GROUPE DES CHL0R1DES
roches ignées, désignées sous le nom d'ophites, qui ont disloqué tous les dépôts de sédiment jusqu'aux derniers dépôts tertiaires. Il s'en trouve plus ou moins, avec des gypses, partout où l'on rencontre ces roches, et les masses salifères, çà et là très-considérables , se sont arrêtées, comme elles, dans les diverses formations qui ont été traversées, tantôt dans les terrains crétacés, tantôt dans les dépôts tertiaires.
En Angleterre, on cite surtout les salines de Norwich dans le grès bigarré, en Suisse celles de Bex qui sont dans le lias, en Espagne celles de Cardona encaissées dans la craie , et qui sont néanmoins de rage tertiaire , etc.
Les sources salifères sont très-nombreuses, et généralement dans les contrées où se trouvent des dépôts de sel que sans doute les eaux traversent avant d'arriver au jour. Nous en avons beaucoup en Lorraine, en Franche-Comté , au pied des Pyrénées, etc. Il en existe de même dans un très-grand nombre de localités , soit en Europe , soit dans les autres parties du monde.
Les lacs salés sont aussi très-nombreux, et se trouvent principalement dans les grandes plaines de nos continents. La Russie d'Asie, la Sibérie, en renferment un grand nombre ainsi que les plaines de l'Afrique. Le sol même des contrées où se montrent ces lacs est tout imprégné de sel, et l'on en cite des masses solides , qui so présentent à fleur de terre, dans les lieux où la sécheresse habituelle du chmat permet leur conservation. Il est à remarquer que dans ces lacs, comme dans les eaux des mers, le sel commun se trouve accompagné de chlorure de calcium et de magnésium , de sulfate do soude, etc.
Le sel commun est tellement nécessaire à l'homme, (ju'on l'exploite avec soin partout où il s'en trouve, et que partout les eaux (les mers sont évaporées pour en tirer cette matière importante. Dans les parties favorisées par de riches dépôts, on en donne constamment aux bestiaux , qui en deviennent extrêmement friands, ce qui contribue beaucoup à les entretenir en santé; on en trouve alors des blocs à la portée de toutes les étables.
Outre la consommation journalière , il y a des contrées où l'on se sert du sel commun pour préparer du sous-carbonate de soude , si nécessaire pour les savonneries et les verreries. On en tire aussi tout l'acide chlorhydrique nécessaire aux arts.
Le sel commun , malgré son peu de valeur lorsqu'on défalque les droits, offre en Europe un produit brut de i50 millions de francs, qui s'accroîtrait énormément si une exemption d'impôt permettait (l'en donner partout aux bestiaux.
Chlorures divers.
§ îi4. Gtùns encore quelques autres matières de ce groupe sa les'^uelles il n'est pa> inutile d'avoir quelques notions.
Le Cal orne i se trouve avec le cinabre, en petits enduits et a petits cristaux blanchâtres, qui sont des prismes carrés.
La Kérasine. f<.rt rare, qu'on trouve dans quelques mines di plomb . et qui est en cristaux prismatiques à bases carrées, acdl surtout de remarquable qu'elle nous offre une combinaison de chlO' rure de plomb avec l'oxyde de ce métal , circonstance dont dm connaissons plusieurs exemples dans les laboratoires.
L'Atakamite est dans le même cas; c'est un chlorure de caim combiné avec Toxvde de cuivre, et hvdraté. Cette matière, d'mc belle couleur verte , se trouve au Pérou dans certains gttes de m» rais de cuivre : on la réduit en poudre, et elle est alors employé! comme sable à mettre sur l'écriture dans tout le pays.
La Sy i vi n e , ou sel de Sylvius, est mélangée en très-petites qoaitités avec le sel commun , dans les mines de Hallein et de Berchlo* gaden en Salzbourg.
Les Chlorures de calcium et de magnésium, quisoiil très-déliquescents , se trouvent dans les eaux des mers et celles É| certains lacs, auxquelles ils donnent une saveur amère.
Le Salmiac, sel ammoniac, se trouve dans quelques boaij 1ères embrast'es, dans les volcans, à la surface des laves, et éuà des espèces de solfatares de l'Asie centrale, où des caravanes vle^ nent l'exploiter en certains temps de l'année.
eia^ ?rdM|
2° Groupe des Broinides et des lodtdes.
