REMARQUES GÉNÉRALES
SUR LE GROUPE DES SPINELLES, SPINELLE PROPREMENT DIT, PLÉONASTE, PICOTITE.
Les trois minéraux qui viennent d'être décrits appartiennent à un groupe spécial des spinellides, auquel on réserve plus particulièrement le nom de spinelles. Ils présentent quelques caractères communs sur lesquels il y a lieu d'appeler l'attention.
Ils sont doués d'une très grande dureté et d'un poids spécifique élevé. Ils sont inattaquables aux acides et résistent énergiquement à l'action de l'acide fluorhydrique, lors même qu'elle est prolongée, ce qui fournit un moyen de les séparer des divers minéraux silicates avec lesquels ils sont associés.
Dans les roches éruptives, ils appartiennent au premier temps de la
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consolidation, et leur présence à l'état d'inclusions dans l'olivine montre même qu'ils ont été engendrés au début de ce premier stade.
Us sont généralement dépourvus d'inclusions; le seul minéral signalé dans leur masse est un corps de la même famille : le fer oxydulé. Des inclusions à acide carbonique liquide ont été aperçues dans un échantillon de spinelle (rubis spinelle) de Ceylan, mais c'est un fait très exceptionnel.
Les deux minéraux de ce groupe les plus importants au point de vue de la constitution des roches sont le pléonaste et la picotite.
Il est probable qu'il existe tous les passages entre ces deux minéraux. Des picotites de couleur verte ont été indiquées dans les Iherzolithes ; ce sont très probablement des pléonastes. Il en est de même pour les spinelles verts que l'on observe dans les péridots des basaltes d'Auvergne. Ainsi, non seulement la formule chimique, les propriétés cristallographiques et optiques, la structure, sont les mêmes, mais les gisements dans les roches sont sensiblement identiques. Il faut cependant reconnaître ici que le gisement du pléonaste dans les andésites du Cantal n'a pas son analogue pour la picotite.
Lorsque les spinelles sont de couleur médiocrement foncée et cristallisés, leur distinction est facile. Leur transparence, leur forme octaédrique réguhère, leur isotropie, leur inaltérabihté par les acides permettent d'établir sûrement leur diagnostic.
Quand ils sont en grains sensiblement opaques, ils peuvent être confondus soit avec le fer chromé, soit avec le fer oxydulé ou même avec quelque sulfure métallique, ou bien encore avec des grains de limonite. On les distinguera du fer oxydulé et des sulfures par l'absence d'éclat métallique à la lumière réfléchie.
Leur inaltérabilité par l'acide chlorhydrique à chaud les sépare du fer oxydulé et de la limonite. Quant aux sulfures métalliques, l'eau régale les dissout, tandis qu'elle laisse les spinelles intacts. Enfin il est rare que ceux-ci soient absolument opaques, et le plus faible degré de translucidité près des bords les sépare nettement du fer oxydulé et des sulfures métalliques, qui ne se laissent aucunement traverser par la lumière.
En somme, les caractères physiques et les réactions chimiques ordinaires ne sont impuissants que lorsqu'il s'agit de distinguer la picotite du fer chromé. Dans ce cas, la difticulté devient très grande, et une analyse chimique quantitative, sinon complète, au moins approximative, est nécessaire pour arriver à la distinction de ces deux minéraux, vu les analogies de composition qui existent entre eux et la similitude de leurs propriétés physiques.