C. Silicates calcaires ou ccUcaréomagnésiens
$ 348. Nous ne connaissons que deux silicates simples à base de chaux ; un bisilicate qui se clive en prismes rhomboïdaux, et un trisilicate qul^aralt aussi se rapporter au même système de cristallisation. La plupart des autres pourraient être considérés comme des bisiiicates simples, où la chaux, la magnésie, le protoxyde de fer se substituent les uns aux autres, pour former des substances qui se clivent aussi en prismes rhomboïdaux et qui dès lors paraîtraient isomorphes. Cependant les analyses semblent aussi offrir des rapports assez constants entre les silicates de diverses bases , pour avoir fait penser qu'il en résultait des combinaisons comme nous les avons tracées dans le tableau des espèces.
Plusieurs de ces corps sont peu importants, et ne se trouvent qu'en nids accidentels au milieu de certaines roches ; d'autres, au contraire, se rencontrent très-fréquemment, et méritent en conséquence qu'on s'en occupe plus spécialement : ce sont d'une part le diopside et l'hédenbergite, réunis jadis sous le nom de pyroxme qu'on peut considérer comme formant un genre de minéraux ; de l'autre, la trémolite et l'actinote réunies sous le nom d'amphibole, qui forment encore un genre à côté du premier.
Genre Pyroxène.
§ 319. On nomme pyroxène des substances blanches , vertes ou noires, qui cristallisent en prismes obliques, qui se clivent, les unes parallèlement aux pans d'un prisme rectangulaire, les autres à ceux d'un prisme rhomboïdal de 92^ 55 ; les bases du prisme que le clivage présente quelquefois aussi, sont inclinées à l'axe de 4 06^ à 4 06® (. (jbs substances rayent difficilement le verre et sont toutes rayées par le quarz; elles sont fusibles au chalumeau, en verre incolore ou coloré, suivant qu'elles sont privées d'oxyde de fer ou qu'elles en renferment ;>Jus ou moins.
OMNTn MB 8ILICIDI8.— 8IUCATI8 €ALCAIRIS, ITG. SS9
Ob BonuBM Diùp$idê des TariétéB blancbes ou d'un yert dair , qui ne leDtomentquede la chaux et de la magnéaie, ou unelégàrequantité deprotozyde de^fer. VHédenbergitê, d'un vert foncé et pieaque iWilr«r4ÉrenbriBeau contraire que du protoxyde de fer avec peu de WÊfgféÊifb ou marne pas.
On dëaigne aœs le nom d*Â%igite des variétés noires, toujours A ponariftre brune , dont le clivage rbomboïdal est plus apparent, et qui ae trouvent particulièrement dans les laves et les produits basaltiques; la composition en est généralement altérée, mais les caractères crîstallographiques sont les mêmes, si ce n'est qu'en général ks formes sont plus simples.
Les pyrgx^ies se présentent presque toujours cristallisés; les cristaux les plus conununs sont des prismes divers terminés par des sonmets (Cliques, fig. a, b, e, et souvent des cristaux groupés de eea-eapèoes, d : ce sont là en général les cristaux noirs des volcans, n en existe aussi en octaèdres irréguliers plus ou moins modi* Ma, ^ f,ei telles sont les variétés vertes du Tyrol , qui ont reçu le
ff^. f^ (^ ff^
nom de fassaite. On connaît aussi les pyroxènes , et particulièrement les variétés vertes, en petites masses bacillaires, lamellaires, granulaires et compactes; mais alors il faut une grande habitude pour les distinguer de beaucoup d'autres substances ; il n'y a même que l'analyse qui puisse réellement fournir un caractère net et précis.
Les pyroxènes forment quelquefois des veines , des filons , dans les roches de cristallisation ; ailleurs ils sont disséminés dans des calcaires enclavés au milieu de ces terrains, dans les dolomies, dans les grands dépôts de fer magnétique. L'augite se trouve particulièrement dans les laves anciennes et modernes, dans les basaltes, rarement dans les roches trachy tiques. Les volcans en ont quelquefois rejeté avec profusion des cristaux isolés, qu'on trouve sur leurs flancs. Ces pyroxènes noirs sont parties constituantes de la roche plus ou moins granitoïde , nommée doUritêj où ils sont mélangés avec le labradorite , § 342 ; ce sont eux qui colorent les basaltes et les nsélaphyres en noir.