§ 245. On a découvert le bromure d'argent dans les pacos ets|p lorados du Pérou et du Mexique , et on l'a reconnu depuis dansi matières semblables à Poullaoen en Bretagne. Il est assez aboii([ lians les premiers, et en petits cristaux cubiques de couleur ver dans les seconds.
Les eaux mères des marais salants et de diverses salines du ca|| ti nent renferment des bromures. Privées de sel marin, elles difl nent, par l'azotate d'argent, un précipité jaunâtre, qui, par eeli couleur, se distingue du chloruro d'argent. On a annoncé du W mure de zinc dans les dépôts de calamine de Silésie.
Viodure d'argent a été annoncé autrefois par Vauquelin dansdB minorais argentifères qu'on disait être du Mexique; mais depd
BROMiDES, lODIDES, FLUORIDES. 201
peu M. Domeyco Ta retrouvé en masses jaune yerdâtre composant à lui seul un gîte abondant à Coquimbo au Chili.
On a indiqué des iodures de zinc et de mercure , le premier en Silésie, le second au Mexique.
Il y a des iodures de sodium et de magnésium dans les eaux des mers et dans certaines eaux minérales , telles que celles de V6ghera, de Sales et de Castel Nuovo d'Asti, en Piémont, qui sont connues pour le traitement des maladies scrofuleuses. Les eaux mères des salines de Schœnbeck en Magdebourg , celles de Guaca en Colombie, en renferment également. Toutes ces eaux précipitent par Tazotate d'argeiit ; mais le précipité est insoluble dans l'ammoniaque, ce qui le distingue des chlorures et des bromures.
8<* Ciroape des Flaortdes.
Corps donnant par la fusion avec l'acide phosphorique une vapeur qui corrode le Terre du tube dans lequel on fait Topération,
Fluorine. — Fluor, spath fluor , chaux fluatée.
§ 246. Caractère*. — Substance vitreuse ou pierreuse offrant souvent des couleurs vives , cristallisant dans le système cubique ; se clivant en tétraèdres ou en octaèdres réguliers ; rayée par le verre; donnant généralement une phosphorescence très-marquée par l'action de la chaleur.
Fusible au chalumeau ; attaquable par les acides , et surtout l'acide sulfurique, qui la décompose; solution subséquente précipitant abondamment par les oxalates et non par l'ammoniaque.
La fluorine, souvent cristallisée, affecte presque toutes les formes du système cubique, si ce n'est le tétraèdre, qu'on n'obtient que par clivage. Souvent aussi elle se trouve en masse lamellaire ou bacillaire, quelquefois compacte, et enfin à l'état terreux. Rarement incolore , elle offre le plus souvent des couleurs vives , jaune, vert , rose, violet, plus ou moins foncées, souvent réunies par bandes et par zones sur le même morceau.
$ 247. «isement; asageii. — Cette substance, assez commune^ est en général subordonnée aux gîtes métallifères , surtout à ceux de minerai de plomb; mais elle forme aussi des filons à elle seule, tant dans les terrains granitiques que dans les dépôts de sédiment qui en sont voisins.
Les variétés à couleurs vives, disposées en zones, en zigzags, ou entremêlées agréablement, sont employées pour faire des vases ^ des coupes, une multitude d'objets de fantaisie, d'ww U^.'sAi^X çîSî^v^
et souvent d'un prix fort élevé : c'était la substance des vases Murrhins, si célèbres dans l'antiquité. Aujourd'hui la plupart de ces objets se fabriquent en Angleterre; en France, on a quelquefois employé , sous le nom de prime d'émeraude, des variétés verdâtres entremêlées par couches en zigzag avec du quarz , pour des incrustations qui ne sont pas sans agrément.
C'est avec la fluorine qu'on prépare l'acide fluorhydrique , dont on se sert pour la gravure sur verre comme de l'eau-forte pour la gra\Tire sur cuivre. On couvre le verre d'une légère couche de cire , puis on dessine , avec une pointe , les objets qu'on veut graver, et on expose la plaque à la vapeur de l'acide, qu'on dégage par un mélange de fluorine en poudre et d'acide sulfurique.
§248. Il existe des fluorures de cérium et d'yttria qui se trouvent en très-petits nids dans les pegmatites de Brodbo et de Finbo en Suède. On connaît aussi une substance blanche , la Cryolite, clivable en prismes rectangulaires , qui se fond avec une grande facilité au chalumeau, et qui est un double composé de fluorure d'aluminium et de sodium. Elle se trouve au Qroënland , en filons , dans des roches de cristallisation.
