‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 38 sur 187 · REUSSITE · texte numérisé non relu

REUSSITE

Syn. Double sulfate de soude et de magnésie. Beud. — Réussi ne.

Car. Soluble dans quatre fois son poids d’eau ;

solution donnant un précipité blanc par l’ammoniaque , et conservant du sulfate de soude.

Saveur : Amère; désagréable.

Forme primitive : Le prisme rhomboïdal oblique. Translucide. / . - ,

Blanchâtre.

Composition: Soude, 1 1 ; magnésie , 8 ; acide Sulfurique, 29; eau, 5a.

On la trouve avec la soude sulfatée , et parmi les efflorescences de ce sel. . , • ;

IVe ESPÈCE.

' SOUDE JJYDRO-CHLORATÉE: '

Syn. Sel gemme. — Sel murin. — Sel commun. — Sel de roche. — Muriate de soude. — Soude muriatée. — Quadrichlorure de sodium. Reud.

Car. Soluble dans trois parties d’eau; solution donnant un précipité blanc par le nitrate d’argent ; attirant facilement l’humidité de l’air.

Saveur : Salée ; franche. „

Forme primitive et molécule intégrante : le cube. Formes indéterminables : infundibulaire ; laminaire; lamellaire ; capillaire ; fibreuse ;- concrétionnée. Pesanteur spécifique : 2,12.

Transparente ; translucide.

Réfraction : Simple.

Limpide ; blanchâtre ; rouge ; violette ; bleue ; -verte.

Composition - Soude , 42 ; acide hydro-chlorrque , 52 ; eau , 6.

La soude hydro-chloratéc est , sans contredit , le sel le plus abondamment répandu dans la nature ; h l’etat de masses ou sel gemme , elle constitue, dans les terrains secondaires, des couches alternant avec le calcaire , et s’élevant comme lui en montagnes auxquelles on accorde cent lieues et plus d’étendue ; à 1 état de dissolution , les quantités sont encore incalculables, puisque c’est à sa présence que les eaux des mers, , celles de certains lacs et de plusieurs sources doivent leur salure. Il y a des mines de sel presque dans toutes les parties connues du globe , et celles de Pologne sont remarquables par l’énorme puissance et la profondeur des couches. On les exploite comme les filons métallifères, comme les mines de charbon., c’est-à-dire qu’on détache du roc à l’aide du pic, et qu’on amène au jour, par des moyens mécaniques, le sel que l’on soumet directement au raffinage, opération trèssimple qui ne consiste que dans la solution et l’évaporation dans une Vaste chaudifrc platte et carrée , composée de feuilles de tôles assemblées par <les clous rivés. A mesure que l’eau s’évapore , le sel qui n’est pas plus soluble dans l’eau chaude que dans leau froide, se précipite sous forme de petits cristaux ; on les enlève avec une cuillère percée d une multitude de petits trous , et ou les dépose dans des trémies. L’eau mère qui contient des sels

étrangers , déliquescens ou plus solubles que la soude hydro-chloratée , est rejetée comme inutile et nuisible ; ou rejette aussi les sels moins solubles dont la précipitation précède celle que l’on recherche. Il y;a des mines , comme celles du Tyrol , où l’on introduit de l’eau douce dans des cuvettes pratiquées dans la couche : cette eau , par un contact prolongé , dissout le sel qui forme parois ; elle en reste saturée ; on la pompe au moyen d’un mécanisme quelconque ^ et , comme dans les pays où l’on obtient le sel par l’évaporation des eaux de sources salées , on concentre d’abord la dissolution par des procédés peu dispendieux : ce sont des branchages amoncelés et abrités au-dessus d’un grand réservoir, sur lesquels on fait tomber l’eau salée. La division produit une évaporation naturelle ; on remonte les eaux du réservoir, au moyen de pompes, et on la fait repasser de nouveau sur les branchages : cette circulation détermine bientôt une concentration convenable ; quand la dissolution marque 10 à 12 degrés à l’aréomètre, on la fait écouler dans une chaudière semblable à celle décrite plus haut, et la chaleur termine l’évaporation ébauchée par l’air.

Dans les régions littorales, c’est des eaux de la mer que l’on retire le sel , et l’on confie à la chaleur des rayons solaires le soin d’opérer la concentration de ces eaux. On pratique dans un sol glaiseux des fosses grandes et peu profondes , dans les-

