ÉNONCIATION ET COMPARAISON DES ANALYSES
§ 4 44 . nlfflenlté de s'exprimer. — Tant qu'il ne s'agit que des usages de la vie, on ne sent pas le besoin d'exprimer les compositions autrement que parles poids mêmes que fournit l'analyse; mais quand on considère les corps bruts sous le point de vue scientifique, on reconnaît bientôt qu'il est impossible de les comparer les uns aux autres en s'exprimant en poids, parce que les rapports sont trop compliqués. Par exemple, quoiqu'on aperçoive de grandes différences dans les compositions suivantes :
i^^ analyne. l'analyse, i" analyse.
Soufre 0,19-i 0,16'i 0JT3
Cuivre 0.18» 0,318 0,455
Plomb 0,619 0,5-iO 0,87'i
il est difficile de les énoncer de manière à en donner une idée bien nette. Aussi pendant longtemps a-t-on fait peu d'attention à la composition chimique, et s'est-on contenté de comparer les corps par îles caractères extérieurs : ce n'est que du moment où l'on a connu les lois suivant lesquelles les corps se combinent qu'on a pu réellement en tirer tout le parti convenable. Voici les faits :
§ 4 42. liOiB de combinaiiioii. — L'ensemble de toutes les observations fait voir que les corps, simples ou composés, se combinent entre eux dans un certain nombre de proportions nettement déterminées, qui n'admettent aucun intermédiaire et qui ont entre elles des rapports simples, du moins quand il s'agit des minéraux. Par exemple, on reconnaît par expérience que :
100 d'oxygène sont combinés à 201,20 de soufre (acide hyposulfurique).
200 201 , 12 (acide sulfureux).
300 201,18 (acide 8Ulfurique\
100 d'oxygène se combinent ù 39^69 de cuivre.
100 79l'^39 (2 fois 395.69).
100 de soufre se combinent à 393.39 de cuivre.
100 de silice se combinent à 184,99 de chaux.
C'est*à-dire qu'une quantité déterminée de base, ou le double de cette quantité, se combine à une certaine quantité de corps électronégatif, ou bien à deux fois, à trois fois, etc., cette quantité : c'est un fait d'analyse inorganique que toutes les observations confirment.
Énonciation atomique, — On exprime ce fait d'analyse d'une manière plus commode pour renonciation et pour la comparaison des différents composés. Au lieu de considérer le nombre 400, dans les corps oxygénés, comme le poids d'un certain nombre de particules d'oxygène, on a imaginé de le regarder comme le poids même d'une particule, en prenant en même temps le nombre correspondant pour poids d'une particule de base. Dès lors, on a dit : dans les composés de l'oxygène et du soufre, les choses sont telles qu'on trouve successivement 4 particule de soufre, pesant 204,46, réunie à 4, à 2, à 3 particules d'oxygène, piesant chacune 400. De même, dans les oxydes de cuivre, 4 particule de cuivre, pesant 395,69, se trouve réunie à 4 , à 2 particules d'oxygène, ou bien 2 particules de cuivre à 4 particule d'oxygène, etc.
Maintenant ayant exprimé par 400 le poids de la particule d'oxygène, il n'a plus été possible d'employer ce nombre pour d'autres corps, pas plus qu'après avoir pris relativement 204,46 pour le soufre, 396,69 pour le cuivre, on n'a pu les changer. On a donc été conduit à chercher le poids de la particule de chaque corps en partant du nombre 4 00 admis pour l'oxygène, ou de tout autre déjà fixé relativement à cette unité, comme, par exemple, 204 ,46 fixé pour le soufre, etc. C'est à quoi on est parvenu en cherchant exactement la composition des oxydes, des sulfures, etc.*.
Telles sont les bases de ce qu'on nomme la théorie atomique, ou la théorie des équivalents, caries noms d'a^om^s ou d'équivalents ont prévalu sur le nom de particule, qu'on aurait pu également adopter.
§ 443. Transforinatlons atomiques. — Dans cette manière de s'exprimer, on peut énoncer avec facilité toutes les espèces de combinaisons, et surtout les comparer les unes aux autres; mais il faut.
* Si Ton ne connaissait pas les oxyde^de cuivre, par exemple, on pourrait avoir le poids de la particule de ce métal par les sulfures. Sachant qu'un sulfure est composé de 100 de soufre et 393,38 de cuivre , on dirait : le poids de la particule de soufre ayant été représenté par 201,165 (voyez les tables), si nous faisons la proportion 100 : 393,38 :: 201,165 : X ^ \q quatrième terme sera le poids de la particule cherché, ou 791,34. Si l'on ne connaissait pas d'autres composés, il resterait à savoir si ce nombre représente i particule ou 2, etc.; do sorte qu'on pourrait admettre 791,34, ou 395,67, etc. On conçoit que ce n'est qu'à la longue et par l'ensemble do tous les faits relatifs à un corps qu'on peut se fixer & cet égard.