‹ Minéralogie micrographique roches éruptives françaisesChapitre 84 sur 150 · OMI^ ZI · texte numérisé non relu

OMI^ ZI

OtHtl^

Fig. 107.

La zone ph^ présente quelques particularités intéressantes : dans les faces voisines de la section droite du prisme et notamment dans la face p, le maximun de coloration se produit lorsque le plan principal du nicol contient l'ortho-diagonale (p), car l'autre axe de l'ellipse de section est voisin de a, et l'on sait que l'absorption est plus grande suivant [i que suivant a.

Plan principal du polariseur. . . . -y

Fig. 108.

Au contraire, dans les sections de cette même zone qui se rapprochent de /t\ l'ellipse de section a pour axes l'orthodiagonale ((3) et un axe voisin de Y ; c'est suivant ce dernier axe que se produit le maximum d'absorption. On voit, par les croquis (fig. .1.08 et 109), que la coloration la plus intense se produira en général lorsque le plan principal du nicol coïncidera avec l'angle aigu des clivages m^ m.

AMPHIBOLES.

On constate souvent les couleurs suivantes de polychroïsme dans la hornblende t

Suivant a teinte pâle verdâtre ou bleuâtre.

Suivant p teinte moyenne jaune.

Suivant y teinte foncée brune.

Plan principal du polariseur. . . . -y

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îxXX Vt7 yvv*

Fig. 409.

Les cristaux d'amphibole sont généralement cannelés ; cette structure est très marquée dans les prismes d'actinote, surtout quand ils sont d'assez grandes dimensions. Elle se décèle au microscope par la juxtaposition d'un grand nombre de petits cristaux polysynthétiques. L'amphibole est plus rarement maclée que le pyroxène ; elle ne présente qu'exceptionnellement plusieurs lamelles hémitropes accouplées.

I. On rencontre fréquemment la hornblende en grands cristaux de première consolidation ; elle est cependant loin d'être aussi commune sous cet état que le pyroxène.

La hornblende existe aussi en plages granitoïdes de seconde consolidation ; tantôt elle moule les feldspaths et se présente sous un aspect déchiqueté caractéristique, tantôt elle paraît avoir cristallisé simultanément avec eux ; dans ce dernier cas, elle offre des groupements de cristaux réguliers tantôt parallèles, tantôt divergeant d'un centre unique et rappelant les dessins du quartz dans les pegmatites graphiques (gneiss amphibolique de Martigny, près Autun).

Structure.

Enfin la hornblende se présente, assez rarement, sous forme de vrais microlithes, constituant un des éléments du magma de seconde consolidation dans les roches trachytoïdes (porphyrite de Gressy-sur-Somme, Saôneet-Loire).

II. L'actinote, qui est le plus souvent un minéral secondaire, se présente sous forme de prismes très allongés suivant A* g\ parallèles entre eux ou formant les rayons de secteurs en éventail, de petite ouverture. Elle constitue tantôt de véritables épigénies du pyroxène, du diallage ou de la hornblende, tantôt le remplissage de filonnets et de vacuoles secondaires.

C'est un minéral très répandu sous forme de microlithes isolés, à peine verdâtres ou incolores, à pointements très aigus, servant d'inclusions à un grand nombre de minéraux récents ou secondaires, notamment à l'éléolite et à la sodalite.

On peut cependant citer quelques cas où l'actinote est de seconde ou même de première consolidation (variolites). Associations. I. La hornblende se trouve en grands cristaux de première consolidation

dans les micro-granulites, les porphyrites à amphibole et à pyroxène; dans les trachytes, les phonolithes, les andésites et les labradorites.

Elle se présente en plages et agrégats granitoïdes dans les gneiss amphiboliques, les diorites et les syénites. Elle épigénise souvent le pyroxène dans les diabases et les dolérites, dans les gabbros et les eupholides (voir page 360).

Nous la connaissons en microlithes dans certaines porphyrites (Bourbon- Lancy) .

II. V arfvedsonite a été rencontrée dans la syénite zirconienne, associée à l'éléolite et à la sodalite.

IIÏ. La glaucophane constitue l'un des éléments de certaines éclogites à smaragdite, grenat, épidote.

