MICA
Syn. Verre de Moscovie. — Taie à grandes lames.
— Or ou argent de chat. — Lépidolithe. — îilatite.
Car. Fusible au chalumeau, en émail blanchâtre.
Forme primitive et molécule intégrante t 'Le prisme droit rhomboïdal.
Formes indéterminables : Foliacée ; lamellaire ; écailleuse ; testacée ; filamenteuse ; pulvérulente.
Elastique.
Très-facile à rayer ; peu fragile ; ne se brisant pas , mais se laissant déchirer.
Pesanteur spécifique : 2,65 à 2,g3.
Electricité vitrée par le frottement.
Blanc-gris; jaunâtre; rougeâtre; violet; verdâtre ; brun-noir.
Eclat : Métalloïde tirant sur celui de l’or ou de l’argent.
Composition : Silice , 48 ; alumine ,21; potasse , i5; oxide de fer, 16.
Le mica ne constitue point à lui seul des roches , mais il entre en si grande quantité comme principe essentiel dans les granités , les gneiss et la plupart des formations primaires , que souvent ses écailles serrées ne permettent pas d’apercevoir les autres constituans. On rencontre aussi le mica dans les terrains secondaires et tertiaires ; mais il n’appartient pas à ces formations , et n’en fait accidentellement partie que comme objet de transport dû à la détrition des roches primitives. C’est aussi sous ce même rapport qu’on le retrouve parmi les dé-
jections volcaniques , contribuant à la production de certaines laves.
On avait oru pendant long-temps que la lépidolithe devait litre considérée comme une espèce indépendante du mica ; maisdiffércns minéralogistes sont parvenus à établir l’analogie des deux substances , et la réunion que nous-mêmes avons des premiers provoquée, à la suite d’un travail comparatif sur les différons inicas et la lépidolithe ( Re cueil de la Société des Sciences de Lille , 1806-1807, page 20), a enfin été prononcée.
Il est peu de substances minérales plus extraordinaires que le mica: ses lames qui ont quelquefois deux ou trois mètres de surface, sont appliquées les unes sur les autres , et très-faciles à séparer , par la simple interposition entre elles d’une lame de couteau. Elles sont ordinairement transparentes et blanches , de manière qu’elles suppléent avec avantage le verre k vitre; elles lui sont même préférables lorsqu’on redoute le brisement , comme dans les vaisseaux de guerre, par exemple , où la détonation des pièces d’artillerie occasioue une commotion qui fait tout éclater. On se sert du mica écailleux blanc ou jaune , et réduit en poussière , pour sabler l’écriture.
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( aa5 )
Ve ESPÈCE. -
ANDALOUSITE.
Syn. Feldspath apyrc. — Spath adamantin. — Micaphilite. — Stanzaïte.
Car. Infusible au chalumeau.
Forme primitive : Prisme rhomboïdal.
Formés indéterminables : Laminaire ; massive.
Rayant le quarz , mais se laissant quelquefois entier par une pointe d’acier.
Pesanteur spécifique : 3,2 o.
Translucide ; opaque.
Grise ; rosâtre ; violâtre ; maclée , c’est-à-dire , en prisme gris ou rosâtre , dont le centre est occupé par une pyramide noire , qui quelquefois se prolonge suivant les diagonales.
Composition : Silice , 35 ; alumine , 56 ; potasse ,9. ,
Cette substance , que l’on a long-temps considérée comme une variété du feld-spath, a été découverte par M. de Bournon , dans les granités du Forez ; on l’a retrouvée depuis aux environs de Nantes, en Espagne, dans le Palatinat , en Irlande , etc.
Silice combinée avec l’alumine et la lithine.
Ire ESPÈCE.
TRIPHANE.
Syn. Spodumène. — Zéolithe de Suède. — Schorl spatheux . — Killirdte,
Car. Se délitant , lorsqu’on le chauffe dans un creuset, en parcelles d’un jaune métallique, qui passe ensuite au gris-cendré. Fusible au chalumeau, en verre transparent.
Forme primitive: L’octaèdre à triangles isocèles.
Formes indéterminables : Laminaire ; fibreuse.
Rayant le verre ; rayé par le quarz. Etincelant sous le choc du briquet. Cassure transversale , raboteuse.
Pesanteur spécifique : 3, 20. * *
Translucide ; opaque.
Blanchâtre ; verdâtre ; vert-jaunâtre.
Éclat : nacré.
Composition : Silice, 66; alumine, 2 5,2; lithin , 8,8.
