ASBESTE
Syn. Amiante . — Lin fossile. — Lin inçombustible.
— Liège fossile. — Chair fossile . — Cuir de montagne.
— Papier fossile. — Bois de montagne.
Car. Fusible au chalumeau, en verre noir.
Formes : Filamenteuse ; cotonneuse; membraneuse; fibreuse; tressée ; coriacée ; bacillaire; lignoïde ; compacte.
Dureté : variable depuis la mollesse du coton jusqu’à la propriété de rayer le verre. Poussière douce au toucher.
Pesanteur spécifique : 0,68 à 2,99.
Opaque.
BI*nc-soyeux ; gris; jaunâtre ; verdâtra; brun.
Composition : Silice, 70; magnésie, 3o«
Quoiqu’on ne puisse pas considérer l’asbeste comme partie intégrants des terrains primitifs, bn le rencontre néanmoins en abondance dans ces terrains où sans doute il est venu se loger après coup ; il y occupe, sous des formes très-variées, les fissures et les cavités des roches quarzeuses , talque'üses et serpentineuses. Ses filameus sont quelquefois implantés sur des druses de quarz, et même dans les prismes de cette substance. On 1 observe également dans quelques autres roches de la Saxe , de la Bohême , de la Hongrie , de l’Espagne , de la France , de l’Angleterre , etc. , etc. ; celles de la Corse , du Valais, de la 1 arentaisc , du Dauphine, de la Sibérie, de l’Amérique, de l’Inde, de la Chine, offrent des filaincns longs et soyeux d’asbeste ; il a la dureté et la ténacité de ce que l’on nomme vulgairement pieirc en Sicile ctenNorvvège, où il est accompagné de plomb et de fer sulfurés, disséminés comme lui dans la chaux carbonalée laminaire ; il a la mollesse du coton , et ses fibres sont comme entrelacées et tressées, à Idria, dans le Cornouailles, etc. ; il ressemble à du bois pétrifié dans quelques vallées du lyrol. Dans les Alpes, comme en Islande, il a l’apparence et la légèreté du liège que l’on aurait , pour ainsi dire , glissé en petites couches entre deux lames de chaux carbonatée ou dans les petites fentes des rocs.
On a cherché à profiter de la souplesse des fibres de l’ amiante pour l’utiliser dans plusieurs arts ; celui du potier paraît avoir offert quelques chances de réussite : les argiles dans lesquelles on mêle de l’amiante procurent des vases plus légers et plus solides, sans que la présence du minéral paraisse nuire aux formes qu’on a l’habitude de donner à ces vases. On a voulu en fabriquer du papier incombustible , que l’on eût pu nettoyer au moyen du feu ; mais le procédé n’a obtenu qu’un demi-succès. Il en est de même des tentatives de filature pour former des tissus : l’asbeste ne s’y prêtait qu’autant qu’il était soutenu par du chanvre et du coton ; et dès que l’on faisait disparaître , par la combustion , ces matières végétales , le tissu offrait toutes les imperfections d’une triste ébauche. Il est à présumer que si les anciens ont pu s’en, contenter , c’est qu’ils étaient moins difficiles qu’on ne l’est dans ces temps modernes, sur la qualité et le degré de finesse des toiles , ou qu’ils avaient des moyens mécaniques ou de perfectionnement , qui sont restés la proie des siècles de barbarie qui séparent les deux époques.
VIe ESPÈCE.