‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 149 sur 187 · DIAMANT · texte numérisé non relu

DIAMANT

Car. Ne brûlant qu’à une température extrêmement élevée. .

Forme primitive : L’octaèdre régulier. Molécule intégrante ; tétraèdre régulier.

Formes indéterminables : Sphéroïdale; granuleuse; amorphe. ‘ •-

Rayant toutes les autres substances minérales ; cassure transversale conchoïde ; éclatante ; poussière grise, » -

Pesanteur spécifique : 3,55.

Développant de l’électricité vitrée par le frottement. ' r" ...

Phosphorescent dans l’obscurité, après avoir été exposé pendant un instant à l’action des rayons solaires.

Transparent ; translucide ; opaque.

* Réfraction simple. . ;

Limpide ; jaune ; orangé ; rose ; vert ; bleu ; noirâtre.

'Eclat qui, sous quelques aspects, se râpprochc quelquefois du métallique.

Brûlé daus des vaisseaux remplis et alimentés de

gaz oxigènc, et avec le secours (l’une forte lentille, il ne donne pour résultat de la combustion que de l’acide carbonique, sans aucun indice d’autre corps, ce qui tend à prouver que le diamant est du carbone dans un état tout particulier.

Le diamant n’a encore été observé que parmi les terrains d’alluvion ou de transition, soit dans l'Inde , soit dans l’Amérique méridionale , les seules parties du monde où l’on ait jusqu’à ce jour découvert des gissemens de ce minéral. Il se trouve aussi mêlé avec l’or en paillettes parmi les sables qui forment le lit de certaines rivières , de divers torrens, où l’un et l’autre auront sans doute été entraînés avec les débris des roches , qui peuvent avoir été les gîtes primitifs du diamant comme de l’or, ce fait a surtout acquis plus de probabilité depuis que l’on a trouvé des fragmens de cristaux de iliamans , encore adhérens à des portions de gangue.

La recherche des diamans est l’objet d’exploita- ’ tions souveraines; on extrait d’abord les délriLus que l’on soupçonne contenir de ces pierreries; on les amène sous des hangars où sont élevées des tables inclinées. Vingt ouvriers, surveillés par un c he f , sont rangés de chaque côté de la table , et , à l’aide d’un rateau, font remonter vers la partie supérieure de celte table, les détrilus dont elle est couverte , et sur lesquels coule constamment un filet d’eau. Dès que celle-ci cesse de se charger de parties qui la troublent, on en arrête l’écoulement, •

et les ouvriers procèdent au triage à la main : dès que l’un d’eux a trouvé une pierre, il en avertit l’inspecteur, par un coup qu’il donne sur la table, et lui remet aussitôt la pierre qui est déposée dans un bassin suspendu au milieu de l’atelier. La journée terminée, l’officier de garde vient recueillir, peser et enregistrer tout ce qui en a été le produit.

Les usages du diamant , comme objet de luxe et d’utilité , sont assez connus pour que l’on puisse se dispenser d’en parler. L’èxtrôme dureté de ce précieux minéral s’est pendant long-temps opposée à toute espèce de taille , et alors les diamans étaient montés brut, ce qui nuisait considérablement à leur éclat, sans diminuer cependant la valeur intrinsèque que l’on y attachait. Ce n’est qu’en i456, que le hasard procura à un artiste de Bruges , les moyens d’user le diamant par la poussière môme de ce minéral, et, depuis celle époque, on a pu jouir de tous les feux que fait jaillir de ce singulier combustible la réflexion de la lumière décomposée par le minéral, et multipliée par un grand nombre de facettes inclinées entre elles, de manière à produire le plus d’effet possible.

i ' IIIe ESPÈCE.

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