‹ MinéralogieChapitre 50 sur 160 · ANALYSE DES MINÉRAUX · texte numérisé non relu

ANALYSE DES MINÉRAUX

8 438. ttéeemmlié. — L'essai chimique suffit toujours pour distinguer un corps simple; mais il n'en est pas de même d'un corps composé, la nature et le nombre des matières réunies ne suffisent plus, et il faut en connaître les quantités relatives. Par exemple, personne ne confondra le sucre et l'esprit-dc-vin, et cependant ils sont l'un et l'autre uniquement composés de carbone, d'oxygène et d'hydrogène, et il n'y a de différence que dans le rapport des quantités. La même chose a lieu dans les minéraux ; il en est beaucoup qui sont formés des mêmes éléments, et qui présentent des différences aussi marquées que les deux corps précédents : d'où il résulte que, pour lescaractériser chimiquement, il faut séparer exactement les matières, peser chacune d'elles, et rapporter tout à l'unité, pour établir la comparaison sous ce point de vue. C'est ainsi qu'on peut distinguer le minium et le jaune de plomb, si différents à l'extérieur, quoique formés des mêmes éléments; savoir :

Jaune de plomb. 1 S^^^»?"*' ^'?!

*^ \ Plomb... 0,93

oxygène. o,iO j ^.,,i^„,

Plomb

MrNÉRlLOCIB-

§ 439. HcTcna BéBéranx. — L'analysese Taità peu prèscc les essais, seulement ave<^ des précautions qu'on pouvait alors négliger. Il faut peser exactement une certaine quantité du minéral réduit en poudre très-fiae, et avoir soin de n'en rien des opérations. Après l'avoir calciné, si l'on y a reconnu de l'eau, et pesé de nouveau pour constater la perte, qui est le poids du' liquide, on attaque par l'acide nitrique, par l'eau régale, ou par fusion préalable avec la soude, etc. , puis on recueille successivement, par RltratioD, les précipités qu'on peut former dans I; lion ; on les lave soigneuFement en faisant passer une suffisante quantité d'eau sur les filtres; on dessèclie couvenablement ces fil très, on lespéseesactemeutavectamatière qu'ils supportent, etl'oil défalque le poids du papier, qu'on a dû peser auparavant. On n cueille alors la liqueur filtrée et toutes les eaux de lavage, et on &i^^ évaporer convenablement pour provoquer ensuite d'autres préc pités sur chacun desquels on opère de même.

Le point principal est de bien conduire les opérations successivei d'^nployer des réactifs qui séparent en totalité une substance déU minée, et qui n'entraînent aucune partie des autres- C'est en o que consiste la difficulté, et les moyens que nous avons emplo] dans les essais ne suffisent pas toujours. En effet, tant qu'il s'agit que de découvrir la présence d'un corps, peu importe quel précipité en entraîne d'autres, pourvu que ce ' ' et que celui qu'on clierclie se manifeste clairement. Il n'en eaCpIl de même dans l'analyse, et il y a des cas où il faut tout le tf ' d'un chimiste consommé pour parvenir à une séparation exacte â( éléments. Heureusement, beaucoup de cas aussi n'exigent que k plus ùmples éléments de ia scienc«, et ce sont généralement a qui se présentent le plus fréquemment dans les usages de ia i Ainsi, l'analyse des pierres calcaires, des marnes, desai^iles et i terres arables, des silicates les plus communs, des scories des uaûi des minerais de fer, de cuivre ou de plomb, des sels employés di les arts, des alliages les plus utiles, etc., peut se faire toujours an facilité ; ces corps, en effet, ne renferment que des matières parB ' tement connues , dont la séparation se fait toujours assez neti

g 1 iO. ExcniplM d'analyses. — Il ne sera pas inutile d'indiqu ^^ ici quelques analyses faciles, pour donnerune idée de ce qu'il y >: faire dans les cas qui se présentent le plus ordinairement.

1 " Marne. — 6 grammes desséchés à < 00" ont perdu 34S miH grammes, ronsistant en eau,

is autres grammes, traités par l'acide azotique étendu , ont t»

ANALTSE CHnnQUE. 103

iffervescence pendant quelque temps et ont laissé un résidu ar- ^leuxqui, lavé, puis desséché à 400®; pesait Ss^^SÎO; il en résulte lue le carbonate de chaux enlevé par l'acide est de 05^,776 ; cette marne se compose donc de :

Carbonate de chaux 0,776 oa pour i 0,1552

àr^le et eau 4,224 0,8448

D'où l'on voit que cette matière, employée en agriculture, est plus propre aux terrains sableux qu'aux terrains argileux.