IV. Vactinote existe à l'état secondaire dans un grand nombre de roches, notamment dans les gabbros et les euphotides (ophites), et dans certaines porphyrites du terrain carbonifère (porphyres noirs du Morvan).

En cristaux de première consolidation, elle est associée au pyroxène et à l'oligoclase dans les sphérolithes de la variolite de la Durance; elle

AMPHIBOLES. 377

abonde également dans la pâte de la même roche, où elle paraît postérieure à la fluidalité et même aux fissures perlitiques.

L'amphibole est généralement pauvre en inclusions caractéristiques. inclusions. Dans les roches granitoïdes, elle renferme parfois les mêmes microlithes incolores que le quartz (voir page 198) . On y rencontre exceptionnellement les lamelles brunâtres fréquentes dans le diallage et dans l'hypersthène. Les grains de fer oxydulé et les microlithes d'apalite se présentent constamment dans l'amphibole. Le fer oxydulé l'entoure parfois d'une couronne opaque.

Les actions secondaires attaquent facilement l'amphibole, transforment Actions secondaires. la hornblende en actinote, en mica noir, puis en chlorite, parfois en épidote, en calcite, en serpentine, en produits ferrugineux opaques.

!*•) Distinction avec le mica noir (voir page 342) . Diagnostic.

2°) Distinction avec le pyroxène (voir page 362) .

On a distingué sous le nom d'omphazite une variété de pyroxène habituelle aux éclogites (partie des dioritesou des diabases), roches composées de grenat, d'omphazite, de disthène, de smaragdite, de glaucophane, d'épidote. On ne connaît l'omphazite qu'en grains sans contours cristallins extérieurs. Les propriétés optiques, les clivages, l'absence habituelle de polychroïsme le rangent, comme sa composition, dans la classe des pyroxènes ferrifères et alumineux (augite). Parfois un clivage facile suivant h^ le rapproche du diallage, dont il contient aussi par places les microlithes caractéristiques. On voit que ce pyroxène ne mérite pas un nom spécial.

La smaragdite^ qui lui est associée dans les éclogites, est une hornblende vert d'herbe que son polychroïsme assez intense et ses clivages conformes à ceux de l'amphibole permettent de distinguer facilement. Il est probable que l'association de l'omphazite et de la smaragdite rentre dans la catégorie des faits d'ouralitisation dont il a été parlé page 360.

Jusqu'à présent l'amphibole n'a pas été reproduite; quand on fond un mélange de wernérite et d'amphibole, on obtient une association de

Omphazite , smaragdite.

Reproduction artificielle.

microlithes de labrador et de pyroxène. L'amphibole ne paraît donc pas être

un produit direct de fusion ignée.

RENVOI AUX PLANCHES

Actinote : V, 1 et 2. — XXI, 2. — XXIV, 2. — XLV, I.

Hornblende ; 1, 1. — VI, 1 et 2. — VIII, 1 et 2. — IX, 1 et 2. — XXI, 2. - XXIII, 1 et 2. — XXIV, 1. — XXV, 1 et 2. - XXVIII, 1 et 2. - XXIX, 1 et 2. - XXX, 1. - XXXI, 1 et 2. - XXXVII, 1. - XXXVIII, 1 et 2. — XLII, 1 et 2. — XLV, 1. — XLVI, 1 et 2.

Glaucophane : I, 2. .

HYPERSTHENES

Des Cloizeaux. Note sur la classification des roches dites hypérites et euphotides. Bull. Soc. géol. 186i, Bibliographie. XXI, 105.

KosMANN. Ueber das Schillern und den Dtchroïsmus des Hypersthens. N. Jahrb. fur Min. 1869, 532.

TscHERMAK. Mikrosk. Untersch. d. Miner, der Augit-, Amphibol- und Biotitgruppe. Académie des sciences de Vienne, 1869.

— Ueber Pyroxen und Amphibol. Miueral. Mittheilungea, \S1\, n.

Les minéraux du groupe de l'hypersthène sont orthorhombiques ; Propriétés l'angle mm (sur h') varie de 93° à 93" 30', depuis l'enstatite non ferrugineuse *^"^t^"°g>;*P^^i"««

o \ / '1 o et optiques.

jusqu'à l'hypersthène très ferrugineux.