MINÂRÂLOGIE.
Genre Amphibole.
g 320. On nomme amphibole des substances blanches, vertes ou noires, fort analogues aux pyroxènes, clivables aussi en prisme rhomboïdal,m£|is où les faces sont inclinées de 124® à 127®. La composition présente aussi les mêmes éléments que les pyroxènes, mais réunis dans des proportions différentes.
On nomme particulièrement Trémolite des variétés blanches ou légèrement verdâtres, qui ne renferment que de la chaux et de la magnésie. On désigne sous le nom à.*Aciinote les variétés d'un vert foncé où la magnésie est remplacée en tout ou en partie par le protoxyde de fer. On donne le nom de Hornblende aux variétés noires qui, comme i'augite, se trouvent particulièrement dans les laves, les basaltes et les roches trachytiques, et dont la composition est généralement altérée.
La trémolite se trouve en prismes rhomboïdaux plus ou moins allongés, mais dont les sommets sont toujours frustes; Tactinote est en prismes du même genre plus ou moins modifiés , et à sommets dièdres. La hornblende est en cristaux réguliers et bien proportionnés , qui ressemblent beaucoup à ceux du pyroxène augite, fîg. a, h, c, d. Les groupements que Ton connaît se distinguent de
ceux des pyroxènes, en ce qu'ils n'ont pas d'angles rentrants, et se présentent, fig. e, comme résultant de la réunion de deux cristaux, fig. c, en sens inverse.
On trouve aussi tes amphiboles en masses bacillaires ou fibreuses, à fibres droites, divergentes ou entrelacées ; à cet état, Tactinote surtout forme quelquefois des masses considérables, des dépôts ou des couches; il s'en trouve aussi en masses lamellaires.
Les amphiboles appartiennent à peu près à tous les dépôts de cristallisation, et l'actinote surtout y forme quelquefois des couches subordonnées ou des dépôts plus ou moins étendus où il se trouve en même temps du mica , du feldspath , des grenats, etc. Le quarz est fréquemment rempli d'actinote disséminée, et forme des roches
GROUPE DES SILICIDES. ~ SILICATES CALCAIRES, ETC. 261
particulières plus ou moins schistoïdes; quelquefois les calcaires enclavés dans les terrains cristallinâ en sont aussi remplis. Nous verrons que môlée avec Torthose ou l'albite, l'amphibole forme les siénites et les diorites, § 342. Cette matière est beaucoup plus commune dans les terrains trachytiques que les pyroxènes.
I! est à remarquer qu'en fondant de Tactinote dans un creuset, on obtient, par un refroidissement lent, une matière qui présente les clivages des pyroxènes, d'où il semble résulter une grande ana- \ope entre les deux substances, qui peut-être ne diffèrent réellement que par la cristallisation, malgré les proportions différentes que présentent les analyses. On connaît des cristaux d'amphibole qui présentent le clivage du pyroxène, ce qui tend à rappeler l'effet de la chaleur sur le sulfate de zinc, etc., § 48.
g 324 . Asbeste et amiante. — C'est en grande partie aux substances magnésiennes que nous venons de citer que se rapportent les matières fibreuses qu'on désigne sous les noms (ïasbeste et ù*amiante. Les dépôts de serpentine présentent souvent des fissures qui sont remplies de ces matières, tantôt à fibres assez grossières, tantôt, au contraire, à fibres fines et souples comme de l'étoupe de soie : ces matières sont des silicates magnésiens, la plupart hydratés ou hydratifères , et quelques-uns anhydres. On voit quelquefois les passages de la serpentine ou des diallagos à ces sortes de substances.
