MERCURE SULFURÉ
Syn. Cinabre natif. — Mercure minéralisé par le soufre. — Oxide de mercure sulfuré rouge. — Vermillon natif. — Fleurs de cinabre. — Sulfure de mercure.
Car. Volatil au chalumeau, en développant une fumée blanche qui s’attache aux surfaces de cuivre , et les recouvre d’un enduit blanc métallique.
Forme primitive : Le rhomboïde aigu.
F ormes indéterminables : Curviligne ; laminaire ; granulaire ; mamelonnée ; compacte ; pulvérulente.
Facile à gratter avec un couteau. Poussière d’un rouge plus ou moins vif.
Pesanteur spécifique : 7 à 10.
Acquérant, par le frottement et lorsqu’il est isolé, l’électricité résineuse.
Opaque ; quelquefois translucide sur les bords.
Rouge vif ; rouge foncé ; métalloïde.
Composition : Mercure , 86 ; soufre , i4-
De tous les minérais de mercure , celui-ci est le plus abondant ; il constitue assez souvent des filons d’une grande puissance dans les terrains secondaires , tels que les schistes bitumineux , les grès et le calcaire. Les mines les plus importantes de mer-
cure sulfuré, sont celles d’AImaden , en Espagne ; d’Idria, dans le Frioul; de Moschellandsberg et de Potzberg , dans le Palalinat ; de Dombrova , en Transylvanie; de Kremnitz, en Hongrie ; de San- Juan de la Chica, au Mexique ; de Santa-Rosa, dans la Nouvelle-Grenade ; et de Guancavelica , au Pérou. Il en existe encore, mais d’un faible produit, dans différentes parties du Japon et de la Chine , de la Sibérie , de la Sicile , de l’Italie , de la Toscane, du Portugal, du midi de la France, de la Carniole , de la Bohême , etc. On trouve ordinairement associés au mercure sulfuré , le mercure natif, le mercure argentai, le plomb sulfuré, le cuivre carbonaté , le cuivre gris , le fer oxidé et le fer sulfuré , dans des gangues de baryte sulfatée , de quarz et de talc.
Le traitement du mercure sulfuré est une véritable distillation. On triture le minérai ; on le mêle avec une quantité de chaux vive , suffisante pour se combiner avec tout le soufre ; on introduit, le mélange dans des retortes de fonte , que l’on place sur un fourneau de galère, en ayant soin de tenir les becs des retories constamment plongés dans des récipîens pleins d’eau, pour éviter l’expansion des vapeurs mercurielles, qui sont des plus pernicieuses , et l’on pousse le feu jusqu’à ce que tout le mercure ait abandonné le soufre. On a imaginé d’autres appareils , où l’opération ressemble lout-à-la-fois a une distillation et à un grillage en vaisseaux clos !
ils consistent en un fourneau- que l’on charge d’ult r mélange de minérai et de combustible; il est r*- -, , couvert d’une espèce de dôme , percé de plusieurs trous communiquant à une file d’aludels qui vont aboutir à un bâtiment de condensation , au milieu duquel se trouve une cheminée pour conduire audehors les vapeurs d’acide sulfureux. Pendant la combustion du minérai , le mercure entre en évaporation , parcourt les aludcls et le bâtiment , où il se condense sous forme de métal à mesure qu’il se refroidit. On sent que ce moyen est beaucoup moins économique que le précédent, et qu’il ne peut être employé que dans les mines extrêmement riches.
Le seul usage important du mercure sulfuré se borne à la peinture ou à la coloration de différentes substances ; mais la couleur qu’il donne est rarement pure et brillante , quand elle est le produit immédiat de la nature ; aussi , pour l’avoir dans toute sa beauté , est-on obligé de séparer le mercure du sulfure , pour le recombincr artificiellement avec une quantité de soufre semblable à celle qui se trouve dans le minérai. Le sulfure , réduit en poudre impalpable , est vulgairement connu sous le nom de ciruihre ou de vermillon. Les Chinois furent long -temps en possession de le préparer et de le vendre aux Européens, par l’intermédiaire des Hollandais.
Les substances qui offrent quelque ressemblance
avec le mercure, sont l’argent, l’antimoine sulfuré, l’arsenic sulfuré rouge , le cobalt arséniaté et le
plomb chromaté.
APPENDICE