11 existe un clivage très facile suivant g\ et d'autres moins faciles suivant m, m et parfois h^.

Le plan des axes optiques coïncide avec g^. Le plus petit axe d'élasti- Axes d'élasticité cité Y est parallèle à l'arête verticale h^ g\ Le plus grand a coïncide avec ^ optiques. la plus courte diagonale pgK

L'angle des axes optiques varie avec la teneur en fer : l'hypersthène est négatif et 2V oscille entre 58" et 82"; l'enstatite est positive et 2V oscille entre 90° et 69". Les bronzites remplissent la lacune entre l'hypersthène et l'enstatite, et cette série constitue un bel exemple de déformation progressive de l'ellipsoïde d'élasticité avec la teneur en fer.

La dispersion est négligeable, p > v. L'indice moyen p a pour valeur 1,639.

Extinctions dans les zones principales. — Dans les zones h^ g^ , ph^ , pg^ ^ les extinctions ont lieu suivant la trace du clivage facile g\ La zone d'allongement favori est /t*^*.

Couleurs de polarisation. — Elles sont assez vives, et se montrent intermédiaires entre celles du pyroxène et celles de l'amphibole.

Enstatite. Section gK

Hypersthène. Section g^.

Fig. HO.

Fig. 111.

Structure.

Coloration, polychroïsme. — La coloration est variable avec la teneur en fer. L'hypersthène est brun, parfois très foncé, comparable à l'amphibole ou même au mica noir. L'enstatite se montre à peine verdâtre ou brunâtre en plaques minces et rappelle le diallage.

, Tous deux présentent sur leurs bords un certain relief dû aux réflexions totales.

Le polychroïsme de l'hypersthène atteint l'intensité de celui de l'amphibole ; l'absorption maximum a lieu suivant Varéte g^h^ (y) ; on a : y > a > p. On constate assez fréquemment la gamme de colorations suivante :

Suivant jâ.... ton brunâtre.

Suivant oc.... rouge.

Suivant y.... vert foncé.

Ces diverses propriétés s'atténuent dans l'enstatite, qui est à peine polychroïque en plaques minces.

Les clivages, notamment le plus facile g^, sont marqués dans les plaques minces par de fines stries cannelées très caractéristiques ; dans quelques bronzites, ces stries sont ondulées.

Fig. 112.

HYPERSTHÈNES. 381

Le plus souvent les hyperslhènes se présentent en plages granitoïdes de deuxième consolidation ; cependant on les connaît aussi en grands cristaux de première consolidation soit dans la série granitoïde, soit même dans la série trachytoïde ; on ne les a jamais signalés sous forme microlithique.

On a fait une classe spéciale des roches où l'hypersthène se présente à l'état granitoïde {norites, hypérites); en réalité elles se relient intimement aux gabbros et aux euphotides, et même aux diabases et aux dolérites; l'hypersthène y est parfois associé au diallage, de façon à avoir les mêmes plans g^ et h^ que lui.

La ponce de Santorin (andésite à pyroxène) contient de nombreux cristaux d'hypersthène de première consolidation, allongés suivant g^h^ (0""",! sur O""",?), présentant les faces g^, h\h*, g^,g^ et un pointement surbaissé. Un traitement par l'acide fluorhydrique isole ces cristaux et permet d'en mesurer les angles.

L'enstatite est commune dans les péridotites, les Iherzolithes et certaines serpentines; c'est donc un minéral qui s'associe aux roches les plus basiques.

L'hypersthène et l'enstatite contiennent fréquemment du fer oxydulé et aussi les lamelles brunes caractéristiques du diallage. Elles paraissent ici rhombiques lorsque leurs bords ne sont pas irrégulièrement déchiquetés, comme il arrive généralement aux plus grandes d'entre elles. Parfois on les voit s'allonger beaucoup suivant un de leurs côtés.

Elles sont constamment couchées à plat dans la face g^ ; toute autre section n'en montre que la tranche, sous forme de granules à peu près opaques en alignements parallèles. Dans le plan g^, elles sont alignées parallèlement ou perpendiculairement à h^g^, ou encore faisant avec cette direction un angle d'environ 30".

