‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 109 sur 187 · FER PHOSPHATÉ · texte numérisé non relu

FER PHOSPHATÉ

Syn. Bien de Prusfe natif. — Fer azuré. — Fer prussiaté. — Bleu martial fossile. — Schorl bleu de Sibérie. — J ioianiie. — Hydro-phosphate de fer.

Car. Soluble sans effervescence dans l’acide nitrique ; fusible au chalumeau en un globule métalloïde.

Forme primitive : Le prisme rectangulaire oblique.

Formes indéterminables : Laminaire ; aciculaire ; compacte ; terreuse.

Fragile ; rayant la chaux sulfatée ; cassure terne ; poussière ble^e qui noircit par le mélange avec l’huile.

Pesanteur spécifique : 2,60.

Magnétisme : Assez faible , mais qui se manifeste > d’une manière plus sensible après l’action du feu.

Transparent ; translucide ; opaque.

Bleu-verdâtre.

Composition : Oxide de fer , 44 ; acide phosphorique, 22 ; eau, 34.

Le fer phosphaté paraît n’appartenir qu’aux formations les plus récentes; et, quoique ses cristaux 3e trouvent quelquefois engagés dans les cavités de certaines roches primitives , tout porte à croire qu’ils ne se sont emparés de ces gissemens qu’après coup. C’est surtout dans les terrains marécageux, dans les tourbières , qu’existe en plus grande abondance ce minéral ; mais rarement il s’y présente sous des formes régulières , c’est presque toujours sous l’apparence terreuse , et disséminé en petites masses. Il semble que sa production soit l’effet de la rencontre de globales pyriteux avec des matières animales ou autres , riches en phosphore , et que ,

dans le contact de ces matières avec les pyrites , les unes et les autres, réciproquement décomposables, aient donné naissance au fer phosphaté. Un assez grand nombre d’observations locales accordent à de telles conjectures un haut degré de vraisemblance. ,

Le fer phosphaté cristallisé tapisse la surface du fer sulfuré magnétique à Bodemna^ en Bavière , celle du granité à Slavern en Norvvège , à Irguinskio en Sibérie , à Merzthal en Styrie , à Sainte- Agnès au Cornouailles , des produits volcaniques des bords de la rivière des Créoles, à l’Ile-de- France , de ceux de l’Auvergne , particulièrement à Labouische. La variété pulvérulente se rencontre dans toutes les contrées tourbeuses ; au sortir du gissement, et lorsqu’elle est encore humide, sa couleur ne diffère point de celle du terreau ; ce n’est qu’en se desséchant, et après une plus ou moins longue exposition à l’air, qu’elle acquiert la belle nuance azurée qui la fait quelquefois employer à la grosse peinture en détrempe.

XIVe ESPÈCE.

FER CHROMATE. .

Syn., Chvôme oxide ferrifère. — Fer chromé. — Chromite de fer. .. ■ n

Car. D’un gris-bleuâtre , tirant sur le noir. Infusible au chalumeau ; colorant en vert le borax fondu. Insoluble dans les acides.

Pesanteur spécifique : 4.

• Eclat assez faible. * - -

Rayant le verre. Cassure très-raboteuse. Pous- » sière d’un gris-noir. . .

Agissant faiblement sur le barreau aimanté.

b orme primitive : L’octaèdre régulier.

f ormes indéterminables: Laminaire ; lamellaire ; massive. • - '

Composition : Acide chromique, 60; oxide de fer, 4o.

Ce minéral a été découvert en 1799 , par M. Routier, à la Bastide , près de Gassin, en Provence , où ses couches sont superposées à la serpentine ; depuis il a été reconnu dans une roche semblable aux environs de Nantes, et dans plusieurs localités des Etats-Unis. Les roches talqueuses et schisteuses de la Sibérie , de la Styrie , renferment aussi quelques veines de ce même minérai.

C’est du fer chromaté que l’on obtient le chrême et ses diverses combinaisons, qui sont livrés an commerce , et employés dans les arts. i'

Les substances qui pourraient être confondues avec le fer chromaté sont : le fer oxidulé , le fer

oligiste , le zinc sulfuré , et l’urane oxidulé. rgj

■' XVe ESPÈCE.

FER ARSÉN1ATÉ.

Syn. Pharmacosidéi'üe . — Sc orodite. — Hydrarséniate de fer.

Car. Fusible à la flamme d’une simple bougie , en un boplon métallique brillant. Réductible par le chalumeau, et avec dégagement de vapeurs alliacées, en un culot de fer attirable.

Forme primitive : Le cube.

Forme indéterminable : Concrétionnée.

Rayant la chaux carbonatée ; cassure raboteuse et d’un aspect onctueux.

Pesanteur spécifique : 3.

Transparent ; translucide ; opaque.