2* Pierre calcaire. — 5 grammes ont été attaqués avec effervescence par l'acide azotique, et ont laissé un résidu insoluble de 45 centigrammes.

La solution traitée par l'anunoniaque a donné 20i milligrammes de peroxyde de fer qui offrait au chalumeau quelques traces de manganèse, §436, â*".

La liqueur, réunie aux eaux de lavage et suffisamment évaporée, a été traitée à chaud par du sous-carbonate d'ammoniaque et filtrée immédiatement; elle a donné un précipité de carbonate de chaux de4F,098 représentant 26^,307 de chaux*.

Enfin, après l'évaporation des eaux, et la calcination au rougo, il est resté 217 milligrammes de magnésie; ainsi la pierre se compose de :

Matière ÎDsolahle 0,150 ou pour i . . . . o,0300

Peroxyde de fer 0,204 0,0408

Cbaox 2,307 0,4614

Magnésie 0,217 0,0434

Acide carbonique conclu par différence. 2,122 0,4244

Total 5,000 1,0000

3® Céruse, — La céruse ,ou blanc de cérusey est un carbonate de plomb ; mais on falsifie cette substance en y mélangeant de la craie ou blanc de Bougivaly qui en diminue la valeur et enlève beaucoup de solidité à la peinture. 11 est donc utile de savoir quelle est la nature de la matière qu'un ouvrier emploie dans le travail qu'on lui fait faire ; en voici l'analyse :

5 grammes de matière attaqués par l'acide azotique étendu ont laissé 40 centigrammes de résidu.

La solution traitée par le sulfate de soude a donné un précipité de

' 100 de carbonate de chaux renferment 56,29 de chaux , de sorte que la pro • RortioD 100 : 56,29 :: 4,098 : 07=2,307 donne la quantité de chaux dans le cas Kttent

104 MINÂRALOGIE.

sulfate de plomb pesant 4^^,539 , d'où Ton conclut 35^,338 d'oxyde de plomb ^ ou 4 gr. de carbonate*.

Le liquide filtré, réuni aux eaux de lavage et évaporé, ayant été traité par le sous-carbonate d'ammoniaque, a donné Os'jOOS de carbonate de chaux. Cette matière renferme donc :

Cénise pure, oa carbonate de plomb 4, ou pour i 0,80

Craie j Carbonate de chaux.... 0,90 j , o,20

( Matière insoluble 0,iO J

c'est-à-dire que la cénise est mélangée avec un quart de craie.

Quand la fraude se fait par un mélange de sulfate de baryte, celui-ci reste insoluble.

i" Scorie de haut fourneau. — La matière a été fondue avec la soude, et le résultat traité par l'acide azotique. Les 5 grammes ont donné alors, après l'ébullition, 4^,27 de silice.

L'ammoniaque a fait un précipité de peroxyde de fer qui, après avoir été lavé et traité par la soude, puis lavé de nouveau et séché, pesait 2«',737.

La liqueur ammoniacale, réunie à ses eaux de lavage, a donné, par le carbonate d'ammoniaque, un précipité de carbonate de chaux de 4P,805, ou 4^,016 de chaux.

Les eaux sodiques évaporées, puis saturées d'acide et traitées par le sous-carbonate d'ammoniaque, ont donné un précipité d'alumine de 203 milligrammes. Le résultat de l'analyse est donc :

silice i,2T«

Peroxyde de fer 2,737

Alumine 0,203

Chaux 1 ,016

Total 5,226

L'augmentation de poids fait voir que le fer était ici à l'état de protoxyde, dont il faut alors réduire la quantité à 2,51 4 .

Ce résultat montre qu'il faut modifier les opérations de l'usine, en ajoutant au minerai ce qu'on nomme de la castine (carbonate de chaux), afin de saturer la silice et d'éviter la perte en fer. L'analyse des minerais et celle de la castine du lieu détermineraient positivement la quantité de fondant à employer.

Ces exemples, joints aux observations que nous avons faites à

* 100 de sulfate de plomb renferment 73,56 d'oxyde de plomb. On a la quantité d'oxyde, dans le cas présent, par la proportion lOO : 73,56 : : 4,539 : .r.

' 100 de carbonate de plomb renferment 83,46 d'oxyde de plomb; de sorte qu'on fait )8 proportion 83,46 : 100 : : 3,338 : t.

œMPARAISON DES ANALTSBS. 105

regard des essais, doivent suffire pour montrer comment on doit s'y prendre dans la plupart des cas ordinaires.

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