quelles , à l’aide de conduits , on laisse pénétrer l’eau de la mer; dès que les fosses en sont pleines, 1 on empêche toute introduction nouvelle , puis l’on distribue l’eau de ces fosses dans d’autres plus petites et mieux disposées pour l’évaporation. La première couche d’eau ne doit pas avoir plus d'un pouce de hauteur ; l’évaporation en est prompte , et dès qu’elle est terminée , une seconde couche remplace la première , et ainsi de suite ; si bien qu’au bout de vingt jours, la couche de sel, chargée, comme on peut le croire , de beaucoup d’impuretés ’ se trouve avoir trois à quatre pouces d’épaisseur : alors on rassemble les cristaux en tas pour qu’ils puissent s’égoutter^ on les enlève, et on les soumet au raffinage , dont le mode est invariable. Dans les contrées les plus septentrionales , où la chaleur atmosphérique n’est point assez puissante pour effectuer une prompte évaporation, on a recours au moyen inverse, c’est-à-dire que l’on met à profit l’absence de la chaleur. Dans ce cas, on doit tenir * les fosses un peu plus profondes ; la congélation qui n’agit que sur les molécules de l’eau , permet d’en enlever une très-grande masse à l’état solide, et le sel n’en trouvant plus la quantité suffisante V pour se maintenir en dissolution , se précipite de la même manière que lorsque la chaleur lui enlève* son véhicule. Il est néanmoins plus avantageux de ne point attendre la précipitation du sel ; mais d’y

faire concourir la chaleur quand la dissolution est suffisamment concentrée. ÿ

Outre la mine de Williczka , la plus considérable de toutes celles connues jusqu’à ce jour, et qui , depuis le douzième siècle où son exploitation a commencé , occupe un nombre d’ouvriers que l’on porte maintenant à deux mille , on peut citer celles d’Ulelzki , de Gmunden , en Autriche ; de Salzbourg, en Bavière ; de Suis, en Wurtemberg; de Bex , en Suisse ; d’ Arbonne , en Piémont ; de Lamarata, de Totalica, et de presque tout le sol de la Sicile ; de Cardonna, en Espagne ; de Northwick , en Angleterre ; de Yic, en France ; ainsi que celles du Pérou , du Mexique , de la Louisiane , du nord de l’Amérique , de l’Inde , de la Perse , de l’Afrique , etc.

Les roches qui stratifient le plus ordinairement les couches de sel , sont les psammites , le grès , l’argile et le calcaire fétide ; on y rencontre accidentellement de la chaux sulfatée , du zinc et du plomb sulfurés , etc. Les mines n’existent pas seulement en couches , elles constituent aussi des veines, des dépôts et des rognons ; on les retrouve aussi / concrélionnées parmi les produits volcaniques avec lesquels le sel a été rejeté sans avoir subi la décomposition.

Il serait difficile de faire le résumé des usages de la soude hydro-chloratée, sans entrer dans une foùle

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de détails qui outrepasseraient les bornes imposées à cet ouvrage ; on pourrait à peine les énumérer. . Du reste, la plupart d’entre eux, et ceux surtout relatifs aux assaisonnemens , ne sont ignorés de personne ; on sait également que cette substance saline, par sa décomposition , fournit tout l’acide hydrochlorique employé dans les arts, plus le chlore dont on a fait une application si heureuse et si générale au blanchiment des fils , des tissus , du papier, de la cire , etc. C’est avec le sel que l’on recouvre d’un enduit vitreux les poteries communes, et que l’on remédie à leur trop grande pénétrabilité ; il fait la base de la préparation des peaux et des cuirs; enfin il a, dans ces derniers temps, donné naissance ’à un art tout nouveau , et qui déjà en absorbe des quantités immenses, la fabrication de la soude artificielle.

APPENDICE

SOUDE HYDRO-CHLORATÉE CUPRIFÈRE.

Elle jouit de toutes les propriétés du sel marin , mais -elle ne peut comme lui être employée aux usages domestiques. Sa couleur est le vert brillant * dû à la présence du cuivre carbonaté : on la trouve au Vésuve , parmi les produits de ce volcan.

Ve ESPÈCE. > r .

SOUDE BORATÉE.

Syn. Borax. — Tinkal. — Borate de soude.

Car. Soluble dans deux fois son poids d’eau ; se boursouflant considérablement par l’action de la chaleur, puis se convertissant en verre..

Saveur : Douceâtre , savonneuse.

Forme primitive et molécule intégrante : Le prisme rectangulaire oblique.

Fragile ; cassure ondulée et brillante.

. Pesanteur spécifique r 1,74.

Transparente; translucide ; opaque.

Réfraction double.

- Blanche ; blanchâtre ; verdâtre. ~

Composition : Soude , 18; acide borique, 36; eau f 46.

. Cette substance , sur l’origine de laquelle les chimistes ne sont point encore parfaitement d’accord, est extraite de quelques lacs de la Chine , de l’Inde et du Thibet , au fond desquels les cristaux se forment. La récolte s’en opère à certaines époques de l’année , et le tinkal ou borax brut qui en est le produit , est expédié pour l’Europe où l’on est en possession de la méthode de le purifier. Le borax est employé dans les arts , pour favoriser la soudure des métaux ; on en fait usage dans les essais métallurgiques, pour déterminer la fusion de plusieurs substances qui , sans lui , s’y refuseraient complètement. Il n’est , pour la médecine , que d’un secours très-vague.

