RECHERCHE DES CORPS ÉLECTRO-NÉGATIFS
§ 4 34. SneeeMloii d'essais. — Il y a ^ept espèces d'essais principaux à faire pour parvenir à reconnaître la nature des principes électro-négatifs qui peuvent se rencontrer dans un composé naturel, a'après les connaissances que nous avons, savoir :
1° Chauffer le corps dans le tube fermé; on reconnaît alors :
Hydrates par des gouttelettes d'eau *.
H y drargores > par des gouttelettes de mercure.
Oxyde d'antimoine par un sublimé blanc non cristallin , qu'on peut faire
volatiliser, en chauffant , d'un point à l'autre du
tube.
2* Chauffer dans le tube ouvert pour reconnaître ce que Toxydation peut produire ; on distingue alors :
Séléniores par l'odeur, de chou pourri.
Arsenic et arséniures.. par l'odeur d'aU.
Antimoine et antimo-pardes vapeurs blanches qui produisent un sublimé
niures volatilisable d'un point à l'autre du tube.
Tellure et telluriures.. par une vapeur blanche qui, après s'être déposée,
peut être fondue sur le tube en gouttelettes limpides par la chaleur.
Soufre et sulfure par l'odeur de soufre brûlé \
3<* Chauffer dans le tube fermé, après avoir réduit le minéral en
' On trouve des bottes d'ustensiles et de réactifs chez MM. Boyveau et Pelletier, rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel, n* 8.
* On peut essayer cette eau en introduisant dans le tube une bandelette de papier réactif. Le papier de tournesol , en rougissant, indique un acide ; le papier de Fernamboue, en prenant une belle couleur jaune, indique particulièrement l'acide hydrofluorique. Le curcuma rougit avec les alcalis.
' Certains sulfures ne produisent pas cet effet, et ne sont dès lors reconnus que par )e quatrième essai.
ESSAIS CHIUIQUES. 95
poudre et l'avoir mêlé avec du charbon, dont l'effet est de désoxyder ocrtauis corps; on reconnaîtra :
Acide arsénieux ) ,, . ....
■ * . . X s . I par l'odeur d'ail.
ArséBites et arsénUtes. 1 ^
ieide «olfuriqae par l'odeur de soufre brùlc.
Qaelqnea aalfates par la saveur d'oeuf pourri.
Aïola tes.. parce qu'ils fusent Cproduisent l'effet d'une fusée)
pendant l'opération *.
4"* Chauffer le corps avec un mélange de charbon et de sous-carbonate de soude , pour opérer une désoxydation et une nouvelle combinaison ; on distingue dans ce cas :
Salfalea et salfures par la saveur d'œuf pourri du résidu , ou le dégagement d'hydrogène sulfuré par l'ai^tion de l'eau acidulée sur ce résidu '.
5» Faire agir Tacide azotique, au moyen duquel on reconnaît :
G arb ona le s • . • . par l'effervescence qui se produit soit à fniid, soit
à chaud.
Quelques borates par un résidu blanc qui donne à l'alcool la propriété
de brûler avec une flamme verte.
Quelques silicates...... par la production d'une gelée qui n'est qu'un précipité gélaiineux de silice.
6*» Fondre le corps avec le double phosphate de soude et d'ammoniaque *, pour reconnaître :
Flaor i... par des vapeurs qui corrodent le verre et jaunissent
le papier de Fcrnambouc (si l'on opère dans le tube ouvert), uu pur un anncuu de corrosion autour de la pièce d'i'ssai (dans lu tube foitiié;.
Chlore par une flamme bleu pourpré qui se produit en fondant d'abord le double sel avec de l'oxyde de cuivre, puis ajoutant la muli^rc dressai.
Brome par une flumme bleue dans le même CKsui.
Iode par une flamme verte dans le môme essai.
7** Chauffer, et quelquefois fondre réellement, avec le sous-carbunate de soude, pour décomposer certains sels par un échange de
' Quelques oxydes sont réduits dans ce traitement, mais nous ne nous servirons pas de ce caractère.
