GROUPE DES SULFURIDES. — SULFATES
vertes de sable, au milieu des déserts de l'Egypte, où des caravanes en vont chercher tous les ans. L'alun aminoDiacal se trouve en petites veines fibreuses dans les dépôts de lignite de Tschermig en Bohème, n se forme aussi journellement de Falun dans les solfatares, dans les houillères embrasées et à la surface de certaines matières schisteuses qu'on nomme schistes alumineux. Ces matières sont exploitées dans différents lieux pour la fabrication de ce sel ; on se contente de les laisser exposées à l'air, où elles se désagrègent et s'altèrent , et de les lessiver ensuite.
Dans beaucoup de localités , on provoque la décomposition des twres pyriteuses, pour se procurer du sulfate d'alumine , auquel il suffît d'ajouter un alcali pour obtenir de l'alun ; mais les sels qu'on obtient alors renferment beaucoup de sulfate de fer, qui les rend impropres à différents usages.
L'alun est un sel employé très-fréquemment dans la teinture, et dans la mégisserie pour la préparation des peaux blanches. On s en sert en médecine comme astringent, et on en imprègne les toiles et tes bois qu'on veut rendre difficilement combustibles.
$ 234. SeU Aianiineax dive». — Outre l'alunite et l'alun , on trouve dans la nature le sulfate simple qui entre dans la composition de ce sel; il s'en forme ainsi dans les solfatares et dans certaines matières schisteuses.
Fréquemment aussi il se forme divers sulfates alumineux composés, ferrugineux, manganésiens, cuivreux, etc., qui se présentent en petites veines fibreuses ou en eiïlorescence dans certains schistes, dans des argiles diverses , dans certaines cavernes, dans les anciens travaux des mines. Ce sont ces espèces de matières qu'on désigne fréquemment sous le nom d'a/un de plume.
U existe aussi un sulfate d'alumine insoluble, nommé Webstérite, qui se trouve en petits rognons blancs, doux au toucher et trèî*tendres, dans les argiles situées au-dessus de la craie.
Sulfates divers.
§ 235. Saifaten métalliques. — Il se forme journellement des sulfates métalliques dans les gîtes métallifères par la décomposition des sulfures qui s'y trouvent. Tels sont surtout les sulfates de zinc , de cuivre, de cobalt, de for, qu'on rencontre en petites quantités dans l'intérieur des mines, et qui , tantôt seuls, tantôt mélangés, y forment des touffes coralloïdes, des veines fibreuses, des stalactites, des dépôts compactes ou pulvérulents.
L'un des sulfates de fer est à base de protoxyde, ma\Si \V ^w e*è\. vy\3A^\
194 MINÉRALOGIK.
à base do peroxytio ; parmi ceux-ci le sulfate Pittizite est un des plus communs . et il s'en forme dans quelques mines en assez grandf quantité pour qu'on soit obligé deTenlever. Ce corps est tantôt pulvérulent et d'un jaune d'ocre , tantôt en stalactites brunes et r» semblant à la limonile. Quelquefois il est translucide , brillant dans la cassure, et ayant comme la sidérétine l'aspect de la résine. Cei sulfates de peroxyde de fer remplacent quelquefois les sulfates d'alo mine dans les sels doubles; de là Valun de fer et divers autres composés dont la Voltaïte est un exemple.
§ 336. 0alffAte« terreux et alealliM. — Si les sels précédent: ont peu d'importance, quelques autres ont un certain degré d'otilité. Tels sont les sulfates de magnésie et de soude.
Le sulfate de magnésie, ou Epsomite , se trouve quelquefois ei veines, ou petits filons à structure fibreuse, soit dans les dépdk salifères, comme à Calatayud en Aragon , soit dans les g}'psei comme à Fitou ( Aude) , dans les gîtes métallifères, ou bien en effl» resconoo à la surface do certains schistes alumineux. Il se trouri aussi on solution , constituant alors des eaux minérales purgative! qu'on ti*ouvc particulièrement à Epsom , dans le comté de Sarrey on Anjik'terre, àSedlitz et Egra en Bohème.
Le sulfate de soude anhydre ou Thénardite, qui cristallise efl prismes rhomboïdaux , forme journellement des croûtes cristallinfl au lieu nommé les salines d'Espartine , à cinq lieues de Madrid; N l'oxploite pour préparer du carbonate de soude.
Lq sulfate de soudehydraté se trouve en efïlorescence surlestaïtt du Vésuve et à la solfatare de Pouzzoles ; on le cite, à la surfacadi sol, autour de certains lacs de Sibérie , dont les eaux en renferm»! une assez grande quantité. II existe aussi en solution dans lesnwrti dont on peut l'extraire par cristallisation, pendant les temps froids, dans les marais salants.
2^ Groupe «les Sélénides.
Corps donnant l'odeur de chou pourri par le grillage dans le tube ouvert, el^N sublime rouge pulvérulent dans le tube fermé.
SÉLÉMURES.
% 237. On no connaît qu'un petit nombre de séléniures. pi* abondants, dont trois sont simples, et les autres doubles.
