‹ MinéralogieChapitre 81 sur 160 · GROUPE DES CARBONIBES. — BITUMES · texte numérisé non relu

GROUPE DES CARBONIBES. — BITUMES

exploités en divers lieux. Il s'en trouve quelques indices aux environs de Paris ; mais des dépôts étendus se présentent en divers points du département de l'Aisne, à Voreppe dans l'Isère, à Saint-Paulet dans î'Ârdèche, à Piolen en Yaucluse, à Gardanne et Roquevaire dans les Bouches- du -Rhône, à Sisteron et Forcalquier dans les Baafies>Âlpes, etc.

Ce combustible est encore très-précieux dans tous les points où il se trouve. Il donne plus de chaleur que le bois , et il peut être employé avec avantage pour chauffer et évaporer des liquides, pour la cuisson de la chaux et celle des poteries communes. Les variétés qoi ne répandent pas de mauvaise odeur sont très-agréables pour le chauffage des appartements. On assure qu'il ne peut servir dans les fonderies, même en remplacement du bois.

Les variétés chargées de pyrite, comme celles du département de fAisne, sont employées pour la préparation de l'alun et du sulfate de fer; les résidus de ces fabrications, ou les lignites mêmes , ont été appliqués à Tagriculture, sous le nom 6e cendres rouges etdecenins noires , et ont produit des résultats très- avantageux dans les terres stériles de la Champagne et de la Thiérache.

Le jayet, dont on a fait pendant longtemps des bijoux de deuil, et divers objets de fantaisie, n'est que du lignite compacte. C'était surtout à Saiote-Colombe-sur-l'Hers , dans le département de l'Aude, qu'on le travaillait; il y occupait 4000 à 4 200 ouvriers. L'emploi des bijoux d'acier bronzé a perdu cette industrie.

Bitumes. Matières résineuses.

( 273. Carmetèrem des bUaiiies. — On nomme &tYtim«8 des matières glutineuses, visqueuses, ou sèches et fragiles, ordinairement brunes ou noires, qui se fondent assez facilement, les unes à 4 00 degrés ou même au-dessous, les autres à une température plus élevée. On les désigne, d'après la consistance, sous les noms de goudron minéral, poix minérale, pisasphalte, et asphalte, espèce la plus sèche.

L'asphalte pur est insoluble dans l'alcool ; les autres bitumes sont partie solubles , partie insolubles. La plupart sont attaqués par l'éther ou par l'essence de térébenthine ; ils laissent souvent alors pour résidu des matières charbonneuses, ou une autre matière bitumineuse inattaquable, dont le point de fusion est différent.

 la distillation , tous les bitumes mous donnent des huiles volatiks plus ou moins salies par des matières entraînées, et qu'on peut épurer par de nouvelles opérations. Elles deviennent alors plus ou BKHDS limpides et ne présentent plus qu un carbure d'hydro^èu^.

222 M1NÉBAL0GIE.

On trouve pour résidu tantôt un charbon brillant très-boursouflé , tantôt un bitume sec, oxygéné, analogue à Tasphalte.

Les bitumes paraissent donc être des mélanges en toutes proportions de carbure d'hydrogène huileux , plus ou moins abondant , avec des composés formés de carbone, hydrogène et oxygène, dont les uns sont analogues à Tasphalte, qu'on trouve quelquefois pur, et dont les autres ont quelques rapports avec le combustible charbonneux précédent. Quand ces derniers dominent, la matière bitumineuse se rapproche de la houille sèche et du lignite.

On commence à trouver des bitumes en globules dans les dépôts sédimentaires siluriens ; mais il s'en présente ensuite dans tous les sédiments postérieurs, où ils deviennent de plus en plus abondants, et dans les dépôts qui recouvrent la craie, où ils se trouvent en trèsgrande quantité. Dans les parties les plus anciennes ils se présentent surtout en petits nids, ou en petits mamelons dans les filons métallifères qui traversent le terrain ; plus haut ils imprègnent , en quantités plus ou moins considérables , soit les matières schisteuses du terrain houiller, soit divers dépôts analogues qui se trouvent audessus. Dans les formations jurassiques et crétacées, ils se trouvent mélangés avec des calcaires en couches plus ou moins puissantes ; dans les dépôts postérieurs , ils imprègnent des matières arénacées. Souvent de l'intérieur de la terre il sort des sources de bitume, ou des eaux à la surface desquelles cette matière se rassemble; le lac Asphaltite est depuis longtemps connu par la quantité de bitume qu'on récolte à sa surface; il en est do même des étangs bituminifères de l'île de Zante décrits par les anciens.

La France possède un assez grand nombre de dépôts bitumineux ; il s'en trouve dans les tufs basaltiques en Auvergne, dans les sables tertiaires à Gabian près de Pézenas , à Lobsann et Beschelbrunn dans le Bas-Rhin , dans les dépôts crétacés supérieurs à Orthez et Caupenne près de Dax , à Seyssel près de la perte du Rhône dans risère, etc. Il s'en trouve de même une grande quantité en Suisse , dans différentes parties de l'Allemagne, de la Pologne, de la Russie, etc., et dans toutes les parties du monde.

Les différentes sortes de bitumes sont employées à divers usages. Ceux qui sont naturellement huileux, plus ou moins visqueux, comme à Bescheibnmn et dans un grand nombre de lieux.de l'Allemagne , sont employés immédiatement pour graisser les voitures , pour enduire les cordages et tous les agrès de la marine , comme le goudron végétal artificiel. On mélange les bitumes avec des calcaires en poudre , avec des sables , des graviers , pour le dallage des trottoirSf des terrasseSf pour des tuyaux de conduite, des réservoirs, etc.

eaaon vm aiBmnn». — mmus. , ISS

On AD imprègiie des toiles pour &ire des couvertures légères; on les Wt enirer dans certains yemis dont on couvre le fer pour le préaerrw dé la rouille; on s*en sert pour des peintures grossières qui sont Mi4olides ,, etc.

Ler anciens Égyptiens se sont servis du bitume du lac Aq[>ha]tite pour embanmer les corps et en faire ce qu'on nomme des «nomtes, ezpreasîon qui rappelle le numm des Persans, espèce de napbte, $ SW, très-odorant et,fort renommé. C'est ce mot momie ou maum qm « vahi au bitume le nom de baume de momie. On nomme aussi momie une couleur brune qu'on tire de cette substance.

% fié, meMèr^ÊT wéÊiÊmmmmem. — (le sont , comme l'aspbalte pur, des matières formées de carbone, d*hydrogène et d'oxygène, qui Bontfosibles, qui brûlent avec une odeur tantôt aromatique, tantôt ftMe, et qui ont de l'analogie avec les résines ordinaires.

Le Succi n ou ambre jaune est la plus remarquable et la plus r^Mmdue de ces matières. C'est une substance jaunâtre, rougeàtre on bnmAtre, tantôt transparente, tantôt opaque, qui renferme qoelqnefois des insectes, des débris de plantes , etc., comme les résines qui découlent encore de nos arbres conifères.

Plnsieurs des variétés donnent à la distillation des aiguilles cristaHînes, qui sont de Vacide euccinique ; mais il en est d'autres qui n'en donnent pas. Il en est qui sont insolubles dans l'alcool ; d'autres qui s'y dissolvent en partie. Toutes sont plus ou moins solubles dans l'étl^r ou dans l'essence de térébenthine.

On a nommé R et inasphalte une matière analogue, attaquable en partie par l'alcool, et qui donne pour résidu une sorte d'asphalte. Il y a encore diverses autres matières résineuses généralement peu étndiées qu'on range à la suite du succin.

Tontes ces matières appartiennent à des dépôts sédimentaires assez modernes ; souvent elles se trouvent avec les lignites, ou dans les noiatières terreuses qui les renferment.

Le succin est employé comme objet d'ornement. A diverses époques on l'a taillé en perles à facettes , dont on faisait des colliers. Dans le Levant il est encore très-estimé; on en fait des chapelets pour les musulmans, des poignées de couteaux et de poignards, des embouchures de pipes, etc. Il sert à la préparation de l'acide succinique, et pour la confection de certains vernis gras, auxquels il donne beaucoup d'éclat et de solidité.

C'est surtout sur les bords de la Baltique qu'on recueille le succin; il est arraché par les ruisseaux et par la mer même, aux terrains sableux qui s'étendent de Memel à Dantzig , et on le récolte ^yat V\ côte ; on cherche aussi les dépôts de lignite qui U T«ni«tm%Ti\..

Carbures d'hydrogène divers.

§ 275. Nous réunissons ici des corps qui ne renferment que du carbone et de l*hydrogène, et dont la composition est à peu près la même (86 carb., \ 4 hyd.), quoique les caractères physiques soient tout à fait différents.

§ 276. iiatéritc. — Cette substance, nommée aussi bitume élastique, offre une grande analogie avec la gomme élastique ou caoutchouc , qui est composée de même. Elle renferme le plus souvent une huile qui la rend adhérente aux doigts, et qui s'en sépare à la température de l'eau bouillante , ou par l'action de l'alcool bouillant. Ce minéral a été observé d'abord dans les mines de plomb du Derbyshire, où il est accompagné de matières résineuses, quelquefois de bitume en globules, puis dans les dépôts charbonneux de Montrelais en Bretagne et dans diverses localités.

§ 277. omoeérite.— Les matières grasses, plus ou moins fusibles, blanchâtres, jaunâtres ou brunes^ qu'on a nommées cire fossile, azocéritey Jiatchétine, scheerérite, ont toutes plus ou moins d'analogie avec la parafine qu'on obtient du goudron. Elles se trouvent à Slanick en Moldavie , Truskavictz en Gallicie , Zicnitzka en Moravie, Gresten, près de Gaming, en Autriche, Usnac en Suisse, etc., dans le voisinage des dépôts charbonneux, quelquefois dans le combustible même. On en a extrait en assez grande quantité dans quelques localités pour en faire des bougies.

§ 278. ivaphte et pétrole. — Nous ne connaissons dans le règne minéral qu'un carbure liquide naturel , c'est le naphte , matière très-volatile , d'une odeur pénétrante particulière, qui par distillation peut être obtenue sous forme de liqueur jaunâtre transparente, où l'on trouve encore la composition précédente.

Dans la nature , le naphte est toujours souillé par des matières étrangères qui le colorent en brun plus ou moins foncé, et il porte alors le nom de pétrole. Il appartient encore à des dépôts de sédiment assez modernes , ou du moins il les traverse souvent pour arriver à la surface de la terre. En France , on n'en connaît qu'au village de Gabian près de Pézenas; mais il se trouve en assez grande quantité dans le duché de Parme , et sur toute la pente des Apennins, dans le Modenais; il en exist-e une immense quantité sur les bords de la mer Caspienne , en Perse et en Chine.

Cette matière est utilisée pour l'éclairage dans les divers lieux où elle se trouve assez abondamment; c'est ainsi que le pétrole du vil- Jao'e d'Ammiano est employé pour l'éclairage de la ville de Parme ;

GROUPE DBS CARBONIBIS. — CARBURES. 225

en Perse, le peuple ne se sert que de pétrole pour se procurer de la lumière , depuis Bfossui jusqu'à Bagdad. On le regarde aussi dans toute cette contrée comme un spécifique puissant contre les douleurs rhumatismales. Quelques variétés pures, qu'on nomme motim, sont particulièrement recherchées comme un baume souverain pour les blessures les plus graves. Il est aussi employé comme vermifuge, et dans le midi de la France le pétrole ou huile de Gabian a sous ce rapport une grande renommée.