Topaze.
g 249. Substance vitreuse, rayant le quarz, cristallisant en prismes rhomboïdaux clivables perpendiculairement à Taxe. Infusible au chalumeau , attaquable par les acides après la fusion avec le sel de soude; solution donnant un précipité floconneux par l'ammoniaque.
La topaze, presque toujours cristallisée , offre des prismes rhomboïdaux diversement modifiés, comme dans les figures ci-jointes , qu'on trouve souvent roulés et brisés dans les ruisseaux de diverses contrées , ou même réduits en cailloux arrondis , qu'on distingue des cailloux de quarz par le clivage dont ils sont susceptibles. Quelquefois les cristaux sont assez gros , et quand ils sont empâtés dans la roche , il arrive qu'en se brisant ils offrent des masses laminaires qui sont alors blanchâtres et plus ou moins opaques. Ailleurs ils sont au contraire très-petits, entassés les uns sur les autres, et produisent de petites masses granulaires.
HVDROGÉXIDBS. 203
Le plus ordinairement la topaze est jaunâtre ; mais on la trouve aussi limpide, ou bien rosâtre et bleuâtre.
Cette substance appartient essentiellement aux terrains de cristallisation ; elle en tapisse les fissures, ou bien s*y trouve disséminée, et surtout dans les pegmatites; elle existe aussi dans quelques amas métallifères, et particulièrement dans ceux d'étain. Elle est souvent abondante dans les terrains d'alluvion, comme au Brésil , où elle se trouve avec beaucoup d'autres substances.
La topaze est employée dans la joaillerie ; elle nous vient aujourd'hui toute taillée du Brésil , et il n'y a plus qu'à assortir les pierres pour les parures. On nomme topazes brûlées des variétés rosâtres qu'on obtient le plus souvent en soumettant quelques variétés jaunes à Faction de la chaleur.
S 250. On nomme Pic ni te une substance pierreuse, en masses bacillaires, des mines d'étain d'Altenberg en Saxe, qui renferme aussi de la silice, du fluor, et de Talumine dont les proportions diffèrent de celles qu'on trouve dans la topaze. LaCondrodite, fluoâlicate de magnésie, est une substance du système prismatique rhomboïdal qu'on a rencontrée en Suède et en Amérique disséminée dans des calcaires grenus.
HYDROGÉNIDES, AZOTIDES.
§ 2o< . L'hydrogène et l'azote sont des corps qu'on ne sait trop où placer dans la série des corps simples. Ils ont quelque analogie d'un côté avec le carbone, de l'autre avec le soufre et le phosphore, ce qui conduit à les placer entre ces substances.
Nous avons peu de matières naturelles dans ce groupe, mais c'clles qui existent jouent un rôle assez important pour ne pas las passer <ou3 silence. Dans les hydrogénides nous avons l'hydrogène et l'eau ; dans les azotides, l'azote, l'air atmosphérique, et quelques azotates, dont le salpêtre est le plus important.
Hydrogène.
S 252. Corps gazeux, incolore, inodore, très-léger, combustible, et donnant de l'eau pour résultat de la combustion.
L'hydrogène, qui est rare à l'état libre, paraît se dégager quelquefois par les crevasses qui se manifestent pendant les tremblements de terre; c'est peut-être là l'origine des flammes qu'on a quelquefois indiquées dans ces grandes catastrophes, et qui cependant pourraient être dues à de l'hydrogène carboné ou sulfuré. Il s'en
dégage, ditoii) quelquefois pendant les éruptions volcaniques, qui se trouve presque aussitôt brûlé par suite de l'élévation de température. Il est toujours mêlé aux vapeurs de naphte et à Thydrogène carboné qui se dégage des salzes, § 279.
Eau.
§ 253. Kaa «oUde, «laee, slaclem, slaelènss. — L'èau, comme chacun le sait, se trouve dans la nature à trois états : solide, liquide, et gazeuse.
A l'état solide, Teau cristallise dans le système rhomboédrique; ce qu'on observe en parcourant les hautes montagnes pendant l'hiver. Elle donne alors la double réfraction attractive, qui , comme on sait ($ 97), n'est encore connue que dans peu de substances. Elle forme à cet état les glaces perpétuelles des pôles au niveau même des mers, et au sommet des montagnes les neiges éternelles, qui commencent à différentes hauteurs, suivant la latitude. L'observation donne à cet égard les résultats suivants :
Vers 70" de latitude la limite inférieure des neiges perpétuelles
est à environ 1050 mètres.
