GRENAT. A
Quant au grenat mélanite, en se décomposant il se charge surtout de produits ferrugineux hydratés.
Les grenats communs dans les roches sont inattaquables à l'acide Réactions qualitatives chlorhydrique. Ils résistent aussi très bien à l'acide fluorhydrique concentré.
L'isotropie des grenats les distingue des minéraux des cinq derniers systèmes cristallins. Leur couleur foncée les sépare de l'haûyne et de la leucite. Ils se distinguent des spinelles par leurs formes cristallines, du fer oxydulé par leur transparence et par l'absence de tout reflet métallique.
Le mélanite est le seul grenat qui ait été reproduit artificiellement. Klaproth l'a obtenu par fusion de l'idocrase; von Kobell en fondant du mélanite de Frascati.
En traitant par fusion et recuit prolongé un mélange des éléments chimiques de la néphéline (^) et de l'augite {—), nous avons obtenu un pi. xuv, «g. 4. mélange de cristaux de néphéline, de pléonaste et de grenat mélanite.
Reproduction artificielle.
RENVOI AUX PLANCHES
I, 2. — m, 2. — IV, 1. — VJ, 1 et 2. — VIII, 1. — XXXV, 2, 4 et 6. — XXXIX, 1. — XLIV, 4.
ZIRCON
Le zircon est un monosilicate de zircone, Zï Sï. Sa densité très élevée Propriétés chimiques permet de le distinguer de plusieurs autres substances adamantines et translucides; elle oscille entre 4,40 et 4,75.
Il résiste énergiquement aux acides ; l'acide fluorhydrique lui-même l'attaque difficilement. Cette propriété permet de l'extraire d'un certain nombre de roches dans lesquelles il est disséminé en petite quantité ; après attaque par l'acide fluorhydrique, la poudre cristalline qui subsiste est riche en zircons, et une préparation de la matière ainsi obtenue permet souvent de le reconnaître, parce que certaines de ses faces caractéristiques sont dégagées de leur gangue.
D'après M. Mallard, le zircon serait à rapporter au système monocli- Propriétés nique ; mais au point de vue pratique, il présente toujours dans les roches ^^^'^^^ opUques!"^^ la forme et les extinctions qui caractérisent le système quadratique.
Les faces habituelles du zircon dans les roches sont celles du prisme m et de l'octaèdre 6^; il est rare que les cristaux soient très allongés et parfois les faces de l'octaèdre dominent de beaucoup sur les autres.
L'angle suivant lequel se profile le pointement b^ est caractéristique dans le zircon et se distingue de ceux du quartz et du pyroxène ; on en jugera par le tableau suivant :
Angle des faces b^ b^ opposées sur p zircon 95° 40'
Angle des faces fe' 6^ opposées sur j) pyroxène. . . . 120°
Angle des faces fl^^gi' opposées sur /i^ olivine 81»
Angle des faces pe ~' opposées sur a^ quartz 76° 26
Couleurs de polarisation.
Coloration et polychroîsme.
Structure.
Seul le pointement habituel de l'olivine pourrait être confondu avec celui du zircon. Mais nous verrons plus loin que la confusion n'est pas possible en général entre ces deux minéraux.
Le zircon présente des indices de clivage suivant les faces m et b\ Il n'est jamais maclé.
La double réfraction positive est très énergique, et même en plaques minces et en très petits cristaux, le zircon se pare de couleurs vives entre les niçois croisés. Seulement ces couleurs ne sont pas uniformes et il en résulte une apparence irisée caractéristique. Malgré leurs petites dimensions et leur rareté relative, les cristaux de zircon attirent l'œil dans les plaques minces et ne passent pas inaperçus.
Le zircon est coloré en brun plus ou moins foncé ; il devient facilement transparent en plaque mince; mais il y conserve en général une légère teinte
brunâtre qui permet de le distinguer de l'olivine à première vue.
Il est parfois légèrement dichroïque ; suivant l'axe optique (y) ou sa projection (rayon extraordinaire), il donne alors des teintes brunes, et suivant le rayon ordinaire (a) des teintes d'un vert ^'^' *"• olive plus pâle.
Le relief des cristaux de zircon est considérable ; les réflexions totales l'entourent d'un cercle noir très marqué. Les inclusions gazeuses qu'il contient fréquemment sont également très fortement estompées.
Les roches éruptives contiennent le zircon exclusivement à l'état de cristaux anciens de première consolidation; il sert d'inclusion à peu près à tous les autres minéraux et n'en contient pour ainsi dire jamais lui-môme ; sa consolidation est donc vraisemblablement très ancienne, antérieure à celle de tous les autres éléments de la roche considérée.
