COMPOSITION CHIMIQUE DES PRINCIPALES CHLORITES
ABSTRACTION FAITE d'eWIRON 12 POUR 100 D'EAU.
R : iR
ISï
(R,^ë;);,^Sï
RlPIDOLlTE.
Densité = 2,78 à 2,96
Riche en Fe
— Al
Pauvre en Mg
Penni.\e.
Densité = 2,60 à 2,70.
Pauvre en Fe
— Ai
Riche en Mg
Clinochlore.
Densité = 2,65 à 2,78.
Pauvre en Fe Riche en Al - Mg
Propriétés
cristallographiques
et optiques.
Ripidolite.
Pennine.
Clinochlore.
On voit, par ce tableau, qu'on ne possède que des données incertaines sur la composition atomique des chlorites. On a analysé des minéraux impurs ou des mélanges.
La pennine est la seule chlorite facilement attaquable par l'acide chlorhydrique.
Les propriétés cristallographiques des chlorites sont encore mal connues ; il est probable qu'on a aifaire à des systèmes cristallins à formes • limites; l'instabilité de l'angle des axes optiques indique en outre des superpositions de réseaux cristallins empilés (voir page 187).
La ripidolite offre des formes hexagonales et appartient à un système cristallin encore mal défini. Elle n'a qu'un seul axe optique négatif, ou deux axes très voisins à bissectrice négative perpendiculaire au plan de clivage facile.
La double réfraction excessivement faible fait qu'en plaques minces elle donne des couleurs de polarisation d'un bleu foncé à peine perceptible.
La pennine est rigoureusement rhomboédrique ; elle présente latéralement les faces p du rhomboèdre primitif avec une base a% parallèle au clivage facile et largement développée. En plaque mince, on aperçoit, en outre, des stries suivant les faces du prisme hexagonal.
L'axe optique unique est tantôt positif, tantôt négatif dans une seule et même plaque.
En lames minces, l'extinction est complète et constante pour les sections hexagonales, et parallèle aux lamelles pour toutes les autres sections.
Le clinochlore est monoclinique ; sa base hexagonale p présente un angle de 120° ; l'angle pm est égal à 66° 3'. Le clivage p est extrêmement facile ; en lames minces, on aperçoit parfois les clivages 7n,m,g^ formant des traces hexagonales, et même un second hexagone h\g^,g^'.
La bissectrice positive (y) n'est pas rigoureusement perpendiculaire 3L p ; l'angle des axes optiques, généralement situés dans g\ est extrêmement variable (2 E varie de 10° à 80°).
CHLORITES.
Zj39
Couleurs de polarisation.
En lames minces, les sections hexagonales ne restent plus constamment éteintes, et les extinctions des autres sections ne se font plus nécessairement suivant les traces des clivages p.
La pennine présente une macle analogue à celle des micas ; face de Macie*.
composition apparente a* (base hexagonale), avec rotation de 60" autour de la perpendiculaire.
Le clinochlore se montre fréquemment en rosettes maclées avec pénétration de trois individus qui semblent se toucher, suivant la face h'ï.
Cette disposition en rosettes plus ou moins compliquées est le cas général de toutes les chlorites au microscope.
Les couleurs de polarisation sont variables avec la nature des chlorites; nous avons vu que certaines ripidolites polarisent à peine ; d'autres chlorites donnent de belles couleurs d'un bleu indigo profond entre les niçois croisés; enfin les paillettes de chlorite, qui prennent naissance par décomposition de l'amphibole, sont parfois bordées de couleurs vives dans lesquelles domine le jaune.
Les chlorites sont généralement colorées en vert et polychroïques dans les teintes vertes. Leur polychroïsme variable est moins marqué que celui de la hornblende. L'absorption est généralement moins intense suivant l'axe d'élasticité perpendiculaire à p que suivant les deux axes parallèles au clivage facile. Il en résulte, comme pour le mica, que les lamelles de chlorite présentent un maximum de coloration et d'absorption lorsque le plan principal du polariseur est parallèle à leur longueur. On peut vérifier cette propriété pour la chlorite des kersantons de Bretagne, etc.
Au microscope, la chlorite se montre très radiée, à fibres enchevêtrées, structure. parfois en sphérolithes réguliers. Les feuillets de la chlorite ne sont pas parallèles comme ceux du mica ; mais, en outre, chaque feuillet, suffisamment grossi, montre une structure intime fibreuse, avec radiations multiples.
Cette complication dans les fibres élémentaires rend difficile l'étude optique de la chlorite. On peut dire toutefois que les chlorites à axes optiques très rapprochés, et dans lesquelles les extinctions se font parallèle-
Coloration et polychroïsme.
Associations.
PI. VIII, fig. 2.
PI. IX, fig. 1 et 2.
PI. XXV, fig. 1 et 2.
Inclusions.
Diagnostic,
/,/iO MINÉRALOGIE MICROGRAPHIQUE.
ment à la longueur de chaque fibre, sont de beaucoup les plus répandues. La présence du clinochlore dans les roches paraît donc douteuse.
