‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 10 sur 187 · DE L’ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

DE L’ÉLECTRICITÉ

Malgré l’importance que l’un des plus célèbres

minéralogistes de l’époque actuelle a cru pouvoir accorder au caractère de l’espèce, l’électricité que

manifestent , dans des circonstances très-variées , la plupart des minéraux , il n’est point encore prouvé que ce caractère soit bien constant ; il paraît qu’il offre , au contraire , de grandes anomalies dans des substances analogues , et que non - seulement tel échantillon développe beaucoup d’électricité, tandis que tel autre, de même nature, et après l’usage de moyens semblables, n’en présente aucun signe , mais que la même instabilité se fait remarquer sur deux faces opposées d’un cristal. Ne pouvant rendre un compte exact de cette instabilité, on l’a attribuée à diverses circonstances, telles que la différence, dans l’état d’agrégation, des molécules intégrantes , leur degré de pureté , l’interposition entrç elles de particules étrangères , l’éclat et le poli des surfaces, etc. Tous les minéraux acquièrent la propriété électrique , soit immédiate-’ . ment , et ce sont les isolans , ^soit après avoir été isolés , comme les conducteurs ; ils la conservent plus ou moins long-temps , selon les moyens que l’on a employés pour la développer ; ces moyens sont la pression,, en comprimant le minéral entre les doigts ; le frottement , en lq passant vivement , et à plusieurs reprises, sur le drap ; la chaleur, en élevant sa température. On a observé , quant à ce dernier mode, que le développement de l'éftctricité ne s’opère pas au même degré dans tous

les minéraux èt tlans toulcs les parties du même minéral , qu’il en est dont réchauffement doit être beaucoup plus considérable que d'autres, pour en obtenir une électricité semblable , et que la propriété électrique s’affaiblit et s’éteint différemment dans les mêmes cas d’accroissement et de décroissement de température , etc. Pour constater la nature de l'électricité et sa quantité développées par ces divers moyens , Haüy a imaginé et décrit des petits inslrumens qu’il a nommés électroscopcs. L’un d’eux consiste en une aiguille d’argent , terminée d un côté par une petite boule dtynêmc métal , et de l’autre par une petite lame de spath d’Islande , disposée de manière que deux de scs faces latérales opposées soient situées verticalement ; l'aiguille pivote , au moyen d’une chape en cristal, sur une pointe d’acier, supportée par un culot de laque. Pour mettre cet appareil en action, il suffit de saisir d’une main l’aiguille par la boule, de l’enlever de dessus le pivot, et de la presser entre deux doigts de l’autre main , puis de la rétablir sur le pivot. La pression qui en résulte développe l’élcctricitc vitrée. , ,

Ln autre appareil est une aiguille, terminée des deux côtés par une petite boule ; elle est en entier de cuivre ou d’argent , et pivote comme la précédente. Pour faire agir cet appareil , on frotte un bâton de laque contre une surface de drap , puis on l’approche d’une extrémité qui se trouve aussitôt

repoussée. L’électricité que dénote l’appareil est la résineuse.

Une aiguille en àrgent ou en cuivre , avec boules de même métal et chape de cristal , pivotant sur un support aussi d’argent ou de cuivre , constitue un troisième appareil. Celui-ci , se trouvant isolé par la chape, peut être mis dans l’état d’électricité résineuse par le simple contact du bâton de laque frotté sué le drap , ou dans celui d’électricité vitrée , par un contact semblable , mais accompagné de circonstances différentes , c’est-à-dire , que l’on tient entreVeux doigts d’une main l’une des boules , tandis que l’on approche avec l’autre main le bâton frotté. On donne plus de temps au contact , et l’on a soin de ne l’interrompre qu’après avoir abandonné la boule d’entre les doigts.

Les choses étant ainsi disposées, on peut chercher à connaître l’espèce d’électricité que possède un minéral : on développe son électricité par l’un ou l’autre moyen , et on le présente aux appareils ; s’il repousse la boule de l’aiguille du premier, il sera électrisé vitrcusemcnl ; si, au contraire , il l’attire , et s’il repousse l’une des boules du second , il sera électrisé résineusement ; enfin s’il attire et repousse la boule du troisième , suivant que l’on aura rempli les conditions pour faire agir l’aiguille , il manifestera encore l’une ou l’autre électricité. Ces phénomènes n’ont lieu que lorsque le minéral est véritablement électrisé : s’il ne l’était pas , s’il n'a-

vait pas son électricité naturelle , l’effet serait tout - différent. On s’assure qu’il est électrisé en le présentant d’abord à une aiguille non isolée : si elle est attirée , il n’y a point de doute que le minéral soit électrisé. On peut , en ne s’écartant point du principe fondamental , varier ou modifier à son. gré la construction des électroscopes.

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