Le reflet métallique de l'hypersthène est dû à la réflexion de la lumière sur ces petites lamelles; comme pour le plan h^ du diallage, cette réflexion ne paraît pas se produire toujours exactement dans g*, mais dans un plan voisin.

On connaît mal la nature de ces inclusions ; elles sont insolubles dans les acides et peu fusibles. On les a successivement rapportées au diallage,

Associations.

Inclusions.

'tS>>c

Diagnostic.

Reproduction artificielle.

puis à Ja brookite; mais ce sont là des hypothèses peu satisfaisantes.

1") Distinction avec le diallage : L'hypersthène en plaque mince est plus coloré et beaucoup plus polychroïque. L'enstatite ne peut être distinguée par les mêmes caractères ; mais les extinctions caractéristiques à 39"* du diallage, dans les zones h^g^ et pg\ sont ici remplacées par des extinctions généralement parallèles aux traces des clivages.

2°) Distinction avec Y amphibole : La zone h^g^ est la seule qui prête à confusion ; car, dans les autres zones, l'amphibole présente deux clivages caractéristiques. L'amphibole est généralement aussi polychroïque que l'hypersthène; elle contient rarement les inclusions de ce dernier minéral; elle est moins finement cannelée que lui.

3**) Dans quelques cas très rares, on peut confondre un hyperslhène très brun avec le mica noir. Ce dernier minéral présentera des sections hexagonales dépourvues de cannelures ; quand il se montrera en sections cannelées, les cannelures seront plus largement espacées et l'extinction se fera toujours rigoureusement suivant leur direction ; ce qui n'a lieu pour l'hypersthène que dans les trois zones principales.

Il") Distinction entre l'enstatite et l'o/mVie (voir page 392).

Ebelmen a obtenu l'enstatite en fondant à haute température les éléments de ce minéral dans l'acide borique et volatilisant le dissolvant en excès.

ANNEXE A L'ENSTATITE. BASTITE.

La bastite provient vraisemblablement de l'hydratation de l'enstatite ; mais elle a une individualité optique ; orthorhombique comme l'enstatite, avec un clivage facile suivant^*, elle contient ses axes optiques dans la face h^.

La bissectrice négative a coïncide avec la plus grande diagonale de la hsise ph\ L'angle 2V est très variable.

Section fti.

HYPERSTHÈNES. 383

Le pléochroïsme est très faible dans les teintes verdâtres.

La bastite montre au microscope de fines stries parallèles à g\ parfois ondulées comme dans certaines bronzites. Son reflet nacré est dû à ces cassures et parallèle à g^.

On trouve ce minéral en cristaux mal formés dans la serpentine ; il y contient, à titre d'inclusions, de fines aiguilles incolores, seulement visibles aux forts grossissements, et qui pullulent tellement par places, qu'elles rendent la bastite opaque.

La bastite est souvent difficile à distinguer au

, ,, . • , , , . Fig. 113.

microscope de 1 enstatite ; elle est plus verdatre, et passe à la serpentine par gradations insensibles : les cannelures de la bastite sont plus fines; ses inclusions allongées, quand elles se présentent, sont caractéristiques.

y ry

RENVOI AUX PLANCHES

Hypersthène : XXXIV, 1. — XLII, 1 et 2. — LV, 1 et 2. Enstatite : XL, 1, — LU, 1. — LUI, 1 et 2. _____

Bastite : LUI, 2. e^ .(^SSÏTJu - ^XXW i.- XXV//

PÉRIDOT (oLiviNE, fâyalite)

RosENBCscH. Petrographische Studien an den Gesteinen des Kaiser stuhles. N. Jahrb. f. Min. 1872, 59. TscHERMAK. Beobucht. iiher die Verbreitung des Olivin in den Felsarten. Acad. des se. de Vienne, juillet 1867. VÉLAiN. Description géol. de Vile de la Réunion, etc. Thèse inaugurale, Paris, 1878. ZiRKEL. Untersuchungen uber die mikrosk. Zusammenset^ung undStructur der Basaltgesteine. Bonn, 1870.

