MÉTAUX NATIFS
Or.
§ 165. Cteraetèrcs. — Tont le monde a vu de l'or, ne fût-ce que sur les cadres dorés, et connaît la Wle couleur jaune qui distingue ce métal de tous les autres. C'est de plus un corps très-lourd, car son poids spécifique va jusqu'à 19,36. Son inaltérabilité est aussi remarquable que celle du platine ; car il résiste de môme à presque tous les agents, et n'est attaqué que par l'eau régale ; mais il est fusible. Ce métal est extrêmement ductile, ce qui permet de le réduire en feuilles excessivement minces, qu'on emploie pour la dorure sur bois ou autres matières analogues.
L'or se présente quelquefois en petits cristaux , cubiques ou octaèdres, diversement modifiés, souvent groupés sous formes dendritiques; on le trouve quelquefois en lames minces plus ou moins étendues à la surface de diverses matières, ou en filaments qui pô- Dètrent dans leur intérieur. Du reste, il est souvent en paillettes, et quelquefois en pépites plus ou moins volumineuses. Fréquemment il est allié avec une certaine quantité d'argent , qui varie depuis 0, 1 i jusqu'à 72 pour 100.
§ 166. cUsement ; iuia«e. — Ce métal se trouve rarement dans des gîtes spéciaux , où il est en cristaux , en lames , en filaments , dans des filons de quarz; le plus souvent il est disséminé dans d'autres gîtes métallifères , principalement dans les minerais d'argent ou dans les matières terreuses qui les accompagnent. En Europe , ces minerais aurifères sont peu riches, et les plus renommés sont ceux de Hongrie et de Transylvanie, qui aujourd'hui couvrent à peine les frais d'exploitation. Au Mexique et au Pérou , ils sont au contraire très-riches , et surtout répandus en quelque sorte avec profusion. Certains minerais de cuivre , certains gîtes de pyrites en renferment également , et ces derniers quelquefois en quantité assez notable pour fournir aux' frais d'exploitation.
C'est surtout dans certains terrains de détritus ou d'alluvion proprement dits , que ce métal se trouve en quantité considérable , comme en Colombie , au Brésil, au Chili, et sur la pente occidentale des monts Ourals. Ces dépôts , les mêmes qui renferment aussi le platine et le dianaant, sont ceux.qui fournissent, vu la facilité de l'exploitation, la plus grande partie de l'or qui entre annuellement dans la circulation. Dans un grand nombre de lieux il existe des sables aurifères,- et c'çst du milieu d'eux que les ruisseaux arrachent quelques paillettes d'or qu'ils roulent dans différentes contrées et qu'ils isolent.par un lavage continuel. En France, le Rhin et l'\\\é^^e
sont les rivières les plus renommées sous ce rapport , et quelques orpailleurs peuvent y gagner de 20 à 30 sous par jour. M. Daubrée, professeur à la Faculté des sciences de Strasbourg, a fait voir que le lit du Rhin doit renfermer pour au moins 166 millions d*or, et qu'il en a été porté plus de '4 40 kilogrammes dans l'espace de trente ans à la monnaie de Carlsruhe. Le Pactole , comme on sait , avait une grande réputation chez les anciens. Il y a également des sables et des ruisseaux aurifères dans l'intérieur de l'Afrique, ce dont on juge du moins par le commerce de poudre d'or qui s'y fait journellement. Quelques parties de l'Asie australe paraissent aussi fort riches en or, mais on a peu de renseignements sur les gisements et les lieux d'exploitation.
L'Amérique équatoriale est en quelque sorte le pays de l'or , et généralement des métaux précieux : sur une valeur de 113 millions de francs que produisent annuellement 33 000 kilogrammes d'or extraits dans les lieux connus, elle en donne environ 63. L'Amérique septentrionale, avant qu'on connût les richesses de la Californie, en produisait à peu près 8 ; l'Asie australe 17, dont Bornéo fournit une grande partie; la Sibérie 8, l'Afrique 13. En Europe, la Hongrie et la Transylvanie en fournissent tout au plus 4, et le reste produit à peine une centaine de mille francs. Heureusement le prestige de l'or est ici dissipé par les autres produits ; le fer fournit , à lui seul, un produit annuel de plus de 600 millions, et les combustibles charbonneux près de 300.
Outre son usage comme monnaie , l'or est employé pour la bijouterie, et surtout pour la dorure. On l'a appliqué longtemps sur les métaux peu fusibles par l'intermédiaire du mercure, avec lequel on l'amalgamait , qu'on étendait ensuite sur la pièce et qu'on soumettait à la chaleur pour chasser le métal volatil : c'était la dorure à l'or moulu, aujourd'hui abandonnée pour la méthode galvanoplastique, dans laquelle on fait à froid précipiter l'or dissous sur les pièces qu'on veut en couvrir. On emploie aussi des précipités d'or qu'on fait fondre sur la couverte des poteries, et enfin , des feuilles excessivement minces qu'on colle à la surface des corps. On se sert de quelques préparations d'or en médecine.
Argent.
§ 167. Métal blanc, ductile , fusible, dont le poids spécifique est 10,47, ce qui le distingue immédiatement de l'étain , avec lequel il a quelques rapports, et qui pèse un tiers de moins. Il n'est nullement attaquable par les acides végétaux , ce qui le rend très-pré-
MtràUX NATIFS. 149
cieux pour les usages de la vie; il est très-peu oxydable, et conserve en conséquence son brillant à Tair; Thydrogène sulfuré le ternit et le noircit , et c*est pour cela que les œufs noircissent Targenterio dont nous nous servons habituellement.
L'argent se présente naturellement en petits cristaux octaèdres ou cubiques, presque toujours groupés sous formes dendritiques; souvent il est en filaments, qui sont quelquefois très- minces, et fréquemment entremêlés ou comme feutrés.
A rétat métallique , Targent se trouve à peu près dans tous les gites de sulfure d'argent, où quelquefois on le rencontre en masses considérables ; il est surtout très-abondant dans certaines matières argilo-ferrugineuses, qu'on nomme pacos au Pérou et colorados au Mexique , où il se trouve avec du chlorure d'argent.
L'argent natif est extrait avec soin partout où il se trouve ; mais c'est surtout le sulfure en Europe, le sulfure et le chlorure au Mexique et au Pérou, qui fournissent la plus grande partie de co métal ( § 209, 241 ). La quantité d'argent extraite annuellement du sein de la terre est d'environ i million de kilogrammes , dont la valeur est à peu près de 200 millions de francs ; l'Amérique en fournit à elle seule les neuf dixièmes. On emploie ce métal pour les monnaies, pour les couverts, la vaisselle et beaucoup d'ornements. L'argenture se fait par les mêmes moyens que la dorure. On se sert en médecine du nitrate d'argent fondu sous le nom de pierre infernale, pour cautériser certaines excroissances charnues , etc.
Mercure.
g 168. Métal liquide à la température ordinaire; blanc d'argent , volatil. Poids spécifique, 13,60 à 0^.
Ce métal à Tétat natif existe en petite quantité dans les dépôts du sulfure, ou cinabre. Ceux-ci, peu nombreux , se trouvent dans les parties moyennes des terrains de sédiment, près des terrains de cristallisation , et les principaux gites sont ceux d'Idria , près de Trieste, d'Almaden en Espagne, du Palatinat sur la rive gauche du Rhin , et de Huanca-Velica au Pérou.
L'exploitation annuelle du mercure est évaluée à 2 millions et demi de kilogrammes, dont l'Europe fournit au moins les neuf dixièmes, et dont la valeur est de 12 à 15 millions de francs. La plus grande partie est employée pour le traitement de certains dépôts aurifères , car le mercure dissout facilement l'or et l'argent, et il suffit de le triturer avec les matières où ces précieux métaux sont mélangés pour les on extraire. C'est sur cette propriété qu'est foivdé
150 MINÉRALOGIB.
PO que l'on" nomme le procédé d'amalgamation. Une grande parti du mercure de l'Europe passe pourceladansVAmérique ^uatoria!«
L'iSlumage des glaces est un amalgiame de mercure et d'Clain ; i sait qu'on emploie le mercure pour les baromètres et les thermo-1 mètres, qu'il y a dans tous les laboratoires une cuve â mercure pour ^ récolter les gai , et que quelques sels , quelques préparations n curiels sont employés en médecine.
g 169.Métal de couleurrouge,(l'uDD odeur désagréable, diictiM fu^ble , facilement attaquable par tous les corps ,' ot se couvrann l'air d'un enduit d'oxyde, ou de carbonate ■sert; produisant faci" ment du vert-de-gris (sous-acétale de cuivre). Poids spécifiqu 8,87, lorsqu'il est écroui.
