‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 25 sur 187 · VII. CHAUX CARBONATÉE FÉTIDE · texte numérisé non relu

VII. CHAUX CARBONATÉE FÉTIDE

Syn. Pierre de porc. — Pierre puante, Sage.

Car. : Répandant, après la percussion, une odeur d’œufs pourris ; faisant effervescence avec l’acide nitrique ; perdant son odeur, et se convertissant en chaux par l’action du feu.

Forme : Divisible en rhomboïdes obtus; affectant diverses modifications de la chaux carbonatée.

Pesanteur spécifique : 2,7.

Acquérant par l’isolement, l’électricité vitrée.

Blanchâtre ; grise ; noirâtre.

Opaque.

Dans quelques îles de F Archipel européen. La variété d’un gris-noirâtre se trouve en assez grandes masses dans le Hainaut, où l’on ne peut la con-

fondre avec* la variété suivante. »

— Vin. CHAUX CARBOlSfATÉE BITUMIXIFÈRE.

Syn. Marbre noir. — Chaux bitumineuse.

Car. : Répandant, par l’action de la chaleur, line, odeur de bitume ; soluble avec effervescence dans l’acide nitrique. Blanchissant et se calcinant au feu.

Pesanteur spécifique : 2,7.

Développant , par le frottement , de l’électricité résineuse.

Compacte ; lamellaire ; quelquefois fibreuse.

Noire. • . ' .>i*‘ .

Opaque.

De vastes carrières de cette variété se trouvent en Belgique, aux environs de Dinant et de Namur. R en existe aussi en Irlande , en Danemarck , en Suède , etc, *

11e espèce. .

ARRAGONITE.

Syn. Spath' calcaire prismatique , de B. — Chaux carbonatée dure , Bourn. — Apatite des Pyrénées , Nonn. — F/os ferri.

Car. : Soluble entièrement et avec effervescence dans l’acide nitrique. Un fragment de cristal, exposé à la flamme d’une bougie , s’y divise eu parcelles blanches qui jaillissent autour de la flamme ; les parties opaques ne font que blanchir.

Forme primitive : L’octaèdre rectangulaire. L’agrégation de plusieurs cristaux primitifs donne

lieu à la formation de cristaux prismateïdes que l’on serait tenté de regarder comme produits d’un seul jet. •

Formes indéterminables : Cylindroïde ; açiculaire ; fibreuse ; radiée ; corralloïde lisse ou hérissée ; compacte. - ' -

Rayant la chaux carbonatée et la chaux fluatée ; entamant même quelquefois le verre.

Cassure transversale vitreuse , éclatante.

Pesanteur spécifique : 2,92.

Réfraction double à travers deux faces inclinées l’une sur l’autre ; simple à travers deux faces parallèles aux joints naturels , ce qui se trouve être en sens inverse de la chaux carbonatée pure.

Blanc ; jaunâtre ; verdâtre ; violet ; gris.

Eclatant , sans être nacré ; aspect satiné dans les échantillons d’un blanc mat.

Composition. Analyse d’un cristal d’Auvergne : Chaux, 54,3 ; slrontiane, 3,i ; acide carbonique, 4.2,7. V

L’arragonite , qui parait être de formation récente , ne se trouve qu’accidentellement dans les roches. En cela il diffère de la chaux carbonatée , qui fait partie constituante d’un gland nombre de terrains : il en diffère encore par la forme primitive , dont les partisans du système bas.é sur les caractères géométriques attribuent le changement à

la présence de la petite quantité de strontiane. Quoi qu’il en soit, l’arragonite qui tapisse , en s’y concrétionnant, les cavités des mines de fer de la Styric , de la Carinthic , de la Hongrie , des Vosges , du Dauphiné, etc.; celui qui se cristallise dans les basaltes de l’Auvergne, dans les roches serpentineuses des Alpes, du Piémont, dans les minérais de la Saxe , de la Transylvanie , du Mexique ; les cristaux ou les groupes de cristaux qui naissent au sein de certaines argiles gypsifères en Espagne, au pied des Pyrénées , dans les Landes , etc. , etc. , présentent entre eux des différences respectivement constantes , non-seulement dans les fonnes , mais dans les proportions de strontiane , que MM. Thénard et Biot ont trouvées absolument milles, malgré les soins les plus minutieux dans l’analyse de plusieurs arragonites doués des caractères extérieurs les plus saillans en opposition avec ceux de la chaux carbonatée. Des recherches ultérieures fixeront probablement les idées sur celle singulière anomalie „ de forme avec analogie de composition, et l’on saura s il faut enfin adopter l’opinion émise par les deux académiciens cités, qu’il se peut que les mêmes principes , en s’unissant dans des proportions semblables, forment des composés qui diffèrent relativement à leurs propriétés physiques, soit que les molécules de ces principes aient par elles-mêmes la faculté de se combiner ensemble de plusieurs manières, soit qu’elles acquièrent cette faculté par