Bibliographie.

Le péridot est un monosilicate ferro-magnésien dans lequel le rapport Propriétés chimiques. des quantités d'oxygène qui correspondent aux bases monoxydes et à la silice est le suivant :

(Mg, Fe): ^ Si = 1:1.

Deux variétés de ce minéral sont seules représentées dans les roches. L'une d'elles, l'olivine, est de beaucoup la plus répandue ; elle est presque exclusivement magnésienne; cependant elle n'est jamais entièrement dépourvue de protoxyde de fer. Sa couleur vert-bouteille, quand elle est en cristaux visibles à la loupe, tient à la présence de cet oxyde dans sa constitution.

La seconde variété est la fâyalite ; elle contient presque autant de protoxyde de fer que de magnésie.

Souvent le péridot renferme en outre de petites quantités de chaux, de protoxyde de manganèse et même d'alumine. Ces substances y proviennent en grande partie des inclusions que possède le péridot et aussi des produits introduits par l'effet des actions secondaires.

Le poids spécifique de l'olivine est compris entre 3,2 et 3,5. Propriétés

Le péridot appartient au système orthorhombique. Ses formes hahi- "'*et opîque's!"^^

Section p.

Fis-. 114.

Fif?. 115.

luelles sont déterminées par une combinaison des faces g^, g\ /iS a^ e\

e\ et b\.

La fayalite se montre dans les roches en cristaux nettement terminés. L'olivine est au contraire presque toujours en grains irrégulièrement arrondis; les angles des cristaux sont émoussés, les arêtes courbes; cependant on Section gK pcutencore, dans un grand nombre de sections, jz" reconnaître les formes cristallines qu'affecte

chaque échantillon.

Les cristaux d'olivine sont allongés suivant l'arête pg^. Les sections symétriques sont fréquentes. Celles qui appartiennent à la zone pg^ sont en général octogonales. Les figures iik et 115 représentent la configuration ordinaire des sections parallèles à p et à </*. Dans les premières, l'angle du pointement g^g^ sur h^ est de 81"; dans les secondes, l'angle du pointement a^ a^ sur A* est de 77". La face A* est presque toujours très petite; souvent l'usure des angles le fait disparaître, de telle sorte que les sections dans la zone pg^ deviennent hexagonales.

Le péridot n'est jamais maclé.

Les axes d'élasticité coïncident en direction avec les axes cristallographiques, mais leurs rapports de grandeur, ne varient pas dans le même sens. Le plus grand axe d'élasticité (a) coïncide avec l'arête /jA\ § avec pg^, y avec g^h^.

Les trois indices de réfraction, appartenant aux rayons qui vibrent suivant les directions des axes, sont représentés par les nombres : 1,661 ; 1,678; 1,697.

Le plan des axes optiques est parallèle à la face h^. L'angle de ces axes est égal à 87° 46'; cependant on l'a trouvé légèrement variable. La bissectrice est positive.

Dans les sections symétriques, l'extinction a lieu parallèlement aux côtés ou aux diagonales de la figure. Dans les sections dissymétriques, elle

Couleurs de polarisation.

Coloration et polychroïsme.

Structure.

PÉRIDOT (OLIVINE, FAYÂLITE). 387

se fait sous des angles variables, qu'il est le plus souvent très difficile d'apprécier à cause des inégalités du contour observé.

Les couleurs de polarisation sont vives et souvent des plus belles. A épaisseur égale, elles sont ordinairement beaucoup plus éclatantes que celles de l'augite.

L'olivine est incolore en plaques minces; elle n'est pas sensiblement polychroïque. La fayalite est brune et très polychroïque.

L'olivine vue au microscope en section mince offre une surface chagrinée, comme celles que présentent en général les sections analogues des minéraux durs. En outre, elle affecte une apparence de relief qui tient à la valeur élevée de ses indices de réfraction, comparée à celles des substances ambiantes.