Le cuivre se présente quelquefois en cristaux octaèdres et 0 quea ou en prismes rectangulaires [§ 18) , le plus souvent grouM en dendriles, quelquefois en lames irréguliëres , en 61a rognons, en petites veines dendritiques dans plusieurs ma tlàn Use tronve aussi en masses roulées, souvent très-pures, quelqii Fois d'un grand volume , et Irès-abondantes dans les alluvions a avoisinent le lac Supérieur en Amérique. C'est dans ces derniifl localités seulement que le cuivre natif est exploité ; partout aillâU on le tire des sulfures, simples ou doubles, qui existent en u nombre de lieux. Il en entre annuellement environ 30 millionB-dj kilogrammes dans le commerce , dont la valeur est à peu près m 76 millions de francs. Malheureusement la France est à peine pi b à 600 mille francs dans ce produit, et elle en tire annuellen pour 8 à 9 millions de l'étranger.
CLASSE DES SIDEBIDES, MANGANIDES, etc.
g 470. caractères du groupe. — Nous avons ici un groupe de corps très-naturel, qui sont tous isomorphes à l'état d'oxydes du même ordre, et qui peuvent en conséquence se remplacer muli lement dans les diverses combinaisons.
Les oxydes naturels et simples de ce groupe présentent tous truis atomes d'osygéne, et deux atomes de bases; un seul forme en outre un oxyde plus élevé Mn. Deux d'entre eux qui se trouvent netlement cristallisés , \eGorindon et l'Odgis/e, non-seulemenlM rapportent au même système, mois encore sont réellement id«i-
GROUPE DES ALUMINIDES. 151
niques, Tun offrant un rhomboèdre de 86** 40' et 93** 50', et Tautrp la même forme dé 86** 4' et 93** 56'. V oxyde de chrome donne par la fusion dç petits rhomboèdres que nous n*avons pu mesurer. La forme de la Braunite est un octaèdre à base carrée, et celle de lu Pyrolusite un prisme rhomboïdal.
Les hydrates Gœthile et Acerdèse, qui ont la même formule chimique, cristallisent dans le même système. Les ferrâtes, manganates, chromites et aluminates désignés sous les noms d'Ai7nant, Franklinite, Hausmanite, Sidérochrome, Spinelle, qui ont la mémeformulo, cristallisent en octaèdres réguliers, et plusieurs ont d'ailleurs tant d'analogie , quMl est presque impossible de les distinguer immédiatement à rœil". Le sidérochrome est souvent même un mélange de chromite et d'aluminate de fer de même formule.
Les analogies seraient encore plus évidentes et plus remarquables, si nous mettions eh comparaison tous les produits de laboratoire qui se rapportent à cette division.
Parmi les corps que nous réunissons ici , il en est quelques-uns qui méritent plus particulièrement notre attention. Ce sont le corindon et le spinelle, qui fournissent à la joaillerie le rubis oriental, le saphir et le rubis spinelle; le fer, Voligiste, la limonitè et V aimant , dont le premier nous offre une origine remarquable , et dont les autres sont des minerais importants; enfm la pyrolusite et Yacerdèse, qui servent à la préparation du chlore.
1<* C^ronpe des AlnmiiiiAes.
Ceux de ces corps qui donnent de l'ean par calcination peuvent être attaqués par tes acides ; ceux qui sont anhydres onl besoin d'être préalablement fondus avec la potasse ou la soude. La solution donne parrammoniaqueun précipité abondant d'alumine, S 134, 7».
Corindon.
3 174. Caraetères . — Substance anhydre, vitreuse ou pierreuse, cristal lisable, et se clivant alors en rhomboèdre de 86** 4' et 93** 56'. -Poids spécifique, 4,28, dans la variété connue sous le nom éerubis; 3,99 ou 4 , dans celles qu'on nomme saphir et topaze orientale, et descendant à 3,66 dans les variétés grossières. Elle est infusible au chalumeau ; sa dureté, qui ne cède qu'à celle du diamant, est assez grande pour rayer tous les autres corps. Le corindon est essentiellement formé d'alumine, mais il est souvent mélangé de divorsos matières étrangères.
Les cristaux que présente cette substance sont tantôt des rhomboèdres, simples ou tronqués plus ou moins profondément au som-
met, fig. a et 6; tantôt des prismes hexagones réguliers, c, des dodécaèdres à triangles isocèles plus ou moins aigus, d, e, ou enfin ces
mêmes dodécaèdres tronqués, f. On trouve aussi le corindon en rognons cl ivables et en masse granulaire. Quelquefois limpide, il est souvent jaune, bleu ou rouge, et plus rarement vert.
§ 472. cUBcmeni^ emploi. — Cette substance appartient aux terrains de cristallisation ; elle s'y trouve disséminée et particulièrement dans le granité *. Cependant elle existe aussi dans ce qu'on nomme les basaltes' et dans la dolomie. On la trouve souvent hors de place, en cristaux isolés, dans les sables qui proviennent de la destruction des roches, et qui sont entraînés par les torrents et les ruisseaux.
C'est dans TÀsie méridionale (Malabar, Tibet et Chine) que le corindon se trouve en plus grande quantité, et c'est de ces contrées qu'il nous arrive en pierres toutes taillées; mais il existe aussi dans les granités des Alpes, et surtout dans les dolomies du Saint-Gothard, dans le ruisseau d'Expailly , près du Puy en Velay, où il provient des dépôts volcaniques de la contrée, etc.
Les variétés jaune, bleue et rouge, et surtout les deux dernières , sont recherchées pour la joaillerie , et désignées sous les noms de topaze orientale, saphir, et rubis; la variété verte , fort rare lorsqu'elle est d'une belle teinte, s'emploie aussi sous le nom (ïémeraude orientale. Le rubis, d'une belle teinte de feu, est une superbe pierre dont la valeur dépasse celle du diamant : le saphir bleu bar>
* Les granitet sont des rocbes composées de trois substances , mica, feldspath . quarz (voyei les silicates), réunies en parties à peu près égales et c instituant un tout à stractare granulaire. Quand ces substances sont réunies par feuillets entremêlés, la roebe prend le nom de gmias. Quand il n'y a que du quarz et du mica, la roche schisteuse prend le nom de schiste micacé. Quand le quarz disparaît aussi , on donne souvent à la roche le nom de schiste argileux, composé de pciiics lamelles empilées, et passant à Targile schisteuse. Ces trois dernières roches résultent souvent de Taction des agents ignés sur les dépôts de sédiment, et sont, à cause de cela, nommées roches métamorfihiques.
' Les basaltes sont des matières pierreuses plus ou moins compactes, noires ou grises, qui forment des buttes isulées, des plateaux souvent très-étendus, quelquefois des coulées qui se rattachent à des cônes volcaniques. Ils sont souvent aeconipagDés de srx)ries plus ou moins abondantes (voyes U Géologie),
GROUPE DES ÂLUMINTDES. 153
beau ou bleu indigo est le plus estimé, et aussi d'une grande valeur. Les yariétés grossières sont recherchées pour les réduire en poudre plus ou moins fine, qu'on nomme émeri, et qui sert à tailler et polir les corps durs ; mais on donne souvent ce nom dans le commerce à des matières tout à fait différentes.
Spinelle, gahnite, cymophane.
g 173. Les deux premiers de ces dluminates anhydres, à base de magnésie, de zinc et de fer se trouvent cristallisés en octaèdre régulier avec ses diverses modifications. Ce sont encore des matières vitreuses, infusibles , très-dures, qui rayent toutes les autres et ne sont rayées que par le corindon. Elles appartiennent aussi aux terrains de cristallisation, y sont disséminées comme le corindon, et se trouvent, comme lui, dans les sables des ruisseaux.
