‹ MinéralogieChapitre 55 sur 160 · SIGNES. I · texte numérisé non relu

SIGNES. I

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Corps éleet-nèsatif.

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CLASSIFICATIOX DES MINÉRAUX.

g 450. BéSalUMi «< ék^ei dem elaMlflcaltoM. — Le mot classification s^étend à toute espèce d'arrangement quon peut faire entre un certain nombre de corps, soit qu*on ait pour but de retrouver facilement chacun d'eux au milieu des autres, suit qu'un veuille iaire ressortir les analogies ou les diflerences qu'ils peuvent présenter.

Si l'on a seulement pour objet de retruuver chacun des corps au besoin , comme les livres dans une bibliothèque , la classification peut être quelconque, et il y a une infinité de manières de sy prendre, toutes aussi bonnes les unes que les antres si Ion y met assez de soin : par exemple , on peut placer sur chacun des corps un signe distinctif , qu'on consignera ensuite sur un catalogue , ou bien se ser\'ir de l'un ou de l'autre des signes les plus apparents que les corps eux-mêmes peuvent offrir . comme la grandeur, la forme , la couleur, etc.

S'il s'agit de faire ressortir les analopes ou les diflerences de divers corps, il n'y a plus qu'un seul modo d'arrangement praticable, et qui résulte d'une comparaiïîon Hii>>i complote qu'il est possible de tous ces corps. L'arrangement soni d'autant plus parfait que la comparaison [)ortera sur un plus grand nombre do points; il se perfectionnera à mesure qu'on trouvera do nouveaux moyens de confrontation, et qu'on connaîtra mieux le dogré d'importance des différents rapports, ceux qu'on doit soigneusement observer ot ceux que l'on peut négliger sans inconvénient.

§ 151. ciMMifleation naturelle. — C'est évidemment à cette dernière classification qu'on doit s'arrêter pour l'histoire naturelle, qui procède toujours par analogies et difîéronces, et dont le but est de coordonner rigoureusement les résultats des recherclies auxquelles tant d'hommes célèbres se sont livrés. C'est, en effet, colle qui est adoptée partout aujourd'hui, et qu'on désigne sous le nom de classification naturelle ou méthode naturelle, par opposition à tous les arrangements arbitraires, nommés alors méthodes artificielles. qu'on a autrefois imaginés, pour faciliter la distinction et la reconnaissance des différents êtres d'après (luohiues-uns dos signes apparents qu'ils présentaient.

Division de la classification. — Toute classification comporte des divisions et subdivisions successives par le mo^'ei\ àosc\wç\\vi^ qw ^\-

rive, de la collection totale, à chacun des corps qui la composent. La classification naturelle en est susceptible comme toute autre ; elle présente d'abord quelques grandes coupes fondées sur des analogies qui conviennent à un grand nombre d'êtres, puis dans chacune d'elles des divisions et subdivisions par des analogies qui conviennent successivement à un plus petit nombre, jusqu'à ce qu'enfin on arrive à l'individu, c'est-à-dire à un être dont il peut bien exister différents exemplaires, mais entre lesquels il n'est plus possible (l'établir de différences importantes. C'est ainsi que toute l'histoire naturelle se divise en trois règnes (animal , végétal , minéral} , chaque règne en embranchements et classes, chaque classe en ordres, chaque ordre en familles et en tribus , chaque famille en genres , et chaque genre en espèces.

On définit généralement Vespèce, l'ensemble des individus semblables, ou l'ensemble des individus qui ont entre eux plus d'analogie qu'ils n'en ont avec tous les autres.

Le genre est la réunion des espèces qui ont entre elles plus d'analogies de toute nature qu'elles n'en ont avec les autres.

Les tribus, les familles, etc., sont de même des réunions successives de genres, de tribus, etc. , qui ont entre eux plus d'analogies qu'ils n'en ont avec tous les autres.