Vers 60° à 1500
Vers 45» à ».... 2550
Vers 20» à 4600
Vers l'équateur à 4800
Ces neiges éternelles, ou amas de grésil, constituent ce qu'on nomme les glaciers^ dont il faut distinguer deux espèces : ceux qui commencent aux limites indiquées, et qui sont à peu près invariables, et ceux que forment les neiges qui tombent en. certains temps dans les vallées plus basses, ou les avalanches, qui se détachent des premiers. Ceux-ci , qui se consolident par l'infiltration journalière des eaux provenant de la fusion de quelques-unes de leurs parties, et qui se meuvent constamment sur la pente du terrain, descendent même à 4 000 mètres au-dessus des mers dans nos climats, au milieu des prairies et des terres labourables de nos montagnes. Leur masse est très-variable, tantôt augmentant, tantôt diminuant, suivant le degré de chaleur et la durée des étés; quelquefois décroissant pendant plusieurs années de suite, puis augmentant de même pendant quelques autres. Ce sont ces glaciers accidentels qu'on a le plus souvent visités, et qui offrent les circonstances les plus remarquables. La neige agglutinée y forme des dépôts dont l'épaisseur est quelquefois de 8 à 900 mètres, qui sont traversés irrégulièrement par des ère-
HYDR0GÉN1DES. 205
vaases profondes, et percés de puits dans lesquels s'engouffrent do petits' ruisseaux provenant de la fonte journalière de la surface. Des glaçons taillés en pyramides aiguës, en espèces de crêtes per* cées à jour, toutes prêtes à s'écrouler, en hérissent de toutes parts la surface et arrêtent à chaque pas le voyageur attiré par la curiosité : ce sont les plus grands, comme les plus effroyables spectacles de la nature. On a quelquefois comparé ces glaciers à une mer agitée par la plus violente tempête, et qui tout à coup se serait congelée pendant que ses lames écumantes semblaient menacer la terre d'un bouleversement général. Quelquefois cependant la surface est plus unie, et avec quelques précautions on peut y voyager en toute sécurité.
Dans nos climats, c'est au milieu des Alpes qu'on peut voir surtout les glaciers, soit autour du mont Blanc , où l'on remarque particulièrement le glacier des Bois, ou merde glace, qui a cinq lieues de long sur une de large ; soit au Saint-Gothard, où l'on trouve le glacier du Rhône, qui est un des plus remarquables, et d'où le flcuN t*. sort déjà avec une grande force d'une voûte immense et profonde de glace.
Il se trouve aussi de la glace dans certaines cavernes, qu'on nomme à cause de cela des glacières naturelles ; elle y est produite par l'évaporation rapide occasionnée par les courants d'air sur les eaux qui suintent dans ces cavités, et dont une partie dès lors se solidifie. Il se trouve do ces glacières naturelles dans les montagnes du Jura et principalement près de l'abbaye de Grâce-Dieu, à six lieues à l'est de Besançon.
§ 254. Eau Uqalde.* Puits absorlMintii et mrtéitîenn. — Outre les mers qui enveloppent nos continents, les lacs qui existent partout et jusqu'au sommet des montagnes, les ruisseaux et les rivières qui sillonnent la surface de la terre , l'eau se trouve en amas plus ou moins considérables dans l'intérieur même du globe , et forme des rivières souterraines dont le courant même est quelquefois très-rapide. D'un côté, on voit quelquefois les eaux sortir en abondance du sein même des rochers, comme à la source du Loiret, à celle de l'Orbe, à ce qu'on nomme la fontaine de Vaucluse, la fontaine de Nîmes, etc., ce qui annonce des courants souterrains plus ou moins longs; d'un autre côté, les sondages qu'on a faits en Cant de lieux dififérents pour les puits artésiens ont fait découvrir, à diverses profondeurs, des courants rapides, qui ont donné l'idée d'amener au trou de sonde les eaux dont on voulait se débarrasser : de là l'origine des puits absorbants, qui ne sont pas moins précieux pour certaines contrées que les puits artésiens eux-mêmes.
2C6 «INÉRALOGIB.