S 279. «ri0«a. — Le gaz détonant des houillères est un carbure d'hydrogène gazeux qui se compose de 75 de carbone et de 25 d'hydrogène; mais il est souvent mélan-^é avec d'autres combinaisons des mêmes principes. Il brûle tranquillement, avec une flamme jaunâtre , tant qu'il n'est pas mêlé avec l'air atmosphérique ; mais dans le cas contraire il détone avec violence. II est moitié plus léger que l'air, et se tient dès lors à la partie supérieure des cavités souterraines. Les mineurs le désignent, en général, en France sous le nom de grisou, brisou ou terrou, et Tinflammation prend le nom de feu grisou.

Ce gaz est abondant à la surface de la terre. Dans certaines mines de houille, qui sont, en général, colles des meilleures qualités, il se dégage continuellement de la masse de combustible; il y a des couches dans lesquelles il existe en si grande quantité . qu'il suffit d'y percer un trou pour en provoquer un jet violent, continu , que dans quelques endroits les mineurs tiennent toujours allumé pour s'en débarrasser. Il se dégage en outre dans un grand nombre de lieux de l'intérieur de la terre , tantôt par les fissures de diverses couches solides , tantôt à travers les pores des matières sableuses , ou enfin à travers l'eau des marais qui rerouvrent ces terrains. Quelquefois il se dégage seul, mais souvent il v^i mélangé de pétrole plus ou moins épais et de bitume. Ailleurs il sort avec une grande quantité d'argile délayée par l'eau, et souvent imprégnée de sel marin , ce qui a fait donner à ces sources le nom de salzes. Il y en a qui vomissent ou ont vomi une grande quantité de matières terreuses dont l'accumulation a formé des cônes, du sommet desquels il en sort encore assez communément. On a donné alors à ces phénomènes le nom de volcans vaseux, volcans de boues. Lorsque ces jets de gaz, de pétrole et de bitume se trouvent accidentellement enflammés, ils continuent à brûler pendant plus ou moins de temps, jusqu'à ce que de grandes averses, de grands coups de vent viennent les éteindre. Il en résulte ce qu'on nomme les feux naturels, ie^ fontaines ardentes, etc. La chaleur est assez forte pour calciner le terrain , et former en diverses locaWVèâ de ^Wi^^ ^^"îyçfe^

arides, privés de toute végétation. Il y a de ces feux qui brûlent depuis les temps les plus anciens ; tels sont ceux du mont Chimère , sur les côtes de l'Asie Mineure , cités par Pline et reconnus de nouveau , en 4 84 4 , par le capitaine Beaufort. Le plus souvent c'est par les fentes de la ter^e que le gaz et les flammes s'échappent; mais quelquefois il en sort par l'orifice des cavernes, comme auprès de Cumana, où M. de Humboldt a vu parfois les flammess'élever à plus de 30 mètres.

Ces sources d'hydrogène carboné sont assez communes à la surface du globe; il en existe un grand nombre au pied des Apennins, dans le Parmesan, le Modenais, le Bolonais. C'est là que se trouvent les feux de Yelleja, de Pietra Mala, de Barigazzo, etc., qui sont les plus connus , et un grand nombre de saizes plus ou moins puissantes. Il existe aussi des saizes considérables en Sicile, entre Arragona et Girgenti, où on les nomme Maccalubes; mais c'est surtout autour de la mer Caspienne , particulièrement près de Bakou , que les phénomènes se présentent en grand , et on les cite également sur une grande échelle dans l'Hindoustan : il suffît, dans ces localités, de percer un trou d'un mètre ou deux de profondeur pour se procurer desjetsdegaz.

Les lieux de l'Asie où se dégagent ainsi des matières inflammables ou enflammées , ont été en grande vénération parmi les adorateurs du feu, et le sont encore pour un petit nombre de Parsis ou GuèbreSy dont quelques-uns se sont établis pour cela autour de Bakou , lieu saint, d'où ils expédient du gaz en bouteille à leurs coreligionnaires de la Perse et de Tlndoustan. Généralement on utilise ces feux naturels pour la cuisson de la chaux , des briques , des poteries , pour l'évaporation des liquides. Dans quelques contrées le peuple les emploie pour faire cuire ses aliments , et souvent il provoque le dégagement du gaz, qu'il enflamme ensuite, par df^s trous plus ou moins profonds.

§ 280. liABipe de sûreté. — L'inflammation de l'hydrogène carboné mélangé d'air atmosphérique, dans l'intérieur des mines, produisant des explosions excessivement dangereuses pour les ouvriers, il est de la plus haute importance de se débarrasser de cette matière, ce à quoi on parvient en partie par un bon système d'aérage. Cependant il s'en accumule toujours dans certaines parties moins aérées que les autres, et il ne faut y pénétrer avec des lumières qu'en prenant les pi us grandes précautions. Davy, célèbre chimiste anglais, est parvenu, après de savantes recherches, à construire une lampe capable de préerver de tout accident, et qu'on nomme lampe de sdre/^: c*est une lampe à l'huile, dont la flamme est entourée de tous

CrfOlM DIS CAIMUmiS. — iOlS ALTiit. 227

oilé9 pir UM toOe lAétailiqQe. Davy a bit voir qu'en eoflammaiit un méUtog^détontat enfermé dans une telle enveloppe, la flamme ne povTiît le communiquer au dehors ; par conséquent un tel appareil peut étra porté dans les mines lès plus infectées de grisou sans cntedre aucun accident.

Ce. savant, à la suite de nouvelles recherches, a lyouté un perfectMHUMment important, en mettant une spirale de platine à 4 on 6 eentîmètres au-dessus de la mèche. Ce métal, échauffé, a la pn^iriété de devenir incandescent dans des mélanges détonants formés en certaiAes proportions; de sorte que quand on arrive avec une telle lampe dans un endroit où le gaz est assez abondant pour réteindre, le fil devient tout à coup lumineux, et répand assez do lumière pour permettre à l'ouvrier de se retirer. Il y a plus : lorsque le mineur est reviemu dans une partie où le gaz et l'air atmoapbérique se trouvent en proportions convenables, le fil incandescent détermiflle une inflammation dans Tintérieur de la lampOi et le gas enflammé rallume la mèche.

Bois altéré et tourbe.

g 281 . ■•!• aHéré. — Outre le lignite proprement dit, où Ton observe des caractères qui se rapprochent de ceux de la houille, on trouve fréquemment des bois qui eonservent tout le tissu ligneux, qui s'allument et brûlent comme les bois ordinaires, avec dégage* ment d'une fumée piquante qui fatigue les yeux, ayant quelquefois une odeur bitumineuse ou une odeur fétide, plus rarement une odeur balsamique.

Ces bois se trouvent quelquefois dans le même gisement que le ligpite ; mais le plus souvent ils forment des dépôts particuliers dans les terrains les plus modernes, et constituent ce qu'on a appelé des fcfréis sous-marines; on les a quelquefois employés pour la charpente comme le bois ordinaire, ou bien comme combustible.

La terre de Cologne est une autre altération des bois enfouis dans le sein de la terre ; elle est à l'état terreux, et se réduit facilement en poudre par le dessèchement; elle brûle sans flamme, comme le bois pourri, et sans fumée. C'est encore une matière importante comme combustible dans les environs de Cologne, où elle forme des dépéts considérables do 42 à 43 mètres d'épaisseur, étendus siir plusieurs lieues, et dans lesquels on reconnaît des conifères et des palmiers qu'on observe encore debout comme sur la place même où ils ont vécu. On l'exploite activement et on la moule, après l'avoir humectée, pour la transporter plus facilement. Il s'en tait u\i<^^vsA^

consommation dans le pays. Les cendres ^ui en proviennent sont recherchées pour Tagriculture ; on les transporte jusqu'en Hollande, et sur les exploitations on brûle même le combustible tout exprès pour cet objet.

§ S182. Tourbe. — On nomme tour6e une matière brune, plus ou moins foncée, qui se forme sous les eaux par Taccumulation et l'altération de diverses plantes. Elle est homogène et compacte dans les parties inférieures du dépôt , grossière et remplie de débris visibles d'herbes diverses dans les parties supérieures. Elle brûle facilement, avec ou sans flamme, en donnant une odeur particulière. A la distillation , il s'en dégage de l'eau chargée d'acide acétique, une matière huileuse et des gaz.

La tourbe est formée par l'accumulation des plantes aquatiques , et particulièrement par les sphaignes et les conferves, qui sont toujours submergées : il s'en fait encore journellement dans nos marais. Cette matière couvre quelquefois des espaces immenses dans les parties basses de nos continents, remplissant les bas-fonds des larges vallées dont la pente peu considérable empêche l'écoulement des eaux. Souvent ces dépôts sont encore couverts d'eau ; mais dans divers lieux ils sont à sec , et il s'est formé au-dessus d'eux des couches de sable et de limon qui ont suffi pour donner naissance à de belles prairies.

Les plus grandes tourbières de France sont celles de la vallée de la Somme, entre Amiens et Abbcville. Il y en a aussi de considérables dans les environs de Beauvais, dans la vallée de l'Ourcq, dans les environs de Dieuze. Il y en a en exploitation dans la ^vallée d'Essonne, près de Paris. La plupart des belles prairies de la Normandie sont sur la tourbe. La Hollande, qui n'a pas d'autre combustible, en renferme une grande quantité, ainsi que la Westphalie, le Hanovre, la Prusse et la Silésie.

La tourbe est encore un combustible précieux dans toutes les contrées où elle se trouve, et elle y est exploitée avec activité; il s'en extrait pour plus de 3 millions en France. On l'emploie à tous les usages auxquels le bois lui-même pourrait servir. On la carbonise aussi dans des fourneaux construits à cet effet , et elle produit un charbon plus durable que le charbon de bois , qui sert souvent avec avantage à tous les usages auxquels celui-ci peut être employé.

Acide c»rboiitqiie .

§283. Corps gazeux, incolore, inodore, non inflammable , soluble dans Teau, à laquelle il communique une saveur aigrelette, la

GiOUPE DES CARBONIDSS. — ACIDE CARBONIQUE. 229

propriété de mousser, celle de précipiter par Tcau de chaux, comme aussi de redissoudre le carbonate de cette base, etc.

Ce gaz se trouve à l'état libre au fond des puits, dans les mines abandonnées, dans l'intérieur de quelques cavernes naturelles, telles que les Estouffis des environs de Clermont en Auvergne, la grotte d'Aubenas dans TArdèchc, la moufette de Pérault près de Montpellier, la grotte du Chien près de Naples, plusieurs des molfette de la Campanie, les cavernes de Bolsena dans les États Romains, ranire de Typhon en Cilicie, etc. C'est du sol de ces cavernes que le gaz s'échappe ordinairement, et il suffît d'y remuer la terre pour qu'il s'en dégage souvent en quantité prodigieuse : c'est ce qui arrive fréquemment autour de Clermont en Auvergne, lorsqu'un creuse dans les-masses de pouzzolanes que les anciens volcans y ont accumulées. Il s'en dégage souvent en quantité immense des cratères volcaniques éteints, comme au volcan de Pasto dans la contrée de Quito, ou des anciennes solfatares, comme à Java, dans la vallée du Poison ou GuevO'Upas, où tout être vivant est immédiatement asphyxié.

