ÉTAIN 0X1DÉ
Syn. Cristaux d’étain. — Étain vitreux. — Pierre d’étain. — Hématite d’étain. — Étain limoneux. — Étain de bois.
Car. Difficilement réductible , par le chalumeau , en un bouton métallique d’un blanc livide.
Forme primitive : L’octaèdre symétrique. Molécule intégrante : tétraèdre symétrique.
Formes indéterminables : Laminaire ; concrétionnée ; granuleuse ? massive.
Etincelant sous le briquet. Cassure raboteuse.
^ Poussière d’un gris-jaunâtre.
Pesanteur spécifique : 6,70 à 6,g4~
Développant , par fc frottement , l’électricité vitrée.
Translucide , opaque.
Blanc-jaunâtre : blanc-grisâtre ; orangé-brunâtre ; brun-rougeâtre ; brun ; brun-noirâtre ; noir.
Composition : Etain , 79; oxigène , ai.
Ce minéral n’appartient qu’aux sols primitifs ; et si des amas de grenailles et petits cristaux se ren-
contrent dans les terrains de transport ou d’alluvion , ils s’y sont déposés en vertu de leur pesanteur spécifique et par suite de la dégradation des montagnes primordiales , leurs gîtes de formation. L’Angleterre, et particulièrement le comté de Cornouailles , la Galice , en Espagne , la Bohême et la Saxe , sont les contrées européennes où les mines d’étain sont en exploitation ; les filons de ce minérai traversent des roches de gneiss et de granité , des schistes argileux et micacés.
On a reconnu depuis peu en France , aux environs de Nantes, à Piviac , en Bretagne, et à Saint- Léonard , dans le Limousin , l’existence de l’étain oxidé ; et des indices certains promettent des succès dans les travaux de recherches qui doivent s’exécuter. Mais les mines les plus importantes paraissent être celles de la province de Guanaxuato , au Mexique; de Malaca, de Tavai , de Junek , sur le continent de l’Inde ; des îles de Ceylan , de Banca , de Sumatra , etc. , etc. Les substances minérales qui accompagnent l’étain oxidé, ou qui lui servent de gangue , sont : la chaux phosphatée , la chaux llua- *tée , l’alumine fluatée siliceuse , le quarz , le mica , le talc, le cuivre natif, le cuivre pyriteux , le cuivre arséniaté, le fer arsenical, le fer sulfuré, le molybdène sulfuré , le schéelin calcaire , le schéelin ferruginé.
Le traitement de ce minérai est sujet à diverses modifications dépendantes de la nature des métaux
étrangers à l’étain ; généralement , on commence par séparer à la main tout ce qui n’est point étain ; on bocarde et on lave soigneusement ; on charge de cet étain de lavage et de charbon de bois un fourneau à manche , dont la cavité intérieure ou le laboratoire , de forme prismatique , et haut de deux mètres environ, s’évase un peu supérieurement et se couronne d’une cheminée fort élevée. La partie inférieure du fourneau est un bassin de réception pratiqué dans la brasque, et surmonté d’un plan incliné d’arrière en avant , formant la sole. La charge s’opère par une ouverture, située à la naissance de la cheminée ; le vent se donne un peu au- * dessus de la sole par une tuyère placée dans la paroi antérieure du fourneau, et à laquelle aboutit un fort soufflet. A mesure que le métal se revivifie, il coule sur la sole , et se rend par une rigole dans le bassin de réception, d’où on le fait passer au moyen d’une ouverture très-étroite 4 fermée par ** un bouchon d’argile que l’on enlève à volonté, dans un second bassin appelé bassin de percée. Les scories s’arrêtent dans le premier bassin ; il en résulte une fonte pure que l’on fait couler dans une lingotière pour obtenir les paihs ou saumons qu’on livre au commerce. Lorsque le minérai contient beaucoup de fer et de cuivre , on est obligé de lui faire sublir un grillage préliminaire , puis de le traiter au fourneau de réverbère ; souvent même il faut répéter deux ou trois fois l’opération , avant
que la fonte ait atteint le degré de pureté convenable.
En raison de son bas prix , de la facilité avec laquelle il prend toute espèce de formes , et de l’éclat dont il brille quand on a soin d’entretenir la
propreté sur ses surfaces , ce métal a été appliqué h une foule d’usages domestiques : on en construit des vases culinaires qui ne communiquent aux aliinens aucune propriété pernicieuse , lorsque l’étain n’est point frauduleusement allié de plomb. L’étamage du fer est un véritable alliage de ces deux métaux , au moyen duquel le dernier se trouve préservé de l’action dévorante de l’oxigène ; pour le pratiquer, on réduit le fer en feuilles assez minces, que l’on enduit de suif, et que l’on tient plongées dans un bain d’étain recouvert d’une couche de suif fondu ; au bout d’un certain temps, les deux métaux contractent de l’union, et l’on retire les feuilles brillantes comme l’étain , élastiques comme le fer, et susceptibles de produire une foule d’ustensiles qui jouissent de l’éclat de l’un des métaux, et de la solidité de l’autre. L’étain et le cuivre s’allient facilement par surfaces. C’est encore un alliage ou amalgame des surfaces d’étain et de mercure , qui donne au verre sur lequel il s’applique la propriété de répéter l’image des objets qu'on lui présente. L’art de la teinture tire un grand parti des combinaisons de l’étain dans la précipitation des matières colorantes. L’oxide d’étain, sous le nom
de potée , est d’un emploi précieux pour la taille des pierres fines , et pour donner le poli aux autres métaux ; il entre dans la préparation des émaux hlancs et des couvertes ou vernis de poterie , dite faïence.
Il faut quelquefois apporter beaucoup d’attention pour n’èlre pas induit en erreur par la ressemblance de certaines variétés de schéelin ferruginé , de schéelin calcaire , de zinc sulfuré et de grenat avec l’étain oxide.
IIe ESPÈCE.