Le plus souvent, la chlorite est, dans les roches éruptives, le produit de l'altération secondaire du mica noir, de l'amphibole ou du pyroxène, et, dans les roches trachytoïdes, de la matière amorphe. On connaît de beaux exemples de ces altérations dans les kersantites, dans les mélaphyres, dans les granulites récentes de l'île de la Grande-Galitte (Algérie), dans les ophites des Pyrénées, dans les andésites pyroxéniques, etc. ; elle y est fréquemment accompagnée de calcite.
Le premier stade de l'altération est une transformation sur place ; le mica noir, par exemple, verdit, perd de son dichroïsme ; puis la chlorite l'épigénise en partie, mais ses fibres sont souvent encore dans la même orientation que celles du mica. Enfin la chlorite émigré au voisinage du minéral attaqué, remplit les interstices entre les grands cristaux, forme de petits filonnets et se comporte comme un minéral d'infiltration secondaire.
La chlorite contient fréquemment des aiguilles incolores d'aciinole et du fer oxydulé.
Distinction avec le mica noir (voir p. 3/|2),
RENVOI AUX PLANCHES
VIII, 2. - IX, 1 et 2. — XV, 1, — XXV, 1 et 2. — XXXIX, 1.
SERPENTINE (chuysotile)
Von DnASCHE. Ueber Serpentin und Serpentinàhnliche Gesteine. Miner. Mitth. 1871. Bibliographie,
TscHERMAK. BeobucMungen iiber die Verbreitung des (Hivins in den Felsarten. Ac&i.des sciences devienne, juillet 1867.
— Ueber Serpentinbildung. Id.
La serpentine est un produit de décomposilion et d'hydratation des Propriétés chimiques. silicates magnésiens. Sa composition chimique paraît moins variable que cette origine ne pourrait le faire supposer a priori; le plus grand nombre des analyses conduit à la formule suivante :
Mg' Sï^ + 2 ou 3 Aq.
Densité : 2,/|7 à 2,60.
La serpentine noircit dans le tube et donne de l'eau; au chalumeau, elle blanchit et fond difficilement. Elle est soluble dans l'acide chlorhydrique à chaud.
La serpentine forme des épigénies de péridot (Snarum en Suède, propriétés optiques. Penig en Saxe), de pyroxène (ophite labradorique de Laprabende, porphyrites du Morvan),d'enstatite (Baste-Harz, Martignyprès Marmagne, Saôneet-Loire), plus rarement d'amphibole (Easton, Pensylvanie) . Elle présente alors les formes des cristaux qu'elle a épigénisés; mais, par elle-même, elle paraît constituer un minéral surtout colloïde, tenant en suspension les fibres des minéraux qu'elle a désagrégés ; ses concrétions ont, sur la lumière polarisée, une action analogue à celle de fopale et de la pinite, quoique plus vive.
Structure et associations.
Serpentine à l'état accessoire.
[ik2 MINÉRALOGIE MIGROGRAPHIQUE.
Cependant quelques-uns de ces produits concrétionnés, et notamment le chrysotile, qui traverse fréquemment en petits filonnets les plages de serpentine, ont une action tellement vive sur la lumière polarisée qu'on peut leur attribuer une individualité cristallographique : M. Des Gloizeaux a trouvé que la chrysotile présentait deux axes optiques écartés dans un plan passant par la longueur des fibres ; la bissectrice négative (a) serait perpendiculaire aux fibres.
La serpentine est généralement verte; quelques-unes de ses variétés présentent un polychroïsme sensible ; telle est la métaxite (Schwarzenberg, Saxe), qui donne deux teintes, l'une verte, l'autre rougeâtre.
Mais, quels que soient les minéraux fibreux entraînés dans les concrétions successives qui constituent les plages de serpentine, la majeure partie de ce minéral doit être considérée comme constituée par une matière colloïde sans action propre sur la lumière polarisée, quoique éminemment susceptible de présenter les phénomènes optiques dus à la trempe. Aussi, dans les plaques très minces de serpentine, les couleurs de polarisation affectent des tons bleuâtres très pâles et une grande partie de la substance n'agit plus entre les niçois croisés; dans les plaques épaisses, au contraire, les teintes sont souvent vives et brillantes.
La serpentine est toujours un produit d'actions secondaires ; on peut en distinguer trois variétés principales : i° elle existe à l'état accessoire dans un grand nombre de roches ; 2° elle constitue l'élément principal du magma et provient de l'épigénie d'un monosilicate de magnésie, le péridot; 3° elle constitue également l'élément principal de la roche considérée et provient de l'épigénie d'un bisilicate de magnésie, l'hypersthène.
L On trouve la serpentine à l'état accessoire dans un grand nombre de roches ; nous avons cité plus haut les différents minéraux que la serpentine peut épigéniser : le péridot, l'hypersthène (enstatile), le pyroxène, l'amphibole. On peut dire d'une façon générale que les actions secondaires transforment le pyroxène, l'amphibole et le mica noir plutôt en chlorite qu'en serpentine, tandis que le péridot et l'hypersthène sont généralement transformés en serpentine et en produits ferrugineux opaques. Mais cette