‹ Minéralogie usuelle, ou Exposition succincte et méthodique des mineraux, de leurs caractères, de leurs gissemens et de leurs applications aux arts at a l'économie. Par M. DrapiezChapitre 72 sur 187 · PLOMB SULFURÉ · texte numérisé non relu

PLOMB SULFURÉ

Syn. Galène . — Mine de plomb sulfureuse. — Plomb minéralisé par le soufre. — Alquifoux. — Sulfure de plomb.

Car. Gris livide , très-brillant.

Fusible et réductible au chalumeau, quelquefois même à la simple flamme d’une bougie.

Fragile; divisible, par un choc léger, en une multitude de parcelles assez régulières et tendantes au cube ; poussière d’un gris-noirâtre.

Pesanteur spécifique , 7,58.

Forme primitive : Le cube.

Formes indéterminables : Lamellaire ; laminaire ; crêté ; granulaire ; compacte ; striée ; spéculaire.

Reflets : Irisé.

Composition : Plomb, 84 ; sotifre , 16.

Il est peu de minérais plus abondamment répandus que ne l’est le plomb sulfuré ; on le rencontre

flans tous les terrains , et souvent les filons qu’il y constitue so'nl (l’une puissance considérable. Il existe aussi , mais moins fréquemment , en couches et en rognons ; quelquefois il est disséminé en grains d’un très-petit volume dans les grès et les psammites. Ses liions gissent dans les granités à Poullaouen et à la Croix des .Vosges en France , à Jaen en Andalousie , à Monultric en Ecosse , en Daourie , au Chili , au Pérou , à Siam et Aracan au&Indes. Ils sont encaissés dans le gneiss à Annaberg en Saxe , «à Strontian en Ecosse , à Massachusset aux Etats-Unis; ils coupent des schistes durs ou micacés à Pesey en Piémont , à Viconago dans les Alpes , à Przibram en Bohème , à Querbach et Altenberg en Silésie ; ils occupent un porphyre argileux à Nagyag en Transylvanie; ils traversent les grès et les psammites en Lorraine , au Bleyberg, à Doltel et Kadenick dans la Prusse rhénane , à Clausthal en Saxe , à Tarnowith en Silésie , au Hartz en Suède , à Léadhills et à Cumberland en Ecosse ; ils se montrent dans un poudding à petits grains aux Orcades ; enfin , ils courent en différens sens dans le calcaire à Vedrin, royaume des Pays-Bas, àSchemnitz en Hongrie , à Offenbanda en Transylvanie, à Fahlun en Suède, dans la presque totalité des mines de l’Angleterre , dans la Nouvelle-Espagne , au Mexique , etc., etc.

Les minéraux âuxquels le plomb sulfuré est le plus ordinairement associé , sont les chaux carbonatée , phosphatée , {lualée et sulfatée , la baryte

sulfatée , le quarz , le grenat , l’asbeste , le soufre , le bitume, les plombs phosphaté, carbonaté, chro-

inaté et molybdalé ; les cuivres pyriteux et carbonaté ; les fers oxidé , hématite , spathique, hydraté, sulfuré et arsenical ; les zincs sulfuré , oxidé et carbonaté; l’antimoine oxidé et sulfuré; le manganèse oxidé , le cobalt gris , le tellure , etc. , etc.

L’importance des mines de plomb sulfuré paraît être assez grande partout où il en existe , pour que l’on résume ici , en peu de mots , le mode de traitement que l’on a jugé le plus avantageux dans la plupart des grands élablissemens en ce genre. On a trouvé qu’un premier triage à la main était favorable aux travaux, en ce qu’il donnait la facilité d’éloigner par le marteau des masses de gangues qui ne peuvent qu’entraver l’action du bocard et rendre plus dispendieuses les opérations du lavage. Après avoir été trié , le minérai , porté sous les pilons qui doivent être garnis d’un sabot en fonte s’y divise en parcelles plus ou moins tenues qu’un filet d’eau , tombant sur l’auge du bocard , entraîne dans une suite de bassins où se forment des dépôts différens en richesse et en ténuité. On procède au lavage par le dépôt des premiers bassins , qui se * compose des fragmens de minérai , les plus gros et les plus riches ; on les lave dans des caisses rectangulaires , d’environ 3m de longueur , sur o,5o de largeur et de profondeur , inclinées de o,4o ,. et dégarnies de rebord à leur chevet. Quelques la-