On nomme puits artésiens, parce qu'ilâ sont depuis loogtemps en usage en Arlois , des trous de sonde verticaux au moyen desquels , en certains lieux, tes eaux situées à la profondeur remontent jusqu'à la surface, et quelquefois même y jaillissent à do grandes hauteurs. La condition essentielle pour obtenir un puits artésien est la présence d'une couche graveleuse relevée suffisamment de toutes parts, et comprise entre deux couches imperméables dont on perce ta sup^ rieure. Il est clair qu'une telle couche aboutissant à la surface du sol , en a et b, par exempte, absorbera continuellement les eaux
pluviales par tout son pourtour qui peut être quelquefois très-grand, et se remplira dés lors, entre les deux couches imperméables jusqu'à un certain niveau ed;si on vient alors à percer tous les dépôts qui recouvrent la couche aquifère , l'eau jaillira par le trou et s'élèvera au dehors jusqu'au niveau qu'elle atteint dans cette espèce de vase naturel. L'écoulement se continuera à la même hauteur s'il y a absorption suffisante au pourtour extérieur de la couche, et mieux encore, si en quelques points, a, b, etc., de ses aOleuremenls , il passe quelque rivière qui puisse fournir constamment. C'est ainsi que luCreuseet la Vienne fournissent probablement aux puils artésiens de Tours, comme l'Yonne, l'Armançon, la Haute-Seine, l'Aube, la Haute-Marneet ses affluents, l'Aisne, etc., en roulant sur les grès verts qui noua entourent, fournissent au puits artésien de Grenelle à Paris.
Il est clair que ce qu'on fait ici artificiellement peut avoir lieu dans la nature par des fentes, soit, dans le terrain qui recouvre la couche aquifère, soit dans celui qui la supporte, comme de fen d ; et de la l'explication de la source du Loiret, des fontaines deVaucluse,deNImes, etc., des puits passagers qui débordent en certains moments dans le Jura ; toutes circonstances qui peuvent se lier à la disparition des eaux de pluie et des ruisseaux dans W sables de cerlaines contrées plus élevées.
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HTDROGÉNIDES. 207
Les puits artésiens ramènent à la surface de la terre des eaux qui seraient complètement perdues pour diverses localités , et qui nous offrent alors de grandes ressources. On a proposé d'augmenter ainsi la masse des eaux de certains ruisseaux, ce qui offrirait souvent un avantage immense; on a même pensé qu'il serait possible de rendre à la culture certaines parties des déserts de TÉgypte, en amiMiant ainsi des eaux à la surface du sol, comme il parait qu'on l'a pratiqué autrefois dans quelques oasis.
§ 255. Sources ordlnalreM et thermale». — Les sources ordinaires résultent en général de la filtralion des eaux pluviales à travers le terrain^ jusqu'à une profondeur pou considérable, où
elles sont arrêtées par les couches imperméables , comme a 6, sur lesquelles elles glissent jusqu'au dehors. Ces - eaux sont en général assez pares, ou ne renferment que les matières du terrain superficiel qu'elles ont traversé; elles sont ordinairement à la température moyenne de la contrée. Il y a d'autres sources qui présentent des caractères fort différents, dont les eaux sont chargées de matières étrangères aux terrains dont elles sortent immédiatement, ou qui sont à une température plus ou moins élevée : ce sont celles qu'on nomme sources minérales et sources thermales. Ces dernières ont de tout temps attiré l'attention , et on en a souvent cherché l'explication, dans la décomposition des pyrites , ou dans la proximité des volcans. Aujourd'hui l'accroissement reconnu de la température à mesure qu'on descend dans l'intérieur de la terre, qui est d'environ 4^ par 33 mètres au-dessous du point de température moyenne, fait naturellement conclure que la chaleur des eaux thermales tient à ce qu'elles viennent , comme celles des puits artésiens , d'une profondeur plus ou moins considérable, et qu'on peut même calculer dans chaque lieu *. On conçoit qu'à ces profondeurs, et à une température convenable, les eaux puissent agir sur beaucoup de corps, et en extraire des matières qui les distinguent de celles qui proviennent des filtrations superficielles.
Les eaux minérales sont assez variées par la nature des principes qu'elles renferment, et se présentent dans un grand nombre de localités, où elles sont plus ou moins renommées sous le rapport médical. Les eaux chaudes sont également assez communes ; mais celles
Ml n'a fallo percer que 548 mètres au milieu de la plaine de Paris pour avoir uu poib artésien dont l'oaa est constamment à la température de 'i7*>.
iOS MINÉRALOGIB.
dont la température arrive jusqu'à rébullition sont rares, et Ton ne connaît en France que les eaux de Chaudes-Aiguës et de Vie, dans le Cantal, qui soient dans ce cas; il y a même fort peu d'autres localités connues à la surface du globe.