Les pyroxènes offrent aussi des passages à des matières fibreuses souples qui semblent en être des variétés ; mais ce sont surtout les trémolites qui présentent assez fréquemment ces sortes de modifications; il en résulte des masses fibreuses à fibres peu adhérentes qui sont de véritables asbestes. Celles-ci diffèrent beaucoup de celles qui proviennent des matières purement magnésiennes, en ce que les fibres en sont toujours très-roides, cassantes, et telles qu'en les brisant les mains se remplissent de petites pointes qui font éprouver une certaine douleur. Il paraît cependant que ces asbestes roides n'appartiennent pas toutes à la trémolite, et qu'elles en contiennent seulement les éléments réunis en d'autres proportions. Nous verrons aussi des asbestes qui proviennent de l'épidote, § 337.
D. Silicates divers.
§ 32i!. Les silicates de manganèse, simples ou hydratés, ont jusqu'ici peu d'importance. La Rhodonite est la seule espèce bien établie ; elle est de couleur rose, et sa cristal lisaUon, ^w c^viKCKx^iR^
aussi bien que sa composition, en font une isomoi*phe de la wollastonite, et de toutes les substances qui s'y rattachent.
Dans les silicates de cuivre, qui se font remarquer par la couleur verte, ou vert bleuâtre, il n'y a que la Dioptase^ substance trèsrare, qui soit cristallisée; elle est en prismes hexagones terminés par des rhomboèdres.
§ 323. Calamine* — La calamine est importante comme minerai de zinc abondant et très-pur. C'est une matière blanchâtre ou jaunâtre, rayant seulement la fluorine ; donnant de l'eau par calcination, mais infusible au chalumeau; soiuble en gelée dans les acides, dont la solution donne les indices du zinc, § 436, i**. Elle cristallise dans le système prismatique rectangulaire, et le plus souvent en petites tables rectangulaires biselées de diverses manières. On la trouve aussi en petites masses stalactitiques et mamelonnées, en petites masses fibreuses, qui ressemblent fréquemment aux zéolites, § 347, en masse lamellaire compacte, souvent caverneuse, ou enfin en masse terreuse.
Cette substance se trouve assez souvent comme matière accidentelle dans les gîtes métallifères, principalement avec les minerais de plomb et de cuivre; mais elle forme aussi de grands amas à elle seule dans les terrains de sédiment depuis la formation carbonifère jusqu'au lias. Elle est alors exploitée avec avantage pour la préparation du zinc et du laiton, et elle présente un minerai facile à traiter, qui renferme jusqu'à 68 pour iOO d'oxyde de zinc. Il en existe de grands dépôts dans la haute Silésie, en Belgique, principalement près d'Aix-la-Chapelle, où se trouvent les mines de la Vieille-Montagne, et dans le pays de Juliers. Nous en avons en France, à Montalet près d'Uzès, à Combecave près de Figeac, dont on pourrait peut-être tirer parti. C'est cependant encore de Belgique que nous arrive tout le zinc métallique dont nous nous servons.
La Willelmine, même silicate anhydre, cristallisant dans le système rhomboédrique, tapisse les cavités de la calamine de la Vieille- Montagne.
§ 324. Zircon. — Substance vitreuse, presque toujours transparente, le plus souvent rouge, quelquefois jaunâtre, bleuâtre et même incolore ; d'un éclat gras particulier qui rappelle l'éclat du diamant; toujours cristallisée, et offrant des prismes à bases carrées, ordinairement pyramides et modifiés de diverses manières, très-rarement des octaèdres.
Assez dure pour rayer le quarz, mais rayée par la topaze ; infusib}ô au chalumeau, mais perdant ses couleurs par l'action du feu.
GROUPE DKS SlUaDES.— SILICATKS ALUMINËUX SIMPLKS. 263
Le zkcon ne se trouve que disséminé; il existe dans les siénitos et dans les gneiss qui en dépendent, dans les basaltes et les tufs basaltiques, et rarement dans les trachytes. Il se trouve, et souvent en grande quantité, dans les sables des ruisseaux qui traversent divers terrains^ c*est ainsi qu'on en rencontre près du Puy-en Velay, au Riou-Pézoulion, et qu'il existe à Ceylan, où on Ta d'abord remarqué.
Cette substance est quelquefois employée dans la joaillerie; mais, à l'exception de quelques pierres bien choisies, elle produit en général très-peu d'effet. C'est du zircon qu'on extrait la zircone pour l'usage des laboratoires.