l’influence passagère d’un agent étranger qui disparaît ensuite sans que la combinaison soit détruite.

IIIe ESPÈCE.

CHAUX PHOSPHATÉE.

Syn. Apalite , de B. — Chaux phqsphoree , de B. — Beril de Saxe. — Chrisolithe , Delam. — Pierre d'asperge , Broch. — Moroxite, Reuss. — Asparagolite. — Phosphorite, E. de B. — Agustite.

Car. : Soluble lentement et sans effervescence dans l’acide nitrique. Infusible au chalumeau.

Forme primitive : Le prisme hexaèdre régulier. Molécule intégrante : prisme triangulaire équilatéral. * .

F ormes indéterminables : Laminaire ; lamellaire; granulaire ; guttulaire ; grossière ; pulvérulente.

Rayant la chaux carbonatée et la chaux fluatée ; n’entamant point ou que très-légèrement le yerre.

Pesanteur spécifique : 3 à 3,2.

Phosphorescence : Sensible dans la poussière projetée sur des charbons ardens.

Transparente; translucide; opaque.

Réfraction simple.

Limpide ; blanchâtre ; grise ; jaune - verdâtre ; orangée ; rouge de chair ; violette ; bleue ; vertgrisâtre ; vert-obscur ; brunâtre.

Eclat : Ordinairement vitreux.

Composition : Chaux , 55 ; acide phosphorique ,

La chaux phosphatée-, qu’à des époques encore très - rapprochées l’on avait persisté à regarder comme une gemme , a pu , en faveur de la vivacité et de l’éclat de couleurs que possèdent certains cristaux, occuper un rang dans l’art de la bijouterie ; mais le peu de dureté dont elle jouit devait un jour ou l’autre l’en exclure ; c'est ce qui est arrivé presque aussitôt que sa véritable composition a été connue. La science minéralogique est redevable aux travaux analytiques du célèbre Klaproth des premières notions exactes sur la nature de cette substance que des apparences ont si long -temps tenu enveloppée d’un voile étranger. Quoique assez abondante dans certaines régions , telles (Jne l’Espagne , la Bohème, etc. , où elle forme des masses terreuses assez considérables pour être employées à la bâtisse, cette substance ne se rencontre que rarement sous des formes bien déterminées ; on en trouve cependant des cristaux disséminés dans les roches de l’Eslramadurc, duSaint-Gothard, de la Bavière, de la Saxe, de la Bohème, de l’Angleterre, de l’Amérique septentrionale , du Groenland , des environs de Limoges et de Nantes ; dans les mines de fer d’Arendal , dans celles d’étain de Chreinfriedersof, de Schlachemvalô, du Cornouailles, etc., etc. Les minéraux qui accompagnent ordinairement la chaux phosphatée sont la chaux Ouatée , la silice Ouatée alumineuse, le quartz, le grénat, l’amphibole, le pyroxène , le mica, le talc, le feld-spalh ,

1 -étain oxide , le schéelin , le titane ,*les fers oxidulé et arsenical , etc., etc,

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APPENDICE

^ CHAUX PHOSPHATÉE QUARZIFÈRE.

Car. : Soluble en partie dans l’acide nitrique , y faisant d’abord une légère effervescence.

Rude au toucher.

En petites masses poreuses.

Donnant des étincelles sous le choc du briquet.

Poussière phosphorescente sur des charbons ardens.

Cassure terreuse ou grenue ; quelquefois lamellaire dans un sens.

Rouge de chair; d’un gris sale, nuancé de violet.

Composition: Chaux; acide phosphorique; silice.

A Si hneeberg en Saxe. -

IVe ESPÈCE.

CHAUX FLUATÉE.

