphir, qui les rayent aussi et ne sont rayés que par le premier ; de même, on distingue clairement les pierres précieuses des verres colorés par lesquels on les imite; car toutes rayent le verre et n'en sont pas rayées : le carbonate de chaux cristallisé ne peut se confondre avec le gypse, que l'ongle même raye avec facilité. Cependant la distinction n'est bien apparente que pour quelques extrêmes, et l'on ne connaît pas encore de moyens de l'évaluer pour des corps très-rapprochés. On a pris, pour y parvenir, dix substances de plus en plus dures pour termes de comparaison, savoir : 1 le talc, 2 le gypse, 3 le calcaire, 4 le fluor, 5 l'apatite, 6 le feldspath, 7 le quarz, 8 la topaze, 9 le corindon, 1 0 le diamant, et l'on indique souvent alors la dureté d'un corps par ces nombres ou par les intermédiaires : c'est ainsi que la dureté de l'émeraude est exprimée par 7-8, ce qui la place, sous ce rapport, entre le quarz et la topaze.

§ 417. choe du briquet. — On donne quelquefois aussi comme caractère la propriété de faire feu avec le briquet. C'est un effet composé de la dureté et de la ténacité : de la dureté, parce qu'il faut que la substance puisse entamer l'acier, dont la parcelle, lancée rapidement dans l'air, s'enflamme et produit l'étincelle ; de la ténacité, parce qu'il faut que la pierre résiste suffisamment au choc. Le diamant ne produit pas d'étincelles, parce que, s'il est plus dur que les autres corps, il est trop fragile ; le cristal de roche ne donne pas autant d'étincelles que la pierre à fusil, qui est de même nature, parce qu'il a moins de ténacité.

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