% 325. Gadolinito. — Substance noire, vitreuse, rayant le verre avec facilité, fusible au chalumeau, en verre opaque: indiquée en prismes obliques rhomboïdaux, qui sont du moins très-rares.
Elle ne se trouve dans la nature qu'en très-petite quantité, disséminée dans les pegmatites, et n'a encore été observée qu'en Suède, aux environs de Fahlun et à Ytterby. C'est la substance dont on tire Vyttria; elle en renferme de 15 à 55 pour 100, suivant qu'elltt est plus ou moins mélangée de matières étran<^ères.
g 326. Cérérite. — ^Substance rosaire, ou violâtre, tirant au brun ou au gris, très-pesante, rayant difficilement le verre, donnant do l'eau par calcination et infusible au chalumeau.
C'est de cette matière qu'on extrait princi[>alcmont l'oxyde rh; cérium, dont elle renferme 68 pour 100. \i\Ui s(î trouve avec la Cvfine, qui n'en renferme que 28, dans les mines de cuivre de Saint- Gorans, à Ryddarhytta en Suède. Les autres matièn» rérifèrcs sont encore moins riches.
§ 327. Thorite. — C'est une substance noire, vitreuse, rayant le verre, qui donne de l'eau par calcination, et prend nlr^rs un<i couleur jaune. Elle forme des nids dans les siénites de l'ilo do Ixxiwcn en Norwége ; c'est encore la seule matière dans laciuello on ait trouvé l'oxyde de thorinium, qui se rapproche de la zircone et do l'alumine.
Milicaten alumineux «Impleii*
Soluliun, privée de silice, donnant le pluH souvent, par l'umniniiiafiue, un précipité floconneux abondant et attaquable par la potaitse cauHtique.
§ 328. — L'alumine est en général abondante dans tous les minerais de ce groupe; mais souvent aussi elle se trouve remplacée soit en partie sqit en totalité par le peroxyde de fer, qw \î«t \r^
264 MINÉBALOGIE.
oxydes isomorphes de chrome et de maDganèse. 11 en résulte que le caractère de donner par Tammoniaque un précipité floconneux attaquable par la potasse caustique, n'est pas absolu, mais on le trouve le plus communément.
§329. Staurotide, Disthènes, Andalousite. - Lessilicates alumineux simples sont tantôt anhydres, tantôt hydratés, ou hydratifères. Dans les premiers nous n'avons guère à remarquer aujourd'hui que la staurotide^ le disthène, V andalousite , substances disséminées dans les terrains de cristallisation,
La staurotide, de couleur brune, tantôt transparente, tantôt opaque, difficilement fusible, est en général cristallisée, et en prismes
rhomboïdaux plus ou moins a b c modifiés, fig. a; fréquemment
en groupes cruciformes, b et c,
v1 > — L J — X /^r-r^ qui, dans le principe, l'ont fait
particulièrement remarquer et désigner sous le nom de pierre
'"^A^ "^^^^ de croix, ce que signifie encore
le nom actuel.
Le disthène, fréquemment de couleur bleue, ce qui lui a valu aussi le nom de cyanite, est totalement infusible ; il se trouve en cristaux prismatiques allongés, minces, mal conformés au sommet, et clivablés en un sens, ou bien en petites masses bacillaires et même fibreuses très-denses.
Ces substances appartiennent généralement aux roches métarmorphiques. Elles se trouvent toutes deux réunies dans les micaschistes du Saint-Gothard ; mais la staurolide se présente seule en Bretagne, dans les schistes argileux, et le disthène seul dans les roches quarzeuses du Tyrol, dans diverses roches porphyriques, etc.
Vandalousite, ordinairement opaque, blanche, grisâtre, rougeâtre , cristallise en prismes rhomboïdaux très-rapprochés du prisme carré. Elle présente aussi de petites masses à fibres fines, avec lesquelles on a confondu certaines variétées de disthène. Sa variété la plus remarquable est celle dont nous avons parlé sous le nom de macle, § 59. Cette substance se trouve dans les terrains cristallins, ou métamorphiques, en Bretagne, en Forez, en Tyrol, en Bavière, etc.