Le Spinelle, lorsqu'il est d'un beau rouge, est aussi employé dans la joaillerie, et connu sous le nom de rubis spinelle; les teintes rosAtre, lie de vin, etc., sont beaucoup moins estimées et prennent le nom de rubis balais; les variétés bleues sont quelquefois assez agréables et vont de pair avec les saphirs pâles. C'est aussi de l'Inde que ces spinelles nous arrivent tout taillés.
La Gahnite, ou aluminate de zinc, est verdâtre ou grisâtre, généralement opaque , disséminée dans des matières talqueuses. On ne la connaît encore qu'en Suède , ou près de la ville de Franklin . dans l'Amérique septentrionale,
On a nommé Pléonaste une matière noire où l'alumine est remplacée en tout ou en partie par le peroxyde de fer. On la trouve dans les détritus basaltiques et trachytiques, ainsi que dans certaines dolomiesdont les unes font partie des débris qui enveloppent leMonte- Somma, base du Vésuve , et dont les autres sont entremêlées çà et là avec certains dépôts d'origine ignée.
Le Cymophane offre aussi une pierre très-recherchée dans la joaillerie, qui est susceptible d'un beau poli et qui produit un fort bel effet lorsqu'elle est taillée à facettes. On le connaît dans le commerce de pierreries sous le nom de chrysolite orientale et de topaze
orientale, et on le confond souvent avec le corindon jaune qui porte
tes mêmes noms.
Le cymophane est une pierre jaune ou d'un vert jaunâtre, rayant
te quarz, mais rayée par le spinelle, infusible au chalumeau. On le
trouve cristallisé en prismes rectangulaires, souvent modifiés sur
tes arêtes et sur les angles, et offrant surtout des prismes hexagones
qa'on a quelquefois pris pour des corindons jaunes. Ailleurs il est
154 mNÉRÀLOGIE.
en petite masse informe. Cet aluminate, quelquefois pur et quelquefois mélangé de silice, se trouve disséminé dans les pegmatites de rÂmérique septentrionale, ou en cristaux roulés dans les sables du Brésil et de Ceylan.
3^ C^ronpe des Sidérides*
Corps attaquables par l'acide azotique , soit ayant , soit après avoir été calcinés avec la poussière de charbon. Solution précipitant abondamment en bleu par le cyanure ferroso-potassique.
Fer natif.
§ 474. Dan/ len pierres météoriques. — Le fer à l'état métallique se présente en grains isolés dans les pierres qui tombent parfois de l'atmosphère, ou en masses erratiques , dont quelquesunes sont aussi tombées à la vue d*un grand nombre de personnes, et dont les autres, d'après tous leurs caractères, ont eu très-probablement la même origine.
Les chutes de pierres de l'atmosphère ont été observées de toute antiquité, mais reléguées parmi les contes populaires, jusqu'à celles qui eurent lieu à Sienne, en Toscane, le 46 juin 179r4 ; à Wold-Cottage. dans le Yorkshire, le 13 décembre 1795; à Bénarès, dans rinde, le 19 novembre 1798. Plusieurs savants acceptèrent alors le fait, surtçut en Angleterre.; mais on conserva dés doutes en France, jusqu'à là chute des pierres de l'Aigle, le 26 avril 1803. Celle-ci fut constatée de telle manière , qu'il ne fut plus possible de nier, et on crut enfin aux faits nombreux qu'on avait jusqu'alors rejetés , malgré les détails les plus circonstanciés et les témoignages les plus authentiques.
Ces pierres météoriques sont des masses arrondies plus ou moins volumineuses, couvertes d'une écorce noire, quelquefois brillante et vitreuse. L'intérieur est une matière grise , composée de diverses substances terreuses ou métalliques, dont quelques-unes sont cristallisées et les. autres en globules ou en petites veines. Le fer s'y trouve toujours allié avec du nickel et du chrome.
En bloes erratiques. — La chute de certains blocs de fer n'est pas moins constatée que celle des pierres. Il en tomba un à Hrgsina, près d'Àgram, en Croatie, le 26 mai 1751 ; un autre à Lahore dans l'Indouslan , le 17 avril 1621 ; un troisième dans la forêt de Naundorf, en Misni'e, etc. La matière en est cristalline et caverneuse; elle renferme du nickel et du chrome à l'état d'alliage , comme le fer das pierres météoriquesi. Or, il existe aussi çà et là des masses
(JROUPK DES SIDÉRIDES. 155
de fer plus ou moins considérables , reposant sur toute espèce de dépôts, même sur la terre végétale, également caverneuses, renfermant du nickel et du chrome , qu'on ne trouve dans aucun fer de fabrication , et il devient infiniment probable qu'elles sont aussi tombées de l'atmosphère. .La plus renommée est celle qui se trouve près de la ville de Jem'^sseik, en Sibérie, où elle a été examinée par Pallas, et qu'on nomme à cause de cela fer de Pallas : elle est évaluée à 700 kilogrammes. Il y en a de bien plus remarquables : par exemple, une de 4 4000 kilogrammes à Olumpa, près de Saint- Yago, dans le Tucuman ; une de 49000 kilogrammes aux environs de Darango, au Mexique; enfin sur les bords du Sénégal on en rite une d'un volume énorme , qu'on regarde comme la plus considérable de toutes.
Dans d'antres slsements et dans les houillères embrasées.
— On a cité de petites quantités de fer natif dans diverses matières, dans du quarz, dans du peroxyde de fer, dans du carbonate de ce métal , et dans certains produits volcaniques ; mais il n'y a rien là de bien positif. Il s'en est trouvé qui est plus on moins aciéré dans les produits des houillères embrasées , par exemple à Labouiche , près de Néris, en Auvergne.
Oligiste. — Fer spécula ire ; peroxyde de fer.
§ 475. Caractères. — Substance douée de l'éclat métallique, et gris de fer , à l'état de cristaux : rouge plus ou moins foncé à tout autre état, et dans tous les cas à poussière rouge ; cristallisant en rhomboèdre de 86® 40' et 93® 50'; infusible au clialumeau au feu d'oxydation, fondant au feu de réduction, et donnant alors un globule noir magnétique : renfermant 69. pour 400 do. fer lorsqu'elle est pure.
Les cristaux sont le plus souvent des rhomboèdres , qui sont tantôt simples, fig. a, et tantôt tronqués profondément au sommet, fig. b, même jusqu'à se réduire à des lames minces, ou enfin terminés par des rhomboèdres plus obtus , et modifiés sur les angles latéraux, fig. c, d, e. On trouve aussi des prismes hexagones, ordinairement très-courls, des dodécaèdres tronqués au sommet, et parfois modifiés sur trois arêtes alternes.
Les grandes masses douées de l'éclat métallique sont laminaires , lamellaires, granulaires , quelquefois schisteuses , à feuillets plus ou moins épais, composés de petites écailles, et ressemblant à Tardoise; ailleurs elles sont formées de petites écailles entremêlées, et souvent elles sont tout à fait compactes.
Les variétés non métalloïdes sont quelquefois modelées sur du carbonate de chaux, dont elles conservent les formes d'une manière plus ou moins nette ; ailleurs elles sont staiacti tiques à structure fibreuse, et prennent souvent alors le nom d'hématite rouge ; enfin elles sont en masses compactes ou terreuses.
§ 176. c&lscinent) usage. — L'oligiste constitue des dépôts plus ou moins considérables dans les terrains de cristallisation, où il présente le plus souvent Téclat métallique, et dans les dépôts de sédiment, inférieurs ou moyens , où il est presque toujours lithoïde ou terreux. Dans les premiers, il forme quelquefois des montagnes entières, comme à Gellivara en Laponie, des amas ou des filons puissants; quelquefois il remplace le mica dans les schistes micacés, sur des étendues considérables , comme à la montagne dltacolumi au Brésil, et dans quelques points de la Bretagne. Dans les dépôts de sédiment, il se trouve particulièrement dans les parties qui avoisinent les terrains de cristallisation ' .