En gros cristaux, l'olivine manifeste deux clivages, l'un parallèlement à /i\ l'autre plus difficile parallèlement à g\ Dans les coupes microscopiques, ces deux clivages se manifestent rarement; quand ils apparaissent, leurs traces sont attestées par deux séries de lignes fines qui s'entrecroisent à angle droit sur les sections appartenant aux zones ph^ et j^gK Une seule des deux séries reste visible quand la section est précisément parallèle soit pi. xxxix,ig. let 2. à g^, soit à h^. Ordinairement les sections minces de l'olivine ne présentent aucune trace régulière des deux clivages dont il vient d'être question, mais elles sont traversées de fentes nombreuses, curvilignes, distribuées sans ordre et laissant entre elles des mailles inégales. Il n'est pas rare cependant de voir ces fentes disposées tangentiellement aux faces du cristal, de pi. xxxvii, fig. 2. telle sorte que leurs traces sur les plans de section affectent l'apparence de pi, xli, fig. i et 2. fissures perlitiques.

A part quelques rares exceptions, c'est toujours à l'état de cristaux de première consolidation que l'olivine se trouve dans les roches. Ses échantillons sont arrondis sur les bords, déformés et souvent cassés, comme s'ils avaient subi des actions mécaniques intenses; leurs dimensions ne descendent pas généralement au-dessous d'une certaine limite et se distinguent aisément des grains microlithiques plus petits, appartenant aux autres minéraux dont ils sont accompagnés. Le fer oxydulé et la picotite sont les

seules substances cristallines qu'on y trouve à l'état d'inclusions. D'autre ])art, les dimensions considérables des cristaux d'olivine font qu'elle est 1res rarement enclavée dans d'autres minéraux, mais tous les cristaux qui coexistent avec elle dans les roches se moulent sur ses contours, les emboîtent ou les contournent en traînées fluidales, de telle sorte qu'ils sont évidemment de formation postérieure. En un mot, Tolivine est l'un des premiers minéraux consolidés dans les roches; elle s'est développée en grands cristaux durant le stade tranquille de première consolidation et ne s'est plus reproduite que rarement durant le second stade. Cette particularité tient probablement aux modifications opérées dans la température ou dans l'état physique du magma et surtout aux changements qu'il a éprouvés dans sa composition chimique, par le fait même des cristallisations opérées dans son sein. Les minéraux de la première consolidation sont plus basiques que le magma qui leur a donné naissance ; leur cristallisation a donc eu pour effet d'enrichir ce magma en silice. Par suite, il n'est pas étonnant de voir le second stade de consolidation donner naissance [à des minéraux plus riches en silice que ceux du premier. L'absence de l'olivine dans les produits du second stade semble donc une conséquence logique de cet ordre de faits.

Néanmoins l'olivine se présente aussi, mais exceptionnellement, en plages granitoïdes de seconde consolidation et même parfois en véritables microlithes à contours cristallins nettement déterminés. Ai<sociations. L'olivinc se montre dans les roches ante-tertiaires aussi bien que

dans les roches tertiaires et post-tertiaires, mais elle est plus fréquente dans ces dernières et y joue un rôle plus considérable. On l'observe dans des roches à structure granitoïde, telles que les diabases, les gabbros, les euphotides, et plus abondamment encore dans des roches à structure trachytoïde, telles que les mélaphyres, les basaltes, les téphrites, les néphéliniles, les leucitites.

Accessoirement elle se montre dans des roches plus acides, telles que les porphyrites labradoriques et les labradorites augitiques à pyroxène. Enfin elle constitue l'élément le plus caractéristique dans la plupart

PÉRIDOT (OLIVINE, FAYALITE). 389

des roches sans feldspath : péridotites, Iherzoh'lhes, limburgites, quels que soient leur âge et leur structure.

L'augite, leferoxydulé et accessoirement le fer titane et l'apatite l'accompagnent dans toutes les roches qui viennent d'être énumérées ci-dessus.

Les seuls feldspaths qui lui soient associés sont l'oligoclase, le labrador et l'anorthite. Elle est fréquente dans les roches basiques à néphéline et à leucite et s'y rencontre souvent avec l'haùyne.

L'enstatite, le diallage, l'augite, le labrador ou l'anorthite sont avec elle les éléments essentiels des gabbros et des euphotides.

