II. FELD-SPATH DÉCOMPOSÉ
Syn. Kaolin. — Terre à porcelaine.
Car. Infusible ; se délayant dans l’eau sans faire pâte.
Happant à la langue ; onctueux au toucher.
Pulvérulent.
Blanc.
Composition : Silice , 80; alumine, 18 ; chaux, 2.
Cette variété , qui est une altération particulière de l’espèce , se rencontre en un assez grand nombre de gissemens, en France, et principalement aux environs de Limoges , en Espagne , en Angleterre , en Saxe , en Russie , à la Chine , dans des espèces de filons traversant des couches de gneiss , et s’as-
sociant au quarz et au mica. On attribue son infusibilité à l’absence de la potasse que l’on présume avoir abandonné le feld-spath par suite de la décomposition de celui-ci. Quel qu’en soit le motif, il en est résulté un grand avantage pour les arts, puisque cette décomposition a procuré la matière de la plus belle et de la plus solide poterie de terre. C’est avec une pâte formée par le mélange du feld-spath fusible ou laminaire, et de feld-spath infusible ou décomposé , l’un et l’autre dans le plus grand état de ténacité possible, que l’on fabrique ces vases de porcelaine dont on doit l’invention aux Chinois , et qui , par l’élégance dont les ornèrent les nations européennes , ont acquis une si grande réputation de beauté et d’utilité. Les pièces travaillées avec la pâle de porcelaine , puis portées au four , y acquièrent une dureté , une blancheur et une demi-transparence qui en font le principal mérite. Ces pièces , en cet état , portent le nom de biscuit ; on y ajoute une couverte vitreuse ou vernis qui n’est autre chose qu’une préparation de silice et de soude. Ce mélange , par une seconde action de la chaleur, se vitrifie et s’étend uniformément sur toute la surface des pièces de porcelaine.
IVe ESPÈCE.