Les clivages m se montrent au microscope sous forme de fines stries très rapprochées les unes des autres. Les clivages b^ constituent des cas-
Rayon extraordinaire.
Teintes brunes.
Rayon ordinaire.
Teintes olivâtres.
ZIRCON. .,,: ft07
sures; les cristaux semblent quelquefois comme encapuchonnés et présentent des zones d'accroissements successifs.
Le zircon est toujours un minéral rare, peu abondant; mais il a été Associations. signalé dans un grand nombre de roches et, dans quelques-unes, sa présence est constante.
Telles sont la syénùe zirconienne et la miascile, dans lesquelles il est associé pi. xlv, h- 2. à l'éléolite (syénites éléolitiques).
Gomme minéral accessoire, on le rencontre dans les gneiss (chemin de la Groix-Blanchot à Ghappey près Marmagne, Saône-et-Loire) , dans les amphibolites (Martigny, Saône-et-Loire) , dans les éclogites, dans les syénites proprement dites, dans les granulites (pegmatite de Ghanteloube, granulites des Seychelles) .
Le zircon ne se trouve pas exclusivement dans les roches de la série granitoïde; parmi celles de la série trachytoïde qui le contiennent accidentellement, nous citerons certains porphyres à quartz globulaire (Morcote- Lugano), quelques trachytes (lac de Laach), quelques phonolithes, quelques basaltes (le Puy, Haute-Loire).
La résistance que présente le zircon aux actions secondaires et sa grande dureté font qu'il conserve parfaitement ses angles, même dans des sables roulés. On l'y trouve en compagnie de l'olivine, du grenat, du saphir, du diamant, de l'or. 11 a été ainsi reconnu en grande abondance dans les parties lourdes des sables d'Expailly (Haute-Loire), où il provient de la décomposition de roches basaltiques, et des sables du Mesvrin (Saône-et-Loire) pi. iv, «g. i où il est dû à la désagrégation des gneiss et des amphibolites.
Un moyen commode pour l'isoler des minéraux ferrugineux dans ces . sables consiste à les traiter par l'électro-aimant; le zircon est très peu attirable.
Même dans les gneiss et les amphibolites, le zircon en très petits cris- inclusions. taux est remarquable par sa richesse en inclusions gazeuses de grande taille. Tantôt elles sont irrégulièrement arrondies, tantôt elles reproduisent en creux la forme du zircon ; mais alors les faces 6* prédominent généra- lement de beaucoup sur les autres faces. On y voit parfois (zircons du Mesvrin) des microlithes allongés à pointements arrondis.
l^OS MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.
Diagnostic. Le pointement et les propriétés optiques du zircon ne permettent de
le confondre avec aucun autre minéral. Il se distingue du quartz par sa coloration, son relief et sa grande réfringence ; de l'olivine par sa couleur et ses formes accentuées ; du pyroxène par son pointement et ses extinctions ; du sphène enfin par sa coloration plus pâle, ses formes prismatiques et ses propriétés optiques.
Reproduction Lc zircou a été reproduit, par M. H. Sainte-Claire Deville, par l'action
artificielle. ^j'^jjj courant de fluorure de silicium sur la zircone chauffée au rouge.
RENVOI AUX PLANCHES
IV, i. — XLV, 2.
SPINELLIDES
Dathe. Olivinfels, Serpentine und Eklogite des sàchsischen Granulitgebietes. Léon. Jahrb. 1876, 225 et 337, Fischer. Kritische mikroskopisch-mineraL Studien. Freiburg in Br. 1869, 21. ZiRKEL. Basaltgesteine. Bonn 1870.
Bibliographie.
Les spinellides sont des minéraux appartenant au système cubique et Propriétés chimiques, affectant particulièrement la forme de l'octaèdre régulier. Leur composition peut être représentée par la combinaison d'un équivalent de base monoxyde avec un équivalent de base sesquioxyde. La magnésie et le protoxyde de fer dominent dans la base monoxyde et s'y remplacent en toutes proportions. 11 en est de même pour l'alumine, le sesquioxyde de fer et le sesquioxyde de chrome dans l'élément sesquioxyde. De là résultent des types divers, dont plusieurs se rencontrent dans les roches; nous citerons paç exemple :
Le spinelle. .
Le pléonaste. La picotite. .