' Pour fixer les idées, citons quelques divisions des terrains de sédiment.
Les parties les plus basses, composées de matières schisteuses, de calcaires et de roches arénacées particulières, forment ce qu'on nomme les dépôts cuwbriens, siluriens et dévoniens ; ils sont caractérisés par des débris d'animaux dont les genres et les espèces sont perdus. Au-dessus viennent les dépôts carbonifères, caractérisés par l'abondance de la houille, par des matières arénacées qu'on nomme particulièrement gréa liout/{er, et différents dépôts calcaires. Plus haut se présentent diverses alternances de grès et de calcaire, grès rouge, calcaire pénéen, grès bigarré^ calcaire conchylieny tnarnex ime><, jusqu'aux grands dépôts qu'on a déteignes sous le nom de formation jurassiqw. Celle-ci présente à sa base le calcaire nommé lias. au-dessus duquel se trouvent des alternances nombreuses de calcaire compacte et oolitique ; elle se termine à des dépôts particuliers de calcaire et d'argile qui préludent à la craie. C'est dans les bassins limités par la craie que se sont formés les calcaires parisiens , base des terrains tertiaires , qui sont recouverts par diverses formations, les unes marines, les autres fluviaiiles.
Chacune de ces divisions peut se trouver plus ou moins rapprochée des terrains de cristallisation, et souvent se présente comme enclavée an milieu d'eux, en offrant alors des caractères et des circonstances dignes d'attention.
GROUPE DES SIBÉaiDES. 157
On trouve ce minéral en petites parties dans les granités alpins, dans les fissures des trachy tes * et des laves' , dans les cratères do quelques volcans anciens ou modernes; il est alors à Tétat métalloïde. Il existe à l'état terreux dans un grand nombre de lieux , où presque toujours il est mélangé de substances alumineuses ; c'est alors qu'il forme ce qu'on appelle les ocres rouges,
L'oligiste est un des minerais de fer les plus importants , qui donne, en général, des fers très-purs. 11 forme une source de richesses considérables, en quelque sorte inépuisables, pour la Suède, où il existe en abondance, et surtout à l'état métalloïde. En Toscane, il faut citer les mines célèbres de Tile d'Elbe , d'où proviennent la plupart des beaux échantillons- cristallisés qu'on trouve dans les collections. En France, nous avons les mines de la Youlte, dans l'Ardèche , qui nous offrent des minerais lithoïdes et terreux , et celles de Framont, dans les Vosges , qui renferment beaucoup de parties métalloïdes au milieu des minerais compactes ; il en existe aussi dans les Pyrénées.
Les variétés terreuses sont souvent employées pour les peintures grossières, sous le nom de rouge de Prusse et d'ocre rouge ; les plus ai^ileuses forment le crayon rouge ou la sanguine. Les variétés sta* lactiliques, qu'on nomme hématites, sont recherchées pour faire des brunissoirs , au moyen desquels on donne le dernier brillant à l'argenterie et à quelques métaux.
Limonite. — Fer hydraté, mine de fer en grains.
g 177. camctèrc». — Substance non métalloïde , brune ou jaune, à poussière jaune, donnant par calcination de l'eau et un résidu d'oxyde rouge, qui se conduit comme l'oligiste au feu de réduction .
La limonite est un hydrate renfermant 80 pour 100 de peroxyde de fer, et par conséquent 55 de métal. Elle présente quelquefois de très-petits cristaux aciculaires en prismes rhomboïdaux, portant un grand nombre de modifications sur les arêtes et les angles. Souvent elle se trouve sous des formes empruntées, les unes offrant des
' Les trachytes sont des roches plus ou moins âpres, plus ou moîDS poreuses, scoriacées même dans quelques parties, qui se lient avec des roches vitreuses, poneeoses , etc.
* Du Domme laves les matières pierreuses que les volcans émettent dans leurs (troxysmes , et qui à Tétat de fusion pâteuse s'étendent, sous forme de courants , nr Im flancs de la montagne en se portant quelquefois jusqu'à de grandes distiDcet.
158 KINÈHALOGIE.
cubes et des uclaedrcâ dus à la décompositioD du sulfure de fer, on drs bouler formées autrefois par es mimfs criiUui ; les autres présentant ëoit des rhomboèdreâ groupés qat proviennent de la décompuâilion du carbonate de Ter, soit méine des formes de carbonate (le rhaux dont la matière première est détruite. Fréquemmeal nusai la liraonilo se présenle sous forme de coquilles et de niadréiwrea.
Cette substance se trouve aussi en st'atactiles, à structure Ghreues ou compacte, qui prennent le oom A' hématite brune. Souïenlelle« présente en gros rognons creux à l'intérieur, et renfermant un noyia libre, ce qu'on nomme vulgairement pierre d'^igis. Elle est Ir^ commune sous la forme ooiitique, à globules tan lAl libres, tanlM étroitement réunis entre eux ; quelquefois elle est schisteuse i feuillets compactes séparés par des euduits micacés. Elle se présèole souvent aussi en' masses compactes, tantét pleines, tânl6t caverneu-' ses ou cloisonnées. EnGn on la trouve à l'état terreux , où elle est souvent mélangée de matière argileuse , et quelquefois d'hydrate d'alumine de la même formule. Al' Aq, qui lui donne beaucoup dé douceur; elle constitue alors l'ocre jaune.
g 178. euement; oMcea. — Ui limonite appartient tout enticre aux terrains de sédiment; elle y forme des amas puissants qof rx)mmeiicent à se montrer dans les parties les plus anciennes et m voisinage des terrains ilo crisliillisation ; elle s'étend ensuite jusque dans les dépôts les plus modernes. Elle est eilrémement abondante vers le milieu de la série se di m en ta ire, où la variété oolitique foroe d'un côté des couches puissanles, ct-de l'autre des ajnas qui ont rempli les cavernes et lesfenles des dépôts jurassiques. On en trouve plus haut des couches de même espèce qui préludent à la cmù, ainsi que des dépôts terreux plus ou moins mélangés; enfin il M existe de diverses variétés , à tous les étages des terrains tertiaires , ot jusque dans Ics'alluvions superficielles les plus modernes, où elle constitue la mine de marais.
Cette espèce est encore un minerai précieux pour diverses contrées, et c'est elle, surtout à l'état' oolitique, qui alimente la plupart dos usines de la France , dans la Normandie , le Berry , la Bourgogne, la Lorraine, la Franche-Comté. On remarque en général q« les couches intercalées dans les calcaires produisent des fers plus cassants que les dépilts formés dans les cavernes et les fentes du le^ rain, ou à la superficie du sol tertiaire. On attribue cette différence A la présence des phosphates provenant des débris organiques que renferment les premières, etqui fournissent du phosphore pendant le traitement. Lorsqu'il reste plus d'un centième de cette substance dans
GROUPE DES SIDÉRIDES. 159
le fer, ce métal n'est plus propre à aucun usage; mais, à très-petite dose, il en résulte une certaine dureté qui n'est pas sans avantage dans quelques cas.
Ces sortes de minerais, étant rarement purs, ont plus besoin que Toligiste d'être partout bien connus de composition, pour pouvoir appliquer à leur traitement les doses convenables de fondants, qui consistent en chaux ou en silice , et dont l'objet est de former avec les matières étrangères des combinaisons fusibles qui s'écoulent en scories et laissent dégager le métal. '
Les variétés terreuses, plus ou moins argileuses, sont exploitées pour la peinture, soit qu'on les emploie à l'état naturel , soit qu!on les ait préalablement lavées avec soin. La terre d'Italie, la terre d'Ombre, ne sont que des variétés mélangées d'hydrate de manganèse, qui donne à la masse un ton brunâtre ; la terre de Sienne est aussi une ocre argileuse qui renferme un peu de peroxyde de fer sans eau, et qui prend alors une teinte rougeâtre , ce qu'on produit souvent par une simple calcination. On calcine l'ocre jaune pour produire Tocre rouge en enlevant ainsi son eau.
Aimant. — Fer oxydulé, fer oxydé magnétique,
§^179. caraetèrcu. — Substance noire, douée de l'éclat métallique, à poussière noire; attirable au barreau aimanté et magnétique; fusible au chalumeau au feu de réduction, et n'éprouyant alors aucune altération.
