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IV

STAUROTIDE

Von Lasaulx. Ueber Staurolith. Minerai. Mittheilungen, 187'2, 173. Bibliographie.

Lechartier. Thèse inaugurale, Paris, 1864.

La staurotide est un silicate d'alumine et de fer sur la composition Propriétés chimiques duquel règne quelque incertitude, due aux nombreuses impuretés qu'il contient généralement.

Si le fer était entièrement à l'état de sesquioxyde, l'oxygène des bases serait à peu près à celui de la silice dans le rapport de 2 à 1. Mais il est à remarquer que, d'après les analyses les plus récentes, une portion du fer se trouve à l'état de protoxyde. Densité variable de 3,52 à 3,73. La staurotide est infusible et inattaquable aux acides; l'acide fluorhydrique peut servir à la décaper.

Elle appartient au système orthorhombique; l'angle des faces m est de propriétés 129° 26'; les faces les plus habituelles sont m, g\p, a*; l'allongement a lieu cristaiiographiques

et optiques.

suivant l'arête mm.

Les plaques minces montrent un clivage facile bien rectiligne suivant g\ et un autre beaucoup moins marqué suivant m.

La staurotide est fréquemment maclée en forme de croix ; tantôt cette macle, combinée avec une pénétration des deux cristaux composants, a lieu

suivant une face e' de la zone pg^ et conduit à une croix rectangulaire ; tantôt les branches de la croix font entre elles un angle voisin de 60". Au microscope, certains cristaux de staurotide, qui paraissaient simples à l'œil

Structure.

Associations.

m MINÉRALOGIE MICROGRAPHIQUE.

nu, se montrent composés de deux séries de lamelles maclées à angle droit; on reconnaît ces macles soit aux extinctions, soit à la direction des clivages faciles g^, qui pour une des séries semblent parallèles à la base p, soit enfin aux différences de teintes développées par le polychroïsme.

La bissectrice (y) est positive et normale à la base p. Le plan des axes optiques se confond avec h^; ils sont très écartés; 2 V est voisin de 90°. Nous ferons ici les mêmes observations que pour l'andalousite (voir page 451), relativement à l'obliquité des extinctions.

Les couleurs de polarisation sont très vives et assez limpides.

La staurotide est jaune ou brune, et conserve cette coloration même en plaques très minces ou en très petits cristaux. C'est là une de ses propriétés les plus caractéristiques.

Le polychroïsme est modéré, mais nettement reconnaissable, même en plaque mince, tandis qu'un grand nombre d'andalousites (chiastolites) n'en présentent plus un sensible en pareille circonstance. C'est suivant la bissectrice y, allongée parallèlement à l'arête wm, qu'a lieu l'absorption maximum, combinée avec une teinte rouge brunâtre; suivant les axes d'élasticité a et p contenus dans le plan p, les teintes sont jaunâtres et plus claires.

Au pourtour des cristaux de staurotide, les réflexions totales sont très marquées et le relief très net- La staurotide est, comme l'andalousite, un minéral de développement métamorphique. Elle peut se présenter en grands et petits cristaux; les grands sont toujours très impurs, les petits relativement très purs. Lorsque les petits cristaux sont maclés, ils ne se pénètrent pas toujours réciproquement comme les grands. Les grands cristaux de staurotide qui paraissent simples à l'œil nu, sont souvent maclés, comme nous l'avons dit plus haut; parfois aussi ils présentent des associations de cristaux parallèles analogues à celles de la chiastolite.

Les associations de la staurotide sont les mêmes que celles de l'andalousite. Les inclusions sont plus variées : la staurotide contient presque toujours du quartz, souvent des produits chloriteux et micacés et du grenat. M. Rosenbusch y signale comme très caractéristiques de petites inclu-

STAUROTIDE. ^65

sions ponctuées en forme de couronne ; il a trouvé dans les staurotides des Alpes des microlithes prismatiques, courts et incolores. Autour de ces diverses inclusions se développe une auréole beaucoup plus polychroïque que le reste du minéral et invisible à la lumière naturelle.

Distinction avec l'andalousite (voir page /!|5/i). Diagnostic.

CORINDON

Alumine pure cristallisée dans le système rhomboédrique, à un axe optique.

On a récemment signalé plusieurs variétés de rubis présentant deux axes optiques, parfois très écartés. M. Mallard considère le corindon comme orthorhombique, à angle voisin de 120\ Densité 3,90 à 4,16. Infusible, inattaquable aux acides.

Le clivage a^ est mal marqué au microscope ; il existe parfois des macles suivant les faces p,

La double réfraction est énergique; les couleurs de polarisation sont vives.

Dans le saphir,, variété de corindon bleue, M. Sorby a signalé de nom- saphir.

breuses inclusions d'acide carbonique, et des microlithes aplatis, tabulaires, de forme triangulaire avec un angle aigu, rangés suivant les trois faces p du rhomboèdre primitif.

Le rubis, variété de corindon rouge par suite de la présence de certains Rubis.

oxydes métalliques, contient beaucoup moins d'inclusions liquides que le saphir; elles sont généralement de nature aqueuse; on y connaît trois espèces de microlithes : les microlithes aplatis du saphir, de petits octaèdres qu'on a rapportés à un spinelle, enfin des microlithes arrondis de couleur orange.

Vémeriy qui sert à la préparation des plaques minces et en général au Émeri.

polissage, est principalement composé de grains de saphir mêlés à du fer oxydulé ou à de l'hématite. '^

Zj68 MINÉRALOGIE MICROGRAPHIQUE.

Le corindon paraît généralement un minéral de développement métamorphique ; on le trouve dans les gneiss, les schistes, les calcaires granuleux et les dolomies.

Reproduction Lc corindou est le minéral qui a été reproduit artificiellement le plus

artificielle. p , ^ , t t t i i » >

Irequemment et par les méthodes les plus variées.

Ebelmen l'a obtenu en fondant à haute température un mélange d'alumine et de borax, et volatilisant ce dernier corps.

M. Gaudin a fait cristalliser l'alumine en fondant l'alun ammoniacal au chalumeau à gaz oxy-hydrogène.

MM. Sainte-Claire Deville et Garon ont fait réagir l'acide borique sur le fluorure d'aluminium à haute température, dans un creuset de charbon; ils ont ainsi produit de larges lamelles rhomboédriques. Par addition de quantités plus ou moins considérables de fluorure de chrome, ils ont obtenu le rubis ou le saphir.

M. Daubrée a reproduit le corindon par l'action du chlorure d'aluminium sur Ja chaux.

Enfin MM. Fremy et Feil préparent les différentes variétés de corindon, en fondant à haute température un aluminate fusible dans des creusets en terre réfractaire. L'aluminate employé de préférence est celui de plomb, sur lequel la silice des parois du creuset réagit à haute température.

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