Vert-jaunâtre ; vert-olive ; brunâtre.

Composition : Oxide de fer, 49 ; acide arsenique , 18 ; eau, 33.

Le fer arséniaté se trouve dans les roches granitiques du Cornouailles , çn Angleterre ; dans celles de Saint-Léonard , au Limousin ; sur le fer oligiste compacte du comté de Nassau-Usingen $ enfin parmi les produits volcaniques de la Solfatarre* R est souvent accompagné de cuivre pyriteux , de cuivre arséniaté , de fer arsenical , de fer hydraté et de cristaux de quârz. ,,

XVIe ESPÈCE.

FER HYDRO-CHLORATÉ.

Syn. Pyrodmalite. — Muriate de fer. — Fer chlorate. — Pyrosmalite. — PyrO'xène ferro-manganésien. Beud.

Car. Répandant , par l’action du chalumeau , une forte odeur de chlore, et se réduisant en une scorie attirable à l’aimant.

Forme primitive : Le prisme rhomboïdal obliqué.

Formes indéterminables : Laminaire ; concré-

lionnée.

* Fragile ; cassure lamellewc ; poussière blanchâtre.

Pesanteur spécifique : 3,o8.

Opaque ; translucide sur les bords.

Gris-verdâtre; brunâtre.

Ce minéral a été découvert par MM. Gahn et Classon, dans une mine de fer de la Suède, à Wermeland ; ses cristaux et ses petites masses laminaires y sont disséminés dans le calcaire lamelleux ; ils 6ont associés à l’amphibole , au pyroxène et au fer oxidulé. Les déjections volcaniques du Vésuve , produites par l’éruption de i8o5 , ont procuré les concrétions de fer hydro-chloraté.

XVIIe ESPÈCE.

FER OXALATÉ.

Syn. Humboldtite.

Car. Soluble dans l’acide nitrique , qu’il colore en jaune. Réductible par le chalumeau , et devenant attirable. ,

Forme primitive : Le prisme droit k base carrée.

Forme indéterminable : Laminaire.

Rayant la chaux sulfatée.

Pesanteur spécifique : i,3o.

Action très-faible sur le barreau aimanté.

Translucide; opaque. x , -

• Jaune de paille.

Composition : Oxide de fer , 54 ; acide oxalique, 4&. „ . . . , r

Ce minéral a été trouvé dans un dépôt de lignites, aux environs de Freyberg , en Saxe ; il est encore extrêmement rare dans les collections.

• XVIIIe espèce. ...

FER SULFATÉ. I /

Syn. Vitriol de fer. — - Couperose verte. — Vitriol martial. — Fer vitriolé. — Hydro-sulfate de fer.

Car. Soluble dans le double de son poids d’eau. S’efïleurissant facilement à l’air, y perdant sa couleur et sa transparence. Noircissant sur-le-champ toutes les infusions végétales qui contiennent de l’acide gallique. M

Saveur atramentaire , astringente.

Forme primitive et molécule intégrante : Le rhomboïde aigu.

Formes indétcpninables : Fibreuse ; concrétionnée.

Transparent; translucide. ,

Réfraction double.

Vert-clair ; vert-bleuâtre ; vert-olive.

Composition : Oxide de fer, a5; acide sulfurique , 29 ; eau, 46.

Fragile.

Pesanteur spécifique : 1,84.

Le fer sulfaté est le produit tic la décomposition naturelle et spontanée des pyrites ferrugineuses ; conséquemment , on le trouve partout où il y a des minérais de fer sulfuré exposés au contact de l’air humide , partout où des eaux lavent ces minérais. Ces eaux venant ensuite à s’infiltrer dans les terres, le sel dont elles sont chargées , éprouve à son tour une décomposition partielle , d’où résulte une production de sulfate d’alumine et d’oxide de fer. Une partie de fer sulfaté non décomposé reste interposée sous forme laminaire dans les fissures des pierres, les feuillets des schistes ; quelquefois il suinte de ces memes fissures , et se concrétionne en stalactites ; plus souvent il efileurit à la surface des terres et des pierres. On recueille ce sel , soit en lessivant les terres qui en sont imprégnées , puis en faisant évaporer la lessive que l’on abandonne à la cristallisation ; soit en hâtant sa formation eu exposant à l’air des pyrites , dont on humecte les surfaces que l’on a soin de renouveler souvent. Il existe , dans plusieurs parties de l’Allemagne , des fabriques considérables de ce sel , dont les usages dans les arts , et particulièrement dans celui de la teinture , sont très-étendus : on sait qu’il forme la base de toutes les couleurs noires et fauves , de l’encre à écrire ; qu’il cède son principe salifiable à l’acide hydro-cyanique dans la préparation du bleu • de Prusse , etc. , etc.

CINQUIÈME GENRE

Page 1