‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 58 sur 187 · PLATINE · texte numérisé non relu

PLATINE

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ESPÈCE UNIQUE

PLATINE FERRIFÈRE.

Syn. Or blanc.

Car. Blanc livide.

Soluble clans l’acide nitro-hydro-chlorique ; fusible au feu le plus intense.

Pesanteur spécifique : i5,6o ; après fusion, 20,98'; après purification complète , 22. .

Dureté : Inférieure à celle du fer.

Ductilité : Inférieure à celle de l’or. • , 9

Forme : Granuleuse ; lorsque le volume des grains égale ou surpasse celui d’un pois ordinaire , les grains métalliques prennent le nom de pépites. La plus grosse pépite connue de platine ferrifére existe dans le cabinet de Berlin ; elle pèse environ deux onces.

La découverte du platine , comme métal particulier, est due au savant Ulioa , qui accompagna les académiciens français dans leur voyage au Pérou , dont le but était de vérifier si , comme le prétendait Newton , la sphère terrestre était effectivement renflée vers l’équateur.

Le platine ferrifére se trouve dans les. mines d’or et de diamant de l’ Amérique méridionale ; il y est mêlé au sable qui constitue le lit des torrens , et se recueille par les orpailleurs chargés de la recherche des pépites d’or.

Les substances auxquelles le platine est uni dans l’état de minerai, sont : le quarz, le fer, le soufre, le cuivre, le titane, le chrome, l’or, le palladium, l’iridium osmié et le rhodium.

La grande résistance que ce minéral oppose à la fusion , rend sa purification difficile < t longue.

ÇüanA on est parvenu , par l’emploi des difîé-

rens moyens chimiques , à séparer 1 osmium , 1 iiidium , le palladium et le rhodium, il reste le platine sous forme de masse spongieuse que l’on allie avec la huitième partie de son poids d’arsenic. On fait fondre l’alliage, on le coule en un lingot peu épais, auquel on fait subir toute l’intensité de la chaleur, jusqu’à ce que l’arsenic qui , à une température élevée , a plus d’affinité pour l’oxigène que pour le platine , ait totalement abandonné ce métal.

On construit, avecle platine, des instrumens d’autant plus précieux pour la chimie, qu’ils peuvent supporter le plus grand degré de chaleur sans se fondre;' son inaltérabilité le fait rechercher pour la construction des miroirs de télescope-, de même que sa moindre dilatabilité le fait employer dans la confection des règles et pendules astronomiques d’une extrême justesse. La singulière propriété dont jouissent les fils de platine d’entretenir la combustion lente du gaz hydrogène , les ont fait servir au perfectionnement de la lampe de sûreté , et c’est une des applications les plus ingénieuses que Davy ait faite de son ingénieuse découverte. Le platine , dans le travail de la bijouterie, est très-peu recherché. On a voulu le faire concourir à la confection des médailles et des monnaies ; mais son peu de dureté l’a mis de suite hors de toute concurrence avec l’or et l’argent , pour ces sefrtes d’usages.

SECOND GENRE

IRIDIUM OSMIÉ.

Car. Blanc livide.

Insoluble dans tous les acides ; n’entrant en fu-

sion qu’à une température extrêmement élevée , et en exhalant une odeur analogue à celle du chlore.

Pesanteur spécifique : 19,2 5.

Dureté : Un peu supérieure à celle du platine fier— rifère.

Ductilité : Inférieure à celle de l’or.

F orme : Granuleuse , dans laquelle on remarque une tendance au prisme hexaèdre.

Composition : Alliage d’iridium et d’osmium dans des proportions qui n’ont point encore été rigoureusement constatées.

Ce métal , ou plutôt ce composé métallique naturel , a été reconnu par le docteur Wollaston, dans le résidu du traitement du platine ferrifère par l?acide nitro-hydro-chlorique.

TROISIÈME GENRE

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