‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 71 sur 187 · PLOMB NATIF · texte numérisé non relu

PLOMB NATIF

Car. D’un gris livide.

Fusible à un degré de chaleur qui répondrait au

25oc de Réaumur. Soluble dans la plupart des acides; solution précipitant en noir , par le sulfure d’ammoniaque.

Pesanteur spécifique : 1 1 .

Éclat , élasticité , dureté , ductilité , ténacité inférieurs à ceux de tous les métaux brillans, si l’on en excepte le nikel et le zinc.

Formes : Granuleuse ; massive ; concrétionnée.

L’existence de cette espèce minéralogique , que l’on a long-temps révoquée en doute , paraît maintenant bien établie par les recherches de M. Ratké. Ce savant a trouvé , parmi les produits volcaniques de l’île de Madère , un échantillon de plomb que l’on ne pouvait , de bonne foi , attribuée aux résidus de quelques anciennes fonderies. Si ce plomb avait éprouvé une élaboration, un affinage quelconque , ils ne pouvaient être que naturels , et n’avoir eu lieu que dans l’intérieur des volcans , dèslors l’espèce n’offrait plus matière à contestation.

En suivant l’ordre adopté jusqu’ici , l’aperçu des usages du plomb doit trouver place à l’article plomb natif , quoique de tous les minérais de ce métal , il soit le moins abondant. Ces usages sont extrêmement multipliés , et , malgré les dangers auxquels ils exposent par les combinaisons pernicieuses du métal, il arrive très-souvent qu’on ne peut se dispenser de l’employer, soit pour les réservoirs et la conduite des eaux destinées à subvenir aux besoins de la vie , soit pour la construction d’une foule de

vases, dans lesquels peuvent séjourner des substances alimentaires. Par la propriété qu’a le plomb de s’étendre sous le laminoir en feuilles d’une trèsfaible épaisseur, il devient de la plus grande utilité pour le recouvrement des parties des édifices, exposées à la dégradation par les eaux pluviales, pour la garniture intérieure des cuves en bois qu’emploient les chimistes et les teinturiers. On le fait concourir au revêtement des surfaces des chambres dans lesquelles s’opère la combustion du soufre dans la fabrication en grand de l’acide sulfurique. Les matières susceptibles de perdre leur parfum , telles que le thé, le tabac, les épices, sont conservées sous des enveloppes de plomb , qui donnent moins de prise à la déperdition des émanations odorantes. On se sert de ce métal pour la fabrication de divers appareils qui doivent résister à l’action dissolvante de certains liquides et fluides aériformeS; c'est avec lui que l’on scelle dans les pierres les grils et tenons de fer que l’on veut y fixer fortement. Sous forme de grenailles ou de balles, il devient l’instrument meurtrier qui , presque toujours , ravit l’existence à d’innocentes victimes. Dans les nombreuses combinaisons dont ce métal forme la base , il procure à la peinture différentes couleurs , dont , malgré leur grande altérabilité , cet art ne peut se passer ; il fournit à la teinture divers inordans du plus haut intérêt; et la facilité avec laquelle ses oxides se prêtent à la vitrification ou déterminent celles des ma-

■sia

Hères plus infusibles, le rend l’un des ingrédiens les plus indispensables en métallurgie , dans l’art de la verrerie et de la gobeleterie , dans la préparation des émaux et des vernis qui recouvrent la plupart des faïences , poteries ou autres objets en terre cuite , dont on cherche à prévenir la trop grande pénétrabilité à l’eau. k

^IIe ESPÈCE.

Page 1