§ 1 53. MoyeiiA de eomparalM»!» de» eorp« bruis. — Pour classer les corps bruts dans Tordre de leurs analogies, il faut les comparer soigneusement les uns aux autres , et cela se fait par les diverses propriétés physiques et chimiques que nous avons étudiées. Mais ces propriétés ne sont pas toutes capables d'établir des analogies ou des différences du même degré d'importance. Ce serait fort peu de chose, par exemple, que lanalogie qui serait tirée de l'état terreux, sous lequel, pour ainsi dire, toutes les substances peuvent se présenter ; ce serait peu de chose encore que la couleur , à moins qu'elle ne fût inhérente à la nature même des corps, car on sait que souvent un même corps peut être accidentellement coloré de toutes les manières, § 405. il faut donc faire un choix dans les diverses propriétés pour établir des comparaisons capables d'un résultat important.

Il suffit de se rappeler les détails divers que nous avons donnés, pour voir que les propriétés réellement importantes, pour la comparaison des corps bruts, sont les formes cristallines, le clivage, les phénomènes de réfraction simple ou double, la polarisation par réflexion , l'état élastique , la dureté , le poids spécifique , la composition chimique. Parmi les autres propriétés, les unes sont accidenterez; et par conséquent inutiles à la comparaison , et les autres

CLASSIFICATION. . 1 lO

yout OU variables suivant des lois que nous ne cunnaisisons pas. on i|)plicables à trop peu de corps.

Remarquons aussi que les corps bruts sont fréquenmiont privés de formes régulières, et n'offrent que des structures d'agrégation incapable de montrer le clivage; que souvent ils sont opaques, el par conséquent qu'on ne peut observer la réfraction; qu'ils sont ternes, et que dès lors Tangle de polarisation reste inconnu. Il en résulte que la composition chimique, apri^s une discussion préalable des analyses , est souvent le seul moyen possible de comparaison . Btque dès lors c'est en réalité ce qu'il y a de plus important dans les minéraux.

$ 453. iBdl¥lfla mlnéralest^ne. — Tant qu'il ne s'agit que des êtres organisés, on se fait toujours une idée parfaitement nt^tlc de Vitidividu , car , tous ces corps se composant de parties qui ont des formes et des positions relatives définitivement arrêtées, on ne peut en général les diviser sans les détruire : c'est là ce que signifie Texpression même individu (indivisible).

Dans les matières brutes, il n'est pas aussi facile d'acquérir l'idée d'individualité, et l'on ne peut même y parvenir tant qu'on les considère sous des rapports purement physiques. Cela tient à ce que ni la forme ni la structure ne sont essentielles à ces corps, S ^ > ^*^ M^^' dès lors ils peuvent être divisés et subdivisés à l'infini sans cesser d'exister : la moindre parcelle possède en effet les mêmes propriétés que le tout. Mais dès qu'on envisage les corps bruts sous des rapports chimiques , la question change de face , et l'individu devient manifeste. £n effet, il y a certaines opérations chimiques que Ton ne peut pratiquer sur ces corps sans les dénaturer, sans les diwr en parties hétérogènes s'ils sont composés, sans les faire passer dans de nouveaux corps s'ils sont simples. Ces opérations sont donc ks limites de la divisibilité des corps bruts, et pour elles cos corps de\-iennent des individus.

Il résulte de là que Vindividu minéralogique ne peut être qu'un tarps simple, un élément, ou bien un assemblage d'un certain nombre ^éléments en certaines proportions relatives,

% 454. Espèce minéralogique. — D'après cela, l'espèce minera-

k)gique, qui doit être la réunion des individus semblables, ou des

individus qui ont entre eux plus d'analogies qu'ils n'en ont avec

tous les autres, se définit naturellement la réunion des corps formés

ta mêmes principes et en mêmes proportions.

I Les corps qui sont réunis d'après ce principe se ressemblent

I nsÀ le plus souvent par toutes les propriétés physiques impor-

1 tartes; toutefois, il faut excepter les cas de diniorphisme et d'iso-

120 MINÊIULOUIK.

morphUmH, où il n'y a plus d'ac^^rd tntte leâ caractères pbysqu et les caractères chimiques.