Dans les porphyrites labradoriques, l'olivine se rencontre avec le mica noir, mais il semble exister un certain antagonisme entre eux ; quand l'olivine devient abondante, le mica noir est remplacé par de l'augite, ces deux minéraux étant alors l'un et l'autre de seconde consolidation. C'est là un passage des porphyrites aux mélaphyres. Il y a un type de mélaphyres exclusivement composé de grands cristaux de péridot et de fer oxydulé associés à des microhthes de fer oxydulé et d'oligoclase ou de labrador.

L'amphibole, quoique rare dans les roches à péridot, n'y fait pas entièrement défaut.

L'olivine est à l'état de plages granitoïdes de seconde consolidation dans les péridotites et les Iherzblithes. Elle y est associée à l'enstatite, au diallage, au fer chromé. Un grand nombre de serpentines ont ces roches pour origine.

L'olivine en microlithes a été observée dans les laves basaltiques de la Réunion.

Le fer oxydulé, inclus dans l'olivine, est en granules arrondis ou en petits cristaux. La picotite s'y montre à l'état de petites lamelles d'un brun foncé, rectangulaires ou en losanges, plus rarement sous forme de petits octaèdres réguliers. On trouve aussi dans l'olivine des cavités à gax, des inclusions vitreuses avec ou sans bulle et des inclusions liquides à bulle mobile. Le liquide de ces inclusions est presque toujours de l'acide carbonique.

Les inclusions sont généralement beaucoup moins communes dans l'oli-

Inclusions.

vine que dans Faugite et dans les feldspaths, associés avec elle comme éléments d'une même roche. Tantôt elles sont disséminées sans ordre, tantôt elles sont disposées en traînées, particulièrement quand ce sont des cavités à gaz ou des inclusions vitreuses.

Actions secondaires. L'olivine est très fréquemment altérée ; dans la plupart des cas, les

bords de son pourtour et les parois des fentes qui la traversent sont profondément modifiés. L'altération affecte deux modes principaux.

I. La transformation la plus commune est la transformation en serpen-

pi. Liv, fig. 1 et 2. line. Cette altération semble passer par plusieurs degrés; elle débute par la formation d'un liséré verdâtre qui suit les contours ou les fentes du cristal et se compose d'éléments fibreux disposés normalement aux surfaces. Ce liséré agit vivement sur la lumière polarisée et présente, entre les niçois croisés, des phénomènes de polarisation d'agrégat analogues à ceux des concrétions calcédonieuses.

Quelquefois le développement de l'altération en question n'en change pas le caractère; le cristal de péridot est envahi sur une plus grande étendue, mais la zone d'altération conserve sa structure; son action sur la lumière polarisée ne fait que s'accentuer. Mais, dans d'autres cas, particulièrement quand l'altération de l'olivine est étendue et profonde, la matière serpentineuse possède d'autres caractères; elle a'conservé sa couleur verte, tandis que sa structure fibreuse disparait; elle cesse d'agir sur la lumière polarisée et se comporte comme une matière amorphe. Il s'y développe même parfois des trichites identiques d'apparence avec ceux qui se voient dans la matière amorphe des roches vitreuses

La transformation de l'olivine s'opère du dehors au dedans à partir de sa surface; elle s'effectue aussi intérieurement le long des fentes qui la traversent. De chaque côté de celles-ci, on remarque habituellement une zone d'altération plus ou moins étendue. La transformation du cristal peut être complète, mais souvent il reste des îlots étroits de matière intacte, séparés les uns des autres et environnés par des bandes épaisses de substance serpentineuse.

Des concrétions sphérolithiques verdâtres se montrent exceptionnelle-

PÉRIDOT (OLIVINE, FAYALITE). 391

ment dans certains échantillons ; elles sont comprises entre les fentes qui partageaient le cristal primitif.

II. Le second mode d'altération de l'olivine a pour résultat la produc- pi. ui, «g. 2. tion d'un dépôt de limonite dans l'épaisseur des parties décomposées. Gomme dans le cas précédent, les parois et les fentes du cristal se bordent d'une bande d'altération, qui pénètre d'autant plus dans la substance péridotique que la modification est plus avancée. Les bandes en question sont fortement colorées en jaune rougeâtre; elles n'agissent plus sur la lumière polarisée.