;^ 256. Kan es vapear. — L'air atmosphérique est constammeDt mélangé de vapeur d*eau , qui tantôt y reste à l'étal invisible, tantôt se condense en gouttelettes fines qui s'interposent dans Tairet constituent alors les brouillards et les nuages. Il se fait aussi, par les fissures dos roches . tant dans les volcans et les solfatares qu'à travers certains terrains calcaires, des éruptions de vapeur à 400^ qui s'élèvent en colonnes blanches ,. quelquefois tr^-hautes, en produisant dans quelques cas un bruit assez fort , comme si elles >ortaient d'une chaudière à vapeur. C'est le phénomène des fumaroUes ou sjufflards , qui ne présente nulle part une plus grande intensité qu'en Tc>scane dans les collines calcaires de MonteCerboli, Castol Nuovo et Monte Rotondo.
§ ^57. K«a combinée. — A l'état de combinaison, l'eau se trouve dans un grand nombre de corps naturels , que l'on nomme à cause de cela des hydrates. La limonite et le gypse en sont des exemples importants dans les corps que nous avons étudiés , et ce sont eux probablement qui en présentent la plus grande quantité ainsi fixée à la surface du globe.
Azote et Azotates.
§258. V azote est un gaz incolore, inodore, n'entretenant ni la combustion ni la vie, incombustible, insoluble dans l'eau. Il se dégage quelquefois des fentes de la terre pendant les secousses de tremblement de terre , et c'est à cela qu'on attribue l'asphyxie des animaux qui a lieu quelquefois dans ces grandes convulsions de ta nature; suivant Humboldt et Parrot, il s'en dégage aussi des salzes, .^ -279, avec l'hydrogène carboné.
Le mélange de 78 d'azote et 22 d'oxygène constitue l'air atmosphérique. La combinaison de ces deux gaz, dans la proportion de 26 à 74, donne l'acide azotique, qu'on trouve quelquefois libre, dans les pluies d'orage , le plus souvent combiné avec Tammonia- ({ue; ailleurs il est à l'état d'azotate de potasse, de soude, de chaux, (le magnésie.
§ 259. L'azotate de potasse, ou Salpêtre, qui cristalise en prismes rhomboïdaux, se trouve en efïlorescence dans un grand nombre de lieux , surtout au milieu des grandes plaines de nos continents: comme en Hongrie, dans l'Ukraine et la Podolie, dans les plaine? de
AZOTIDES, CARBONIDBS. 209
la mer Caspienne, en Perse, en Arabie, dans les déserts de TÉgypte. Il existe aussi dans diverses cavernes tant des terrains calcaires que des terrains feldspathiques. Il paraît dû en général à une formation journalière, mais dont il est difficile d'assigner la cause. Dans nos écuries, et autour de nos habitations, où il s'en forme journellement d'assez grandes quantités, on en trouve l'origine dans la décomposition des matières animales qui fournissent l'azote; mais partout ailleurs, cette explication ne parait plus suffire et c'est dans l'air même qu'il faut chercher l'azote : on sait à cet égard qu'il faut le contact de l'air avec des matières poreuses calcarifères , et le concours de l'humidité pour quje la combinaison avec l 'oxygène puisse s'effectuer.
Le salpêtre est récolté partout où il se trouve sous la main de l'homme, et la plus grande partie est employée pour la fabrication de la poudre à canon. On le prépare souvent au moyen des vieux plâtras des écuries et des caves qui renferment quelquefois beaucoup d'azotate de chaux, qu'on décompose par le carbonate de potasse; mais le sel qu'on obtient ainsi revient beaucoup plus cher que celui qu'on pourrait se procurer par la voie du commerce, eu le tirant des contrées où il est naturellement tout formé.
% 260. V azotate de soude, nommé aussi nitre cubique, parce qu'il cristallise en rhomboèdres qu'on a pris dans le principe pour dorî cubes, se trouve naturellement en couches de deux à trois pieds d'épaisseur, à structure granulaire, dans les environs de la baie dTquiqué, au Pérou, sur une étendue de plus de quarante lieues, dans les districts deTarapaca et d'Âtakama; il est quelquefois à nu, ou seulement recouvert par une couche d'argile ou de sable. On l'exploite pour la préparation de l'acide azotique , et la fabrication de l'acide sulfurique ; il ne peut être employé pour la poudre, parce qu'il est un peu déliquescent.