VIe ESPÈCE.

SOUDE CARBONATEE.

Syn. Nairon. — Alcali fixe minéral. — Alcali minéral aéré. — Carbonate de soude.

Car. Soluble dans deux fois son poids d’eau. . Soluble avec une vive effervescence dans l’acide nitrique ; efflorescente à l’air.

Saveur : Urineuse.

Forme primitive : L’octaèdre rhomboïdal.

Formes indéterminables : Aciculaire;pulvérulente.

Translucide ; opaque.

Blanchâtre. -

Composition : Soude , 38 ; acide carbonique, 3g ; eau , a3.

Quelques sols argileux .*e la Hongrie et du Mexique contiennent des quantités de soude carbonatée assez considérables pour que la simple lixivation en fournisse de quoi subvenir aux besoins de ces contrées ; il en est de même des points où elle se trouve tellement accumulée qu’elle efileurit à la surface , sous forme aciculaire et soyeuse. Néanmoins , nulle part elle ne paraît être contenue plus abondamment que dans les eaux des lacs Natron , en Egypte , dont l’étendue a plus de six lieues. Là , comme dans les terrains argileux, elle est associée à la soude hydro-chloratée, de la décomposition de laquelle on prétend qu’elle provient. On a observé , dans ces eaux , que la cristallisation plus prompte de

lasoude hydro-chloratée entraînait d’abord ce sel au fond des lacs, qu’il y formait une couche , ety, qu’immédiatement au-dessus s’établissait celle de soude carbonatée ; on a remarqué , en outre , que de la masse d’eau tenant les deux sels en dissolution , la soude carbonatée saturait la partie supérieure et le sel marin l’inférieure ; qüe même , dans quelques circonstances , la masse paraissait comme divisée

en deux dans toutte sa hauteur ; d’un côté se trou-

vait presque uniquement la soude carbonatée , de l’autre l’hydro-chloratée. Ces lacs , et surtout celui de Thaïal , qui paraît le plus riche en natron , sont à sec pendant à-peu-près la moitié de l’année : c’est dans cet intervalle de sécheresse que l’on détache avec le pic la croûte qui s’est formée sur le fond calcaire ; elle est d’un ^run-grisâtre , d’un tissu grenu , et contient plus ou moins de sel marin , suivant les endroits où elle a été détachée ; de là vient la grande quantité de nuances que l’on trouve dans la pureté du natron versé dans le commerce. II est encore de nombreux gissemens de soude carbonatée , mais ils sont beaucoup moins imporlans et n’ont point été l’objet d’exploitations particulières. Les produits volcaniques du Vésuve , de l’Etna et de Ténériffe , renferment des cristaux que le contact de l’air porte bientôt à l’eflloresccncc ; quelques eaux minérales , comme celle de Vichi , en contiennent assez pour qu’au besoin on puisse l’en extraire.

Les végétaux qui croissent sur les bords de la mer, fournissent de grandes masses de soude carbonatée, provenant très-vraisemblablement de la décomposition du sel marin par L’acte de la végétation. On rassemble ces végétaux , encore frais , audessus cfe fossés pratiquées dans le sol , et sur lesquelles on a disposé , en forme de grilles , quelques barreaux de fer ; on incinère le plus promptement possible , et l’on dépose les cendres encore chaudes dans des futailles. C’est le carbonate de soude tel qu’on le livre au commerce. Le plus es- timé se fabrique aux environs d’Alicante , et poète le nom de celte ville.

La soude carbonatée forme le principal fondant du sable ou de la silice , dans l’art du verrier. Elle constitue, après avoir été dépouillée de son acide, la base de tous les savons durs. Le teinturier la met en usage , dans quelques-unes de ses préparations , pour fixer la matière colorante. Elle est employée en médecine dans un assez grand nombre de compositions pharmaceutiques.

VIIe ESPÈCE. ’ “ •

SOUDE NITRATÉE.

Syn. Nitre cubique. 7-* Nitrate de soude. . . \

Car. Soluble dans trois fois son poids d’eau, Fusant sur les charbons ardens. .

Saveur : Fraîche ; légèrement amère.

Digitiz

Forme primitive : Le rhomboïde obtus.-

Forme indéterminable : Massive. *

Très-fragile. .

Pesanteur spécifique : 2,09.

Électricité : Résineuse par le frottement et lorsque la substance est isolée.

Composition : Soude ,' 37 \ acide nitrique, 73.

Elle n’a encore été trouvée qu’au Pérou, formant des -couches d’une grande étendue, mais d’une trèsfaible épaisseur , et recouvertes d’argile. On l’exploite pour la convertir en nitrate de potasse , ou pour en obtenir séparément l’acide et la base.

HUITIÈME GENRE

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