Le gaz acide carbonique est fréquemment dissous dans les eaux , et en quantité beaucoup plus grande que ne le comporte la pression ordinaire de l'atmosphère. Il en résulte des eaux minérales gazeuses qu'on trouve dans un grand nombre de lieux, et particulièrement dans le pays de Nassau où elles sont très-abondantes et remarquables par leur pureté. Elles sont connues sous le nom d'eau de Seltz, de celui d'une petite ville sur le Rhin qui en est l'entrepôt. Non-seulement il y a des eaux froides chargées de cet acide, mais encore beaucoup d'eaux chaudes ; telles sont celles de Vichy et du Mont- Dore en Auvergne, de Vais dans TArdèche, qui ont jusqu'à 55**; de Wiesbaden, près de Mayence, qui vont à 68'^ etc.

§ 284. Self* organiquei*. — Parmi les sels organiques, le guano est la seule matière qui ait quelque importance ; elle est le r^ultat de l'accumulation de la fiente d'une multitude innombrable d'oiseaux qui fréquentent les îles qu'on trouve sur les côtes du Pérou. Elle y forme des dépôts qui ont jusqu'à 50 et 60 pieds d'épaisseur sur une étendue très - considérable : on assure qu'on en a trouvé également dans les îles de l'Amérique du Nord.

Le guano est exploité comme un engrais précieux, et c'est à cette matière que les côtes stériles du Pérou doivent la fertilité qu'on leur procure par le travail. On en a transporté jusqu'en France dans ces derniers temps, où malheureusement on l'a souvent falsifié par des mélanges de diverses matières étrangères.

CarboaateB*

§ 285. Caractère» sénéranx. — Les carbonates Sont faciles à reconnaître en ce qu'ils font toujours effervescence avec Tacide azotique, soit à froid, soit à chaud.

A l'exception de trois espèces, tous ces corps sont des bicarbonates, où l'acide renferme deux fois l'oxygène de la base ; les uns sont simples, les autres composés de diverses manières ; il en est qui sont anhydres, d'autres hydratés, ou hydratifères.

Les carbonates anhydres, tous de même formule, se partagent en deux groupes à chacun desquels se rattachent des carbonates doubles ou sulfatifères. Les uns appartiennent au système rhomboédrique, les autres au système prismatique droit rectangulaire ; mais à la tète de chacune de ces divisions se trouve le carbonate de chaux, ({ui présente les deux formes, et semble indiquer qu'il y a là un exemple en grand de dimorphisme.

Les carbonates rhomboédriques cristallisés ont entre eux les plus grands rapports par tous les caractères extérieurs; et tellement, que pendant longtemps la plupart ont été confondus en une seule espèce. L'analogie se soutient jusque dans les variétés de structures ; en sorte que les carbonates de chaux, de fer, de manganèse, etc., qui n'ont point été altérés, ne peuvent en aucune manière se distinguer à l'œil. Tous ces carbonates sont susceptibles de clivages, et donnent pour résultats des rhomboèdres fort rapprochés les uns des autres ; savoir :

Diallogite. Rhomboèdre de 103° et 77" ?

Calcaire 103» 5' et 74* 55'

Dolomie ' lae»» t6' et 73" 45'

Sidérose i 107" et 73»

Gioberiite 107' 25* et 72» 35*

Smithsonite 107' 40' et 72*» 20'.

Les carbonates prismatiques présentent des circonstances analogues. Aucun de ceux que nous connaissons n'est susceptible de clivage; mais dans toute leur manière d'être, ils ont la plus grande analogie, soit sous le rapport des groupements, § 54 , soit sous le

' L'angle de la dolomie est précisément la moyenne entre l'angle de 105*> 5' da carbonate de chaux et 107» 25' du carbonate de magnésie ; or la dolomie est formée de 1 atome de Fun et 1 atome de l'autre. Cette moyenne, proportionnelle aux nombt'es atomiques, se soutient dans toutes les réunions cristallines de plosieure corps que j'ai pu examiner.

GAOUPE DSS CÀRB(»nDSS. — CARBONATIS. 231

rapport des cristaux, qui peuvent tous être rapportés à des prismes rfaomboïdaux trèsprapprochés : savoir :

Aragonite. Prisme rliomboldal de 1 16° 5' et 63" 55'

Céruae 117« et 63*

StrontiaDite 117' 32' et 6'i» 28'

Witbérite 118°57' et 6i*> S'.

De tous les carbonates, il n'y en a qu'un petit nombre qui puissent nous intéresser spécialement : ce sont, d'un côté, ceux qui sont abondants à la surface du globe ; de l'autre, ceux qui sont importants comme minerais métalliques ou comme matières éminemment vâles dans certaines industries. Tous les autres sont des substances Kodentelles des gites métallifères dont il suffit en quelque sorte de GQfQoattre l'existence.

Calcaire. — Chaux carhonatée, spath d'Islande,

% 286. Caractères. — Corps donnant de la chaux vive par calciution, sans gonflement ni décrépitation ; soluble avec une vive aSenrescence dans l'acide azotique ; solution précipitant abondamment par l'oxalate d'ammoniaque, peu ou point par les autres réac- Hb. Poids spécifique, 2,72. Réfraction double, à un seul axe répul- ;. af. Dureté peu considérable, la matière se rayant très-facilement : par une pointe d'acier.

: Cette substance est une des plus remarquables sous le rapport de

. la cristallisation. Elle réalise à elle seule tout ce que peut offrir le

système rhomboédrique, § 25 à 27, i\ : des rhomboèdres de toute

Kpèce, depuis les plus obtus jusqu'aux plus aigus; des scalénoèdres

<te tous les genres de dérivation, obtus ou aigus; des dodécaèdres

à triangles isocèles, et des prismes à bases d'hexagones réguliers.

Tous ces genres de formes sont modifiés de toutes les manières,

cAiéunis les uns avec les autres sous toutes les combinaisons imagi-

V. Wbles. Il s'y trouve aussi des groupes de toute espèce de cristaux

^fcnx à deux, § 54, de rhomboèdres, de dodécaèdres et de leurs

^Bonbinaisons.

^ Le carbonate de chaux ne présente pas des formes accidentelles ^ ^s variées que les formes régulières. Tous les genres d'oblitéra- ^wn des cristaux, tous les groupements irréguliers, les stalactites et ^y^BPûtes, ou les configurations panniformes, les concrétions pisi- ^*"tt, les rognons, les incrustations sur des plantes, sur toute esr^ de corps, ou dans les aqueducs; les pseudomorphoses de bois, «coquilles et de madrépores ; les polyèdres par retrait; toutes les

formes accidentelles enfin, se trouvent dans cette substance, qui à elle seule offre en quelque sorte tous les exemples de modification de la matière par les circonstances extérieures : § 60 à 71 .

Sa structure est également très-variée, et Ton trouve le calcaire en masses laminaires susceptibles de se cliver en plaques plus ou moins épaisses; en masses lamellaires, à grandes ou à petites lames, bacillaires, fibreuses, compactes ou terreuses. Les variétés en grands dépôts renferment souvent des matières étrangères, tantôt plus ou moins cristallines, tanlJt terreuses, disséminéees par paquets, ou répandues uniformément dans toute la masse, et lui donnant des couleurs de toute espèce. Les variétés mélangées d'argile se nomment marnes, et on les distingue en marne calcaire, où le mélange est peu considérable, et en marne argileuse, où au contraire la matière étrangère est en grande quantité.

g 287. oifleineiit. — Le calcaire est la matière la plus répandue à la surface du globe, et celle qui constitue la plus grande partie de nos continents. Appartenant essentiellement aux formations sédimentaires, il se trouve en dépôts immenses à tous les étages de la série, depuis les dépôts siluriens jusqu'aux formations les plus récentes, % 176, note. Tantôt il compose des couches plus ou moins puissantes qui alternent avec des dépôts divers, arénacés ou argileux, tantôt il forme des montagnes et même des chaînes entières. Quelques-uns de ces grands dépôts se distinguent par le mode d'agrégation de leurs particules, les uns ayant une structure compacte, les autres étant terreux et plus ou moins grossiers. Tous sont remplis de débris organiques dont la nature varie considérablement des plus anciens aux plus modernes, et qui fournissent des caractères importants pour les distinguer les uns des autres, même dans les collections (voy. la Géologie),

Dans les formations inférieures on trouve, en général , des calcaires compactes, le plus souvent de couleur sombre ; plus haut, les teintes deviennent plus claires, et le plus souvent la texture est moins serrée, Taspect généralement plus grossier. Dans les formations jurassiques, les parties compactes alternent avec des dépôts oolitiques. Dans la formation de craie, les matières, ordinairement terreuses, présentent plusieurs divisions qu'on distingue en craie blanche, qui est la plus pure ; en craie tuffeau, qui offre quelquefois assez de solidité pour servir de pierre à bâtir ; et en craie chloritée, remarquable par la quantité de petits grains verts qui s'y trouvent mélangés. Au-dessus, les dépôts plus ou moins consistants deviennent tout à fait grossiers, à texture lâche, et souvent mêlés de sable dans }a plus grande partie de leur étendue.

' wmra DES CAMoimns. — cabbonàtis. SSS

Lm éêbm organiques, dont le plus grand nombre ont appartenu anx molinsqœs, présentent le plus souvent des formes complète* ment élrangèfes à celles des êtres qui vivent aujourd'hui. Ce n'est qu'après la craie qu'ils se rapprochent de ceux de notre époque, avec Inaquels ils deviennent même tout à fait identiques dans les ooucbes les plus modernes. Les genres ou les espèces varient le plus souvent d'un dépét à l'autre; c'est-à-dire que ceux d'une certaine époque disparaissent à la suivante, et font place à d'autn» qui se pierdent à leur tour. La plupart sont des débris marins, souvent aocomnléspar milliers, et composant à eux seuls des dépéls immenses ; maiji il y en a beaucoup aussi des eaux douces, ordinairement dttséminés dans une pâte calcaire , compacte ou terreuse. Ceux-ci se montrent déjà dans les terrains houillers, mais ils ne deviennent abondants qu'après la formation jurassique, et surtout après la craie, dans les terrains tertiaires.

Un £Mt important à remarquer, c'est que quand les divers dépôls calcaires dont nou^ venoùs de donner une idée générale se trouvent rapprochés des produits de cristallisation, et surtout entrraaèlés avpe eux, ils prennent des caractères entièrement différents de ceux (|a*ila offrent partout ailleurs. Les débris organiques se trouvent aooarent alors entièrement détruits ; l'état compacte ou même terreux ftiit place. à divers états plus ou moins cristallins, lamellaires ousaccharoïdes, en même temps que les argiles et les grès qui séparent ailleurs les diverses couches deviennent des schistes argileux, des micaschistes, des quarz schisteux, etc. Les teintes sombres ou pâles sont remplacées par des teintes vives, tantôt uniformes, tantôt entremêlées. Des matières nouvelles s'introduisent dans la masse par veines, par paquets ou disséminées, etc., toutes circonstances du plus haut intérêt pour la géologie, et sur lesquelles nous devrons revenir plus tard.

Tufs cctlcaires, — Indépendamment des dépôts cpntinus qui , se succédant d'âge en âge, ont formé la série sédimentaire, le calcaire se trouve çà et là en dépôts advenlifs produits par des sources , e dont quelques-uns s'accroissent encore de nos jours. Ce sont les tufs calcaires, qu'on trouve en un grand nombre de lieux différents, et qui ont formé quelquefois des dépôts immenses. Ils renferment presque toujours des débris organiques , particulièrement des végétaux qui vivent dans les environs, et quelquefois des coquilles fluviatiles et terrestres.