§ 330. 8111e«te« hydratés ou hydratifères. — Ces silicates hydratés sont tous des matières compactes, très-tendres, quelquefois translucides et d'un éclat résineux, le plus souvent opaques et ternes, passant à Pétat terreux. On n'en connaît pas de cristallisés, et ce n'est que par l'analyse qu'on peut les distinguer les uns des au-
GROUPE DES SILICIDBS. — SILICATES ALUMINEUX. SIMPLES. 265
IreB. On voit dans le tableau des espèces qu'ils se rapportent à trois types, silicates, bisilicates et trisilicates, et qu'ils ne diffèrent dans . chaque ordre que par les quantités relatives d*eau, ou d'hydrate, et de sUicate. Ceux qui sont hydratifères se distinguent surtout en ce que les acides leur enlèvent facilement une certaine quantité d'alumine.
Ces matières se trouvent en petits nids dans certains dépôts métallifères, en noyaux dans des roches amygdaloïdes, en rognons dans les calcaires, ou dans les matières arénacées qui en séparent les couches; quelquefois elles forment des amas assez considérables, ou des espèces de filons dans ces dernières; elles constituent, en grande partie, les dépôts argileux qu'on trouve dans les terrains de sédiment, où fréquemment elles sont mêlées de matières sableuses plus ou moins abondantes.
Les silicates ferriques qui se rapportent à ce groupe sont aussi tantôt simplement hydratés, tantôt hydratifères ; on ne les connaît jusqu'ici qu'en nids plus ou moins volumineux , dans des dépôts de minerais de fer ou de manganèse.
J 331 . Argiles. — C'est aux silicates alumineux hydratés, on hydratifères, qu'appartiennent les matières désignées sous le nom û' argile, ainsi que les terres labourables qu'on nomme terre forte, terre franche j etc. Ce sont toujours au fond des silicates déterminés, mais souvent salis par des mélanges de toute espèce, (jui fréquemment consistent en sables quarzeux, tantôt purs et tantôt im[iur3, parce qu'ils proviennent de la destruction de diverses espèces de roches.
Les argiles, qui se trouvent en dépôts assez considérables à la surface de la terre sont des matières éminemment utiles. D'un côté, elles arrêtent les eaux de pluie qui filtrent dans les terrains de sédiment, et les forcent d'aller s'écouler au jour sous la forme de sources, § 255. D'un autre côté, elles sont employées à un grand nombre d'usages^ et surtout à la fabrication des briques et des diverses sortes de poterie, objet d'une haute importance, qui procure l'existence à un nombre infini de familles. Les argiles grossières servent pour les poteries communes ; d'autres, plus pures, sont employées pour les terres de pipe ou terres anglaises, et une sorte de porcelaine commune d'un excellent usage. Les belles porcelaines sont fabriquées avec la terre particulière nommée kaolin, qui résulte d'une décomposition des matières feldspathiquos.
Les terres à foulon ne sont encore que des argiles calcarifères, grasses au toucher, et se polissant sous l'ongle, qui se dilatent dans l'eau et s'y délayent en rendant ce liquide plus ou moins savonneux. Elles sont de la plus grande importance po\iT \e(& \^t\Q^<^ ^^
draps, où on les emploie pour débarrasser les tissus de l'huile dont ^ on a été obligé d'imbiber la laine pour la travailler. En France^ les plus renommées sont celles d'Issoudun (Indre), de Villeneuve et de Septôme (Isère), de Flavin (Aveyron) , de Rittennau en Alsace.
La pierre à détacher qu'on vend à Paris est une argile calcarifère de la formation gypseuse, § 230, qu'on emploie tantôt seule, tantôt mélangée avec un peu de carbonate de soude, qui lui donne la propriété de raviver les couleurs altérées par les acides.
Les allophanes et les halloysites, qui sont abondantes dans quelques localités, comme celles de Beauvais et de Bayonne, pourraient être employées avec avantage pour la fabrication du sulfate d'alumine pur, qui est si important dans l'art de la teinture.
Sllleates alnnilneux doubles.
Solution acide renfermant diverses matières en même temps que l'alumine, et précipitant dès lors par divers réactifs.
