‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 26 sur 187 · II. CHAUX FLUATÉE ÀLÜMINIFÈRE · texte numérisé non relu

II. CHAUX FLUATÉE ÀLÜMINIFÈRE

En cubes isolés.

Opaque ; d’un aspect terreux à la surface ; d’un tissu lamellaire à l’intérieur.; offrant quelquefois dans les fractures des indices, de joints naturels situés parallèlement aux faces de l’octaèdre.

D’un gris sale.

Il paraît que dans ce minéral les particules de l’alumine sont à la chaux fluatée ce que celles de la silice sont à la chaux carbonatée dans le grès de Fontainebleau. On le trouve en Angleterre, aux Etats-Unis , près de Boston.

Ve ESPÈCE.

CHAUX SULFATÉE.

Syn. Gypse , R. de L. — Sélénite , Bergm. — Chaux vitriolée. — Pierre spéculaire. — Pierre à Jésus. — Miroir d'âne. — Glace de Marie. — * Talc de Montmartre. — Albâtre gypseux. — Alabastrite.

Car. Soluble dans environ cinq cents parties d’eau. Blanchissant par l’application d’une chaleur médîôcre, et tombant bientôt en une poussière que l’on connaît sous le nom de plâtre.

Forme primitive : le prisme droit, dont les bases sont des parallélogrammes obliquangles. Formes indéterminables : prismatoïde , lenticulaire , mixtiligne , fibro-soyeuse , aciculaire , laminaire , lamellaire, granulaire, compacte, terreuse, niviforme , concrétionnée.

Très-tendre ; rayée par la chaux carbonalée , et même par la pression de l’ongle. Facilement divisible en lames d’une grande finesse , qui se brisent sous des angles qui se rapportent à ceux de la forme primitive.

Pesanteur spécifique : 2,2 à 2,3.

Transparente ; translucide ; opaque.

♦ Réfraction : double à un faible degré ; elle ne se laisse bien déterminer qu’à travers une des grandes faces d’une lame et une face artificielle qui lui soit obliquement opposée.

Limpide ; blanchâtre ; blanche ; jaune - foncé ; grisâtre.

Eclat : nacré ; répandu assez souvent sur les grandes faces.

Composition : Chaux, 33; acide sulfurique , 4-6 , eau, 21. ->

La chaux sulfatée constitue des formations secondaires très-étendues , quelquefois même des montagnes fort élevées ; elle stratifie les roches primordiales , et se retrouve encore dans les terrains les plus récens. Il est peu d’eaux qui n’en tiennent en dissolution ou en suspension ; aussi trouve-t-on souvent entre les feuillets des schistes que ces eaux pénètrent, une foule de petits cristaux de chaux sulfatée , réunis par une de leurs pointes , et représentant des astéries. On retrouve la même disposition , mais avec des cristaux beaucoup plus gros , dans les glaisières ; là probablement, les molécules inté-

grantes , attirées par la force qui les pousse l’une vers l’autre , rencontrent moins de difficultés pour se réunir, et se groupent en plus grand nombre. D'autres minéraux , que les eaux traversent par infiltration , tels que les houilles et les psammiles qui les recouvrent , divers minérais de cuivre , de plomb , de fer , etc. , offrent des traces sensibles de dépôts partiels de gypse.

On rencontre dans le voisinage des volcans et même dans leurs cratères, des poches de chaux sulfatée, qui permettent d’attribuer, dans ces gissemens, la production de cette substance à l’action des feux volcaniques. En effet, l’acide sulfurique qui se forme dans ces grands laboratoires , peut se combiner tout aussitôt avec la chaux qui n’y est jamais étrangère, et donner naissance à du gypse. Ordinairement celui-ci sert de gangue à des cristaux de soufre qui ont échappé à l’acidification.

La chaux sulfatée , sous l’ancienne dénomination d’albâtre gypseux , ou d’alabastrite , fut , de tout' temps, la matière que les sculpteurs recherchèrent à cause de son extrême blancheur et de son peu de dureté , pour les ouvrages d’une grande délicatesse. On la travaille maintenant encore , et des ateliers considérables sont établis dans le voisinage même des cairièrcs , à Voilera, en Toscane. Il y en a aussi à Saint-Claude , à Lagny-sur-Marne , etc. , qui fournissent au luxe tout ce qui peut le satisfaire en ce genre.

Citer les gissemens de ce minéral, en se bornant même aux principaux , serait presque faire l’énumération de tous les terrains de nouvelle formation. On pourra , d’après cela , juger de l’importancadu rôle qu’il a dû jouer dans les différentes catastrophes du globe. •

APPENDICE

CHAUX SULFATÉE CALCARIFÈRE.

Syn. Pierre à plâtre.

Car. Soluble en partie , et avec une légère effervescence dans l’acide nitrique. Réductible par la. calcination en masses friables, susceptibles d’absorber beaucoup d’eau , et de se solidifier avec elle.

Exhalant , lorsqu’on la frotte , une odeur fétide.

En masses compactes, granuleuses, parsemées de lamelles.