C'est dans des eaux calcarifères que se forment les pisolites, $ 64, et par les infiltrations que sont produites les stalactites qui eiicQvsvl»rent souvent les cavités souterraines des pa^s ce\ca\T^^ ^«cstkV o^^-

ques-unes ont une grande célébrité ; telles sont la grotte d*Antiparos dans Tarchipel Grec , la grotte d'Auxelle en Franche-Comté , celle de Poors Hole en Derbyshire, etc.

§288. SKoAtion séosrAphiqne. — Toutes les contrées de la terre offrent des dépôts plus ou moins considérables des diverses sortes de calcaires. La plus grande partie du sol de la France en est formée. Les dépôts tertiaires , comprenant des calcaires grossiers marins et des calcaires fluviatiles , couvrent ce qu'on appelait l'Ile-de- France et rOrléanais, ainsi que la Touraine, la Guienne et la Gascogne, jusqu'au pied des Pyrénées. Beaucoup de calcaires fluviatiles se retrouvent en outre, par lambeaux, dans l'Auvergne, dans le Cantal, dans le Languedoc et la Provence.

La craie qui entoure le grand dépôt parisien se prolonge dans la Champagne , la Picardie , l'Artois ; constitue toutes les falaises depuis Calais jusqu'à Honfleur, et se retrouve également sur les côtes d'Angleterre. Elle se continue dans le Maine, la Touraine, une partie du Berri, du Poitou; se retrouve dans l'Angoumois, la Saintonge et la partie méridionale du Périgord, et en Provence.

Les autres calcaires, et plus particulièrement ceux de la formation jurassique, qui couvrent la Franche-Comté et la Bourgogne, constituent la plus grande partie du reste de la France, où ils sont limités par les terrains cristallins des Ardennes, des Vosges, des Alpes, du Dauphiné, des Pyrénées, de la Bretagne; ils entourent de tous côtés le groupe cristallin qui constitue le Limousin, l'Auvergne, le Lyonnais et une partie du Languedoc.

C'est dans le Dauphiné et tout autour des Alpes, ainsi que dans les Pyrénées, que se trouvent surtout les dépôts modifiés plus ou moins profondément par la présence des terrains cristallins.

§ 289. iisAses. Pierre à bâtir, — Le calcaire est une matière d'un usage journalier. D'abord, comme pierre à bâtir, il présente le grand avantage de se laisser tailler facilement et de conserver néanmoins les arêtes, les moulures et les ornements les plus délicats. Cependant il y a beaucoup de choix à faire : la craie est le plus souvent trop tendre; les variétés lamellaires, simples ou micacées, résistent peu à la charge; beaucoup de calcaires compactes sont secs, suivant le terme reçu, et d'ailleurs sont fréquemment remplis de fissures qui leur ôtent beaucoup de solidité. Les variétés qui conviennent le mieux sont celles qui sont compactes, à cassure inégale, plate ou irrégulière , qui sont mates et souvent ont quelque chose de terreux. On en trouve d'excellentes sous ce rapport dans les formations analogues à celles de Paris et dans les dépôts jurassiques : ce sont ces formations qui ont fourni des matériaux à la plupart des

oioupi ns càuomins.— càBBœiATKs. fSS

mottottefttft do monde dvilM. On emploie qnelquefo» amsi les tnfii ealeave^ et à cet égard on peat citer sorUnit ceux des États Roman0, connus aoiu le nom de travertinê^ employés dans une grande partie de lltalie, et dont, en cette contrée, tous les monuments antigaes^aiMBi bien que la plupart des monuments modernes, se trou- ▼enlrfMrmés.

P4erre$ gHiveê, — n y a des pierres qui ne peuvent rester exposées flrnx intempéries de Tair sans se diâsagréger plus ou moins promptement et tomber en fragments ou en pouséière : ce sont sartoot les variétés susceptibles de s'imbiber lentement d*eau qi!ie les gelées viennent surprendre avant qu'elle ait pu s'évaporer, et qui, augmentant alors de volume en se consolidant, fait éclater la masse. Ces variétés se nomment pierres gélives^ et l'on conçoit qu'il teit en éviter soigneusement l'emploi.

Qn a proposé , pour connaître d'avance si une pierre est géllve oa non , d'en plonger un morceau dans une solution saline et de le rstirer après l'imbibition. Le sel , en cristallisant dans l'intérieur et augmentent alors de volume, produit Teffet de la congélation de Tean ; et si la pierre résiste à l'épreuve , on doit être certain qu'elle rénaldra de môme aux intempéries de l'air. Cet essai , décisif pour flore vn excellent choix, a cependant l'inconvénient de faire rejeter quelquefois de très-bons matériaux, parce qu'il n'y a pas parité entre une solution saline qui laisse nécessairement un corps dans la pierre et l'eau pure qui s'évapore sans rien laisser derrière elle. Certaines pierres poreuses ne résistent pas à l'épreuve que nous venoQS d'indiquer, et cependant ne se désagrègent jamais à l'air, parce que l'eau dont elles se soi)t imbibées se dégage aussi rapidement qu'elle peut pénétrer.

Chaiiœ et mortiers. — La calcination du calcaire produit la chaux, matière très-importante pour la préparation des mortiers. Mais il ftuit encore distinguer avec soin les variétés sous ce rapport : les calcaires les plus purs produisent ce qu'on appelle la chaux grasse, tpii prend beaucoup d'eau à l'extinction, supporte une grande quant tîté de sable , et fournit par suite beaucoup de mortier; mais cette chaux est très-lente à durcir à l'air, n'y prend jamais même une grande consistance , et ne durcit pas dans les lieux humides. Les calcaires mélangés de silicates ahimineux , et principalement de silicates hydratés , produisent au contraire la chaux maigre ou la chaux hydraulique. Moins productive que la chaux grasse, en ce qu'elle absorbe beaucoup moins d'eau et supporte peu de sable , elle a l'avantage immense de durcir promptement à l'air et dans les endroits humides, et doit être employée lorsqu'on W^xvX, ^\^^\\^\\^

plutôt qu'à réconomie. La chaux hydraulique durcit même sous Teau ; circonstance qui la rend indispensable pour toutes les constructions hydrauliques, où les mortiers de chaux grasse se délayeraient complètement.

On ne trouve pas partout des calcaires capables de produire de la chaux maigre ou de la chaux hydraulique; mais on parvient à en faire artificiellement lorsqu'on peut se procurer de la craie ou des marnes calcaires susceptibles de se délayer à Teau. On les réduit en bouillie épaisse , qu'on mélange avec des matières argileuses délayées ou des scories volcaniques, des scories de forges, des briques ou des poteries réduites en poudre fine; on fait alors des pains qu'on laisse sécher, et qu'on cuit ensuite comme le calcaire lui-même. Lorsqu'on n'a pas de calcaire délayable, on peut employer la chaux ordinaire de la localité, qu'on laisse éteindre à l'air : on en mêle ensuite la poussière avec des silicates argileux délayés ou broyés ; on fait une pâte du tout avec un peu d'eau , et on forme comme précédemment des pains qu'on laisse sécher pour les recuire de nouveau. Ce procédé a l'inconvénient de la cherté à cause de la double cuisson.

§ 290. MArbres. — On nomme marbres les variétés de calcaire à grains fins susceptibles de poli, et qui, par leur blancheur, ou par leurs couleurs plus ou moins vives, peuvent être employées à la décoration des édifices ou dans l'ameublement '.Il en existe en quelque sorte partout, et principalement depuis les dépôts jurassiques jusqu'aux calcaires siluriens ; c'est dans les parties de ces dépôts qui avoisinent les terrains de cristallisation que se trouvent en général les variétés les plus riches en couleurs et les plus agréablement nuancées de veines.

On distingue de nombreuses variétés de marbres, à chacune desquelles on donne un nom particulier ; et il suffit souvent aux marbriers du moindre accident pour imposer un nom à quelques plaques débitées dans le même bloc que beaucoup d^autres. Les plus beaux marbres se nomment marbres antiques, expression qui , dans le principe , indiquait des matières dont les carrières étaient perdues , et qu'on tirait des anciens monuments , mais qui , dans l'état actuel , s'applique aux variétés choisies parmi celles qu'on exploite journellement. Cet amour d'antiquité a fait souvent ramener à grands frais d'Italie des marbres que les Romains y avaient transportés de France , et dont les carrières sont encore connues.

' Les marbrei dun sont des granités ou des porphyres.

OBOOn DIS OIBONIDIS. — CAIBQUATIS. SS7

KmbI taB nombreiiieB variétés de marive qu'on a étaUiee, il font liriBeipakniMit diatingiier les suivantes :

4* Les mordm itin^plet, qui, pour être estimés, d(»vent être exactment unicolores et de couleurs nettement décidées. Ce sont les bkme» statuaires qui nous viennent aujourd'hui de Car- »ytiirlac6te de Gènes; les marbres noirs de Dinan, de Namur, etc. ; les marbres rouges, parmi lesquels on distingue surtout la grioitê l^Balie, qu*on exploite encore près de Narfoonne en Langnadoc; les marbres jaunes, qu'on nomme jaune antique ou jaune de Sienne, etc.

S* Les marbres simples veinés, dont il existe beaucoup de variétés de tons les fonds de couleur. Les dépôts calcaires de la Flandre «mt depuis longtemps en possession de nous en fournir un grand BOBibre qu'on nomme nuûrbres de Flandre et qu*on emploie trèsfréqoemroent ft Paris. Un des plus communs est le Sainte- Anne, à fond grtt et veines blanches ; mais il en existe de beaucoup plus agréables à fond brun et rouge, à fond bleuâtre, etc. Parmi les Mies variétés qui proviennent de différents lieux, on distingue le Ofond antique à fond noir et veines blanches nettement tranchées; le periot^ à fond noir et veines jaunes ; le bleu turquinà fond bleuâtre et veines plus foncées, dont le plus beau provient de Carrare; le languedoc, qui vient de Narbonne, à fond rouge et grandes veines blanches ondulées , qu'on emploie surtout pour les décorations monumentales, etc.

3* Les marbres-brèches, qui ne sont souvent que des variétés de marbres veinés, dans lesquelles les veines coupent la masse de manière qu'elle semble composée de fragments réunis. Les plus renommés sont : le grand deuil et le petit deuil, qui offrent des éclats blancs sur un fond noir, et qu'on tire de TÂriége, de l'Aude et des Basses-Pyrénées; la brèche d^Aix, ou brèche de Tolonet, à grands fragments jaunes et violets réunis par des veines noires, qu'on exploite à Aix en Provence ; la brèche violette, à fond violet avec de grands éclats blancs, un des marbres les plus riches, qui provient de la côte de Gènes, mais dont les carrières sont depuis longtemps épuisées.

i* Les marbres composés, qui proviennent généralement des lieux où les dépôts de sédiment sont enclavés dans les terrains de cristallisation; ils renferment des matières étrangères distribuées par feuillets , par paquets , ou disséminées. On distingue principalement les marbres cypolin de la côte de Gènes, qui renferment du mica verdâtre disséminé dans une pâle blanchâtre et sa<xWi:^\^^\ les marbres campan, dans les Pyrénées, qui TentetnvetW ^^^ W^\^v&

ondulés de matières analogues de diverses couleurs dans des pâtes de calcaire compacte de diverses teintes. Enfin , les diverses variétés de vert antique, qui sont des marbres saccharoïdes, blancs ou verdâtres, mélangés de diallage et de serpentine (voyez les Silicates) de couleur verte. Certaines variétés offrent des marbres de la plus grande beauté pour la décoration des édifices, et qui proviennent en général de la côte de Gènes.