§ 332. Cette division dans laquelle l'alumine est aussi remplacée
par ses isomorphes, peroxyde de fer, $e, oxyde de chrome -ër et
oxyde de manganèse Mn , renferme un nombre immense de <;orps, dont le tableau ne présente que les plus communs, ou les plus utiles sous le rapport de la classification. On voit qu'il y en a d'anhydres, d'hydratés , et même d'hydratifères. Dans les premiers , un grand nombre sont à base de chaux, de protoxyde de fer et de manganèse; d'autres renferment de la potasse, de la soude ou de la lithine. Plusieurs, quoiqu'à bases différentes, présentent les mêmes formules de composition, et forment en conséquence des groupes particuliers, ou genres, qu'il importe de distinguer.
Plusieurs silicates hydratés ont leurs correspondants parmi les silicates anhvdres comme la Conichrite dans les Grenats, la Thomsonite dans la Wernérite , la Scolézite dans le Labradorite, la Stilbite dans la Carnatite. Le plus grand nombre sont à base de chaux. Il en est qui renferment plus ou moins de protoxyde de fer, et présentent alors des substances fort analogues, de couleur verte qu'on a désignées sous les noms de chlorite ou de terre verte. Quelques composés magnésiens qui ont plus ou moins de rapports avec le talc et les micas, renferment des hydrates de magnésie.
Il y a aussi des composés dans lesquels l'alumine paraît faire fonction de corps électro^négatif, et il en résulte des combinaisons de sihcates et d'aluminates. Cette même substance y est quelquefois encore remplacée, en tout ou en partie, par ses isomorphes.
'^^"^ m SOIOIKIS;— «UCiTIS ALDIIIMIDX DODBLIS. 967
flartaîM «IksftteB alumineia ranlènneiil du fluor, du dikm, r; doBl te fondions sont peu connues , et d'autres des ear-
boMlsSy desphosplMiteB, des sulfates de divenes bases , ce qui rap-
pàm Isa (BartKmales sulfatifères, % 300.
Jkm SUkaiêi ahêmineuco doufiUs anhydrei.
% 3S3. Panai te nombreuses espèces de cette diTision » nous avoua particulièrement à considérer : le groupe de formules analoi la tète duquel se trouvent VIdrocase et le Grosfulaire, et qui ce qu'on a appelé les Grenats, puis le groupe Zoizite et JkmUUê qui forme les ÈfidoUs et auquel se joint la Méionite; enfln la groupe dans lequel se trouvent YOrthose, VAlbite^ etc., de même fonnnle.de composition, et qui forment ce qu'on nomme, en général, la Ft^dêpaih, auquel il fout joindre le Lahradorile, le HyacoUie, VAadéêim et VOligocUue, désignés sous le même nom, quoique de fonnute différentes. Ce dernier groupe nous int^esse en ce que ses «apèees jouent lin rôle important dans les terrains de cristallisation ; te autres, parce qu'ils s'y rencontrent fréquemment. Nous y ajouterons rjSfnéfoude/dont le nom bien connu doit faire désirer quelques délafls sur les matières qui le portent.
Émeraude. ^- Béril, aiguë marine.
$ 334. Substance vitreuse, rayant le quarz et rayée par la topaze, cristallisant en prismes à base d'hexagone régulier.
Fusible au chalumeau en émail blanc. Renfermant delà glucyne.
Cette substance se trouve généralement cristallisée , et c'est toujours le prisme hexagone qui domine. Ce prisme est très-rarement terminé par des pyramides, mais souvent il se trouve déformé et devient cylindroïde.
^Les couleurs sont variées; il y a des émeraudes limpides, ou opaques et incolores; d'autres sont jaunes, vert bouteille et bleuâtres. Rarement elles présentent un beau vert, qui est dû alors à l'oxyde de chrome.