Quelques naluraliites, prenant le dimorptiisme en considéra lion, ont un peu muditiâ la notion précédente, et délini l'espèce minérafil la réunion de» corps formés des mêmes éléments , en même prcfwr lion, et au même état d^agrégalionmoléctilaîTe. D'oii il résulte qu'if même corps, sous deux syâlèmes de formes différentes, doit co stituer deux espèces, qui sont alors caractérisées par les propriél physiques.

^ 1 55. denrca mlnéralaglqueB — Le genre doit être la réuE des espèces qui ont eiUre elles plus d'analogies qu'elles n'en avec toules les autres. Or , sous le rapport chimique , les « tes plus analogues sont celles qui renferment les mêmes princ combinés en proportions différentes ; en sorte que des corps tels ( Pb Su, Pb Su', Pb Su', etc., sembleraient former naturellem un genre, dont les eapèces seraient caractérisées par les proporli lelalives.

Cependant cette maniêie de i;rou|)er les esi>èces ne satisfait p) la condition de réunir celles qui ont le plus de ressemblance a tous les rapports. Il en est une autre où, avec des analogies chT' ques d'un ordre différent , les espèces-ont en même temps de ti analogies physiques qu'on ne peut souvent, au premier abord, distinguer les unes des autres. C'est ce qui a lieu quand des cOf isomorphes viennent à se remplacer dans une combinaison; ai) des corps tels que Pb Su, Ag Su, Zn Su, etc., dont les basas S isomorphes et le principe électro-négatif commun, ont entre ei analogies physiques très-étendues.

Il résulte de là que, pour réunir en (genres les espèces les analogues par l'ensemble de tous leurs caractères, it faut n celtes qui renferment des bases isomorphes , combinées, si mêmes relations atomiques, avec le même principe électro-> Telle est la définition qu'on peut donner du genre naturel, q alors caractérisé par l'élément électro-négatif et par les propr physiques.

^ 4S6. Trlbna inlDërslitg1(|BeB. — Les espèces minérales tso^ morphes ne résultent pas seulement de la substitution d'une base^ une autre, il s'en fait aussi par des substitutions de principes élecln* ■ négatifs isomorphes; de sorte qu'il y a des genres isomorphes qt& ont par conséquent entre eux les plus grands rapports, et qu'il fiuB dès lors placer les uns auprès des autres. De là résultent encore (S' nouveaux groupes très-naturels, qui peuvent être désignés sous 4

CLASSlFICilTION.

Pb Su, Ag Su, etc., forment un genre de sulfures isomorphes.

Pb Se, Ag Se, etc., forment un genre de séléoiurcs Isomorphes entre cu.\

et avec les sulfures correspondants.

Pb Te, As^Tc, etc., forment un genre de telluriures isumorphrs cntn'

eux et avec les compose^» prt^cf^denis.

Ces trois genres constituent un groupe de corps très-analoguos. tant par les caractères physiques que par les formules de comiK)silion, et qu'on peut appeler une tribu. Des genres caractérisés par d'autres formules, comme Cu* Su et Cu* Se, Ag Su + Cu* Su et Ag Se + Cu* Se, etc., formeraient d'autres tribus, voisines des précédentes, et distinguées par d'autres analogies physiques.

S 457. vamiiies minéraiogi^ues. — L'idée de la famille se présente maintenant d*une manière toute naturelle; c'est la réunion de diverses tribus formées par les différents genres d'isomorphismes qui résultent des proportions diverses où les corps peuvent se trouver dans les composés. Ainsi, dans le tableau suivant les différents genres isomorphes de sulfures, séléniures, telluriures, etc., simples, doubles ou triples, forment diverses tribus dont l'ensemble constitue une famille, ou même plusieurs en prenant en considération le nombre des éléments réunis.

1'*^ espèce. 2*^ eipèce.

r' tribu,

oa groupe

i* (f-nres icomorphcs.

l" tribu.

••lr« groupe

i» gril I M icnmorphei.

Pb Su, Pb Se.

Pb Te,

Ag Su, Ag Se, Ag Te,

( Cu'Su, etc., ) Cu-Se, etc.,

3* eipéoc.

ZnSu, etc. , 1" genre, etc. , 2' genre, cic. , 3* genre.

!"■ genre.

2' genre.

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