GROUPE DES CARBONIDES.
Corps solides, liquides ou gazeux : les uns combuslibles et donnant alors de l'avide carbonique, d'auires attaquables f ar les acides et dégageant avec effervescence da gaz acide carbonique; un autre eiitin à l'état même d'acide carbonique , gazeux oa dissous dans Teau.
§264. Les corps renfermés dans ce groupe sont le carbone et un assez grand nombre de combinaisons mal définies de carbone avec- l'hydrogène et l'oxygène, quelques carbures, enfin l'acido carbonique libre et des carbonates.
Xous ne trouvons le carbone pur que dans le diamaul ou Vç i^Vi^-
phite, qui ne diffèrent que par le mode d'agrégation moléculaire et qui sont les seules espèces charbonneuses définies. Les combinaisons de carbone avec l'hydrogène et l'oxygène, constituent les matières qu'on désigne vulgairement sous le nom de charbon de terre, et celles qu'on appelle bitume. Les charbons de terre proviennent d'une accumulation de débris végétaux qui ont subi diverses modifications en vertu desquelles il s'est formé des combinaisons particulières de leurs éléments*. Ils ne peuvent, du moins actuellement, former en aucune manière des espèces minéralogiques distinctes; mais, vu leur importance dans les arts, nous devons les décrire, à la suite du diamant, sous les noms par lesquels ils sont habituellement connus dans les usages de la vie ou dans le commerce.
Le peu de carbures que nous connaissons dans le règne minéral sont des carbures d'hydrogène. L'un d'eux est important à connaître, par suite du rôle qu'il joue çà et là dans la nature, ou des dangers qu'il présente quelquefois dans les mines; les autres semblent nous donner la clef par laquelle nous arriverons à classer les matières bitumineuses et les charbons de terre.
Les carbonates nous présenteront des observations importantes d'analogies; l'un d'eux mérite toute notre attention, à cause de son abondance dans les terrains de sédiment, et un autre comme mine* rai de fer riche et facile à traiter.
Carbone^ C^mbnstibleti charbonneux ^ et Carbures,
Diamant.
§ 262. Caractère». -^ Corps vitreux, doué d'un éclat particulier, très-dur, et rayant tous les corps sans être rayé par aucun ; toujours en cristaux dont les faces sont le plus souvent arrondies. Clivages faciles, parallèlement aux faces de l'octaèdre régulier, et donnant beaucoup de fragilité à la matière; poids spécifique, 3,52. Se dépolissant facilement au feu d'oxydation; fusant au feu, aussi bien que toutes les matières charbonneuses, lorsque, réduit en poudre, il est mêlé avec du salpêtre.
La limpidité parfaite est rare; le plus souvent elle est salie par des teintes jaunâtres ou brunâtres. Rarement aussi on trouve des
' Il résulte de diverses expériences que nous avons commencées , et que les circonstances ne nous ont pas permis de finir, que les végétaux exposés à des températures comprises entre lOO et 200 d^grt^s, sous des pressions convenables, se changent en matières tout à fait analogues au lignite, à la houille et au bitume.
GROUPE DES CàRBONIDES. — CARBONE. 211
couleurs bien décidées et vives. Il y a des diamants noirs et complètement opaques qui ont néanmoins un éclat extraordinaire quand ils sont polis.
gS63. oiMHMBt. -«On a trouvé au Brésil le diamant disséminé dans les roches micacées nommées itacolumite, § 462, ainsi qtie dans les grès supérieurs qui y passent par toutes les nuances, où il a été même exploité pendant quelque temps. Néanmoins, depuis la découverte, on Ta recueilli dans les alluvions formées aux dépens de ces premiers dépôts, où se trouvent en même temps Tor et le platine, avec des débris de fer oligiste et magnétique, de rutile, de zircon, et divers autres silicates eu cristaux roulés qui proviennent de rîtacolumite. A Bornéo, on a reconnu cette substance dans des débris de serpentine où se trouvent aussi de l'or et du platine. Dans rinde, c'est dans des espèces de grès qulelle se rencontre; et en Sibérie elle parait provenir des dolomies carbonifères.