5*" Les marbres lumachelles, qui renferment des coquilles, des madrépores, etc. On distingue surtout des variétés à fond noir sur lequel se dessinent des taches de calcaire blanc, dont chacune est une coquille; on en tire de la Flandre et des environs de Narbonne. Le petit granité, ou marbre des Ëcaussines, près de Mons, qui couvre la plupart de nos meubles , et qui est rempli d'encrinites, en est un exemple commun.

Albâtres, — Nous avons déjà parlé, $ 231 , des albâtres calcaires. Ils proviennent des dépôts de stalactites et de stalagmites qui remplissent les cavernes des pays calcaires. On recherche surtout ceux qui sont d'un blanc légèrement jaunâtre, d'une belle demi-transparence, avec des veines d'un blanc laiteux : c'est là l'albâtre oriental ou albâtre antique. Viennent ensuite les variétés jaunâtres, présentant des zones de diverses teintes qui ne tranchent pas trop sur la masse : c'est ce qu'on nomme albâtre veiné, marbre onyx, marbre agate, employés pour des revêtements de chapelle, des objets de grand luxe monumental.

§ 291. Pierres llthoi^Aphlqnes) niArnes. — Parlons d'applications plus humbles. La pierre lithographique est un calcaire compacte à grain fin et serré, capable de se laisser imbiber légèrement d'eau, et qui est fourni principalement par les dépôts jurassiques. Les pierres les plus renommées sont celles de Pappenheim, sur les bords du Danube, en Bavière; mais on en tire aussi de France, particulièrement de Ghâteauroux (Indre), de Belley (Âin), de Dijon, de Périgueux, etc.

Dans l'agriculture, les marnes , qui ont la propriété de se diviser facilement à l'air et de tomber en poussière, nous offrent des amendements extrêmement précieux, qu'il faut choisir suivant la nature du terrain : les marnes calcaires pour les terrains naturellement trop forts, et les marnes argileuses pour les terrains trop meubles. Il y a des marnes dans toutes les formations, mais particulièrement depuis les dépôts tertiaires jusqu'au calcaire conchylien ; au-dessous, ce sont plutôt des argiles que des marnes.

Aragonite.

.'i-MÈ* L*angoiiite€Btdiiiiiiqiienientleméniec«rboiM ilMtcahri doDl nooB venons de parler , mais cristallisé dans lé sya* ttaé immatîque rectangulaire non susceptible de clivages. Cette matièro^Bt akm à cassure vitreuse très-brillante ; sa dureté est as- S0igraBdepoorf«y«: fortement le calcaire. Au feu, Taragonite crisfillSénaa délite et tombe en poussière; mais cette propriété diminue daii les variétés à fibres fines agglomérées, et disparaît compléte- ■SBt'à maure que les traces de cristallisation s'effacent : on retombe alaia aor le calcaire ordinaire.

: L'aragonite, qu'on trouve assez souvent en cristaux réguliers prismatiques à bases rfaombes diversement modifiées , se présente pfan fréquemment encore en cristaux groupés, comme ceux que lOBB avoua indiqués fig. 953 à 962. C'est cette substance que Ton tnnve le plus souvent sous la forme coralloïde, fig. 322 ; on la renanssî en petites masses bacillaires , fibreuses, qui offrent des à l'état compacte et même terreux, où dès lors ce n'est plus que du cari>onate de chaux ordinaire.

Cette substance se trouve principalement dans les-gttes de minerais de fer, dans les fentes des dépôts basaltiques et des roches serpentineuses , et en cristaux groupés dans les argiles gypseuses des dépôts salif^res. Certains tufs calcaires, ceux de Vichy, par exemple, sont entièrement à l'état d'aragonite.

Dolomie.

% 2934 La dolomie a les plus grandes analogies avec le calcaire : seolement , le rhomboèdre de clivage est plus obtus, § 285. Le ca-^ ractère distinctif le plus apparent est la lenteur de l'eflérvescence avec l'acide azotique , ce qu'elle a de conunun avec la giobertite et la sidérose. La solution précipite d'abord abondamment à chaud par Tozalate d'ammoniaque , puis elle se trouble de nouveau en refroidûsant, et produit encore un précipité abondant. Le poids spécifique est 2,86 dans les variétés les plus pures.

Cette substance se trouve assez fréquemment len cristaux rhomboèdres semblables à celui du clivage, qui sont toujours assez simples; on ne la connaît passons d'autres Ibrmes, si ce n'est à l'état de légers d^ts cristallins sur des cristaux de calcaire. Les formes ac^ ddentelles, à l'exception des variétés mamelonnées ou globulaires, manquent également, et c'est en mass^ finement granulaires

240 MINÉRÀLOGIB.

OU saccharoïdes , quelquefois compactes , qu'on la connaît principalement.

A rétat cristallin, la dolomie se trouve dans les gîtes métallifères, et c'est du Mexique que proviennent les plus belles variétés. En masses, sans offrir nulle part des dépôts très-étendus , elle se présente à peu près à tous les étages de formation. En Angleterre elle remplace entièrement le terrain pénéen, § 176, note, dentelle n'est qu'une légère partie accidentelle dans la Thuringe. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que le plus souvent elle présente des phénomènes de position où l'on reconnaît qu'elle doit son origine au métamorphisme des dépôts calcaires. Au Saint-Gothard elle forme des dépôts intercalés dans les micaschistes, § 472, note. Dans les Pyrénées elle se présente en amas adventifs, irréguliers et tuberculeux, au milieu des calcaires subordonnés au schiste argileux. En Tyrol on la voit partout au contact des porphyres pyroxéniques, et à distance elle fait corps avec les calcaires ordinaires. Dans l'Aveyron , au plateau de Larzac entouré et percé de basaltes, elle se montre en abondance, tandis que partout ailleurs dans les Cévennes on ne voit que les calcaires compactes du Jura.

Les diverses variétés sont à peu près sans emploi; on redoute même dans l'agriculture la chaux qui en provient, et ce n'est que depuis quelques années qu'on a reconnu que certaines variétés , mêlées de silicates, pouvaient donner des chaux hydrauliques , qui cependant n'ont pas la force qu'on a voulu leur attribuer.

Sidérose. — Fer carbonate, fer spaihique, mine d'acier,

$ 291. CArActèr«>0. — La sidérose, dont le poids spécifique va jusqu'à 3,81, présente encore peu de formes cristallines; on ne la connaît qu'en rhomboèdres semblables à celui que produit le clivage, en petits rhomboèdres aigus, en prismes hexagones, et fréquemment sous la forme lenticulaire. Elle se trouve souvent en rognons, en petits dépôts mamelonnés dans les cavités des roches basaltiques , et aussi sous la forme de tiges de plantes , ou avec des impressions de fougères, dans les grès houillers. Elle se présente aussi en masses lamellaires, à grandes ou à petites lames, quelquefois granulaire ou oolitique, et alors assez semblable à la limonite en grains, § 177; ou bien en masse compacte, ou même terreuse , et alors plus ou moins mélangée de matières étrangères.

La calcination donne une matière noire ou rouge , fusible en globule noir attirable à l'aimant. La solution se fait lentement à froid, et donne un précipité abondant par le ferro-cyanure.

6WXIFI DSS CitiœiIDIS. ^ CAIBOR ATI8. S41

. t»5. intewtt we. — Arétatde crirtaux» la prteftte dans ttiflérents gttes métallifères. Les yariétéd lamellaires M aaansv qii*oa noimne plus particolièrement fer spathique, se ttonvenl an filons et en amas dans les terrains de criàtailisation , ou lea ealcaires de différents âges qui les recouvrent immédiatet; lea variétés réniformes, compactes, terreuses, plus ou moins par des matières étrangières, appartiennebt au terrain houiller et Y forment souvent des dépôts assez considérables , soit dans les grtB, soit au milieu des couches de houille. Les variétés ooliUques appartiennent aux formations jurassiques.

Cette matière offre encore des minerais de fer importants, et aHBK communs dans diverses contrées. En France on exploite les mioerais spathiques à AUevard en Dauphiné, à Baigorry, Vicdessos, etc., dans les Pyrénées; ils sont généralement traités par une méthode particulière, qu'on nomme méthode catalane, par laquelle on obtient immédiatement du fer sans passer par Tétat de fonte. On remarque que les minerais qui renferment de la magnésie donnent de mauvais fer, que les variétés plus ou moins décomposées dOnt ka meilleures, et que celles qui renferment du mangan^ donnent dea fers qu'on transforme facilement en acier, d'où le nom de mine

Les variétés compactes et terreuses du terrain houiller offrent un excellent minerai , et d'autant plus précieux qu'il se trouve auprès du combustible qui convient le mieux à son traitement. Ce sont les seules qu'on exploite en Angleterre ; on les traite aussi en France aux environs de SaintrÉtienne, et à Aubin dans l'Aveyron. Les variétés oolitiques des terrains supra-jurassiques sont employées à Hayanges, dans la Moselle, et dans plusieurs usines de la Gôte-d'Or et de la Marne.

Smithsonite. — Zinc carbonate, zinc oxydé, calamine,

% 296. Rarement en cristaux, qui sont toujours très-petits; quelquefois en stalactites ou sous des formes empruntées au carbonate de chaux, ou bien en masses compactes.

A la calcination, ce minerai donne une fumée blanche qui se dépose autour de la pièce d'essai. La solution, qui se fait avec une vive effervescence dans l'acide azotique, donne, par l'ammoniaque, un précipité qui se redissout par un excès de cet alcali.

Les variétés cristallines ou stalactitiques se trouvent dans divers gttes métallifères : mais les variétés en masses forment des couches avec le silicate de zinc dans les terrains de sédiment^ depuis la Coc-

242 MINÈRÀLOGIS.

mation carbonifère jusqu'au lias. C'est dans ce dernier qu'il se trouve particulièrement en France, à Gombecave (Lot), à Montalet près d'Uzès, à Saint-Sauveur en Languedoc, etc. Ces minerais sont exploités, dans diverses localités, en même temps que le silicate (voy. Calamine).

§ 297. La zinconise, carbonate hydraté, se trouve en petite masse terreuse dans les mines de plomb de Bleyberg en Carinthie.

Malachite et Azurite. — Vert de montagne , cendre verte ; cuivre azuré y azur de cuivre, bleu de montagne.

% 298. L'une de ces substances est verte, et cristallise en prismes rhomboïdaux droits; l'autre est bleue et présente des prismes obliques. Toutes deux donnent de l'eau par calcination et noircissent ; leur solution précipite du cuivre abondamment. La première est un simple carbonate hydraté ; la seconde est un bicarbonate combiné avec un hydrate de la même base.

Il faut joindre à ces deux espèces un carbonate anhydre , brun , comme tous les sels de cuivre anhydres, et qui a été observé dans l'Inde, an pays de Mysore.

La malachite, qui se trouve rarement sous sa forme cristalline naturelle , se présente souvent en cristaux octaèdres diversement modifiéSf qui proviennent de la décomposition du protoxyde. Elle se montre aussi en prismes obliques, fibreux à l'intérieur, qui résultent de la décomposition de Tazurite. Du reste , elle se trouve en petites masses mamelonnées ou stalactitiques , souvent fibreuses à l'intérieur, et montrant en outre des couches d'accroissement qu'on distingue par la variation des teintes. Quelquefois elle est pulvérulente et alors fréquemment mélangée avec des matières terreuses et sableuses.

L'azurite est au contraire presque toujours cristallisée ou en boules formées de cristaux groupés. On la trouve aussi à l'état terreux , et souvent alors plus ou moins mélangée de matières étrangères. Ce qu'on appelle la pierre d'Arménie n'est qu'un de ces mélanges, qui est compacte et assez dur.