Cette" substance, comme l'indique le signe, est formée de peroxyde de fer combiné avec du protoxyde, environ 69 de l'un et 31 do l'autre , et offrant en tout 72 pour 100 de métal; c'est par conséquent le minerai de fer le plus riche. Sa cristallisation, toute différente de celle de l'oligiste , se rapporte au système cubique ; les cristaux sont le plus souvent des octaèdres simples ou modifiés , quelquefois des dodécaèdres rhomboïdaux. En masse, cette matière est laminaire, lamellaire ou compacte, quelquefois terreuse.
§ 480. «iflement et nuage. — L'aimant appartient exclusivement aux terrains de cristallisation. Souvent il est disséminé en cristaux dans diverses roches , et surtout dans les roches magnésiennes; mais il forme aussi dans diverses localités des dépôts immenses, tantôt en montagnes entières, comme à Tabera:, en Smolande, tantôt en bancs épais qui se succèdent et se répètent plusieurs fois sur une hauteur considérable. C'est surtout en Suède et en Norv^e qu'il est abondant, où il offre le plus excellent minerai, et le plus facile à traiter. Le fer qu'on, on obtient est le p\w?» \^iv
IGO hinehalogie.
que l'on connaisse , ce qui le fait rechercher dans toutes les partH de l'Europe pour rertaioa ouvrages auiquels il esl le plus propre ps ^ douceur; c'edtt le seul qui produise de bon acier fondu. Mais o conçoit que par celte douceur même il soit impropre à tout ce qH eiige un peu de roideur, el qu'on prérére alors les fers plus ou moin impurs de diverses localités.
Les variétés compactes de cette substance, surtout celles o ne trouve plus l'éclat métallique, et dans lesquelles il esiste FrÉ qaemment des mélange* soit de peroiyde de fer, soit d'hydrate d ceperoï)-de. constituent ce qu'on nomme la pierre d'aimant, plu recherchée autrefois qu'aujourd'hui.
Observation. — Nous verrons plus tai-d d'autres espèces de min rais de fer qui ont aussi leur importance ; savoir : d'une part le ca bonale . de l'aulre un al u mi no-silicate , qui forme de grands dépA confondus jadis avec le minerai de fer en grains.
3' CrODpe 4e* H*Dg:iànldea.
Curpi duunim imu fin ou nidinada chlore par l'aoïion d€ l'adde clilai'bjdriqt Ihinnini pur Is lusioci btbc U suude une (tîtie vcriB,sa1iible<lani' l'eau, qu'elles kuram irri, elduni il se prK^ip'ie peu tpeu de l'oxyde brun,
Py roi usité. — Peroxyde de manganéne.
S 181. CaradAna. — Uatiëre douée de l'éclat métallique, ff d'acier, et à poussière d'un noir décidé, qui la distingue de loiU les autres espèces; cristallisant en prismes rhomboïdaux obliqua infUsible au chalumeau el devenant rouge brun au feu de rédol lion : produisant une vive effervescence par la fusion avec le va de borax , et donnant ensuite un verre violet améthyste.
La pyrolusile, Mn, est celui des oxydes de manganèse qui n ferme le plus d'oiygëne, dont i) perd 12 pour 400 par l'action dol chaleur rouge suffisamment prolongée, pour se Iransformereo osfl rouge , désigné par les minéralogistes sous le nom d'hausmanita , t analogue par sa composition , mn Mi\^, au ferrate de fer que noo venons de décrire.
Cette substance se Irouve assez souvent en cristaux prismatiqiM allongés, groupés en masses bacillaires ou tibreuses ; elle se présefl aussi sous forme mamelonnée, et constitue on grand des masa compactes, quelquefois caverneuses, dont les cavités sont rempG par la variété à l'état terreux.
§ 183. Glacmentt usagea, — Lesgltesde pyrolusite appartM nent aux terrains de cristallisai ion comme aux terrains de Si""
GRODPE DES MANGANIDBS. 161
ment : ce sont des amas plus ou moins considérables, exploités partout où ils se trouvent à proximité des routes. Les localités les plus connues en France sont la Romanèche, près de Mâcon, les environs de Périgueux, Calvéron dans le département de TÂude, etc. Les dépôts renferment quelquefois aussi un hydrate du même oxydo , Mn Aq, qui en constitue parfois la presque totalité; surtout à Groroi dans la Mayenne, à Vie Dessos dans l'Ariége, etc.
La pyrol usité est la matière avec laquelle on prépare le chlore et Teau de Javelle dans les fabriques de toiles peintes et les blanchisseries. On remploie dans les verreries pour purifier le verre des teintes jaunes produites par le charbon, qui se trouve alors brûlé par Toxygène que la chaleur dégage; mais si Ton dépasse la dose nécessaire, le verre prend une couleur violette, ce que Ton voit souvent dans les verres blancs communs. C'est en chauffant la pyrolusite dans une cornue qu'on prépare Toxygène dans les laboratoires, lorsqu'il n'est pas nécessaire de se le procurer au plus grand état de pureté.
Pour ces divers usages, il faut, autant que possible, se procurer les minerais purs , non-seulement exempts de matières étrangères , mais encore de toutes les autres espèces manganiques distribuées dans le tableau; celles-ci. renfermant beaucoup moins d'oxygène , diminuent d'autant l'action du minerai auquel elles sont associées. On a soin d'essayer ces matières pour fixer leur valeur commerciale, ce qui se fait en cherchant d'un côté combien une quantité donnée de minerai produit de chlore, et de l'autre, combien elle dépense d'acide chlorhydrique ; on calcule par là le prix du litre de chlore pour chaque matière. Le peroxyde de manganèse pur ne doit consommer qa'une quantité d'acide chlorhydrique double de celle que produit le chlore obtenu ; or, certains mélanges de pyrolusite avec l'acerdèse, les oxydes de fer, le calcaire, etc., en dépensent plus du quadruple , ce qui montre immédiatement la différence de prix que ces matières doivent avoir.
Acerdèse (àxepSViç, non profitable).
% 4 83. €araetère«. — Substance d'un éclat métallique lorsqu'elle est cristallisée , et mate dans le cas contraire ; toujours à poussière brune, ce qui la distingue immédiatement de la précédente; donnant de l'eau par calcination , et faisant peu d'effervescence quand on la fond avec le borax.
On trouve quelquefois l'acerdèse en prismes rhomboïdaux droits, fréquemment groupés entre eux et composant des masses baeiUaxve^
162 MINËRALOCIE.
011 fibreuses , quelqueroia à flhrfs Irès-finea peu sgri^gées. Elle S^ trouve auffîi en petites masses mamelonnées , en stalaclites , ou frn enduit plus ou moias épais sur les stalactites de limonite.Elli?ei«te également en globules formés de couches concentriques, i limonite en grains, dont elle est alors plus ou moins mélange Quelques petits nids, ou certains enduits, sont composés d'éraiil brillantes, métalloïdes, plus ou moins agrégées, et passent à 6 variétés terreuses. C'est cette matière qui produit les herborisatio noires à la surface de certains calcaires.
La composition de cette espère est fort différente de la premièl car non-seuleraent c'est un hydrate, mais encore l'eau s'y Irw comhinéeavecun oxyde inférieur à celui qui constitue la pyroltia C'est pour cela qu'il y a peu d'eft'ervescence avec le horai : auari substance ne dégage-t-elle que 3 pour 100 d'osygène â la chat rouge; il en résulte qu'elle doit avoir moins de valeur rommerdi en la supposant même à l'état de pureté, et qu'elle est surtout ti impropre pour la préparation de l'ouygèiie.
Cette substance forme encore des gtles considérables dans t les terrains ; elle est même plus abondante que la pyrolusite , a laquelle d'ailleurs elle est souvent mélangée. Les dépâts de U Une dans les Vosges, de la Voulte dans l'Ardèche, de SaintJMtf Gardonnenque dans les Cévennes, de l'abbaye de Sept-FonlA l'Allier, etc., en sont presque entièrement composés.