Le séléniure de plomb, ou C 1 a u s th a 1 i e , est gris de plomb, meta loïdo, on petites niasses lamellaires fragiles, fort analogues à
SÉLÉNIDES, TlLLmiDES. 195
gaiène ; fusible au chalumeau , il donne sur le charbon un oxyde jaune de plomb et des grains de plomb. Il se trouve au Harz , aux environs de Klausthal, soit dans les dépôts ferrugineux, soit dans la dolomie. Il s*y présente aussi en combinaison avec des séléniuresde cobalt, de mercure et de cuivre.
Le êéléniure d'argent, autre matière gris de plomb, mais ductile, analogue à Fargyrose, a été observé parmi les minerais de Tasco au Mexique. On y a aussi indiqué un séléniure de zinc.
Le sMéniure de cuivre, ou Berzéline, est blanc d'argent , et ductile comme le sulfure de même formule. 11 se trouve dans la mine de cuivre de Skrickerum en Smoland , en même temps que l'Euchairite, substance gris de plomb, ductile, qui est disséminée dans le calcaire ou les roches magnésiennes.
a<* Cirovpe des Telliurldes.
Corps doués de l'éclat métallique, donnant un sublimé gris dans le tube fermé cl répaDdant, parle grillage dans le tube ouvert , une fumée blanche piquante, sans odeur, qui se dépose sur la partie froide du tobe sous la forme d'une poudre blanche, fusible en gouttelettes limpides par la chaleur '.
S 238. Les substances de ce groupe, peu répandues dans la nature, n'ont été connues pendant longtemps qu'en Transylvanie , dans les mines de Nagy-ag, de Oflenbanya et de Zalathna, qui sont des dépôts argentifères et aurifères des terrains trachy tiques. On en a trouvé depuis à Sawodinski dans l'Altaï. II y a peu d'espèces, du moins déterminées avec précision, parce que les matières sont rares à l'état de pureté et à l'état cristallin.
Le tellure natif est blanc d'étain ou gris d'acier, fragile, presque entièrement volatil par le grillage, et laissant cependant 7 à 8 pour 400 de résidu qu'on regarde comme à l'état de mélange; on Ta indiqué en petits prismes hexagones , mais rien ne prouve que ces prismes soient du tellure pur : on le voit souvent dans les collections en petites masses lamellaires ou granulaires.
Le telluriure de plomb est gris de plomb, en petites masses lamel • laires assez analogues à la galène. Le telluriure d'argent est en petites masses à gros grains malléables, se coupant facilement, comme le sulfure d'ar2:ent.
Les autres espèces paraissent être des combinaisons de ces deux telluriures, et môme du telluriure d'or; mais elles sont très-peu
MI y a souvent un peu de rtélénium qui donne sun o'icur particulière ou sa couleur, mais qui ne se sublime qu*ap^^s l'oxyde de teUuro.
connues. Elles ont des teintes de couleurs particulières , et se présentent en petits cristaux peu déterminabies, qui paraissent avoir des formes différentes pour chaque composition.
Les 'variétés argentifères et aurifères sont recueillies pour en extraire les deux métaux précieux ; l'espèce Sy 1 v a n e, qui renferme jusqu'à 70 pour 400 d'or, a même été désignée sous le nom d'or bianCf et aussi d'or graphique , à cause de sa structure. La M u 1 1 erin e, qbi en renferme 26, a été nommée or gris.
CLASSE DES CHLORIDES, FLUORIDES; lODIDES, BROMIDES.
§ 239. caraetères «énéraux. — Le chlore, le brome, l'iode, le fluor ont entre eux la plus grande somme possible d'analogies : d'un côté par eux-mêmes sous le rapport de diverses propriétés physiques ; de l'autre par toutes leurs combinaisons, qui se font dans les mêmes proportions , qui ont une foule de propriétés communes, et souvent les mêmes caractères extérieurs; enfin par la facilité de se substituer l'un à l'autre dans les composés. Ils se rapprochent, d'ailleurs, du soufre et du sélénium, qui les lient avec l'arsenic et le phosphore.
Les corps naturels de cette division sont peu nombreux , et la plupart même ne sont que des raretés à peine connues. Les plus abondants, comme aussi les plus importants, sont le Salmare (sel marin ou sel commun) et la Fluorine, auxquels il faut ajouter la Kérargyre, qui, du moins au Pérou, a de l'importance comme minerai d'argent. Nous aurons donc peu à nous occuper des autres.
1<* Ciroape des Chlorides.
Corps solides pour la plupart (un seul gazeux), solublesou insolubles dans l'eau.
Solution donnant par l'azoïate d'argent uii précipité blanc soluble dans Tammoniaque, et qui se colore à la lumière.
Donnant tous du cblore , reconnaissable à Todeur , par l'action de l'acide sulfu* rique sur leur mélange avec le peroxyde de manganèse.
Acide chlorhydrique.
§ 240. Corps gazeux, incoltre, d'une odeur piquante, acide, donnant des vapeurs blanches au contact de l'air; très-soluble dans l'eau à laquelle il communique une forte acidité.