Gisement. — L'émeraude se trouve en général disséminée ; elle appartient particulièrement à l'espèce de granité nommée pegmatite. Quelquefois on la trouve dans le gneiss. La belle émeraude verte se trouve au Pérou dans un schiste argileux lié avec des calcaires. Assez souvent Fémeraude est hors de place dans des dépôts arénacés qui proviennent de la destruction des roches que nous venons d'indiquer. C'est une matière assez commuYi^^Q^VQtLXt^^^^
en France en grande quantité dans les pegmatites du Limousin ; ii n'est pas rare dans le pays de la trouver en morceaux brisés dans les tas de pierres réunies pour l'entretien des routes.
Usage, — On emploie pour la bijouterie Témeraude verte du Pérou, certaines variétés bleuâtres qu'on nomme aiguës marines , et les variétés vert jaunâtre qu'on nomme béril, La première est la seule qui ait quelque valeur; elle est même d'un prix très-élevé lorsque, étant assez grande, elle ne présente aucun défaut.
Genre Grenat.
§ 335. On nomme grenats des matières qui cristallisent dans le système cubique, et généralement en dodécaèdres rhomboïdaux, on en trapézoèdres ; qui sont toutes susceptibles de rayer le quarz , et qui sont Tusibles au chalumeau. Elles présentent la même formule de composition, quoique les bases soient très-variables; l'une étant tantôt la chaux, tantôt leprotoxyde de manganèse, etc., l'autre tantôt Fdlumine, tantôt le peroxyde de fer ou l'oxyde de chrome correspondant. Souvent tous ces composés sont mélangés ensemble dans le même cristal, et les couleurs sont, par suite de cela, très-variables. Le plus communément ce sont des teintes rouges plus ou moins foncées, qui appartiennent particulièrement à VAlmandine; mais il y a aussi des grenats jaunâtres ou verdâtres qui sont , le plus souvent , des Grossulaires , des grenats vert-émeraude qui forment VUwarovite ; enfm des grenats bruns et noirs qui constituent la S^sartine et la Mélanite.
Les grenats sont presque toujours cristallisés, et alors abondamment disséminés dans les diverses roches de cristallisation, principalement dans les micaschistes, les gneiss , les pegmatites, les schistes argileux, les roches serpentineuses, les calcaires qui avoisinent les terrains de cristallisation. On en trouve aussi dans les («nains trachytiques, basaltiques et volcaniques modernes; dans ces derniers, ce sont le plus souvent des grenats à base de peroxyde de fer, c'està-dire l'espèce qu'on a nommée mélanie. On trouve aussi le grenat en petites masses granulaires, et même à l'état compacte et lithoïde ; quelquefois il constitue alors de petites couches au milieu des micaschistes.
Les grenats des diverses teintes rouges sont très-recherchés par les bijoutiers ; ceux qui sont d'un rouge de feu , ou violâtres , d'une belle teinte veloutée, sont désignés sous le nom de grenat styrien, grenat oriental^ et forment probablement ce que les anciens appe- JaJent escarboucle; ceux qui sont d'un rouge tirant plus ou moins
GBOUPI DIS SILICIDES.— SILICATES ALUMINEl'X DOUBLES. 269
sur l'orangé sont désignés sou» le nom d^hyacinthe. Toutes ces pierres sont souvent d'un prix assez élevé.
g 336. Idocrase. — Les idocrases, de môme composition que les grenats, ne diffèrent que par ie système de cristallisation, qui est alors ie prisme carré. Comme les grenats, il y en a de diverses bases, mais qui sont toujours plus ou moins mélangées. Elles sont en général à base de chaux et de protoxyde de fer, et vertes ou brunes; quelquefois à base de magnésie, et alors blanches ou jaunâtres ; à base d'oxyde de cuivre ot présentant une teinte bleue qui leur a valu le nom de cyprine.
Ces matières, qu'on connaît le plus souvent cristallisées, mais qu'on trouve aussi en masses bacillaires, fibreuses, granulaires et compactes, se rencontrent dans les mêmes gisements que les grenats, et fréquemment avec eux. On en trouve beaucoup dans les blocs de dolomie qui existent dans les tufs ponceux dout la base du Vésuve, ou ce qu'on appelle la Somma, est entourée. Elles forment quelquefois, comme le grenat, d(>s couches minces au milieu des micaschistes, ot principalement en Piémont.
Genre Épidote.