Observation. — Mous ne parlerons pas de la Brauniie, ot anhydre analogue à l'ollgistc, parcequ'ello est peu abondante ; m YHausmanite, qui n'est que l'oxyde rouge qu'on obtient par la é cination , et qui est encore plus rare. La Psihmélane n'a d'inlérti' que comme combinaison naturelle encore peu connue d'un oxydt demanganèse avec une base; elle accompagne surtout la pyroluaitè deBomanèche, mais se trouve aussi avec celle de Périgueux,' dans plusieurs autres localités. Ce qu'un a nommé Vitxyde rougti zinc est une autre combinaison du même genre avec les oxydea fer et de zinc.
1° Groupe des Chromldea.
Corps donnant par la tualnn avpc la aoiidc une maiit're d'un lipou vcrl-pri! HD de riducUofl, El une matifro jaune »u feu d'ojydalïen.
g 181. L'oxyde de chrome pur, qui est de couleur verte, est^j commun et peu important dans la nature. Sa combindson ant protoxydede fer, ou Si déro chrome, qui est plus abondante, ]| sente un corps analogue à l'aimanl où l'osydo de chrome Joue le rt âa pemsyde de fer. I!!'e^t une matière noire , métalloïde , cristiil
CHROM(DES, URàNIDES, MOLTBDIDES. 163
sant en octaèdre, infusible au chalumeau et y devenant attirable à
' raioaDt. Elle forme des nids ou dps amas dansJes serpentines du dé-
parteinentduyar,etenAménqueprèsdcBaltimoro, etcOnlaconniiît
aoaahors de place sous la forme de sable noir, à l'Ile aux Vaches ù
SuBt-Domingue , et on Ta confondue alors avec los titanates de for.
Oo exploite ce chromite dé fer pour fabriquer le chromate do
potasse, qui sert à préparer le chromate de plomb, ou jaune de
érom^ dont on fait usage on peinture et même dans la teinture,
où W donne un jaune solide. On en fabrique aussi Toxyde vert do
chrome , dont on se sert sur émail et sur porcelaine.
Lechromate de plomb , ou Crocoïse semblable à celui qu'on prépare artificiellement, se trouve dans la nature en cristaux prismatiques allongés, obliques, d'une couleur rouge orangé assez intense. On ne le rencontre qu'en petites quantités, en veines, dans i\c:^ roches quarzeuses micacées, aurifères, à Bérésof en Sibérie, où il est accompagné de Vauquelinite et de Mélanochroïte.
CLASSE DES URANIDES, MOLYBDIDES, TANTALIDES.
TUNGSTIDES, TITANIDES, STANNIDES.
3 485. Nous réunissons ici des matières qui ont quelques analogies avec les précédentes par les oxydes à trois atomes , et qui en présentent surtout entre elles, comme on le voit dans les tantalides, les tungstides, les titanides et les stannides, dont les oxydes paraissent pouvoir se remplacer mutuellement dans les combinaisons. Il y a dans ce groupe peu de corps importants pour quiconque ne doit pas s'occuper spécialement des minéraux; et quelques mots seront SQfiisants pour la plupart d'entre eux.
§486. LesUnANiDES nous offrent Turane à deux degrés d'oxydation. Le plus élevé présente une matière jaune pulvérulente sous forme de légers enduits à la surface de l'autre. Le plus bas, qui provient principalement do quelques dépôts argentifères de Saxe et de Bohême, est une matière noirâtre, d'un éclat gras, fort pesante, infusible au chalumeau, soluble dans l'acide cnzotique, et précipitant en rouge sanguin par le cyanure ferroso-potassiquo. C'est l'ospôre qui fournit à toutes les préparations d'urane de nos laboratoires. S 487. LesMoLYBDiDES ne renferment que l'aciWe molyhdique, en enduit pulvérulent sur le sulfure de molybdène, et le molybdatc do pkrnib Pb Mo*, nommé plomb jaune , ù cause de sa couleur. Celuici provient particulièrement de Bleyberg , en Carinlhie , où il se trojive dans un gîte de minerai de plomb ; il est en cr\slavïK d\\ %n'^-
tème prismatique carré, et le plus souvent en prismes très- courts ou en lamelles oblitérées qui en dérivent.
§ 4 88. Les Tantalides n'offrent jusqu'ici que des substances trèsrares, à base de fer, de manganèse, d'yttria, de cérium, de zircone, etc., qui se trouvent disséminées dans les terrains de cristallisation en Bavière et en Suèdç.
§ 1 89. Les TuNGSTiDES nous présentent trois combinaisons d'acide tungstique, toutes trois très-pesantes: la Scheelite Ca Ta*, la Scheelitine Ph Ta*, qui sont isomorphes, toutes deux blanches et en octaèdres à bases carrées, et le Wolfram ou scheelin ferruginé, combinaison double à base de protoxyde de fer et de protoxyde de manganèse. Le wolfram présente une matière noire et vitro-métalloïde, cristallisée en prismes rhomboïdaux obliques divables sur les diagonales. Il est assez commun , et se trouve abondamment en France dans les granités de Chanteloube et de Puy-les-Vignes (Haute- Vienne), où d'ailleurs on trouve aussi la scheelite. Ces trois matières accompagnent souvent aussi les dépôts de minerai d'étain , et en ont été fréquemment regardées comme les indices. C'est du wolfram qu'on extrait l'acide tungstique, pour l'usage des laboratoires.
§ 490. Les TiTANiDES renferment d'abord trois substances, /?uff7c, Anatase, Brookite, qui ne paraissent être autre chose que l'acide titanique sous deux formes différentes et peut-être même sous trois.
Le Rutile, ordinairement d'un rouge brun, cristallise dans le système prismatique à base carrée, et ses cristaux , ordinairement prismatiques , offrent souvent des groupements plus ou moins analogues à ceux de l'oxyde d'étain , quelquefois comme ceux que nous avons indiqués fig. 267. Il se trouve abondamment disséminé dans les terrains granitiques, comme à Saint-Yrieix (Haute-Vienne), et à Gourdon (Saône-et-Loire), dans les Alpes, et dans un grand nombre de lieux.
L'Anatase, beaucoup plus rare, est ordinairement de couleur bleue et toujours en octaèdre à base carrée. La Brookite est en lames minces, brunâtres, qui se rapportent au système prismatique rectangulaire.
Il n'y a de titanate bien déterminé que la Perowskite qui est à base de chaux, et vient de l'Oural. Le Sphène est un silicio-titanate qui offre des prismes rhomboïdaux extrêmement variés dans leurs modifications. Il se trouve abondamment disséminé dans certains dépôts granitiques des Alpes, principalement autour du Saint- Gothard, ou dans diverses roches amphiboliques qui font partie des terrains granitiqueSy comme en Auvergne, en Bretagne, etc.
TITANIDES, STàNNIDES.
On pense aujourd'hui que les matières qu'on a nommoos tit^nates de fer, sont des mélanges de peroxyde de fer avec un oxyde de titane de même formule qui lui serait isomorphe. La Chrichtonite, qui en est peut-être ta cristallisation ordinaire, se trouve en petits rhomboèdres-aigus profondément tronqués, et le plus souvent en lames minces rappelant l'oiigiste disséminé dans les terrains de cristallisation, et avec lequel elle se trouve à Saint-Christophe en Oisan. La Nigriïie (iserine, ilmenite, ménakanite) cristallise dans le système ciibique, peut-être par effet de dimorphisme; elle est tantôt disséminée dans les roches de cristallisation, tantôt sous la forme de sables noirs, composée de petits octaèdres, dans les ruisseaux des terrains basaltiques et trachytiques.
Oxyde d*étain. — Cassitérite, mine d'étain,
J 491. caraetèren. — L'oxyde d'étain naturel est une matière ordinairement brune , rarement blanche , cristallisant dans le système prismatique à base carrée comme le rutile, dont il est isomorphe; il est infusible au chalumeau, se réduit difficilement, à moins qu'on n'ajoute de la soude. Il est attaqué, quoique difficilement, par l'acide chlorhydrique , et la solution donne un précipité pourpre par le chlorure d'or. A l'état de pureté , il renferme 79 pour 400 d'étain métallique.