Le fer chromé, Le fer oxydulé
Mg
Fe
Mg, Fe
Al,€r
Fe
Fe
Ces minéraux ne manifestent aucune action sur la lumière polarisée entre les niçois croisés. On les observe soit en cristaux simples, soit en
/jlO MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.
macles, avec une des faces de l'octaèdre comme plan de jonction et pénétration fréquente.
SPINELLE.
Le spinelle en lames minces est incolore ou rosé. Il se montre ordinairement dans les roches à l'état de cristaux de petites dimensions à faces nettes et arêtes vives. Sa dureté considérable fait qu'il résiste à la destruction des roches qui le renferment et se retrouve dans les sables. Son poids spécifique varie de 3, 5 à 3, 7. Les sables gemmifères le présentent en petits cristaux usés sur les bords, en grains cristallins ou même en fragments.
Les roches qui le renferment sont des leptynites, des gneiss ou des micaschistes.
PLEONASTE.
Structure. Lc pléouastc, daus les lames minces, est d'un vert foncé. L'intensité de
la coloration est quelquefois telle que le minéral paraît complètement opaque; cependant, dans la plupart des cas, les bords des cristaux se montrent avec leur transparence et leur coloration normales. Poids spécifique de 3,8 à 4,1. Les cristaux de pléonaste sont presque toujours très petits. Souvent ils sont d'une pureté et d'une régularité parfaite. Cependant il n'est pas rare de les observer à l'état de granules cristallins dépourvus de forme régulière bien caractérisée.
Quand les cristaux de pléonaste sont atteints par la coupe de la lame mince, ils fournissent souvent des sections rectangulaires. Mais leur petitesse fait que fréquemment ils sont entièrement engagés dans l'épaisseur de la préparation. Dans ce cas, l'emploi du microscope binoculaire est utile pour bien juger de leur forme.
SPINELLIDES.
hii
Le pléonaste s'observe comme minéral accessoire dans les serpentines. Associations. 11 se trouve aussi dans les roches stratifiées métamorphiques. On l'a signalé dans les leucitophyres du lac de Laach; mais, parmi les roches de la série, récente, celles qui présentent les plus beaux spécimens de ce minéral, sont les basaltes et les andésites du Cantal. Dans les basaltes, le pléonaste est pi. xl, «g. 2. une des inclusions fréquentes de l'olivine. Il semble y remplacer la picotite qui présente un gisement analogue dans les basaltes des autres régions. Le basalte porphyroïde et les andésites amphiboliques du Cantal le présentent en outre en petits amas de quelques millimètres de diamètre enclavés au milieu de la roche. 11 s'y trouve associé à des cristaux de labrador et quelquefois à une petite quantité de mica noir, sans interposition de matière amorphe. Tantôt il est d'un beau vert, et tantôt tellement foncé qu'il pourrait être pris au premier abord pour du fer oxydulé. Les cristaux sont isolés ou réunis en macles multiples, allongées dans des directions sensiblement à angle droit.
Le pléonaste, quand il est bien transparent, se distingue immédiate- Diagnostic. ment de tous les autres minéraux par son isotropie, sa forme cristalline et sa couleur. S'il est à peu près dépourvu de transparence, il peut être confondu avec le fer oxydulé. Pour la séparation de ce dernier minéral, il suffit de remarquer que le pléonaste ne possède aucun reflet métallique à la lumière réfléchie, et que d'ailleurs il est inattaquable aux acides et n'est pas attiré par le barreau aimanté.
PICOTITE.
Comme le pléonaste, la picotite se montre tantôt sous forme de petits octaèdres d'une régularité parfaite et tantôt sous forme de grains cristallins ou arrondis. En sections minces, elle est d'un brun jaunâtre quelquefois tellement foncé qu'elle devient presque opaque. Poids spécifique de 3,9 à liS.
Structure.
Associations. La picolite se rencontre dans presque toutes les roches à olivine an-
ciennes ou récentes. Dans celles de ces roches qui sont à structure granitoïde, elle est dépourvue de contours réguliers, et se trouve en gros grains dont les dimensions sont comparables à celles des autres éléments de la roche.
Elle joue alors quelquefois le rôle d'élément essentiel. C'est particulièrement ce qui a lieu dans la Iherzolithe, où elle est associée à l'enstatite, à l'olivine et au pyroxène.
Les roches à olivine, qui sont douées d'une structure trachytoïde, ne
renferment plus la picotite qu'à l'état d'inclusions dans l'olivine. Les péri-
pi. XL, fig. 1. dots des basaltes sont particulièrement riches en picotite; au milieu de ce
minéral, incolore en lames minces, la picotite apparaît sous forme de petites
lamelles quadrangulaires ou de granules arrondis.