Dans le cas où l'olivine se présente avec ses clivages normaux, le dépôt ferrugineux aGfecte d'autres caractères. Il est concentré sur les parois des fentes et dans le voisinage immédiat de la surface du cristal et n'y occupe qu'une très faible épaisseur. La décomposition est tout à fait superficielle ; le dépôt ferrugineux, qui se dessine sur les sections sous forme de traits fins rectilignes rougeâtres, semble avoir préservé le cristal d'une décomposition plus étendue. L'apparence de l'olivine ainsi modifiée est la même que présente fréquemment l'augite altéré, ce qui constitue alors une difficulté sérieuse pour la distinction des deux minéraux.

L'olivine peut être considérée comme infusible au chalumeau. Elle Réactions qualitatives. résiste très bien à l'acide fluorhydrique. L'acide chlorhydrique l'attaque assez ^

aisément en donnant un dépôt de silice gélatineuse.

Les formes de l'olivine, l'usure de ses angles, sa transparence com- Diagnostic. plète, l'aspect rugueux de la surface de ses sections, l'absence de macles, le manque habituel de clivages réguliers, les couleurs brillantes de polari- ' sation, la fréquence et la disposition des zones d'altération, l'attaque facile par les acides, distinguent aisément l'olivine dans la plupart des cas de tous les minéraux avec lesquels elle se trouve associée.

Le diagnostic ne présente de difficulté véritable que dans deux cas. Le premier cas se présente quand l'olivine possède des clivages visibles et des contours polygonaux. 11 s'agit alors de la disfinguer de certains échan- • ,

tillons d'augite, décolorés par suite d'actions secondaires et vus suivant une section hexagonale appartenant à la zone ph> . L'augite en question prend

392 MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.

des couleurs vives entre les niçois croisés; il présente des clivages rectangulaires comme l'olivine (clivages ordinaires mm et clivage transversal parallèle àp). Les extinctions se font, dans les deux minéraux, parallèlement aux lignes de clivage. L'augite décoloré possède l'apparence chagrinée de l'olivine. Ses fentes de clivage sont pénétrées d'un dépôt ferrugineux, comme celles de ce dernier minéral. Enfin il est attaquable par l'acide clîlorhydrique, quoique moins facilement que le péridot. Des sections dissymétriques et à extinction oblique peuvent être observées dans les deux cas. En un mot, une foule de caractères communs rapprochent ces deux variétés de pyroxène et de péridot.

Alors le meilleur moyen de diagnostic se fonde sur la valeur de l'angle du pointement qui termine le petit côté des figures de section. Cet angle est souvent aigu dans l'olivine; il est toujours obtus dans le pyroxène (pour plus de détails, voir page 363).

Le second minéral, avec lequel l'olivine peut être parfois confondue, est l'enstatite. Dans les roches où l'on observe à la fois le péridot et l'enstatite, ces deux minéraux sont généralement dépourvus de forme cristalline; l'un et l'autre sont incolores, sans clivages distincts; ils possèdent les mêmes modes d'extinction ; il est donc possible de les confondre. Ce cas difficile s'est offert à nous dans une serpentine de Bohême et dans certaines norites de Norvège.

Quand un pareil cas se présente, il faut porter toute son attention sur les bords des plages en question. Lorsque celles-ci appartiennent à l'ensta- - tite, on voit souvent en ces points quelques fines stries qui représentent les clivages du minéral. L'olivine n'offre rien de semblable. Enfin on peut avoir recours au traitement par les acides. L'acide chlorhydrique, qui décompose facilement le péridot, n'attaque pas sensiblement l'enstatite. Reproduction Berthicr a reproduit le péridot par fusion de ses éléments chimiques.

C'est un produit fréquent dans les scories des fours à puddier, où il se présente sous forme de fayalite.

PERIDOT (OLIVINE, FAYALITE). 393

RENVOI AUX PLANCHES

XXXIV, 2. — XXXV, 1. — XXXVII, 2. — XXXIX, 1 et 2. — XL, 1 et 2. — XLI, 1 et 2. — LU, 1 et 2. —

UV, 1 et 2. — LV, 1 et 2.

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