Ces deux substances sont en général des matières subordonnées aux gttes métallifères cuivreux. La malachite se trouve quelquefois en masses assez abondantes dans les mines des monts Ourals en Sibérie. L'azurite s'est trouvée, pendant un temps, en abondance à Chessy, près de Lyon, dans le grès bigarré.

Les variétés stalactitiques fibreuses de malachite, lorsqu'elles composent des masses suffisamment volumineuses, sont débitées en

6I0IM DIS GAIBORI]».— CiftBONATn. Stô

dont on ftdt^tos placages en {nèoea de rapport pour iâiKUuiit des tables, dee vasques, des chambranles ée cheminéa^eta., qd sont d'one rare beauté.

Dana lés lieux <iù les carbonates de cuivre sont abondants, on les eaqUo avec les autres minerais pour la préparation du cuivre : é'eat me mauvaise manière d'en tirer parti; il vaudrait beaucoup mieux en ftbriquer des sels de cuivre, et surtout le sulfate, dont on se sert fréquemment en teinture.

NatronetUrao. — Soude, alcali minéral, soude carboiiatée.

{999. Le natron, ié qu'il se trouve dans la nature, est une matière efileurie, d'une saveur caustique et urineuse. n est soluble dan^ l'eau, d'où il se dépose ensuite en cristaux qui renferment une ph» grande quantité de ce liquide à l'état de comlnnaison. Ces crîsftami retombent promptement en poussière à l'air.

L'orao est au contraire cristallisé en prismes obliques rectangulaireB, sa saveur est moins caustique, et il est peu altérable à l'air, n se présente en masses granulaires et quelquefois fibreuses.

La première de ces espèces se trouve à la surface de la terre dans les plaines basses de nos continents, aux environs de certains lacs dont les eaux en renferment toujours une certaine quantité. Elle est abondante dans les temps secs, et couvre la terre d'efflorescences qui ressemblent à de la neige ; c'est ainsi qu'on la voit dans les plaines de Hongrie autour de Debreczin, dans la vallée des lacs de Natron en Egypte, dans l'Arabie, dans l'Inde, etc.

L'urao forme des dépôts solides dans les matières argileuses de formation assez moderne. On le connaît à cet état en Colombie, autour du village de Lagunilla, à une journée de Méridtf, et il renferme disséminés des cristaux de gay-lussite. Il paraît qu'il se trouve de même en Afrique dans le Fezzan, sur le bord du grand désert, et prc^^lement dans la vallée des lacs de Natron, à vingt lieues du Caire ; du moins en tire-t-on de cette dernière localité des masses considérables qui sont inaltérables à l'air, et dont on a même bâti des murailles qui se conservent dans ces contrées sèches. II est à {Mnésumer que c'est de sa décomposition que provient l'espèce qu'on nomme natron.

Lee carbonates de soude se trouvent quelquefois aussi en efflorescences à la surface des laves et des scories dans les volcans actife. Il en existe en solution dans un assez grand nombre d'eaux minérales , parmi lesquelles on doit citer particulièrement celles de V\c\v^ ^x^ Auvergne et de Contrexeville dans les Vosges.

244 MmiRALOGIE.

Ces sels de soude sont des matières importantes dans tous les lieux où elles se trouvent, pour la fabrication du savon et pour les verreries. Il s'en faisait autrefois une grande im()ortation en France, et particulièrement de l'Egypte, pour cet objet ; mais aujourd'hui tout ce qui nous est nécessaire est préparé artificiellement par la décomposition du sel marin, et il en est de même dans presque toutes les parties de l'Europe.

Carbonates divers.

§ 300. Les autres carbonates appartiennent la plupart aux gîtes métallifères, et sont toujours en petites quantités. La Céruse, la Wïthérite, la Strontianite, appartiennent plus spécialement aux dépôts de minerais de plomb ; elles ont entre elles une très-grande analogie, et se trouvent tantôt en cristaux, tantôt en petites masses acicnlaires, fibreuses, compactes, quelquefois terreuses. La Céruse est la plus abondante, et offre les cristaux les plus nets et les plus variés ; elle présente surtout un grand nombre de groupes comme ceux que nous avons indiqués fig. 264 à 263.

C'est aussi dans les minerais de plomb de Leadhills en Ecosse que se trouvent les carbonates de plomb sulfatifères, en petits cristaux plus ou moins distincts, dont les formes ne peuvent se rapporter à la Céruse. C'est dans les mêmes gisements qu'on rencontre aussi la Stromnite etlai Baryto-calcife.

La Giobertite se trouve en rhomboèdres simples, disséminés dans les silicates magnésiens désignés sous le nom de talc. Tous les carbonates hydratés de la même base se trouvent à l'état terreux, en petites veines dans les serpentines.

BORIDES.

Corps donnant immédiatement à Talcool la propriété de ))rûler avec une flamme verte, on laissant après l'action de l'acide azotique une matière qui possède c?ite piopriété.

$ 304. Nous n'avons à parler ici que d'un très-petit nombre de substances, savoir :

1° Vacide borique hydraté, ou Sassoline. Cette substance se trouve en solution dans les eaux qui proviennent des fumarolles de Toscane, § 256, dans lesquelles elle cristallise ; on la rencontre aussi en petites masses mélangées de soufre dans le cratère de Yulcano. Elle est à l'état d'hydrate, qui ne renferme que 56 pour 100 d'acide

BOIID», 8IL1C1DI8. f45

tee. Od la réooUa el on remploie aujourd'hui pour la febricatkm do borax.

I* Le Borax, ou borate de soude, que Ton dit tout formé dans lea^eaux de certalna laœ de llnde, ou en petites couches criitallhieB à quelques pieds de profondeur dans tes terres meubles. On le dta aussi à Ceylan, en Perse, dans la Tartane méridionale, et en solution dans les eaux de certaines mines du Potosi. C'est de llnde qu'est venu tout le borax en Europe jusqu'au moment où Ton en a fe- Iniqué avec râcide borique de Toscane. Ce sel sert de fondant dans diverses opérations de petite métallurgie.

3* La Boracite, ou borate de magnésie, qui cristallise en cubes, remarquables par leur défout de symétrie, $ ih. Cette substance peu commune, se trouve en cristaux disséminés dans le gypse de Lonebourg en Brunswick, et de Sageberg en Holstein.

4* Des borosilicates de chaux qui se trouvent dans le iér magnétique d'Ârendal en Norvège ; Ton , cristallisé en prismes rhomboïdaux droits, et un autre en petites masses botryoïdes.

GROUPE DES SIUCIDES.

' Corps composés de silice, soit seule, soit combinée avec divers oxydes. Fusibles avec le sel de soude ei attaquables ensuite par Teau et les acides; solu- Uon acide donnant une grande quantité de silice, eoit immédiatement, soit après Pévaporation et le traitement subséquent par l'eau.

$ 302. Ce groupe, qui ne renferme cependant que la ^lice et ses combinaisons avec diverses bases, est le plus étendu de tout le règne minéral. 11 renferme aujourd'hui plus de deux cents espèces qu*on peut assez bien définir, et peut-être autant qu'on est sur la voie de reconnattre. Tous les jours, Texamen chimique des matières minérales fait découvrir de nouvelles combinaisons. II en est ici de la silice et des diverses bases comme du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène, dont les combinaisons, dans les matières dites organiques, peuvent s'effectuer sous un nombre presque infini de rapports déterminés.

Les substances qui entrent dans ce groupe ont un assez grand nombre de caractères physiques communs, et qui servent souvent à les reconnaître au premier moment. La plupart offrent l'éclat vitreux, du moins dans les variétés cristallisées ; il n'en est aucune qui offre l'éclat métallique. Leur dureté est presque toujours considérable ; un grand nombre rayent le quarz, et presque toutes les autres rayent ou usent le verre lorsqu'elles sont cristallisées. On ne peut guère les confondre sous ces différeuis ra^^tV^ o^ «h«^ V&

fluosilicates topaze el picnite , le borosilicate datholite, le corindon et les spinelles, § 474 , 473, 249 , 304 .

C'est aux terrains de cristallisation qu'appartiennent presque toujours ces corps: un petit nombre y forment, à eux seuls, des dépôts plus ou moins considérables; quelques-uns, en se réunissant d'une manière remarquable par la constance, constituent des roches qu'on nomme , à cause de cela, roches composées. La plupart des autres sont disséminés, ou en noyaux , dans diverses roches. Il y en a peu dans les terrains de sédiment.

Nous avons déjà indiqué plusieurs pierres employées dans la bijouterie et la joaillerie. C'est à la famille des siiicides qu'appartiennent toutes les autres, tant celles qui conservent encore un prix élevé que quelques-unes plus communes qui sont cependant employées fréquemment.

Dans l'impossibilité de décrire ici toutes les espèces qui appartiennent à ce groupe, nous choisirons celles qui sont les plus abondantes à la surface du globe, et sur lesquelles il est indispensable d'avoir quelques idées générales.

Silice pure.

Matières infasibles seules; insolubles dans les acides, mais rendues solubles par la fiision avec Talcali. Solution ne renfermant rien ou presque rien après la séparation de la silice. <

Quarz, calcédoine et opale. — Cristal de roche , agate ,

siùx, etc.

§ 303. CAraetèrMdaqaars. — De ces trois matières et de toutes leurs variétés, le quarz seul est susceptible de cristallisation. C'est une substance vitreuse , non altérable au feu , qui se rattache au système rhomboédrique, dont les cristaux offrent toujours des dodécaèdres à triangles isocèles, soit simples, fig. a, soit avec les faces du prisme hexagonal , 6, et c, et diverses modifications non symétriques aux angles, d. Le plus souvent les cristaux sont extrêmement déformés par l'élargissement de quelques-unes de leurs faces, soit comme fig. c, soit, et plus fréquemment, comme fig. f el g.

fi

GROUPE DES SILIGIDSS. — SILId. 247

Le quarz se présente aussi sous des formes empruntées au carbonate de chaux scalénoèdre , au fer oligiste rhomboèdre , ou à la fluorine octaèdre. Nous ayons déjà indiqué l'agglutination cristalline des sables quarzeux par du carbonate de chaux, § 67 ; mais un autre genre d'agglutination dessables a lieu par les coups de foudre, qui y produisent, en les traversant, des tubes plus ou moins irréguliers, qu'on nomme fulgurites, et qui se prolongent quelquefois fort loin dans la terre.

On trouve aussi le quarz en petites masses bacillaires ou fibreuses; mais fréquemment il est en grande masse compacte, tantôt transparent et limpide, tantôt plus ou moins opaque. Ailleurs les masses ont une sorte de structure grenue, peu distincte, et passent à l'état lithoïde. Enfin , on trouve le quarz sous la forme (le sables plus ou moins agglutinés, qui dans ce cas constituent souvent des grès^ tantôt simples, tantôt mélangés de diverses matières.

Naturellement incolore, le quarz prend souvent des couleurs plus ou moins vives, par des mélanges de matières étrangères, tantôt en conservant sa transparence, tantôt en devenant opaque. Il se mélange ainsi de peroxyde de fer, d'hydrate jaune de ce peroxyde, ou d'argile ferrugineuse, rouge et jaune, et de matière amphibolique ou chloritique*, qui le colore en vert. Vaméthyste est un quarz transparent violet, coloré par Toxyde de manganèse ; il y a aussi des quarz transparents de diverses teintes jaunes, des quarz bruns ou enfumés, etc.