Le diamant se trouve disséminé en petite quantité dans ces dépôts, et fréquemment enveloppé d'une pellicule terreuse assez adhérente qui empêche de le reconnaître avant qu*il ait été lavé : aussi procède-t-on à sa recherche par un lavage à grande eau , capable d'entraîner les parties terreuses ; on enlève les cailloux grossiers, puis on cherche dans le résidu.
On ne connaît le diamant que dans un petit nombre do localitiis. C'est aux Indes, dans le Dekan, et particulièrement dans les vallées du Pannar et de la Krichna qu'on la d'abord connu. Il existe également à l'île de Bornéo ; on l'a trouvé au Brésil au commencement du xviii* siècle, et en 1829 en Sibérie.
§ 264. Quantité, valeur, uiiag;e«. — La quantité de diamants fournie annuellement au commerce par le Brésil, qui depuis la découverte en a eu à peu près seul le privilège, ne s'élève pas à plus de 6 ou 7 kilogr. (le volume de doux litres) qui ont coûté ])lus d'un million de frais d'exploitation : aussi cette matière, même à l'état brut, est-elle toujours fort chère. Les diamants défectueux, reconnus pour ne pouvoir pas être taillés, se vendent déjà moyennement à raison de 156 fr. le gramme * (15 fois la valeur de l'or), soit pour faire la poussière de diamant, ou égrisée, dont on se sert pour tailler et polir les autres, soit pour garnir les outils avec lesquels on grave les pierres fines, ou enfin pour couper le verre. Les très-petits diamants, susceptibles d'être taillés, valent en lots jusqu'à 230 fr. le gramme; mais à peine pèsent-ils chacun 50 milligrammes, que le
' Depuis longtenipK on a IMiabiiude, dans la vente du diamaul^ de yvvtivdvo ^vww unité un ïvoid?, qu'on nomrr.e karnt, qui équivaut k aiî m\VL\^gTO.miïvçç>.
prix augmente considérablement, et que pour les poids au-dessus la progression est très-rapide : à ^ gramme, un diamant brut vaut 260 à 280 fr. ; à 1 gramme il vaut plus de 4000 fr. On conçoit que le diamant taillé soit beaucoup plus cher; car d'un côté il a coûté du temps et a perdu de son poids, et de l'autre on a pu apercevoir alors beaucoup de défauts qui en font rejeter un grand nombre. Un
diamant taillé de 4 gramme / \ qui est déjà une belle pierre,
et de la grosseur ci-contre \^/ vaut à peu près 3500 fr.
Plus les diamants sont volumineux, plus ils sont rares, et aussi plus leur prix est proportionnellement élevé. On n'en connaît que quelques-uns dont le poids soit au-dessus de 20 grammes. Les plus gros diamants connus sont :
Celui d'Agrah, pesant eoTiçon 133 grammes.
Celui du radjah de Mattan à Bornéo 78
Celui do Tancien empereur du Mogol 63
Celui de l'empereur de Russie 41
Celui de l'empereur d'Autriche 29,53
Celui du roi de France (qu'on nomme le Régent) 29,89
Les cinq premiers sont de mauvaise forme. Le dernier est parfait sous tous les rapports; il pesait, avant la taille, 87 grammes, et a coûté deux années de travail ; il a été acheté dans le principe pour 2 250 000 fr., et il est estimé plus du double.
Ces beaux diamants viennent de Tlnde ou de Bornéo. Le plus gros qu'on ait trouvé au Brésil , et qui conserve la forme naturelle octaèdre, pèse 25g%52 suivant les plus fortes estimations; il appartient au Portugal.
Dans l'Inde, on taille le diamant de manière à lui conserver tout son volume! En Europe, on sacrifie beaucoup du volume de la pierre pour enlever un défaut et se procurer une belle forme. Les formes
b c admises sont la rose, fig. a,
pour les pierres de peu d'épaisseur qu'on ne veut pas trop diminuer, et le brillant, fig. 6 et c, pour les pierres épaisses, qu'on monte alors entièrement à jour.
On sait combien le diamant est recherché pour la joaillerie, tant par sa rareté que par son éclat et les jeux de lumière qu'il produit, surtout aux bougies. On imite cette dernière propriété par des verres chargés d'oxyde de plomb, et qu'on désigne sous le nom de str<is8: il en est dont la perfection est telle, que Tœil le plus habile y peut être trompé si le loucher ne vient à son secours. On recherche en