OR NATIF
Car. D’un jaune pur.
Soluble dans l'acide nitro-bvdro-chlorique. Pesanteur spécifique : 19,20.
Éclat supérieur à celui du cuivre , de l’étain et du plomb ; inférieur à celui du platine , du fer et de l'argent.
. Moins dur que le fer, le platine , le cuivre et
l’argent ; plus dur que le plomb et Pétain ; susceptible de se laisser entamer par le couteau.
D'une ductilité et d'une ténacité supérieures à celles de tous les autres métaux.
Plus fusible que le cuivre, le fer et' le platine ; moins qne le mercure, l'étain, le plomb et l’argent.
Formes régulières : Le cube; l’octaèdre , et quelques-unes, de leurs modifications.
Formes indéterminables : Lamellaire; ramuleuse ; capillaire ; granuleuse ; massive.
L’or natif existe dans tous les terrains ; il présente des grains ou noyaux libres , d’un volume très-variable, que l’on a vu quelquefois atteindre le poids de i5 ou 16 kilogrammes. Ces grains portent ordinairement le nom de pépites. On trouve aussi l’or natif engagé en filons dans des roches quarzeuses , granitiques ou schisteuses ; plus souvent il est disséminé sous forme de paillettes dans les sables que charrient les fleuves et les torrens. Le Pérou et le Mexique sont les états que l’on cite de préférence pour la richesse de leurs mines d’or ; on en trouve aussi dans les autres parties de l’Amérique , en Afrique et en Asie. 11 est assez abondant dans la Transylvanie, en Sibérie et dans le pays de Salzbourg. On le rencontre , mais plus rarement et en petites quantités, dans presque toutes les parties de l’Europe , soit isolé et pur , soit à l'état de combinaison ou d’alliage avec différens minérais ou d’autres métaux.
On met à profil là grande affinité de l’or pour le mercure , lorsqu’on veut séparer le premier de ces métaux des matières hétérogènes avec lesquelles il e.st presque toujours naturellement uni. A cet effet , on triture , avec une suffisante quantité de mercure, les minérais d’or, dans des tonneaux tournant sur leur axe, ou sous deux meules glissant l’une sur l’autre ; il se forme un amalgame pâteux des deux métaux , auquel on fait subir , à plusieurs reprises , l’opération du lavage ; on enlève ensuite, par la distillation , le mercure , et l’or qui reste fixe , s’il se trouve encore mélangé d’un peu de substances métalliques étrangères , en est dépouillé par l’action des acides qui les disso lvent sans toucher à l’or.
Il serait superflu d’entrer dans le détail des applications nombreuses que l’on a fait de ce précieux métal , qui est devenu la base de presque toutes les transactions, le signe le plus ordinaire du luxe et de l’opulence ; au seul nom de l’or , le riche sourit de satisfaction et de vanité; le pauvre exhale le désir et l’espérance. L’esprit de cupidité qui exaspéra le cerveau des alchimistes et les dirigea dans leurs travaux ruineux, ne tourna point entièrement à la honte du siècle dont il fit le tourment , et la science est redevable aux vaines tentatives de faire de l’or, d’une foule de découvertes du plus haut intérêt , dont surent profiter les physiciens habiles. Ceux-ci , dans le silence du cabinet, enrichissaient leurs contemporains par d’utiles applications , plus
que n’auraient pu faire les résultats du grand œuvre , lors même qu’ils eussent été possibles.
CINQUIÈME GENRE