Syn, Spath fluor. — Spath vitreux , B. de L. — - Spath fusible.- — Fluor spathique. — Spath phosphorique. — Fluor minéral. — Fluorite. — Albâtre vitreux. — Prime d'amèthiste. — Pçime d’émeraiule. — Spath cubique. — Phtorure de calcium , Beud.

Car. : Poussière donnant , par l’acide sulfurique , des vapeurs blanchâtres, âcres, susceptibles" de corroder le ver-e. Fusible au chalumeau en un émail

blanc qui, par là prolongation du feu, se transforme en verre transparent, j ,

Forme primitive : L’octaèdre régulier ; molécule intégrante : tétraèdre régulier. Formes indéterminables : Sphéroïdale ; laminaire; teslacée; compacte; terreuse; concrétionnéç ; stratifiée.

Rayant la chaux carbonatée. Facile à entamer avec une pointe d’acier.

Pesanteur spécifique : 3, i à 3,2.

Phosphorescence sensible dans l’obscurité par le frottement de deux morceaux l’un contre l’autre. La poussière projetée sur des charbons ardens y développe une lueur verdâtre.

Transparente ; translucide ; opaque.

Limpide ; blanchâtre; grisâtre ; jaunâtre; jaune ; rouge de rose; rouge-violette; violette; violetiioirâtrç* bleue ; verdâtre ; verte. — Violette par réflexion, et verdâtre par transparence clans certains échantillons.

Éclat : Vitreux.

Composition: Chaux, 67 ,75; acide fluorique, 3a, 25.

Plusieurs contrées offrent des gissemens considérables de chaux fluatée qui , du reste, se rencontre assez généralement dans ées roches de toutes formations, soit interposée par couches continue, soit en simple dépôt. Elle accompagne encore différens ininérais dans leurs filons , et leur sert de gangue , principalement au plomb, au fer et au zinc sulfurés,

aux cuivres pyriteux et gris, à l’étain oxidé, au cobalt arsénical, à l’argent natif, et t., etc. On prétend aussi l’avoir découverte clans les déjections volcaniques.

La France, l’Allemagne, la Sibérie, la Suède, et surtout l’Angleterre , renferment en abondance de la chaux fluatée. Dans ce dernier pays, où l’industrie trouve dans toutes les classes de la société de zélés protecteurs, où le rang et la science du commerce ne sont point jugés incompatibles, on a tiré le parti le plus avantageux du beau poli et des formes agréables que prend sur le tour et dans des mains habiles la chaux fluatée , pour en fabriquer toutes espèces d’objets d’ornement , qui assurent à grand nombre d’ouvriers et d’artistes une heureuse existence.

Quelques-uns des minérais qu’accompagne la chaux fluatée ont l’avantage de porter avec eux leur fondant, car il n’est point de substance qui détermine d’une manière plus efficace la vitrification des matières terreuses unies aux métaux , et leur séparation sous forme de laitier ou de scories. Cette observation , faite depuis long-temps par les anciens métallurgistes , a vraisemblablement donné lieu aux noms de spath fusible , spath vitreux , sous lesquels on trouve la chaux fluatée décrite dans les Traités de minéralogie antérieurs à la découverte de Schéele qui fit sortir ce minéral de l’ordre des pierres pour le ranger parmi les composés acidi-

MINÉR. . 4

fercs. Cette pierre , quand furent connues les propriétés singulières de l’acide qui forme le principe salifiant du spath fluor, fit naître l’idée à un savant français de profiter de l’action corrosive qu’exerce l’acide fluorique sur le verre, pour graver sur cette matière des caractères aussi inaltérables qu’elle. Le procédé qu’il employa est trèsrsimple: il recouvrit un plan de verre d’une couche de cire molle ; puis, avec la pointe d’une aiguille ou d’un stylet, il enleva la cire aux endroits où le verre devait être entamé : il prit ensuite, un vase de plomb dont l’orifice avait les mêmes dimensions que le plan de verre , il y introduisit de la chaux fluatée en poudre, sur laquelle il versa de l’acide sulfurique mêlé d’une petite quantité d’eau ; il recouvrit ensuite le vase au moyen du plan de verre , en interceptant toute communication du dehors au-dedans. L’acide réduit en vapeurs , se trouvant en contact avec toutes les parties du verre que la cire ne recouvrait plus , les corrodait et y laissait un trait ou une suite de traits profonds qui devenaient sensibles après la disparution de la couche de cire.

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