vages sur ces caisses dites allemandes , suffisent pour purifier suffisamment le dépôt que, dans cet état, on nomme schlich. Quant aux dépôts des derniers bassins , qui sont les moins purs et les plus tenus , on est forcé de les faire passer sur des tables dormantes, qui sont beaucoup plus longues et moins inclinées ; on y agite constamment ce dépôt sous l’eau, qui, s’étendant en nappe, le lave, et emporte par ce moyen les matières terreuses qui sont plus légères que les parcelles métallifères. Ces matières emportées sont reçues dans des bassins de second lavage , où elles laissent déposer tout ce qu’elles auraient pu conserver de minérai.

Le schlich, suffisamment lavé, et décanté jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’eau surnageante , est mêlé avec parties égales de poussière de charbon; on humecte le mélange avec du lait de chaux , et on l’étend , sur un bûcher bien préparé , en couches de ora,3 d’épaisseur , alternant avec des couches semblables de menu charbon. On met le feu au bûcher : il se communique à toutes les parties combustibles , et au bout de trente à quarante jours , le grillage peut être entièrement achevé.

On procède à la fonte du minérai grillé , dans des fourneaux courbes , dits à manche , de im,4o de hauteur, sur om,5 de largeur, et im de profondeur. Ces fourneaux, comme l’on sait, sont peu élevés ; le creuset qu’on appelle aussi le bassin d 'avant-foyer, et dans lequel se rassemblent les matières en fusion,

est placé en avant du corps du fourneau ; il est creusé dans la brasque, ainsi qu’un petit canal , appelé trace , destiné à y conduire les matières. Un

bassin de percée , situé sous le premier, de manière à ce que tous deux se communiquent, est destiné à recevoir le métal fondu , tandis que les scories et les mattes restent dans le bassin d’avant-foyer, d’où il arrive souvent qu’on est obligé de les enlever pendant l’opération quand le bassin de percée se trouve absolument rempli ; on débouche un conduit pratiqué dans la brasque : la fonte la traverse et vient se rendre dans un troisième bassin creusé dans le sol, et que l’on nomme bassin de coulée. On charge ce fourneau par devant, au moyen d’une ouverture pratiquée dans la poitrine , et que l’on ferme avec des briques lorsqu’on met l’opération en train. Les charges se composent de parties égales de minérai grillé et de charbon , d’une partie , et quelquefois plus, de scories anciennes, de malte grillée et de têt qui facilite la fusion des matières neuves. On enlève la fonte du bassin de coulée au moyen de cuillers , et on la verse dans des lingotières , où elle forme des saumons de 25 à 3o kilo. C’est ce que l’on nomme le plomb d'œuvre. Ce plomb d’œuvre , qui n’est jamais exempt d’argent, en contient souvent assez pour dédommager des frais d’affinage, et procurer même des bénéfices ; on y procède dans un fourneau de coupelle, où, après quarante-huit heures d’un feu continu, tout

le plomb sc trouve transformé en oxide demi-vitreux ou litharge , et l’argent rassemblé au fond de la coupelle. Toute la litharge résultant de la coupellation ne pouvant être livrée au commerce , la plus grande partie est revivifiée par le charbon.

Le plomb sulfuré ou alquifoux est d’un faible emploi dans les arts , relativement à son abondance dans la nature. Réduit en poudre très-fine entre deux meules , et porté à l’état de bouillie claire , à l’aide d’une eau chargée d'un peu d’alcali , il recouvre , après un vif coup de feu , les poteries communes d’un enduit vitreux qui pare aux inconvéniens de la porosité. On assure que diverses peuplades orientales se servent, pour se noircir les cheveux et les sourcils, d une pommade dans laquelle ils font entrer de l’alquifoux en poudre impalpable.

Une légère habitude des minéraux suffit pour faire distinguer, au premier coup-d’œil, le plomb sulfuré du zinc sulfuré , du fer carburé , du cobalt gris , de l'antimoine sulfuré et du molybdène sulfuré, qui ont entre eux tous un certain air de ressemblance.

APPENDICE

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