‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 46 sur 187 · TALC · texte numérisé non relu

TALC

Syn. Stéatite. — Craie de Briançon. — Craie d'Espagne.— Pierre ollaire. — Pierre de Câme. — Chloriie. — Terre de Vérone. — Pierre de Colubrine. — Serpentine ollaire.. — Baldogée.

Onctueuse au toucher.

Forme primitive : Le prisme rhombo'ùlal.

* Formes indéterminables : Laminaire; lamellaire; écailleuse ; radiée ; céroïde ; schistoïde ; compacte ; terreuse; pulvérulente.

Facile à gratter avec un couteau. Poussière douce et tachante. • .

Pesanteur spécifique : 3,77.

. Electricité résineuse par le frottement.

Translucide , opaque.

Blanc ; gris-jaunâtre ; -jaune de cire ; rouge incarnat ; violet ; blanc-verdâtre ; vert ; vert obscur ; noirâtre.

Composition :

Talc laminaire : Silice , 2g, 4 ; magnésie, do, 6.

Talc stéatite rSilice , 74*7 ; magnésie , a5,3.

Talc ol/aire : Silice , 4i,8 ; magnésie , 4.1,8 : fer oxidé , 16,4. •

Talc chlorite : Silice , 37 ; magnésie , 9 ; alumine , 19 ; >fer oxidé , 43-

D’après la composition de chacune dés principales variétés du talc , il serait assez possible de les convertir en espèces : c’est même , quant à quelques-unes d’entre elles , ce qu’ont déjà fait plusieurs minéralogistes; cependant, comme la composition des minéraux est très-sujette à varier, surtout dans les substances où l’attraction moléculaire ne paraît pas avoir exercé pleinement son influence , mais avoir été gêné par l’interposition forcée de prin-

cipes hétérogènes , il est prudent d’attendre de nouveaux résultats avant d’adopter la division spécifique , et de ne l’employer dès ce moment que comme variétaire. -

Le talc laminaire que , depuis très-long-temps , l’on distingue sous la dénomination particulière de talc de Venise, non qu’il s’en trouve aux environs de cette ville , mais parce qu’on l’y préparait comme cosmétique pour adoucir , pour blanchir la peau , et lui donner une apparente fraîcheur, existe abondamment parmi les roches du Saint-Golhard , du Zillerthal , de l’Espagne , de la Sibérie , du nord de l’Amérique , etc.

Le talc écailleux accompagne sonvent le précédent ; il forme , aux environs de Briançon , un dépôt assez considérable ; c’est même de là qu’on tire celui que les tailleurs emploient de préférence à la craie commune , pour tracer sur les draps, qu’il ne salit pas , les contours à découper. Réduit en poudre impalpable , il sert à diminuer le frottement dès machines, et à faciliter l’entrée des pieds dans les bottes.

Le talc stéatite, dont le nom dérivé du mot grec qui exprime le suif rappelle l’onctuosité de cette substance , stratifie les roches primitives des Alpes, du Piémont , de la Saxe , de la Suède , de l’Angleterre , de l’Ecosse , des États-Unis , et de diverses autres contrées.

Le talc ollairc , que l’on peut associer à la stéatite

pour les gissemens, est, comme elle, mêlé fort souvent de chaux carbonatée magnésifère, de disthène, d amphibole , de tourmaline , et de différens minérais de fer. Il se présente souvent en masses compactes assez pures que leur iqfusibilité , jointe à leur ténacité, quoiqu’elles soient assez tendres pour être travaillées sur le tour, ont fait servir à la fabrication des marmites et autres ustensiles de ménage que l’on taille naturellement ; c’est de là qu’est venu le surnom ollaire. Il s’est établi de temps immémorial des fabriques de ces marmites dans le pays des Grisons , en Corse , en Egypte. Les habitaus des cantons voisins des carrières de ce talc , ne font point usage d’autres vaisseaux culinaires que de ces vases auxquels on attache des anses, au moyen de cercles métalliques.

Le talc chlorite , que l’on exploite aux environs de Vérone , et qui porte aussi sur le nom de zographi- <jue , parce qu’il est employé dans la peinture, fournit à cet art une couleur verte qui résiste plus que toute autre aux effets décolorans de la lumière. La chlorite recouvre souvent de ses grains cristallins, les prismes de quarz , et quelquefois elle le colore , ainsi que les cristaux de feld-spath , d’axinite , de prehnite , etc. Elle forme des petites couches dans le basalte , et parsème de noyaux, sphériques quelques roches amydaloïdes ; d’autres fois , admettant plus de fer dans sa composition , et des gros grenats dans sa pâte , elle acquiert une dureté assez

grande pour devenir un instrument de broyement : c’est ainsi que l’on a des meules de moulin construites avec des chlorites granatifères de Saint- Marcel , en Piémont.

APPENDICE

TALC PSEUDOMORPHIQUE.

Syn. Stéatite cristallisée.

Car. Infusible au chalumeau.

Formes : Le prisme du quarz-hyalin ; le rhomboïde de la chaux oarbonatée primitive , les variétés équiaxe et métastatique du même minéral , celles quadrihexagonale du feld-spath , triunitaire du pyroxène , etc.

Les autres caractères sont absolument semblables à ceux du talc stéatite.

Ces pseudomorplioses du talc existent en Franconie, aux environs de Bayreuth, dans une roche talqueuse renfermant quelquefois dés prismes de quarzhyalin ; à Carlstadt , en Bohême , dans un granit au Mont-Rose , en Saxe , etc. , dans une serpentine. La mesure de leurs angles donne les mêmes résultats que celle des cristaux qu’elles représentent ; mais comment concevoir que , d’après l’opinion établie sur la production des pseudomorphoses , les molécules de la chaux carbonatée , du quarz , du pyroxène , aient cédé leur place aux molécules de la stéatite ? Cela est très-difficile , surtout lorsqu’on-

a adopté une théorie quelconque sur la cristallisation ; il vaut bien mieux avouer que ce phénomène est encorè un secret que de nouvelles observations et l’inspection des lieux pourront un jour révéler. '>

Silice combinée avec la chaux et la magnésie.

ire ESPÈCE.

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