$ 304. CArActères de 1a ealeédolne. — La calcédoine, l'agate,

la cornaline, le silex, sont toutes des matières de même nature, et entièrement siliceuses. Elles ont toutes pour caractère de blanchir au feu, et de s'y désagréger même entièrement. Elles n'offrent pas de traces de cristallisation extérieures, et ne présentent aucun signe de double réfraction lorsqu'elles sont réduites en lames qu'on puisse considérer comme homogènes ; par conséquent elles ne sont pas non plus cristallisées à l'intérieur, et doivent être considérées comme une a^lutination mécanique de particules siliceuses. Elles sont plus tenaces que le quarz et font plus facilement feu avec le briquet. Leur éclat, plutôt lithoïde que vitreux, a toujours quelque chose de gras ou de céroïde ; quelques variétés, qui se rapprochent de l'opale par un éclat résineux, sont en partie attaquées par la potasse caustique lorsqu'elles sont réduites en poudre fine. La calcédoine a souvent des formes empruntées; elle incruste

* Voyez plus loin )es amphiboles, chlorites, micas, etc.

quelquefois des cristaux de quarz d'une pellicule plus ou moins épaisse, et en présente entièrement la forme. Ailleurs elle est substituée à différents cristaux de calcaire; plus souvent elle est sous la forme de branches de bois, de polypiers, dont elle conserve tout le tissu, ou bien se trouve moulée dans les cavités des coquilles ou des échinides. Elle se trouve en petites stalactites, en rognons plus ou moins volumineux, quelquefois creux à l'intérieur, tapissés ou remplis de cristaux de quarz , ou renfermant des matières terreuses.

La calcédoine, translucide ou opaque, est tantôt incolore, tantôt colorée par suite du mélange de quelques matières étrangères. Les variétés translucides portent fréquemment le nom d'agate, celles qui sont en même temps colorées portent les noms de sardoine lorsqu'elles sont jaunâtres eu brunâtres, et de cornaline lorsqu'elles sont rouges, couleur qui est due à des matières organiques, § 405. Lorsque diverses couleurs se trouvent réunies par zones ou par bandes, la matière prend fréquemment le nom é'onyx. Quelquefois la matière colorante se trouve en dendrites, il en résulte les agates herborisées.

Les jaspes sont des calcédoines opaques mélangées de diverses matières étrangères qui les colorent; ces matières sont le peroxyde de fer ou son hydrate, tantôt purs, tantôt mélangés d'argile, ou bien des silicates de couleur verte : c'est ce qui produit les jaspes rouges, jaunes, verts, etc., de diverses variétés où les couleurs sont tantôt uniformément répandues, tantôt disposées par bandes, par zones, par taches, etc. Les jaspes calcédoniens se distinguent des quarz colorés opaques, qui leur ressemblent souvent, en ce qu'ils se désagrègent au feu. Il faut remarquer aussi que quelques jaspes qui renferment une grande quantité d'argile ferrugineuse, ou de calcaire, ce qui arrive quelquefois dans les silex des parties supérieures des terrains secondaires, deviennent fusibles au chalumeau; circonstance qui les a fait quelquefois confondre avec d'autres substances.

La pierre meulière n'est qu'une variété lithoïde et opaque de calcédoine, souvent criblée de cavités irrégulières qui lui ont valu le nom de silex carié.

Silice pulvérulerite. - Dans les cavités de certains dépôts siliceux, ou dans les rognons de silex, on trouve assez souvent de la silice eu poussière fine. Il existe aussi des rognons à texture très-lâche, qui semblent être formés par des matières pulvérulentes agrégées, et qui sont assez légers pour nager sur l'eau comme la ponce, ce qui leur a fait donner le nom de silex nectique.

auNjn DIS siuaDis. — nua. 249

. MvNnuBant aoni les rognons siliceux de la craie ont à la partie grtfciiof» une oondie plus ou moins épatose de matière siliceuse appjiili, falaBeha, peu agrégée, tandis que le centre est compacte et sflfliAi.:Qaelqaelois on trouve plusieurs couches alternatives de matîèraa validas et de matières pulvérulentes.

i 806. ttawMiè w dte r^yrte. —Comme la calcédoine, l'opale blaiieiult an Ibu, mais elle donne toujours alors une quantité notable d'esQ. Bile est le plus souvent attaquable par la potasse caustique, prédaérnent comme les précipités gélatineux encore hydratés que noua formons dans les laboratoires. Elle n'offre aucune trace de eristalUsation ni de double réfraction. Beaucoup moins tenace que lacatoédoine, elle donne moins d'étincelles par le choc dn briquet. L'édat est j^rasque toujours plus ou moins ruineux. , i/opale se présente quelquefois en petites stalactites ou en mameloM limpides et nacrés. Plus souvent elle est sous forme de rognons plas on moins volumineux, ou sous la forme de branches d'arbres dont elle censure aussi la structure. Certaines sources minérales renftMrment de la silice, qu'elles déposent çà et là en produisant de l'qMle incrustante plus ou moins grossière.

Qôelquefois l'opale est sensiblement pure, et présente alors plus on àioins de transparence ou d'opacité. Certaines variétés demitransparentes offrent dans leur intérieur des couleurs irisées extrêmement, vives, qui les font rechercher et en rendent le prix trèsélevé. Souvent aussi l'opale se colore par des mélanges de matières étrangères, et les variétés opaques, mélangées d'oxyde de fer, d'ar- , giie CMTugineuse, de matière verte, etc., forment ce qu'on nomme ItêjOipeS'Opales ou les jaspes-résinites,

. On rencontre aussi des hydrates de silice, véritables opales, à l'état gélatineux ou pâteux et presque pulvérulent, qui sont quelqadTois susceptibles de se délayer dans l'eau. Il y a des circonstances où l'opale semble avoir été altérée, où les rognons, les fragments, sont devenus blancs à la surface, se sont même réduits en poussière qui a dès lors perdu toute son eau. Quelques variétés reprennent par imbibition dans l'eau le liquide qu'elles ont perdu et en même temps leur translucidité; ces variétés se nomment hy" drophanes.

Il parait, sous le rapport de la composition, qu'il y a plusieurs hydrates très-différents les uns des autres par les quantités d'eau qu'ils renferment, et qui formeront peut-être autant d'espèces par la suite.

$ 306. Ginemeat du «lUArm. — On peut admettre généralement que le quarz proprement dit appartient aux lerram^ ^<& C3rài(si^>s^-

tion; il y forme à lui seul des filons considérables qui traversent toutes les roches, des amas étendus, des couches puissantes, où il est tantôt limpide, à Tétat vitreux, tantôt plus ou moins opaque avec une sorte de texture grenue. Dans d'autres cas, il est mélangé de mica, qui s'y trouve par paquets, ou disséminé plus ou moins uniformément; ce sont alors des roches composées qu'on a nommées hyalomicteSy et qu'on distingue en granitotdes lorsqu'elles ont l'apparence du granité, et schistcîïdes lorsque le mica, disposé en petites couches, donne à la masse une structure schisteuse. Lorsque le mica est très-abondant , en feuillets distincts qui alternent avec des feuillets de quarz, c'est le micaschiste.

Le quarz est aussi une partie essentielle du granité, où il se trouve réuni non-seulement au mica, mais encore au feldspath, le tout mélangé plus ou moins uniformément par petites parties. On nomme protogyne une sorte de granité qui se trouve en abondance dans les Alpes, où le mica est en général très-magnésien. On nomme pegmatite un granité où les trois éléments forment des espèces d'amas distincts réunis et accolés les uns aux autres.

Dans les terrains de cristallisation, on trouve souvent des fentes, des cavités irrégulières, où le quarz a cristallisé; c'est ce qu'on nomme des fours ou f)oches à cristaux ^ et c'est là qu'on récolte les groupes de quarz cristallin qui décorent les collections.

Dans les terrains de sédiment, le quar^ forme çà et là quelques filons qui traversent plusieurs dépôts de bas en haut; mais il ne se montre plus en couches qu'à l'état sableux, plus ou moins agglutiné, où il est tantôt assez pur, tantôt mélangé de matières étrangères, ou sali par de la limonite, etc. Si çà et là on rencontre encore du quarz cristallisé dans les dépôts sédimentaires, c'est en petits cristaux qui tapissent les cavités des amas de calcédoine ou des matières argilo-siliceuses qui séparent les bancs calcaires. Il est à remarquer que, dans les dépôts sédimentaires enclavés au milieu des terrains de cristallisation, les couches sableuses sont remplacées par des quarz compactes, tantôt purs, tantôt plus ou moins micacés comme les hyalomictes.

§ 307. «isement de Ui ealeédolne.— La calcédoine est beaucoup moins abondante dans les terrains de cristallisation, où elle est quelquefois en filons; mais à l'état de jaspe, elle forme aussi des couches peu épaisses qui alternent un grand nombre de fois avec (les matières amphiboliques, dialligiques et serpentineuses (voy. ces mots). Elle se trouve en rognons plus ou moins volumineux, fréquemment à couches concentriques, dans certaines roches, en dépôts ou en buttes isolées, qu'on a nommées amygdaUndes, parce

eiOUR DIS 81UC1DKS. ^ SILICK. S5l

4M loi rofpMBB de dheneB substances s*y préflentent comme des MMBdes énfennëes dans une pâte.

Ib éogum opaques, où la matière prend plus particulièrement lewMiiiatâeff, elle est très-abopdante dans les divenes couches eu marneuses de toutes les époques. Hais c'est particulièdans la craie que ces rognons sont nombreux et quelquefois trèSoYolaitainettz, souvent très-étendus en largeur, et ressemblant aloftà de petites couches; ils sont réunis ])ar lits horiiontaux, qui se répètent souvent un grand nombre de fois, a des intervalles de S ou 8 mètres, comme on le remarque surtout dans les ftilaises qui boident le canal de la Manche.

DaiiB^ les terrains tertiaires on trouve des dépots assez étendus de fiem meulière. Il en existe d'abord dans la partie inférieure, dû cse qu'on nomme le calcaire siliceux, comme dans toute la Brie, où Ton ne trouve pas de débris organiques; plus haut, sur la plupart des plateaux des environs de Paris, il s'en trouve des qui reposent sur les sables quarzeux par lesquels se termine la principale de nos collines : celles-ci renferment fréquenunent des Ijmnées, des planorbes,etc., qui sont des coquilles d'eau douce.

S 898. c^iwBMBt ém r«p»ie. — C'est encore dans des positions an peu dîflérentes que se trouve l'opale. On rencontre la plus grande partie des variétés dans les débris des terrains trachytiques, comme autour du Mont^Dore, dans le Sicbengebirge , en Hongrie, dans les monts Euganéens, au Mexique, etc. Les roches trachytiques ellesmêmes en renferment aussi, les unes de petites veines, les autres des nids ; on en trouve quelquefois encore dans les dépôts basaltiqn^y et aussi en rognons plus ou moins volumineux, ordinairement asKS pure, dans des roches amygdaloïdes, comme on le voit particulièrement à rile Fero.

Hors de ces gisements, l'opale forme des filons dans les dépôts de lerpentine et de diallage, où elle offre ordinairement des variétés UanchiBS, translucides ou opaques ; c'est ce qu'on observe particu- Bèrament à Mussinet, Baldissero, etc., en Piémont, à l'ile d'Elbe, en Silésie) etc. On en trouve aussi dans les parties supérieures des terrains de sédiment, soit en nids dans les calcaires fluviatiles, comme dans rOrléanaist à Gergovia en Auvergne, soit en rognons dans les eooches marneuses des environs de Paris, où la matière est blcuâ- |tre à la surface et brune dans l'intérieur, comme par exemple à Méiilmontant, d'où est venu à ces variétés le nom de ménilite. Fré- Iquemment aussi l'opale est alors mélangée de marne, qui la rend blantohe et complètement opaque, comme les silex des mêmes localités, et comme eux susceptible de se fondre au chaUimfâa»L.