' Les sulfures produisent le même effet sans addition de charbon.
' L'ammoniaque est alors dégagée, et l'acide phosphorique, mis k nu, réagit sur le corps. Il y a ici essai par la voie sèche au moyen d'un acide.
base. L'acide du minéral se porte sur la soude et forme un nouveau sel, qui est soluble ou insoluble dans Teau.
S*il se fait un sel soluble, on ajoute un peu d'acide à la solution, pour décomposer le sous-carbonate de soude surabondant, et on reconnaît ensuite :
Acide pbosphorique... siia liqueur précipite en jaune par l'azotate d'ar-
' gent.
Acide ebromique r-. si elle précipite alors en rouge.
Acide va na d i q u e si elle précipite en jaune qui blanchit promptemeni.
Acides molybdique, tu D' i si la solution devient bleue sur une lamed'égsliqoe et lantalique. { tain ^
Silice (acide silicique) si la solution , ne bleuissant pas sur une lame d'é-
tain, donne un précipité blanc par l'addition d'un acide, soit inunédiatement, soit pendant l'évaporation.
Si le résultat du traitement est insoluble dans Teau, il peut se dissoudre plus ou moins facilemeût dans l'acide chlorhydrique, et l'on reconnaît ensuite :
SI 1 i ce si la solution , évaporée et reprise par l'eau , laisse
un résidu qui no donne aucune couleur par la fusion avec le double phosphate.
Acide litanique.... si le résidu de ce traitement donne, avec le double
phosphate , un verre bleu violàtrc au feu de réduction.
Alumine s'il ne se fait pas de résidu, et si la solution donne par
l'ammoniaque un précipité floconneux attaquable parla potasse caustique.
§ 1 35. notes sur ces essais. — Nous réunirons ici quelques observations sur les essais que nous avons indiqués pour la recherche des corps électro-négatifs, et sur quelques autres qu'on pourrait faire :
4*» En chauffant dans un tube fermé, on peut reconnaître aussi plusieurs autres corps ; savoir :
Séléniures par un sublimé rouge.
Arsenic et arséniures.. par un sublimé de petits cristaux métalliques. Acide arsénieux et ar-
séniles par un sublimé de petits cristaux blancs.
Tellure et lelluriurcs.. par un sublimé gris non cristallin.
' La solution précipite en blanc par un acide, et en essayant le précipité on peut distinguer les trois corps. L'acide molybdique produit un verre vert en le fondant avec le double phosphate de soude et d'ammoniaque. L'acide tungstique produit un verre bleu, et l'acide tantalique un verre incolore.
ESSAIS CHIMIQUIS. 97
Mais ces cc^ps se distinguent plus facilement (mr le second mode d'essai, %kZi.
2* Dans le tube fermé, avec du charbon, on peut reconnaître les acides antimonieux et antimoniquc, qui donnent alors les caractères de l'oxyde d'antimoine, % 434, 4*".
3* On pourrait faire un essai en chauffant le corps avec Tazotate de potasse, et en découvrirait alors :
Le carbone parce que le mélange fuse pendant l'opération.
L'osmiam parce que la matière donne une vapeur blanche qui
a l'odeur du chlore.
i"* On pourrait essayer les .corps par l'acide sulfurique dans le tube fermé, et on reconnaîtrait alors :
Le fluor par des vapeurs incolores qui corrodent le verre.
L'io de par les vapeurs violettes qui se dégagent lorsque le
corps a été préalablement mêlé avec le peroxyde
de manganèse.
Le chlore par l'odeur particulière du gazjaunàtre avec le même
mélange.
Le brome par les vapeurs rutilantes qui se dégagent avec ce
mélange.
L' acide azotique par les vapeurs rutilantes qui se dégagent lorsqu'un
a ajouté de la limaille de cuivre.
5" Les chromites, traités au feu d'oxydation, produisent les mêmes résultats que les chromâtes, § 434, T**. Pour les distinguer, il faut recommencer l'essai dans le tubo fermé : la matière obtenue estve^ pour le chromite, et jaune pour le chromate.