Ce gaz se dégage souvent en grande quantité dans les phénomènes volcaniques, notamme tau Yési^ve, et se condense avec les vapeurs
GROUPE DES GHLORIDES. 197
aqueuses en formant alors des sources d'acide liquide , quelquefois assez abondantes. On le retrouve dans quelques eaux minérales » et quelquefois il se dégage des dépôts salifères.
Le chlore lui-même imprègne quelquefois les roches poreuses de certains épanchements volcaniques; par exemple, au Puy-Sarcouy en Auvergne.
L'acide chlorhydrique est un des acides les plus employés dans la teinture , pour faire virer les couleurs , pour composer certains mordants, pour préparer le chlore et les chlorures; mais c'est toujours par l'art qu'on se le procure alors.
Kérargyre. — Argent corné,
% 2i1. Substance blanche ou brunâtre, demi- transparente, se coupant au couteau comme de la cire ou de la corne ; attaquable pa][[.l'ammoniaque , déposant de l'argent métallique lorsqu'on la frotte sur une lame de fer avec un peu d'eau.
Cette matière, qui renferme 75 pour 400 d'argent, se trouve en petits cristaux qui sont des cubes , ou des octaèdres réguliers , ou en légers enduits à la surface de divers corps; quelquefois elle est en petites masses disséminées , et plus souvent en particules invisibles mélangées dans des matières terreuses ou ferrugineuses dont on peut l'extraire par l'ammoniaque.
La kérargyre est peu commune dans les mines d'Europe , mais elle existe en grande quantité au Mexique et au Pérou ; elle y est mélangée avec des minerais de fer hydraté connus sous les noms de pacos et de colorados, renfermant aussi de l'argent natif , § 4 67, et formant des masses d'une très-grande richesse à la partie inférieure des terrains de sédiment.
Salmare. — Sel commun^ sel marin, sel gemme.
% 242. Caractères. — Chacun connaît sommairement cette substance ; elle cristallise en cubes , creusés en trémie sur leurs faces quand la cristallisation s'est faite rapidement, mais qu'on trouve souvent très-nets dans la nature, et avec diverses n^odifications. Elle se présente aussi en masse compacte susceptible de clivage cubique, en masse lamellaire à grandes et à petites lames, en masse granulaire, en masse ûbreuse.
Naturellement incolore, celte substance se trouve souvent dans le sein de la terre colorée en gris, en rouge , quelquefois en bleu par
des matières étrangères accidentellement mélangées. La matière rouge est le plus ordinairement de nature organique.
La composition du sel commun est 40 de sodium et 60 de chlore. L'acide sulfurique en dégage de Tacide chlorhydrique, et le liquide restant donne des aiguilles cristallines efflorescentes.
§ 243. ctinement; usage*. — Le salmare se présente à nous en dépôts plus ou moins étendus renfermés dans le sein de la terre ; il se trouve aussi en solution dans les eaux de certaines sources, de certains lacs, et dans les eaux des mers.
Les dépôts salifères se trouvent à tous les étages des terrains de sédiment , depuis les dépôts pénéens jusque dans les terrains tertiaires, S ^76, note. Partout ils sont formés en grande partie de matières argileuses, qu'on nomme argiles salifères, grisâtres ou rougeâtres, au milieu desquelles le sel est tantôt disséminé , tantôt en nids, en veines ou en amas plus ou moins considérables , avec du sulfate de chaux, dont la quantité est plus ou moins grande. Ces assemblages de matières diverses se présentent en général comme des masses adventives au milieu de la formation géologique qui constitue la contrée. Dans certaines localités , les dépôts en sont immenses, et forment des montagnes entières , oii le sel se présente quelquefois à nu, et peut être exploité à ciel ouvert comme les carrières de pierres à bâtir.
Il y a des contrées extrêmement riches en dépôts salifères; telles sont les deux pentes des Karpathes, d'un côté depuis Cracovie, où Ton trouve les fameuses salines de Williczka et de Bocnia, jusqu'en Moldavie , où Ton remarque surtout les salines d'Okna ; de l'autre dans la Hongrie et la Transylyanie , où il en existe aussi de trèsimportantes. Dans toutes ces contrées, le sel lui-même forme des amas immenses qui appartiennent aux terrains tertiaires , comme je l'ai fait voir le premier en 1818, et il est exploité par blocs , qui , par suite de la pureté de la masse, sont livrés immédiatement au commerce. Le Salzbourg, la Bavière, le Wurtemberg, en renferment aussi de grands dépôts salifères qui appartiennent au terrain pénéen ; mais le sel est alors disséminé dans les argiles ou introduit dans les fissures du calcaire, et l'on ne peut plus extraire de blocs comme dans les localités précédentes; on introduit simplement des eaux dans la mine, et on les sort ensuite au dehors pour les évaporer et faire cristalliser.
En France nous n avons encore de mines exploitées que celles de Vie et de Dieuze en Lorraine , où le sel forme aussi des bancs puissants au milieu des argiles enclavées alors dans le grès bigarré. Au pied des Pyrénées les dépôts de sel sont en relation intime avec les