S 337. Les épidotes se trouvent partagées en deux espèces, dont l'une, leZoïsiie, à base de chaux, est grisâtre, et dont l'autre, la Thalîite, ou pistdcite, à base de protoxyde de fer, est d'un vert foncé. C'est celle-ci qui est la plus commune, et qu'on rencontre très-fréquemment dans les terrains granitiques alpins. Elle cristallise en prismes obliques ordinairement allongés, le plus souvent groupés les uns sur les autres et formant des masses bacillaires qui remplissent les fissures des roches. Quelquefois elle est en filaments extrêmement ténus, qui forment une espèce d amiante ou d'asbeste qu'on a nommée quelquefois amiantoide. A l'état compacte elle se mélange parfois avec le quarz et constitue des couches ou des amas plus ou moins puissants. Elle forme aussi de petits nids disséminés dans les roches, et de petits rognons dans les amygdaloïdes de diverses localités.
On connaît cette substance presque partout ; mais en France les environs du bourg d'Oisan ont fourni de billes masses bacillaires. En Suède, en Norvvégo, les mines de fer, qui appartiennent aux formations cristallines, en ont présenté souvent de beaux cristaux p usou moins volumineux.
§ 338. La Méïo n i te qui a la même composition que le zoïsvl^^v^ diffère par la cristallisation qui offre un prisme il \i^sft e%\\^vi. ^^ci^fe
s*est trouvée dans les dolomies de Sterzing en Tyrol, et dans les blocs de la même substance qui sont empâtés dans les débris dont la Somma est entourée, etc.
Gfroupe feldspathique.
§ 339. caractère» sénéranx. — Les matières qui reçoivent collectivement le nom de feldspath sont la plupart aussi abondantes dans les terrains de cristallisation que le calcaire dans les terrains de sédiment. Elles y constituent quelquefois des dépôts à elles seules, et sont généralement parties constituantes essentielles des roches composées qu'on y trouve. Ces matières sont toutes assez dures pour rayer au moins le verre; toutes sont plus ou moins fusibles, en émail blanc ou en verre bulleux. Leurs cristaux, souvent nombreux et variés, présentent au premier abord beaucoup de ressemblance ; cependant les uns, comme ceux d'orthose et de ryacolite se rapportent au prisme rhomboïdal oblique, tandis que les autres, comme ceux d'albite, d'oligoclase , de labradorite , etc. , appartiennent au prisme oblique obliquangle, § 40 ; tous présentent des clivages plus ou moins faciles, mais dans ceux de la première série deux des faces produites se rencontrent à angle droit, tandis que dans les autres toutes ces faces se rencontrent obliquement.
• Sous le rapport de la composition ces matières sont toutes formées de telle sorte que la quantité d'oxygène de Falumine, ou de ses isomorphes, est triple d^ celle de l'autre base ; mais cette condition n'empêche pas qu'elles ne se divisent en plusieurs genres qui se distinguent par le degré de saturation des silicates réunis, et où les quantités d'oxygène sont successivement de 12, 9, 8, 6, 4. Chacun de ces genres peut renfermer plusieurs espèces caractérisées par les différents éléments isomorphes.
§ 340. «Jearo feldspath. — On peut comprendre sous ce nom les matières du plus haut degré de saturation, qui appartiennent à l'un des systèmes prismatiques obliques et qui se trouvent formées par une réunion de trisilicates, entrant chacun pour un atome dans
le composé , suivant la formule Al Si* + R Si ou 3 Al Sï» + JSf S»* ,
R ou /{ désignant les bases à 1 atome d'oxygène. Ce genre renferme les espèces suivantes :
i'^Orthose ou Orthoclase, 3 i4i Si* + A' Si*. — Les cristaux d'orthose assez communs dans les diverses sortes de granité sont quelquefois des prismes rhomboïdaux, simples ou modifiés, fig. a et. 6; maïs ïe plus souvent des prismes hexagones irréguliers termi-
GBOUPK DES SILICIDBS.— SILICATBS ALUHINEUX DOUBLES. 271
nés par des sommets dièdres et diversement modifiés, c, d, e, /, quelquefois très-compliqués. Il y a aussi beaucoup de cristaux groupés.