‹ Minéralogie micrographique roches éruptives françaisesChapitre 97 sur 150 · SERPENTINE. W · texte numérisé non relu

SERPENTINE. W

règle souffre de nombreuses exceptions et maintes porphyrites à pyroxène, notamment certaines porphyrites carbonifères, entièrement dénuées de péridot (porphyres noirs), contiennent fréquemment de la serpentine en veinules et en épigénies. La serpentine y est associée à de l'épidote; elle constitue des sphérolithes colloïdes d'une grande régularité, qui montrent, entre les niçois croisés, une croix noire située dans les plans principaux des niçois.

La plus grande partie de la substance verte, désignée sous le nom de viridife par quelques auteurs, nous paraît devoir être attribuée à la serpentine. Cette viridite n'a, en général, aucune forme cristalline, aucune action propre sur la lumière polarisée. Un des plus beaux exemples de viridite est celui que présente la dolérite à fer natif d'Ovifack. Le péridot y est très pi. xxxvi, fig. 2. rare, le pyroxène très abondant, et il semble que la viridite y provienne de l'altération de ce dernier minéral. Le fer natif lui-même est intimement associé à cette matière serpentineuse, et, comme elle, il moule les cristaux allongés de labrador et les cristaux globuleux de pyroxène; son origine secondaire paraît intimement liée à celle de la serpentine.

Dans les basaltes et les mélaphyres, la viridite se présente souvent comme un état d'altération de la matière amorphe.

Un assez grand nombre d'autres minéraux sont ordinairement associés à la serpentine accessoire des roches; tels sont : la calcite, la chlorite, l'actinote, la calcédoine, enfin l'hématite et des produits ferrugineux opaques.

II. Les péridotites et les Iherzolithes sont accompagnées de véritables serpentine en roche,

, . ■% -n ' ' T -\ir \T \ (5pigénisant le péridot.

épanchements en masse de serpentine (Lercouil, Pyrénées ; La Motte, Varj . On sait que le péridot y est associé à l'enstatite, au diallage, au grenat, au fer chromé ; mais souvent il y constitue le minéral dominant, et c'est principalement à sa décomposition qu'il convient de rapporter les serpentines de cette série. Il en est de même des serpentines associées aux basaltes, très riches en péridot, qui se développent à la base des éruptions basaltiques de La Réunion.

Vue au microscope, une pareille roche se montre sous la forme d'un pi.uv, fig. i et 2.

hhh MINÉRALOGIE MICROGRAPHIQUE.

réseau à mailles assez régulières, dont la serpentine constitue la trame, tandis que le centre de chaque maille est souvent un noyau d'olivine encore intact.

Lorsque la transformation est complète, on peut y distinguer trois espèces de produits secondaires : i° le remplissage des cassures primitives de l'olivine par une substance vert foncé, quelquefois bleuâtre, presque opaque et salie par des produits ferrugineux ; 2" une série de veinules de chysotile vert d'herbe, développant, dans chaque maille du premier réseau, un second réseau à peu près perhtique ; 3" le produit de la décomposition des derniers grains d'olivine, constitué par une serpentine vert jaunâtre à structure feuilletée, se teintant très faiblement entre les niçois croisés.

Le premier réseau reproduit naturellement les cassures très irrégulières qui caractérisent l'olivine. Les dessins qu'il souligne sont, à proprement parler, caractéristiques de la serpentine épigénisant le péridot. Le second réseau est perlitique; il rappelle entièrement la structure perlilique que l'on peut obtenir artificiellement par la dessiccation lente de la silice gélatineuse. Il est remarquable que la décomposition du péridot soit précédée par le dépôt de produits très ferrugineux dans ses premières fissures.

Lorsque la serpentine englobe des grains encore intacts de minéraux étrangers, elle les entoure souvent d'une bande finement concrétionnée qui révèle sa nature colloïde.

Serpentine en roche ni. Un grand nombre de serpentines proviennent de l'altération d'un

les hypersthènes. bisilicate magnésien (pyroxène rhombique) et généralement de l'enstatite. Les grains inaltérés d'enstatite sont ceux qui offraient le moins de clivages ; ils ressemblent alors, par la vivacité de leurs couleurs de polarisation, par l'apparence rugueuse de leur surface, par le relief de leurs bords, enfin par leur transparence incolore en plaque mince, aux grains inaltérés de péridot des serpentines précédentes. 11 n'est pas rare de les trouver dénués des clivages et des inclusions caractéristiques de Thypersthène et l'attaque à l'acide chlorhydrique, auquel ils résistent entièrement, est le seul moyen pratique de les distinguer à coup sûr de l'olivine.

Page 1