Les cristaux sont le plus souvent des prismes à bases carrées, terminés par des sommets à quatre faces, et modifiés de diverses manières, fig. a, b, c; quelquefois ils offrent des pyramides à huit fiices à chaque sommet , tantôt simples , tantôt modifiées sur les angles ou les arêtes , fig. d. Très-fréquemment les cristaux sont groupés deux à deux, et même en plus grand nombre, fig. e, f.
XT'
L'oxyde d'étain se trouve aussi en stalactites et on stalagmites à stnicture fibreuse, qui, le plus souvent, sont en fragments roulé», où les diverses couches d'accroissement se distinguent par des teinta différentes et imitent assez bien les couches de certains bois ; de ble nom d*étain de bois.
g 492. «Uiemeni) usage. — L'oxyde d'étain appartient aux terrains de cristallisation, où il est assez souvent disséminé; mais où il forme aussi des amas puissants , et rarement des fiions. Il existe même dans la partie inférieure des terrains de sédiment , mais toujours dans le voisinage des roches cristallines qui s'y rattachent. Dans diverses localités il se trouve en cailloux roulés dans certains dépôts d'alluvion ; c'est ainsi qu'il est dans tous les dépôts exploités au Mexique, et qu'on le connaît en Cornouailles, aussi bien que sur la côte de Piriac en Bretagne.
L'oxyde d'étain est partout le minerai dont on retire l'étain. Il est assez abondamment répandu dans la nature, mais la France n'en possède que des indices sur la côte de Piriac en Bretagne , et à Vaulry près de Limoges. L'Angleterre , et principalement le Cornouailles, est, sous ce rapport , le pays le plus riche de l'Europe ; elle livre annuellement au commerce environ trois millions de kilogrammes d'étain ; ta Saxe et la Bohême n'en produisent pas trois cent mille kilogrammes. Il en vient beaucoup de l'Asie méridionale, de la Chine, du pays de Malacca, de Sumatra, de Banca, etc.. Où le minerai parait être extrêmement abondant. L'étain de Malacca est le plus pur.
CLASSE DES ANTIMONIDES, ARSÈNIDES, PHOSPHOBÎDES.
g 493.. Caractères généraux. ^— L'étain , dont nous venons de voiries minerais, établit une liaison entre le groupe actuel et le précédent : d'un côté, parles combinaisons oxygénées, qui font de part et d'autre fonction d'acide; de l'autre, par les chlorures , qui jouent le même rôle. Les chlorures d'étain , d'antimoine et de bismuth ont de grandes analogies, quoique le premier cependant ne paraisse pas être isomorphe des deux autres.
L'antimoine et l'arsenic jouent le même rôle dans les combinaisons où ils se trouvent à l'état métallique. Les antimoniures et les arséniures de même formule sont isomorpTies, ce que nous présente VAntimonickel, IdiDisomose, la Cobaltine, et ce qu'on observe encore dans les produits artificiels; c'est aussi par ces derniers qu'on peut comparer les phosphures avec les arséniures et les antimoniures , dont ils sont également isomorphes. Les arséniates et les phosphates ont de telles analogies qu'on ne peut les distinguer au premier moment, et le peu d'antimoniates que nous connaissons dans les laboratoires nous présentent les mêmes résultats.
GROUPE DBS ANTIMONIDES. 167
. Les matières qui composent cette classe de corps nous offrent surtout trois groupes dans lesquels nous distinguerons quelques sul)stances qui sont particulièrement utiles aux arts, ou remarquables conmie objets d'histoire naturelle.
l** Crroupé des Antimonides.
Corps ofTraut immédiatement, ou donnant par calcinaiion , une matière blanoho, .rolatile par la chaleur, S 134, i» et 135^2», attaquable par Tacide chlurhydrique, dont elle précipite en blanc par l'eau et en jaune par les sulfhydrateH.
8 \9i. Antimoine. — Ce métal se trouve à l'état libre dans la nature. Lorsqu'il est pur, il approche du blanc d'argent ; mais lorsqu'il s'y trouve une petite quantité d'arsenic, il prend une teinte bleuâtre, et surtout noircit à l'air. Il n'est connu qu'en petites masses lamellaires dans'lés minerais arsénifères.
L'antimoine du commerce est extrait du sulfure d'antimoine. Son emploi le plus remarquable est pour la composition des caractères d'imprimerie, formés do I d'antimoine et de 4 de plomb. On l'allie avec l'étain pour les couverts de composition; 18 d'antimoine et 400 d'ctain forment ce qu'on a appelé métal du prince liobert, qui est dur, blanc d'argent^ et reçoit un beau poli. L'oxyde d'antimoine entre dans la composition de l'émétique, dans la poudre d'Algarotli, le kermès minéral , etc.
Il existe peu d'antimoniures naturels. Celui d'argent (Z)/scrc/se) cristallise en prismes rectangulaires, et se trouve en petite quantité dans les mines d'argent arsénifères. On connaît un oxyde naturel de ce métal en aiguilles nacrées, de mémo nature que ce qu'on nomme les fleurs argentines d'antimoine dans les fabriques de produits chimiques, qui correspond à l!acide arsénièux. Le même oz)'de hydraté forme des enduits terreux blancs à la surface des sulfures d'antimoine. Comme antimoniies , on trouve le Kerrnàs, dont la base même est le sulfure d'antimoine; c'est une substance rouge brun, souvent en aiguilles cristallines qui se rapportent au prisme rhomboïdal. La Roméite est un exemple de composé d'un autre ordre.
% \9ô. Bismuth. — Nous devons réunir ici le bismuth par suite de l'analogie que ses composés artificiels présentent avec les antimoniures de même formule; mais dans la nature on ne connaît ce corps qu'à l'état libre, ou combiné sous le rôle électro-positif dans
Ws sulfures et les telluriures.
Le bismuth est .un métal d'un blanc rougeâtre, très-fusible, dis-
léminé en petits nids dendritiques dans les dépôts d'arséniures de
cobalt, qui font partie des gîtes argentifères. Il est peu commun dans la nature, et surtout peu employé dans les arts. On s'en sert principalement pour former l'alliage de Darcet, qui fond à la température de Feau bouillante, et dont on fait des plaques de sûreté dans les chaudières à vapeur.
2" Crroupe des Arsénides.
Matières dégageant des vapeurs arsenicilcs, qu'on reconnaît à Todcur d'ail, soil pur simple grillage, soit par calcination avec de la poussière de charbon.
Arsenic.
g 496. Substance d'un éclat métallique dans la cassure fraîche, et noircissant promptement à Tair ; volatil à l'état métallique dans le tube fermé, et donnant de l'acide arsénieux en petits cristaux lorsqu'on la grille dans le tube ouvert.
L'arsenic se trouve en petites masses bacillaires et fibreuses, ou mamelonnées à la surface, et composées de couches concentriques. C'est une substance assez commune, quoique peu abondante, qui se trouve dans les gîtes métallifères, principalement dans ceux de sulfure d'argent et d'oxyde d'étain.
ARSÉNIURES.
§ 497. Smaltine. — Les arséniures les plus importants sont ceux de cobalt, dont il y a au moins deux espèces. Le biarséniure porte particulièrement le nom de smaltine ou cobalt arsenical. C'est une substance métallique gris d'acier dans la cassure fraîche, et qui se ternit à l'air ; elle cristallise en cubes diversement modifiés, ou se trouve en petites masses dendritiques qui forment ce qu'on nomme le co&d^ tricoté. Ailleurs elle est mamelonnée ou globulaire, à structure fibreuse, ou enfin en masses compactes. Celles-ci , qui en général noircissent à l'air, paraissent renfermer souvent des arséniures de la formule Co'Ar*.
Le biarséniure, à Tétat de pureté, renfermerait 28 de cobalt et 72 d'arsenic; mais il est souvent mélangé d'arséniures de différents ordres, qui font varier les quantités de cobalt; d'où résultent des minerais de plus ou moins de valeur, et d'ailleurs très souvent salis par des arséniures de nickel , de fer, etc.
