SOUFRE
Car. Brûlant avec une flamme bleue et en répandant une odeur suffocante particulière.
- Forme primitive : L’octaèdre rhomboïdal. Molécule intégrante ; tétraèdre irrégulier.
Formes indéterminables : Concrétionnée ; glo- ^ buleuse ; striée ; compacte ; pulvérulente.
Fragile. Faisant entendre une espèce de craquement lorsqu’on le tient pendant un instant serré
dans fa main se divisant ensuite. Cassure cou-
choïde ; poussière jaune.
Pesanteur spécifique : 2. , . - ;r -
Développant de l’électricité résineuse par le frottement. . ; :
Réfraction double. /. ■ . ;* • -, r > i .
Jaune-blanchâtre ; jaune-verdâtre ; jaune-orangébrunâtre. D’un beau jaune clair , lorsqu’il est parfaitement pur. - ’ . ■ * -
Le soufre se rencontre assez fréquemment parmi les minéraux, soit à l’état de combinaison , soit à celui de simple mélange, ou même de pureté absolue.
Il paraît appartenir à toutes les époques de formation ; il forme quelquefois des veines ou des petites couches au sein des granités ; il se trouve souvent associé à des substances acidifères de la seconde classe de la méthode de classification adoptée pour ce travail ; quelques eaux en tiennent en suspension ou même en dissolution, par l’intermède de certains agens chimiques , des quantités notables dont une partie se précipite à la surface des corps sur lesquels roulent ces eaux ; il est vomi en abondance avec les matières en fusion, rejetées par les volcans en activité ; on le trouve , mais plus rarement et en petites masses , dans le voisinage des anciens cratères ; il se sublime dans les cavités où se condensent les flui- # de$ éioanés de faction des feux souterrains ; il forme enfin des dépôts dans les endroits où ont été
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enfouies des matières organiqaes abandonnées à 1^ décomposition spontanée.
A l’étal de combinaison, le soufre se trouve partout où il y a des sulfures et des sulfates, et ces gissemens sont trop nombreux pouF qu on puisse les rapporter. En état de dissolution, à l’aide du gaz hydrogène , il constitue les eaux thermales ; et lorsque, par une cause quelconque, ces eaux peuvent se dépouiller de cet hydrogène étranger à leur composition , le soufre se précipite sous forme pulvérulente , et quelquefois en très-petits cristaux. C’est ce qu’on observe dans un grand nombre d’endroits de la Sibérie et de la Pologne ; h Rivoli , Dax , Balaruc , Aix en Savoie , Aix-la-Chapelle , Enghien , etc., etc. Le soufre accompagne la ch^ix carbonatée ordinaire ou fétide , à Mazzara-Summalina , Solato en Sicile ; à Sainl-Boes en France ; à Hellia en Espagne. Il est uni à la chaux sulfatée à Riési, Milloco, Fiume , Licata, Folconara, Capod’Arso en Sicile; à Gebrulaz et Pesay en Savoie ; à Bex en Suisse; à Oisans, Qucyras , en France ; il adhère à la strontiane sulfatée à Val-di-Nolo , San-Çaltaldo , Girgenti , en Sicile ; à Césine , en Italie ; à Conilla, en Espagne. Il est enfin disséminé dans les mines de soude hydrochloraté de l’Islande, de la Pologne , de la Hongrie , du Hanovre , de la Thuringc , de la France , de l’Espagne , etc., etc. Les marnés, les argiles, les psammitcS, servent
egalement de gangue au soufre qui se trouve, en outre , souvent sali par du bitume.
Mais c’est surtout dans les lieux dévorés par l’action des feux souterrains, dans ces lieux considérés comme d’anciens cratères , encore animés par une activité moins grande , mais continue , et désignés bien expressément sous le nom de solfatares, que le soufre abonde ; il y est l’objet , comme à Pouzzole près de Naples , en Islande , à la Guadeloupe , à Bourbon, à Java, d’exploitalions d’une grande importance , et d’autant plus faciles , qu’il ne s’agit que d’enlever la couche de terre qui recouvre la mine , et de détacher les blocs de soufre qui cèdent aux moindres efforts. L’abondance de ce combustible est telle que deux ou trois solfatares ont pu jftqu’ici suffire à la consommation générale. Pour livrer le soufre au commerce , on a l’habitude de lui faire subir une sorte de purification au moyen de la fonte , et , lorsqu’il est encore liquide , on le coule dans des moules cylindriques en bois , dont on le détache ensuite ; c’est ce que l’on nomme vulgairement soufre en canon. On observe assez souvent dans l’intérieur de ces cylindres ou canons, un vide occasioné par le retrait qu’éprouve le soufre en se refroidissant ; on observe souvent , dans cette cavité, des aiguilles qui la traversent d’une paroi à l’autre ; ce sont des rudimens de cristallisation, qui ont été saisis par un refroidissement trop prompt.
Il est encore d autres moyens d’obtenir du soufre et de le dégager de ses combinaisons naturelles; mais les procédés sont si nombreux et si variés , que leur description entraînerait dans des détails que ne permettent pas un simple exposé de la science des minéraux.
Il faut également se dispenser de faire un résumé des usages multipliés du soufre , et se borner à l’indication des plus essentiels, tels sont sa combinaison avec l’oxigène, et sa transformation en acides sulfureux et sulfurique , par la seule combustion , plus ou moins rapide, dans des chambres en plomb, où se trouve de^la vapeur d’eau ; sa conversion en gaz acide sulfureux pour le blanchîment de la laine et de la soie , exposées immédiatement au contact de ce gaz ; la fabrication de mèches que l’on trempe dans du soufre fondu, pour les brûler ensuite dans les futailles avant d y déposer le Wn, opération que l’on nomme mutisme , et qui tend à préserver la liqueur de fermentations subséquentes. On sait, en outre , que le soufre entre pour un septième environ, dans la composition delà poudre ; que l’on en garnit les extrémités de fragmens de tiges de chanvre et d éclats de sapin pour en faire des allumettes ; qu’étant fondu , il conserve fidèlement les traits les plus délicats dont sont empreints les corps sur lesquels on le coule , ce qui permet d’en former des moules très-avantageux ; enfin , on l’emploie comme
remède dans une foule de maladies, et particulièrement dans les affections cutanées.
„ • • - IIe ESPECE.