Il y a aussi des tufs d*opale qui sont produits par les eaux de certaines sources, comme les eaux thermales de l'Islande, qui lont formé des dépôts de trois ou quatre mètres d'épaisseur, étendus sur d'assez grands espaces; il s*en trouve de même à l'île Saint-Michel, dans les Açores. Plusieurs sources minérales en déposent également de petites quantités, et l'on en a trouvé ainsi dans les conduits des eaux minérales du Mont-Dore en Auvergne. Probablement les dépôts de silice terreuse et légère de Randanne et de Ceyssat, également en Auvergne , ont été produits de la même manière. Ce sont sans doute aussi des eaux thermales chargées d'opale qui ont donné naissance aux nids et filons de cette nature qu'on trouve dans certains grès (voyez les Arkoses en Géologie)^ et qui ont fourni la pâte opaline qui en réunit çà et là les fragments.

§ 309. iJsAses des matières siiiceoseii. — Les variétés limpides de quarz ont été autrefois travaillées comme objets de luxe ; on en faisait des coupes, de petits vases, divers ornements, des lustres, etc. ; mais tous ces objets, fort chers à cause de la diiRculté du travail, sont aujourd'hui passés de mode, et leur fabrication est tombée depuis l'introduction de l'espèce de verre nommé cristal^ qui est à la fois plus limpide, plus éclatant et plus facile à travailler. On n'emploie plus guère que l'améthyste, surtout lorsque, mélangée avec le quarz blanc, elle produit des dessins en zigzag ; on l'associe souvent alors avec les mélanges de fluor et de quarz pour composer en pièces de rapport de jolis guéridons. On emploie aussi Faméthyste dans la Joaillerie, et elle est môme d'un prix assez élevé lorsque la pierre est grosse, d'une couleur foncée et bien uniforme; elle est alors recherchée pour les bagues d'évéques. Les teintes claires n'ont de valeur que quand les pierres réunies dans une parure sont exactement de la même teinte, ce qu'il faut choisir dans un trèsgrand nombre de pierres taillées. Certaines variétés de quar.'., mê lées d'asbeste à fibres parallèles, et connues sous le nom d'œil-dechat, § 404, sont quelquefois d'un assez grand prix. Vaveniturine, qui est le plus souvent une variété d'hyalomicte , où de petites paillettes de mica très-brillantes sont uniformément disséminées, est encore assez recherchée en plaques; il y en a une autre, moins belle, qui est un quarz grenu coloré, dans lequel quelques cristaux, autrement tournés que les autres, brillent d'un plus grand éclat. On taille aussi en pierres à facettes les diverses variétés de quarz co loré, mais ({ui n'ont point de valeur. Ces pierres nous arrivent aujourd'hui du Brésil toutes taillées, et à des prix extraordinairement bas.

Les grès de diverses époques et de divers grains sont employés

GROUPE DES SlUCiDES. — SILICE. Sôâ

pour faire des meules et des pierres à polir ou à aiguiser, ou des meules à moudre le blé, lorsqu'ils sont assez solides et à gros grains. Les sables blancs et purs servent dans les verreries pour fobriquer le verre blanc. Enfin les sables siliceux, quels qu'ils soient, sont partout mélangés avec les argiles pour la fabrication des poteries communes.

Diverses variétés de calcédoine, comme sardoine, cornaline, agate herborisée , ont été souvent fort recherchées, mais n'ont aujourd'hui que peu de valeur. Une autre variété , connue sous le nom de chrysoprase , qui, avec la demi-transparence, offre une jolie teinte verte, qu'elle doit à un silicate de nickel, est la seule qui soit encore demandée , et d'un prix élevé : elle fait de charmantes parures avec des entourages de diamants.

On emploie particulièrement les diverses variétés de calcédoine pour la gravure sur pierres fines; les onyx sont surtout recherchés pour les camées, et l'on exécute alors le petit bas-relief sur Tune des couches, en laissant l'autre pour le fond. ^

Un des emplois les plus importants, mais qui baisse encore aujourd'hui de plus en plus depuis l'usage des poudres fulminantes , est celui des silex pour la fabrication dos pierres à fusil. Nous possédions en France les meilleures variétés pour cet usage, et pendant longtemps on en a exporté une très-grande quantité; mais ce commerce a ensuite été prohibé. Nos plus grandes fabrications étaient dans le département de Loir-et-Cher.

Le silex molaire, ou pierre meulière, est aussi une matière importante , non-seulement comme excellente pierre à bâtir pour les constructions qui demandent de la solidité , mais encore pour la confection des meules de moulin, pour lesquelles aucune autre matière ne peut être mise en comparaison. Il s'en fait une grande quantité dans le bassin de Paris , d'où elles sont transportées dans tous les points de la France, et même en pa}s étranger. Les plus renommées sont celles de La Ferté-sous-Jouai re dans le département de Seine-et-Marne.

L'opale n'est employée que comme objet d'agrément. Les varié* tés irisées, qui sont souvent d'un très-haut prix, sont très-recherchées dans la joaillerie ; on taille quelquefois aussi certaines variétés jaunâtres, qu'on nomme opale de feu et girasoL Les bois pétrifiés et opalisés, surtout les palmiers, sont quelquefois taillés en cachets, en boîtes, etc.

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poudre onctueuse qui sert à faire glisser les bottes , ou que les tailleurs emploient pour tracer sur le drap la coupe des habits.

§ 345. Magnésite. — C'est encore un taie hydraté, mais où la quantité d'eau est beaucoup plus grande. Au lieu d*être onctueuse , la poussière est, au contraire, sèche au toucher; du reste, la matière est plus ou moins terreuse et toujours très-tendre, le plus souvent blanchâtre ou grisâtre , ce qu'elle a de commun avec V Aphrodite et la Dermatine.

La magnésite se trouve d'abord dans les serpentines, où elle forme des veines ou des rognons, comme en Piémont; mais elle existe aussi dans les dépôts de sédiment supérieurs, et surtout dans les calcaires fluviatiles, comme aux environs de Paris, à Salinelle près de Montpellier, et près de Madrid en Espagne; elle est partout accompagnée de matières siliceuses et surtout d'opale, et la masse terreuse qui enveloppe les opales de Méhilmontant, près de Paris, en est presque entièrement formée.

Certaines variétés homogènes, compactes, qui proviennent de l'Asie Mineure, sont employées, sous le nom d^écume de mer, à cause de leur légèreté, pour fabriquer des pipes fort estimées dans le Levant, et qui sont toujours fort chères.

$ 34 6. Serpentines. — Les serpentines avec lesquelles les autres silicates hydratifères ont beaucoup d'analogies extérieures, ainsi que plusieurs hydrates simples, sont des matières compactes , tendres , mais tenaces, à cassure plus ou moins esquilleuse et d'un éclat gras , dont la poussière , et souvent la masse même , est généralement douce au toucher. Elles sont presque infusibles au chalumeau, ne se fondant, et avec difficulté , que sur les bords des écailles fort minces. Elles prennent de la dureté en perdant l'eau combinée.

Les couleurs de ces matières , généralement sombres, varient du vert au noir et au brun plus ou moins foncé; toutes les teintes se trouvent souvent réunies pa» taches, ou par espèces de veines, sur le même échantillon , ce qui donne à la masse quelque ressemblance avec une peau de serpent , d'où est venu le nom de serpentine. On nomme en général serpentines nobles les variétés dont les couleurs sont plus vives et plus tranchées, et qui ont un certain degré de translucidité.

Ces matières, ainsi que les congénères qui se distinguent par les proportions atomiques, se trouvent dans toutes les positions géologiques. Souvent elles sont au milieu des terrains de cristallisation , soit isolées, soit mélangées avec des calcaires qui y sont enclavés, et formant des marbres composés, § 290. Ailleurs, plus ou moins

oioçn ns siucidis.— siucàns iiAGiiisiiiis, itc. 257

A%Béei te dépto ordinaireg de criBfadliiation , elles lont €o lî^^ avec dee calcaire» de diTers âges , et qui peraisgent même quelque- Mi «an modenei ; elles forment des oollmes plus ou moins éle» féee^ SQinrent alignées sur une même direction, et dans le yoisioage desquellèB se tronve fréquemment du gyp^, $ 230. Souvent elles aoeémpagnent les dépôts des minerais de fer, surtout le fer magné* tique, oa leur servent de gisement, $ 480.

Les serpoitines sont abondantes à la surface de la terre; il en enslB en Bretagne , en Limousin , dans les Pyrénées ; les Alpes en mlbrment dans un grand nombre de lieux et surtout dans les partiei qui regardent Tltalie; toute la côte de Gènes on est en quelque fnttttmmée. La Saxe en présente des dépôts considérables, surtout aoK enviions de Zo^litz. L'Ang;leterre, l'Ecosse, TAmérique septentrionale, etc., en offrent également beaucoup ; on en cite en Afrique, a laie, etc.

Dans les lieux où les serpentines sont abondantes, on les emploie idhrerB usages. Nous avons d'une part les marbres serpentineux et (fiallagiques, $ 290; de l'autre , les serpentines pures qu'on em* pkMe en tables, en plaques , en colonnes, qui sont d'un assez bel eflbt lorsqu'on choisit les variétés des plus vives couleurs; on en fiût aussi beaucoup de petits ouvrages , comme vases de diverses sortes, socles de pendules, etc., qui forment surtout un objet d'industrie important pour la contrée de Zœblitz. Une variété grise> qui a beaucoup de ténacité, qui se taille encore plus facilement que les antres , surtout en sortant de la carrière , et qu'on nomme pierre oUaire, est employée , de temps immémorial , à la confection d'une potorie particulière d'un très-bon usage : on la taille, on la tourne, et on en fait ainsi des marmites, des poêlons, etc., fort solides, quoique minces et légers , qui résistent bien au feu et ne donnent aucun goût aux aliments. H s'en fait surtout une grande quantité dans la Yalteline et dans les Grisons; c'est la ville de Côme qui en est l'entrepôt, et de là il s'en répand dans plusieurs parties de l'Italie et dans la Suisse.

g 347. Diallages.— Les diallages sont des matières fort analogues aux serpentines, mais qui, aussi bien que la Monradite, sont susceptibles d'un clivage suivant lequel elles sont plus ou moins nacrées; dans les autres sens, la cassure est compacte, plus ou moins esquilleuse , terne ou céroïde. Ils sont aussi très- tendres, à pousaère douce au toucher; la plupart plus fusibles au chalumeau que la serpentine , surtout dans les variétés où le protoxyde de fer, qui remplace la magnésie , devient plus abondant. Il y a évidemment ici, comme dans les serpentines, plusieurs es)^^C!Qft^^^^\c^î^L\^t^

cpii diffèrent par Tordre de Thydrate ou du silicate , mais qui ont à l'extérieur beaucoup d'analogies.

Les diallages ne forment pas à eux seuls de dépôts à la surface du globe; ils appartiennent aux dépôts de serpentines, dans lesquels ils sont en général disséminés, ou en nids tellement empâtés qu'il est souvent impossible de les distinguer. Ils forment aussi, avec l'aibite compacte ou avec le labradorite , des roches désignées sous le nom d'euphotides, § 342.

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