Ces arséniures ne forment pas de gîtes à eux seuls ; ils font partie à fis dépôts de sulfure d'argent et dechalkopyrite, principalement dans
GROUPE DES ARSÊNIDBS. 169
lesterraius de cristallisation, comme en Saxe, en Bohême, etc., et rarement dans les terrains de sédiment entremêlés avec les premiers, comme à Sainte-Marie-aux-Mines dans les Vosges, dans la Uesse, le Hanau et la Thuringe. Partout ils sont exploités ou au moins récoltés pour la préparation de To.xyde de cobalt, et, le plus souvent, pour en fabriquer des verres bleus nommés smalty qu'on emploie comme couleurs. Les produits les plus beaux, réduits en poudre fine, se débitent sous le nom d'outremer^ qu'il ne faut pas ronfondre avec l'outremer proprement dit, § 352; les autres se vendent sous le nom ô*azur. On débite aussi sous le nom de safre le résidu du grillage des minerais de coktalt, mélangé de sable eillceux, qui, par la fusion ultérieure, produisent des verres bleus. Tous les bleus sur porcelaine, sur émail , sur les poteries, même les plus communes, et tous les verres bleus, sont formés avec des préparations de cobalt. Le bleu Thénard est un aluminate de cobalt, ^ qu'on obtient en mêlant des dissolutions d'alun et de cobalt, précipitant par un alcali et calcinant : c'est ce bleu qu'on obtient dans l'essai des substances alumineuses, § 437, 2°.
Le cobalt extrait du sein delà terre, et converti en smalt, en oxyde, en préparations diverses, offre un produit annuel d'environ 3 millions de francs. La Saxe et la Suède en fournissent la plus grande partie : mais dans la dernière de ces contrées la matière qu'on tra- ^'aille est en général le sulfarséniure, substance plus pure dont nous parlerons tout à l'heure.
8 498. Nickéline. — Il se trouve dans la nature des arséniures de nickel qui correspondent aux arséniures de cobalt, dont sans doute ils sont isomorphes. Le plus commun est un simple arséniure NiÂr , <ID'on nomme nickel arsenical ou Nickéline. C'est une matière douée de l'éclat métallique, rougeâtre, se ternissant lentement à l'air. On ne la connaît pas cristallisée. Elle estattaquable par l'acide azotique, auquel elle communique une belle couleur verte; la solution devient bleue par l'addition de l'ammoniaque, et précipite en vert par la potasse.
On connaît aussi un biarséniure NiAr* , qui présente les mêmes caractères chimiques, mais qui est gris d'acier, assez brillant et inaltérable à l'air. Il cristallise en cube, par conséquent comme la smaltine à la formule de laquelle il correspond.
Les diverses analyses qu'on connaît, et qui sont souvent fort compliquées par des mélanges divers, semblent indiquer aussi comme pour le cobalt l'existence d'un composé Ni*Ar*, qu'on n'a pas encore trouvé isolé.
Ces substances accompagnent presque partout les arséniures de
170 MINÉHALOUIE.
cobalt, ol s'exploitent en même temps qu'eux. On en prépare par la fusion une matière métallique rougeâtre nommée speiss, qui entre dans le commerce et sert à toutes les préparations du nickel , dont clic renferme une grande quantité avec de l'arsenic, du soufre, quelques traces de cobalt et de cuivre.
Le nickel , allié en petite quantité au laiton, forme le rnaillechort, matière connue depuis longtemps en Chine sous le nom de packfung, qui imite parfaitement l'argent et qu'on emploie beaucoup aujourd'hui. Si elle se ternit un peu à l'air, elle se nettoie avecla plus grande facilité et reprend tout son brillant.
SULFO-ARSÉMURES.
§ 199. Cobaltine. — On connaît dans la nature plusieurs combinaisons d'arséniures et de sulfures des mêmes bases. La plus intéressante est le sulfo-arséniure de cobalt, qu'on nomme aussi co6aft gris^ cobalt éclatant et Cobaltine. C'est une matière d'un éclat métallique assez vif, blanc d'argent ou blanc rougeâtre, qui cristallise dans le système cubique, et se clive en cube. C'est à cet état qu'on la rencontre le plus souvent, et les cristaux offrent les défauts de symétrie dont nous avons parlé, § 45, 3° ; c'est-à-dire qu'ils sonl en cubes passant au dodécaèdre pentagonal, en dodécaèdres, en icosaèdres, où les faces de l'octaèdre sont plus ou moins développées. Elle possède à peu près les caractères chimiques de la smaltine, si ce n'est qu'on y reconnaît aussi l'indice du soufre par le grillage.
La cobaltine se trouve particulièrement en Suède et en Xorw'^, en amas plus ou moins considérables, dans Içs terrains cristallins, avec la clialkopyrite. Elle est généralement plus pure que la smaltino, et aussi plus riche en cobalt, dont elle renferme 35 pour 400 : elle est partout exploitée avec soin et employée aux mêmes préparations que le simple arséniure.
§ 200. Disomose. — C'est une substance gris d'acier à base de nickel, qui, par les indices de cristalhsation et de clivage, rappelle la cobaltine et en est isomorphe. Elle n'est encore connue qu'on Suède, où elle accompagne la cobaltine. On l'a nommée aussi ntciW gris.
§201. Mispikel. — Ce sulfarséniure de fer, composé conune les précédents, no cristallise plus dans le système cubique; il se trouve, peut-être comme effet de dimorphismo, en prismes rhoni' boïdaux droits, tantôt isolés, tantôt groupés en petites massics bacillaires; on le connaît aussi à l'état compacte ou granulaire. Il «
GROUPE DES ARSÉNIDES. 171
Véclat métallique et la couleur blanc d'argent ou jaunAtré. Attaquable par Tacide nitrique, sa solution précipite abondamment en bleu par le cyanure ferroso-potassique.
Ce minéral seHrouve souvent disséminé dans certains dépôt:? des formations cristallines, ou dans divers amas métallifères, particulièrement ceux d'oxyde d'étain; mais il forme aussi des fuîtes on quelque sorte à lui seul, soit en amas, soit en filons. 11 est exploité dans quelques endroits pour en tirer l'arsenic, avec lequel on prépare le réaîgar et Vorpiment des peintres, ou l'acide arsénieux , qui sert à fabriquer le vert de Scheele (arsénite de cuivre), employé en peinture et sur les papiers peints.
ABSÉNIATES.
s 202. Il n'y a pas un corps important à connaître dans les minéraux de cette série: cependant quelques-uns peuvent fixer l'atlontioD par leurs compositions, leurs formes ou leurs couleurs.
Varséniate de plomb, ou Mimétèse, est une substance ordinairement jaunâtre, cristallisée en prismes hexaiçones réguliers trèsnets, qui nous offrent un arséniate combiné avec un chlorure.
Les arséniates de chaux présentent de très-petits cristaux ou des bouppes blanches cristallines, le plus souvent accompagnés et môme colorés par Tarséniate rose de cobalt.
Les arséniates de cuivre sont remarquables par leurs couleurs vert-pré, vert sombre, vert bleuâtre, ou par les dispositions des variétés fibreuses.
Le plus commun des arséniates de fer est la Sid éréti ne, matière brufte très-fragile, brillante dans la cassure et qui rappelle la colophane. Elle se forme journellement dans les mines, et se trouve souvent mélangée de sulfate de peroxyde de fer, ce qui montre qu'elle est due à la décomposition des sulfo-arséniures.
Varséniate de cobalt, ou Érythrine, est d'une belle couleur violette lorsqu'il est en cristaux, et rose dans les variétés pulvérulentes. Parmi celles-ci, il en est qui sont mélangés d'une assez grande ([uantité d'acide arsénieux qui leur donne une teinte plus pâle et tirant sur le lilas. Varséniate de nickel, de couleur vert-pomme, forme des enduits ternes sur la nickéline.
Les arséniates paraissent être généralement des produits modernes qui résultent de la décomposition des arséniures divers dans l'intérieur des mines. '
8® Oronpe des Photpliorides.
Corps non métalliques donnant par la fusion avec le carbonate de soude un sel ftoluble, dont la solution précipite en blanc par le nitrate de plomb et en jaune par le nitrate d'argent.