Le triphanc a été découvert dans les terrains primitifs de la Sudermanie , aux mines de fer d’Uto ; il y ést associé au quarz , au feld-spath rouge , au pétalite , au fer pxidulé , au mica , à l’étain oxidé , à la tourmaline , etc. On l’a retrouvé depuis dans les granités du Tyrol, près de Sterzing, dans ceux * de Killency, près de Dublin, en Irlande, de la Norwège , du Groenland ; néanmoins ce minéral est encore extrêmement rare dans les collections. Les premières notions exactes qui en ont été donnée^ sont dues à M. Dandrada.
IIe ESPÈCE.
• PÉTALITE.
Syn. Berzelite.
Car. Fusible au chalumeau , ’en verre transparent et bulleux.
Forme primitive : Le prisme droit rhomboïdal ; se sous-divisant parallèlement à un plan mené par les petites diagonales de ses bases. Les pans du prisme sont nacrées , les bases sont simplement luisantes. e
Forme indéterminable : Laminaire.
Payant fortement le verre ; étincelant sous le choc du briquet.
Pesanteur spécifique : 2,43*
Translucide ; opaque.
Blanc ; grisâtre ; rougeâtre.
Composition : Silice, 77; alumine ,17; lithin, 6.
C’est encore à Dandrada qu’est due la découverte dupétalite ; il le trouva dans le même gissement que le triphane , en très-petites masses dont le volume excède rarement celui de quelques pouces cubes , associées , dans le granité , au feld-spath bleu ou vert , à l’étain oxidé , à l’apophyllite , à 1 épidote , au manganèse , à la chaux carbonatée , à 1 amphibole , au mica , et à la tourmaline. M. Suedepstierna en retrouva depuis des quantités un peu plus considérables , ce qui permit à M. Arfvvedson de le constituer espèce particulière , au moyen de l’analyse
chimique, et de reconnaître parmi les constituans un alcali nouveau , la lithine. *-*•
Silice combinée avec V alumine et Veau.
Ir* ESPÈCE.
‘ TRICLASITE.
Syn. Fahlunite tendre.
Car. fusible au chalumeau , sur les bords seulement , en verre blanc et bulleux.
Forme primitive : Le prisme rhomboïdal oblique. Formes indéterminables : Bacillaire ; compacte. Rayant le< votre. • , 1
Pesanteur spécifique : 2,60.
* Translucide ; opaque. >
Brun-rougeâtre..
Composition: Silice, 53,75; alumipe, 3o,y5 ; eau, i5,5o.
Ce minéral, découvert par M. Wallman, n’a encore été trouvé qu’à Fahlun, en Suède, dans la mine de cuivre d’Eric-Math ; il avait pour gangne
un talc schisto'ide micacé.
IIe ESPÈCE.
COLLYRIJE ou KOLLYR1TE.
Syn. IVebstéride.
Car. Soluble sans effervescence dàns l’acide nitrique. Réductible en poussière blanche par la calcination. Se décomposant insensiblement à l’air, par fa perte de l’eau de cristallisation.
Happant à la tangue.
Formes : En niasses gommeuses , opalines ; mamelonnée ; terreuse et fragile ; cassure vitreuse, éclatante.
Pesanteur spécifique : 2,43.
Opaque ; quelquefois translucide sur les bords.
Blanchâtre ; jaunâtre ; rougeâtre.
Composition : Silice, i3,i4 ; alumine, 42,46; eau, 44, 4o.
Cette substance a1 été trouvée à Schemnitz , en Hongrie, formant une veine de quelques pouces d’épaisseur, dans un banc de grès. On assure qu’on l’a retrouvée depuis en Thuringe , dans les environs de Weissenfels. ^
Silice combinée avec V alumine , la baryte et Veau.
ESPÈCE UNIQUE
HARMOTOME.
Syn. Hyacinthe blanche cruciforme . — Andréasbergolithe. -i-Andreolithe. — Pierre cruciforme.
Car. Fusible au chalumeau, en verre transparent.
Forme primitive : L’octaèdre symétrique. Molécule intégrante : Tétraèdre symétrique.
Rayant légèrement le verre. Cassure transversale , raboteuse , presque terne.
Pesanteur spécifique : 2,33.
Phosphorescence sensible ( dans l’obscurité, par laprojection dé la poussière sur les charbons ardens.
Translucide ; opaque. ^
Blanc ; jaunâtre.