Opaque ; rarement un peu translucide.

D’un blanc-jaunâtre ou grisâtre.

Composition : Chaux , 5 j; acide sulfurique , 34- ; acide carbonique, g.

Beaucoup plus rare que la chaux sulfatée, la pierre à plâtre forme cependant , en plusieurs contrées , des bancs d’une richesse précieuse ; celui qui compose l’énorme plateau sur lequel s’est élevée la ville de Paris , est le plus considérable que l’on connaisse ; viennent après lui ceux que l’on a reconnus dans la vallée de Burgos en Espagne , dans la vallée d’Aix en Provence , aux environs de Stras-

bourg , à Catalgirone , en Sicile , en Egypte , où * des cristaux se forment d’une manière sensible k l’œil, dans les cavités qu’impriment dans le sable gvpseux les pieds des chameaux et des chevaux (i).

On emploie la pierre à plâtre comme matériaux propres à des constructions , et comme ciment , après avoir été calcinée; on procède à celte dernière opération dans des espèces de fours que l’on construit avec les pierres mêmes. Ces fours ne sont que des voûtes résultant de l'arrangement des pierres sous lesquelles est placé le combustible : on met Je feu à celui-ci ; et , lorsque les pierres ont atteint le rouge-cerise , on retire le feu , on fait écouler les pierres pour les réduire de suite en poussière , au moyen de balles faites exprès. On a beaucoup moins de peine par ce moyen , que si l’on attendait l’entier refroidissement. Lorsqu’on veut avoir un plâtre cuit avec plus de soin , on emploie des fours semblables à ceux du boulanger, que l’on échauffe fortement avant d’y introduire les pierres ; dès qu’elles y sont , on ferme hermétiquement toutes les ouvertures. Tout le monde connaît l’emploi du plâtre dans l’art du modeleur, et les objets élégans qui en résultent. Le stuc est une composition dont le plâtre est la base ; on en forme avec de la dissolution de colle-forte , une pâte dans laquelle on

(1) Feu M. Malus, de l'Institut d’Égypte et de France , m’a remis des petits cristaux trapeziens de chaux sulfatée, recueillis par lui dans un semblable gissement.

délaie les couleurs qui doivent imiter les nuances du marbre ou de toute autre pierre ; on polit et on frotte les surfaces avec des linges imbibés d’un peu d’huile de lin, elles acquièrent ainsi de la solidité et le brillant des pierres les plus dures. L’huile dont on imbibe ces surfaces , contribue à les préserver de l’action de l’humidité, qui , sans cela, dissolverait les parties avec lesquelles elle se trouverait en contact , et en détruirait aussitôt le poli.

Le plâtre fournit à l’agriculture un puissant moyen pour amender les sols arables. Quoiqu’on ne connaisse pas son action directe sur la végétation , on peut présumer que c’est à la faveur de sa dissolubilité qu’il est charrié dans les organes nourriciers des plantes , et qu’ij y agit comme stimulant. On pourrait appuyer cette opinion par l’expérience qui n’exige le renouvellement de ce moyen que tous les quatre ou cinq ans , et qui prouve qu’au deruier comme au premier terme , il est également agissant.

VIe ESPÈCE.

CHAUX ANHYDRO-SULFATÉE.

Syn. Spath cubique , Broch. — Pierre de tripes. — Karsténitc. — Anhydrite.

Car. Moins soluble dans l’eau que la chaux sulfatée ; ne s’etfoliant point comme elle par l’action de la chaleur ; blanchissant aussi beaucoup plus difficilement. .

Forme primitive : le prisme droit rectangulaire.

Formes indéterminables: laminaire ; lamellaire; fibreuse • concrélionnée-contournée ; compacte.

Rayant la chaux sulfatée et la chaux carbonatée.

Pesanteur spécifique : 2,5 à 2,9.

Transparente ; translucide ; opaque.

Réfraction : double , très-marquée à travers une face naturelle et une face artificielle qu’on lui oppose obliquement.

Limpide ; blanchâtre ; blanche ; grisâtre ; rougede- chair; rouge - brunâtre ; violette; bleuâtre; brunâtre.

Composition : Chaux, 42 ; acide sulfurique, 58.

Ce minéral accompagne assez souvent la chaux sulfatée et la soude hydrochloratéc , avec lesquelles il forme différentes superpositions de couches, dans plusieurs montagnes et terrains stratifiés du Tyrol , de la Suisse , de la Haute - Autriche , de la Pologne , etc. , où sont établies d’importantes salines. On le trouve encore allié à divers minérais , comme dans les filons d’exploitation des mines de plomb à Pesey. Dans le Wurtemberg , on l’exploite pour le débiter en tablettes , que l’on polit et vend comme du marbre ; et sa belle couleur bleue le fait préférer au marbre turquîn. Der* uièrement , des recherches de mines de houille , dans la province de Liège , y orft fait découvrir l’existence du prétendu marbre de Wurtemberg ;

il est possible qu’qn lui reconnaisse des qualités propres à le faire exploiter.

■ APPENDICE

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