Composition : Silice , 5i ; baryte , 18 ; alumine , 16 ; eau , i5. ^
C’est dans les filons métalliques des mines de plomb et d’aFgent d’Andréasberg au Hartz , que l’on a découvert l’harmotome ; il y est accompagné de chaux carbonatée laminaire , dans un sol * schisteux de transition. On l’a observé dans un terrain à-peu-près semblable à Kansberg , en Norwège , tandis, qu’à Oberstein , et à Strontian , en Ecosse , cette substance occupe les petites cavités dont sont criblées les roches basaltiques qui lui servent de support dans ces derniers gissemens. On trouve en outre à Strontian, dans les basaltes, des veines métallifères de cuivre et de plomb sulfurés. A Oberstein , la chabasie accompagne presque toujours l’harmotome : ces deux substances tapissent concurremment les parois géodiques des cavités de la roche.
Le zircon, la mésotype et surtout la stilbite offrent quelques traits de ressemblance aves l’harmotome. Il est facile de le distinguer de cette dernière en plaçant un de ses fragmens sur un charbon allumé, il y restera inaltérable, tandis que la stilbite y blanchira et s’exfoliera. * - ■»
Silice combinée avec V alumine, la chaux et l’eau.
*. . Ire ESPÈCE.
LAUMONITE.
Syn. Zéolite efflorescente.
Car. Fusible au chalumeau , en émail blanc , qui ,
, par l’action prolongée de la chaleur, acquiert une demi - transparence. Soluble en gelée dans l’acide nitrique. Altérable à l’air, y perdant toute transparence , se délitant en lames , et tombant enfin en poussière blanchâtre.
Forme primitive : L’octaèdre rectangulaire. Molécule intégrante : tétraèdre hémi-symétrique.
Formes indéterminables : Bacillaire ; aciculaire.
Tendre et même friable.
Pesanteur spécifique : a,3o.
Electricité résineuse par le frottement , après avoir été isolée.
Translucide ; opaque.
Blanche.
Aspect : Nacré.
Composition : Silice ,» 5o,5 ; alumine , 22,5 ; chaux , 9 ; eau, 18.
M. Gillet-Laumont découvrit, en 1785, cette substance dans les mines de plomb d’Huclgoët , en Bretagne ; elle y est accompagnée de chaux carbo-
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nalée, dans un schiste argileux dHin noir bleuâtre. On l’a retrouvée depuis parmi les stilbites de l’île de Féroé , d’Autrim, en Irlande, et en Savoie. .
IIe ESPÈCE.
STILBITE.
, V- JS*
Syn. Zélolitlie feuilletée . — Zéolithe nacrée . ■ — Fqsso'ite. — Zéolithe rouge du Tyrol.
Car.Blanchissant et s’exfoliant sur les charbons allumés. Fusible au chalumeau, avec boursoufflement et phosphorescence , en email blanc.
, . . Forme primitive et molécule intégrante : Le prisme droit rectangulaire.
Formes indéterminables : Arrondie; flabellaire ; laminaire ; granuleuse ; aciculaire ; radiée ; mamelonnée ; compacte. * .
Rayant la chaux carbonatée. Cassure transversale , raboteuse , presque terne.
Pesanteur spécifique,: a,5o.
, * Translucide , opaque.
Blanche ; jaunâtre ; grise ; brurte ; mordorée rouge de brique.
Eclat : Nacré dans le sens des joints qui résistée le moins à leur séparation ; vitreux dans les autre directions; bronzé. r .
Composition : Silice, 54 ; alumine, 18 ; chaux, 9; > qau, 19.
Ce minéral est surtout abondant en Islande et à . Féroé, où ses cristaux, d’un volume assez grand
sont implantes dans des roches qui paraissent avoir fortement éprouvé l’action des feux volcaniques* II existe aussi à Arendal , en Norwègc , sous forme de petits cristaux aciculaires bronzés, divergens ou réunis en faisceaux dans un schiste micacé qui forme le mur des filons, des mines de fer.' On la trouve concrélionnée, d’un blanc éclatant, dans les Pyrénées, dans le Tyrol , en Bohême, en Ecosse, en Irlande , en Suède , au Groenland , aux Etats-Unis. * Elle accompagne le quarz , l’amphibole , l’épidote , le pyroxène , la mésotype, la chabasie , la préhnile, l’harmotome, l’apophyllite, la chaux carhonatée, la baryte sulfatée, le plomb sulfuré, le fer oxidulé. * La stilbilc rouge présente de superbes cristallisations près de Glascow , en Écosse, à Fassa, en Tyrol et à Edelfors, en Suède.
Il est assez difficile de confondre la stilbite avec la mésotype et la chaux sulfatée , qui sont les substances qui en approchent le plus, par quelques caractères extérieurs : l’éclat particulier dont jouit la première la fait ressortir, et empêche toute méprise.